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    Saint PétersbourgArchitectureCathédrale de Notre-Dame de Kazan

    Cathédrale de Notre-Dame de Kazan

    La cathédrale Notre-Dame de Kazan (en russe: Казанский кафедральный собор) a été construite à Saint-Pétersbourg en 1811. Elle est devenue un véritable décor de la perspective Nevski et, pendant près d’un demi-siècle, la plus grande église de Saint-Pétersbourg.

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    Histoire de la cathédrale Notre-Dame de Kazan

    De chapelle à cathédrale

    En 1710, une chapelle est construite sur la perspective Nevski. Puis, remplacée par une église en bois nommée Notre-Dame de Kazan. En 1727, en raison de sa vétusté, l’église est fermée et les icônes sont transférées à la cathédrale de la Trinité, située à côté de la forteresse Pierre et Paul.

    La construction d’un nouvel édifice en pierre est établie par décret de l’impératrice Anna Ioannovna. Néanmoins, sa construction ne débute qu’en septembre 1733. Cette église fut construite selon les plans de Mikhaïl Zemtsov. On la nomma « L’Église de la Nativité de la Vierge Marie ». Elle était de style baroque, avec un clocher au-dessus de l’entrée et un dôme en bois. Quatre ans après sa construction, l’église a été consacrée en présence de l’impératrice. L’icône de Kazan de la Mère de Dieu y était exposée.

    À la fin du XVIIIe siècle, le Tsar Paul Ier ordonne la démolition de l’église, dégradée par le temps, et la construction d’une grande cathédrale. Son principal souhait était que le nouvel édifice ressemble à la basilique Saint-Pierre de Rome…

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    Une nouvelle cathédrale

    L’Empereur Paul Ier organisa un concours de projets pour construire la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan. Ainsi, l’Italien Pietro Gonzago, l’Anglais Charles Cameron et le Français Jean-François Thomas de Thomon présentèrent chacun leur projet. Le tsar avait déjà approuvé le projet de Cameron, mais le comte Stroganov lui recommanda celui du jeune architecte russe Andreï Voronikhine qui n’avait pas participé au concours. Les plans de ce dernier plurent à l’empereur et Voronikhine fut nommé architecte principal.

    Néanmoins, le projet ne fut pas entièrement mis en œuvre car sa réalisation nécessitait des fonds trop importants. La cathédrale devint malgré tout l’un des plus beaux monuments de la perspective Nevski, une des principales rues de la ville. La première pierre est posée en présence de l’empereur Alexandre Ier en 1801. Pendant la construction, l’architecte Voronikhine a vécu sur le chantier, contrôlant ainsi chaque étape. Dix ans ont été nécessaires pour bâtir le monument.

    La cathédrale de Kazan est la création la plus importante du jeune architecte. En septembre 1811, le métropolite, c’est-à-dire l’archevêque Ambroise consacra la cathédrale de Kazan. Un an après sa construction, elle est devenue un symbole des victoires militaires russes. En effet, la guerre patriotique de 1812 marque la victoire russe contre les troupes de Napoléon lors de la campagne de Russie. Des objets comme les bannières militaires françaises, des étendards, les clés des villes et forteresses conquises ainsi que le bâton du maréchal napoléonien Louis-Nicolas Davout y étaient exposés.

    En 1912, la plupart des trophées ont été envoyés au Musée Historique d’Etat à Moscou. Le maréchal Koutouzov, autre symbole de la guerre patriotique, repose dans cette cathédrale. Alexandre Ier a ordonné d’enterrer le corps du maréchal décédé à Bunzlau en juin 1813 dans la crypte construite de l’aile nord. Jusqu’à la fin de 1829, les travaux de décoration intérieure se poursuivent. C’est dans cette cathédrale que les membres de la famille impériale prirent la tradition de se marier et on y célébra le tricentenaire de la dynastie des Romanov. Au XIXe siècle, la cathédrale abritait une école pour les adultes, et durant la Première Guerre mondiale, on y collectait nourriture et vêtements pour le front.

    L’époque soviétique

    La cathédrale a été gravement endommagée lors de la saisie des objets de valeur de l’église en 1922. Environ 2 tonnes d’argent ont été récupérées et des objets uniques ont été fondus. En 1929, les bolchéviques ferment la cathédrale et en 1932 elle devient une annexe de l’Académie des sciences. En lieu et place de la croix sur la coupole une sphère dorée surmontée d’une flèche est posée. On installe alors dans l’édifice le Musée de l’histoire des religions et de l’athéisme.

    Son exposition permanente retraçait l’histoire de l’apparition et du développement du christianisme, de l’islam et des religions orientales. Même les reliques de Saint Alexandre Nevski, Saint Zosime et d’autres saints sacrés conservées dans la cathédrale ont été déplacées. Ce n’est qu’en 1991 que les reliques sont réintégrées dans la cathédrale. Puis, le 30 avril 1994, une croix est à nouveau érigée sur le dôme et la consécration complète de la cathédrale a lieu le 29 mars 1998.

    Enfin, en l’an 2000, elle est finalement rendue à l’Église orthodoxe russe et reçoit à nouveau le statut de cathédrale. À l’occasion du 300e anniversaire de Saint-Pétersbourg, en 2003, les maîtres de l’usine baltique ont fabriqué la plus grande cloche de la cathédrale, pesant quatre tonnes et faisant plus de deux mètres de haut. Elle accueille régulièrement des services religieux avec la participation des plus hautes personnalités du clergé orthodoxe. Chaque année, le 12 septembre, des processions religieuses sont organisées en l’honneur du prince, le saint patron de la ville, Alexandre Nevksi.

    À la découverte de Notre-Dame de Kazan

    La longueur de la cathédrale d’est en ouest est de 72,5 mètres et du nord au sud de 57 mètres. Elle possède un dôme couronné d’une croix, située à 71,6 mètres au-dessus du sol.

    Architecture de pierre pour une colonnade gigantesque

    Peu avant son assassinat, le tsar Paul Ier a voulu une cathédrale semblable à Saint-Pierre de Rome. La cathédrale de Kazan est de style Empire, sous la forme d’une basilique romane classique avec une coupole à sa croisée. La cathédrale Notre-Dame de Kazan est parfois appelée « musée de la pierre naturelle russe ». La pierre utilisée est du tuf calcaire extrait de la région de Gatchina. Elle ressemble au travertin italien à partir duquel a été construite la Basilique Saint-Pierre. Le tuf, avec sa structure poreuse, est facile à travailler. Il a été employé pour le revêtement extérieur des murs de la cathédrale ainsi que pour sculpter les chapiteaux et les frises.

    Cathédrale de Notre-Dame de Kazan

    L’architecte Voronikhine dessina une immense et grandiose colonnade, inspirée de la basilique romaine. 96 colonnes de 13 mètres de haut forment un demi-cercle devant la façade nord. Ces belles ailes s’étirent sur 111 mètres en direction de la perspective Nevski tout en entourant un jardin peuplé de statues. Deux d’entre elles représentent le maréchal Koutouzov et son compagnon d’armes le prince Mikhaïl Barclay de Tolly (aux origines normandes)

    Les portes d’entrée en bronze sur le côté nord sont une copie des « Portes du paradis » du Baptistère Saint-Jean de Florence.

    Quatre sculptures en bronze sont visibles sur la façade nord du temple : le prince Vladimir, André le Premier appelé, Jean le Baptiste et Alexandre Nevksi.

    Le dôme, haut d’environ 80 mètres, a été le premier construit en fonte et supporte une croix. Les nombreuses fenêtres du dôme permettent à la lumière de pénétrer dans la cathédrale.

    L’intérieur de marbre et granit

    L’intérieur de la cathédrale est sombre et de style orthodoxe traditionnel. Voronikhine a utilisé pour les ornements du marbre de Carélie, du porphyre (roche volcanique) et du jaspe (quartz). L’intérieur de la cathédrale ne compte pas moins de 56 colonnes de granit rose finlandais surmontées de chapiteaux corinthiens dorés. 

    Le sol du temple est recouvert de mosaïques de marbre multicolore et de quartzite.

    Trois nefs divisent la cathédrale. La nef centrale est la plus vaste et elle est couverte d’une voûte semi-cylindrique. 

    Cathédrale de Notre-Dame de Kazan

    Quatre chapelles sont situées sur les côtés. Dans la principale, se trouve l’icône miraculeuse de Kazan. Elle serait apparue à Ivan le Terrible après le siège de la ville de Kazan par les Tatars en 1579. Sa légende raconte également qu’en 1612, elle aida les Moscovites à repousser les Polonais. L’icône a été transportée à Saint-Pétersbourg en 1710. Néanmoins, l’originale a été volée en 1904 et a sûrement été détruite. C’est une copie qui la remplace actuellement. Elle est une des icônes les plus vénérées en Russie et on y voit souvent une file de fidèles venir l’embrasser. La chapelle du nord-est dédiée aux Saints Antoine et Théodose. Le culte de la chapelle sud-est voué à la « Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie » et au Saint martyr Hermogène.

    À l’entrée sur la droite, se trouve le tombeau du maréchal Koutouzov. Héros de la guerre patriotique de 1812, il rappelle aux visiteurs les liens entre l’Histoire et la religion orthodoxe.

    On trouve les clés des villes prises par les Russes lors des guerres napoléoniennes : Lubeck, Nancy…, ainsi que des drapeaux et des étendards pris à l’ennemi.

    Le tombeau de Saint Alexandre Nevski est un incontournable de la cathédrale, ainsi que les reliques Saint Zosime et d’autres saints.

    De nombreuses peintures ornent les murs de la cathédrale. On peut les voir dans l’iconostase, sur les murs et les pylônes – piliers du dôme. 

    Une œuvre remarquable est le retable « La prise de la Mère de Dieu au ciel » de Karl Bryullov.

    Le style de la cathédrale reflète le désir de Paul Ier d’unir orthodoxie et catholicisme dans un grand christianisme ainsi que sa fascination pour l’Ordre des chevaliers de Malte dont il était membre.

    Cathédrale de Notre-Dame de Kazan
    Panorama de la Cathédrale de Notre-Dame de Kazan
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