L’histoire du Kremlin de Moscou

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Adresse : Moscou, Russie
Année de début de la construction : 1482
Année de fin de la construction : 1495
Nombre de tours : 20
Longueur des murs : 2,5 kilomètres
Principaux sites d’intérêt : Tour Spasskaïa, cathédrale de la Dormition, clocher d’Ivan le Grand, cathédrale de l’Annonciation, cathédrale de l’Archange-Saint-Michel, palais à Facettes, palais des Térems, Arsenal, palais des Armures, Tsar Pouchka (canon) et Tsar Kolokol (cloche).
Coordonnées géographiques : 55°45’03.0″N 37°36’59.3″E

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Le symbole du pouvoir russe

En plein cœur de Moscou, sur la colline de Borovitski, se dresse le majestueux complexe du Kremlin. Il est depuis longtemps le symbole non seulement de la capitale, mais également de l’ensemble de la Russie. L’histoire a décidé que le village ordinaire de Krivitchi, établi au milieu de la nature sauvage, deviendrait la capitale d’un puissant État russe.

Le Kremlin (Détinets en russe ancien) désigne la partie centrale fortifiée d’une ville ; il est traditionnellement composé d’une muraille, de créneaux et de tours. Le premier Kremlin de Moscou, construit sous les ordres du prince Iouri Dolgorouki en 1156, était une forteresse en bois entourée de remparts et de douves. Sous le règne d’Ivan Ier, surnommé Kalita (l’Escarcelle), des murs et des tours en chêne furent érigés et le premier bâtiment en pierre fut construit – la cathédrale la Dormition de la Vierge.

En 1367, le grand-duc Dmitri Donskoï dote le Kremlin d’une épaisse enceinte en calcaire blanc. La capitale se fera désormais appeler « Moscou aux pierres blanches ». Un grand chantier voit ensuite le jour sous le règne d’Ivan III, lequel a réuni une grande partie des terres russes autour de Moscou et fait construire au Kremlin une résidence digne du « souverain de toute la Russie ».

Pour la construction des fortifications, Ivan III a fait appel à des architectes milanais. C’est entre 1485 et 1495 que les tours et les murs actuels du Kremlin ont été construits. Le sommet des murs est couronné de 1045 merlons en queue d’aronde, semblables à ceux des châteaux italiens. Au tournant des XVe et XVIe siècles, le Kremlin de Moscou se transforma en une forteresse massive et imprenable, bordée de briques rouges.

En 1516, un fossé a été creusé le long des fortifications surplombant la place Rouge. Après le Temps des troubles, les tours furent surmontées de chatiors (Шатёр – formes architecturales pyramidales typiquement russes), donnant ainsi au Kremlin son apparence actuelle.

Ci-dessous tableau du peintre russe Apollinaire Vasnetsov (1856 – 1933), maître de la peinture historique.



Le retour de la relique sacrée du Kremlin de Moscou

La tour Spasskaïa (tour du Sauveur), conçue par l’architecte italien Pietro Antonio Solari, est la tour principale du Kremlin de Moscou. La porte Spasskaïa a longtemps été l’entrée principale du Kremlin et le carillon situé dans le chatior de la tour est l’horloge principale du pays. Le sommet de la tour est couronné d’une étoile rougeoyante, mais depuis l’effondrement de l’URSS, de plus en plus d’appels sont lancés pour retirer l’étoile et hisser un aigle à deux têtes à sa place. La tour tire son nom de l’icône du Sauveur de Smolensk qui surplombe la porte d’entrée.

L’icône était vénérée par les saints ; ainsi, les hommes qui passaient par la porte devaient enlever leur coiffe devant l’image du Sauveur. La légende raconte que, lorsque Napoléon a franchi la porte Spasskaïa, une rafale de vent lui a arraché son bicorne.

À l’époque soviétique, l’icône a été retirée de la tour. Pendant plus de 70 ans, la relique a été considérée comme perdue. Ce n’est seulement qu’en 2010 que les restaurateurs ont trouvé sous une couche de plâtre une grille métallique qui protégeait l’image du Christ. Le 28 août 2010, à l’occasion de la fête de la Dormition de la Vierge, le patriarche Cyrille a solennellement bénit l’icône récemment retrouvée au-dessus de la porte de la tour Spasskaïa.



Les légendes et mythes du Kremlin

Depuis des temps immémoriaux, le Kremlin de Moscou est non seulement un symbole du pouvoir illimité du souverain, mais également un lieu qui inspire mythes et légendes. Les légendes les plus célèbres parlent de lieux et passages souterrains secrets. On pense qu’ils auraient été inventés par les architectes italiens qui ont conçu et construit les murs et les tours du Kremlin. De nombreux espaces souterrains ont été conservés sous l’ancien monastère Tchoudov, qui se trouvait jusque dans les années 1930 dans la partie est de la colline du Kremlin. Aujourd’hui, certains de ces passages, locaux d’église et longues galeries sont inondés par les eaux souterraines.

Des rumeurs circulent parmi les Moscovites selon lesquelles des passages souterrains ramifiés reliaient jadis chacune des tours vers l’extérieur du Kremlin. Des passages secrets auraient également relié l’ensemble des palais royaux. Lorsque, dans les années 1960, les constructeurs ont commencé à creuser en vue d’établir les fondations du palais d’État du Kremlin, ils ont découvert trois passages souterrains datant du XVIe siècle. À vrai dire, des passages souterrains ont été trouvés lors de chaque rénovation majeure. Dans la majorité des cas, les labyrinthes ont été maçonnés ou simplement coulés avec du béton pour des raisons de sécurité.

L’un des mystères du Kremlin de Moscou est également lié à ses souterrains. Historiens et archéologues cherchent depuis plusieurs siècles à élucider le mystère de la disparition de la bibliothèque d’Ivan le Terrible, également connue sous le nom de Libéria. Le souverain russe avait reçu une collection unique de livres et de manuscrits anciens en héritage de sa grand-mère Sophia Paléologue.

Les archives historiques renferment l’inventaire d’une bibliothèque composée de 800 volumes, mais la collection elle-même a disparu sans laisser de trace. Certains chercheurs sont convaincus qu’elle a brûlé ou disparu à l’époque du Temps des troubles. Mais beaucoup pensent que la bibliothèque est intacte et cachée dans les souterrains du Kremlin. Et ce n’est pas un hasard. En effet, lorsque Sophia Paléologue arriva à Moscou en 1472 et qu’elle vit les dégâts causés par l’incendie qui avait frappé Moscou deux ans auparavant, elle comprit que la collection qu’elle avait emportée avec elle pouvait facilement disparaître en fumée. C’est pourquoi elle ordonna qu’un sous-sol spacieux soit aménagé sous l’église de la Nativité de la Vierge du Kremlin pour y entreposer la bibliothèque. Depuis ce moment-là, la Libéria avait toujours été conservée dans les souterrains.

2019-07-24T11:58:21+00:00 8 juillet 2019|Musées|