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    Tsarskoïe Selo le village des Tsars

    Tsarskoïe Selo est un musée d’État situé dans la ville de Pouchkine au sud de Saint-Pétersbourg. C’est ici qu’on vécu de nombreux tsars de Russie. L’ensemble du palais et du parc occupe une superficie de plus de 300 hectares et se compose de trois parcs – Aleksandrovsky, Ekaterininsky et Babolovsky, dans lequel se trouvent les palais du même nom et divers pavillons avec dépendances.

    Cet article est un guide qui vous présente l’intégralité des choses à voir à Tsarskoïe Selo. La quantité d’information est tellement énorme que nous avons rédigé des articles spécifiques pour les lieux qui ont le plus d’importance.

    Estimation du temps de lecture : 42 minutes

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    Quelques mots sur Tsarskoïe Selo

    La construction de la résidence de campagne du tsar a commencé dans la première moitié du XVIIIe siècle. Plus tard, elle fut appelée Tsarskoïe Selo signifiant le village du Tsar. Vous pourrez y trouver un grand nombre de monuments et de sculptures créés par les plus grands architectes, sculpteurs et artistes des XVIIIe et XXe siècles qui ont concrétisé les souhaits les plus irréalistes des tsars.

    Depuis trois siècles, Tsarskoïe Selo est la principale résidence d’été des empereurs. Pendant un certain temps, il y avait le lycée Tsarskoselsky, où Pouchkine lui-même a étudié. Après la révolution, l’ensemble du parc et du palais fut transformé en musée, et ses bâtiments furent donnés à des institutions éducatives. À l’occasion du centenaire de la mort de Pouchkine, la ville a été rebaptisée Pouchkine.

    Quoi voir à Tsarskoïe Selo ?

    Tsarskoïe Selo se compose de 3 grands parcs :

    • Aleksandrovskiy
    • Ekaterinskiy
    • Babolovskiy

    Pour faire simple, le parc Aleksandrovskiy contient le palais d’Alexandre Ier construit par sa grand-mère Catherine II. Ce premier complexe, comprenant déjà de très nombreuses choses à voir, jouxte le parc Ekaterinskiy. Dans ces deux parcs, vous trouverez de nombreux pavillons avec des expositions, des étangs, des jardins et des grottes. Enfin, au sud se trouve le parc Babolovskiy qui n’est autre que l’ancienne forêt de chasse.

    Quoi qu’il en soit, il est impensable de tout voir en une journée. L’attraction principale, le palais de Catherine vous prendra au moins 3 heures. Ensuite, nous vous conseillons de prendre le temps de vous promener dans les jardins de Catherine pour voir au moins les somptueux pavillons. Si vous avez, le courage, la force et le temps, vous pouvez choisir de visiter une exposition dans l’un des pavillons. Dites-vous qu’avec cette journée déjà extrêmement chargée vous n’aurez même pas fait 50 % du domaine. Par conséquent, nous vous suggérons de réserver une seconde journée pour faire le palais et le parc d’Alexandre.

    Parc et palais d’Alexandre

    Catherine II décida d’offrir pour le mariage de son petit-fils, le grand-duc Alexandre Pavlovitch (futur empereur Alexandre Ier) un somptueux palais à côté du sien. Il fut achevé dans les dernières années de règne de l’impératrice.

    Actuellement, le palais est en rénovation. La réouverture est prévue en 2021.

    En plus du palais, vous avez un parc paysager avec sa tour blanche, son arsenal et sa ferme. Toujours dans le parc, derrière le palais de Catherine, vous trouverez le nouveau jardin. Ce somptueux jardin à la française est composé d’étangs, de parterres et de superbes ponts. Petit détour à ne pas rater lors de votre visite.

    Nous avons regroupé l’ensemble des informations sur ce parc et palais dans un article dédié ici.

    Plan du parc Ekaterinskiy à Tsarskoïe Selo

    Cette carte en russe et en anglais est la plus complète disponible en ligne. Autrement, vous pouvez voir le plan interactif du site officiel.

    plan parc ekaterinskiy

    Palais de Catherine à Tsarskoïe selo

    Ce palais du XVIIIe siècle de style baroque est le joyau architectural de la dynastie des Romanov. Construit sous Elisabeth Ier, il fut très largement utilisé par Catherine II qui l’aménagea selon ses goût. Il passa ensuite de main en main jusqu’à Nicolas II, le dernier Tsar de Russie.

    Nous vous présentons toutes les salles de cet édifice dans notre article dédié ici.

    Anecdote croustillante

    C’est en hiver dans ses palais de Tsarskoïe Selo et d’Oranienbaum que Catherine II décida d’aménager des pentes construites en bois, couvertes de glace en hiver, sur lesquelles les gens se laissaient glisser dans des sièges en osier. L’attraction très populaire eu un tel écho que des entrepreneurs exportèrent le concept dans le quartier de Belleville à Paris. Les montagnes russes étaient nées. Pour info, les russes les appellent les montagnes « françaises » ou « américaines ».

    Les termes de Cameron

    Les bains froids

    Charles Cameron, architecte écossais, aménagea toute l’aile ouest du palais de Catherine, y compris le Pavillon de Bain Froid. Il a terminé la maquette du pavillon en 1780 et au printemps de la même année, la construction a commencé. Son étage inférieur contenait une salle de bain, une salle de bain chaude et un bain de vapeur russe. L’étage supérieur se composait de six salles richement aménagées pour la détente et les divertissements, qui furent connues sous le nom de « Chambres d’Agate ».

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    L’étage inférieur est séparé du second par une corniche et est recouvert de blocs massifs de calcaire créant ainsi l’illusion d’une grande ancienneté, d’une « véritable antiquité » de l’édifice. Le deuxième étage, en revanche, est clair et lumineux. La façade principale sud-ouest du Bain froid s’ouvre sur une terrasse soutenue par des voûtes reposant sur des piliers massifs en briques qui sert de base au Jardin suspendu. On y trouvait plusieurs salles :

    • La spacieuse salle voûtée, éclairée par une grande fenêtre semi-circulaire, contenait autrefois une baignoire pour se baigner dans l’eau chaude.
    • La salle de bain avec ses deux fenêtres semi-circulaires et ses quatre portes, couverte par une double voûte en croisée d’ogives. Devant être richement décorée, Cameron ne conserva qu’une partie de son concept original. Cette salle contenait un bassin de baignade circulaire d’un volume de 13 mètres cubes entouré d’une balustrade en bois. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la salle de bains a servi d’écurie. La piscine a été détruite ; de nombreuses portes ont été démolies et le sol a été complètement rasé. Des travaux de restauration ont été effectués dans la salle en 1949 et 1990.
    • Le salon non plus n’a pas reçu la finition décorative que Cameron souhaitait. Ses murs et son plafond en forme de dôme n’ont été que légèrement plâtrés et peints ; des colonnes de marbre naturel blanc ont été ajoutés dans les coins et quatre médaillons en bas-relief de scènes mythologiques ont été placés sur les anses de la voûte.
    • Le hall d’entrée, voûté en croix, n’avait pas de décoration artistique à cause de sa fonction de service. Depuis celui-ci, vous pouvez accéder à l’escalier et monter à l’étage supérieur du pavillon.
    • Les deux étages du pavillon sont reliés par un escalier en colimaçon conçu par Cameron et situé dans l’angle sud du bâtiment. Les niches des pans de mur de l’escalier contenaient quatre statues de marbre qui ont été enlevées en 1798 sur ordre de l’empereur Paul Ier. Le plafond de la cage d’escalier est en forme de dôme. Voulant réduire les coûts de construction, les marches furent construites en « pierre sauvage » sur demande de l’impératrice Catherine remplaçant le marbre russe prévu dans les plans par Cameron.

    Le rez-de-chaussée du pavillon abrite actuellement l’exposition « Les chambres d’agate : La voie du réveil », consacrée à l’histoire et à la restauration des chambres d’agate.

    Le traitement architectural des façades du bain froid, et de l’ensemble du complexe, repose sur une décoration contrastée des étages. L’étage inférieur est séparé du second par une corniche et est recouvert de blocs massifs de calcaire de Pudost à larges pores qui semblent avoir été érodés par le vent et la pluie, créant ainsi l’illusion d’une grande ancienneté, de la « véritable antiquité » de l’édifice. Le deuxième étage, en revanche, est clair et lumineux : des niches peintes de la couleur de la terre cuite se détachent sur le jaune clair des murs. Des médaillons en bas-relief moulés en rond, avec des sujets mythologiques, sont placés le long du haut des murs. Le mur nord-est, plus long, est percé de fenêtres semi-circulaires, les murs d’extrémité de portes-fenêtres rectangulaires placées dans des arcs. Les niches entre les fenêtres contiennent des figures sculpturales de personnages mythologiques.

    Les chambres d’agate

    Cameron a porté une attention particulière aux chambres d’État situées à l’étage supérieur du Bain froid : les intérieurs des chambres Agate sont décorés de marbre, de peinture, de parquets à motifs, de jaspe coloré de l’Oural et de l’Altaï que les artisans russes du XVIIIe siècle ont travaillé avec une maîtrise exceptionnelle.

    Des gisements de minéraux semi-précieux durs ont été découverts dans l’Oural dès le XVIe siècle. Pierre le Grand a montré un grand intérêt pour l’utilisation de ces « pierres de couleur » pour la finition des intérieurs de palais et a jeté les bases d’une industrie de taille de pierre en Russie.

    En 1765, sur ordre de Catherine II, une expédition dirigée par Yakov Dannenberg fut envoyée dans l’Oural, où elle découvrit de nouveaux gisements de jaspe, d’agate, de cornaline et d’autres minéraux. Au début des années 1780, les techniques de fabrication de pierre maitrisées, décorer les salles des palais avec des pierres de couleur devint envisageable.

    chambre d'agate Tsarskoïe selo

    Au printemps 1783, Cameron prépara un plan pour la décoration de l’étage supérieur en jaspe. Conformément à ce projet, douze centimètres de maçonnerie furent détachés des murs de ces petites pièces ; ils furent ensuite recouverts de dalles de calcaire et recouverts de jaspe selon la technique de la « mosaïque russe ». La principale difficulté était le travail de finition – le meulage et le polissage de la pierre colorée de manière à faire ressortir ses couleurs vives et ses riches tons. Les polisseurs devaient donner un éclat de miroir à environ 200 m² de murs, d’architraves et de corniches.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation nazie, le marbre et le jaspe artificiels des murs et des portes des chambres d’agate ont beaucoup souffert. Une partie considérable des ornements en bronze des murs de toutes les salles a été détruite. De nombreuses sculptures en marbre ont disparu sans laisser de traces, tout comme six vases en jaspe, neuf bas-reliefs en bronze provenant des murs du Cabinet de l’Agate et des médaillons en bronze provenant des bases des torchères de la Grande Salle. Pourtant, malgré les pertes importantes, le décor du XVIIIe siècle des salles de l’Agate a pour l’essentiel survécu et incarne une tradition unique, sans équivalent dans l’histoire de l’art mondial.

    Les chambres d’agate ont été restaurées en 2010-2013 grâce aux dons des Chemins de fer russes et de la Fondation caritative TransSoyouz.

    La gallerie Cameron

    La galerie que l’impératrice Catherine II a conçue comme un lieu de promenade et de conversations philosophiques et que Cameron a réalisé pour elle est située sur la pente d’une colline à la limite entre la zone régulière et la zone paysagère du parc de Catherine.

    Les murs de l’étage inférieur de la galerie servent de base à la colonnade du dessus, qui se compose de 44 colonnes blanches cannelées avec des chapiteaux ioniques. Charles Cameron a quelque peu augmenté les écarts traditionnels, donnant à la colonnade une légèreté et une grâce particulière. Les grandes fenêtres de la salle vitrée dans la partie centrale de l’étage supérieur la rendent totalement transparente. La juxtaposition de la puissante arcade de l’étage inférieur et de la légère colonnade de l’étage supérieur incarne l’idée philosophique de l’éternel contraste de l’existence.

    gallerie Cameron Tsarskoïe Selo

    L’architecte a répété à plusieurs reprises le motif d’un portique à quatre colonnes : aux deux entrées principales, sur les côtés est et ouest, elles soutiennent les frontons de la colonnade, tandis que sur les côtés nord et sud allongés, elles reviennent comme éléments décoratifs. La frise et la corniche qui entourent la galerie sont d’un style classique : la frise est ornée de couronnes exquises, la corniche de masques de lion.

    Pour terminer l’étage inférieur de la galerie, Cameron a utilisé la même pierre que pour le pavillon de Bain froid, la Rampe et le Jardin suspendu. Ce matériau, extrait par le village de Pudost, à 30 kilomètres de Tsarskoïe Selo, avait une couleur et un aspect « vieilli » qui rappelaient la maçonnerie des anciens édifices.

    Cameron a embelli ses contreforts avec deux statues colossales, d’Hercule et de Flore, coulées en bronze.

    La construction de la galerie commence en 1784 et sera finalement achevée en 1787. Sa partie supérieure reste à ce jour comme elle l’était il y a deux siècles. Seules les salles de l’étage inférieur, utilisées comme logement pour les dames de compagnie et les demoiselles d’honneur, ont été reconstruites et abritent aujourd’hui des expositions temporaires. La colonnade servait en quelque sorte de belvédère, offrant de superbes vues sur le Grand étang et le parc paysager.

    Le jardin suspendu

    La terrasse de la galerie Cameron, l’aile Zubov où Catherine II avait ses appartements privés, et les chambres d’Agate du pavillon des bains froids sont reliés par le jardin suspendu.

    Avant l’aménagement du jardin, les voûtes soutenant la terrasse étaient recouvertes de feuilles de plomb pour les protéger de l’humidité, puis recouvertes d’une couche de terre dans laquelle les plantes pouvaient s’épanouir. Les côtés ouverts du jardin suspendu étaient à l’origine délimités par une balustrade en dolomite provenant de l’île baltique d’Ösel (aujourd’hui Saaremaa en Estonie). Au début du XIXe siècle, elle était délabrée et a été remplacée par une balustrade en bois peinte en blanc.

    N’étant situé à l’origine que devant le deuxième étage du pavillon de bain froid en 1787, le jardin suspendu a été agrandi cinq ans plus tard, lors de la conception et de la construction de la rampe en pente douce sur souhait de l’impératrice. Cela nécessita l’érection de six autres piliers et voûtes entre l’aile du palais et la galerie Cameron.

    Dans sa première décennie, la Rampe, richement décorée de sculptures, était connue comme « l’Escalier des Dieux ». Mais les statues de bronze ne sont pas restées longtemps sur place et ont été retirées en 1799. Elles ont ensuite été remplacées en 1826 par des « autels classiques » en fonte incorporant des bols à fleurs. À la toute fin de celle-ci, jusqu’en 1941, se trouvaient deux colossaux vases en bronze qui ont disparu pendant l’occupation sans laisser de traces.

    La construction de la Rampe s’est achevée en avril 1794, supervisée par Ilya Neyelov, l’assistant permanent de Charles Cameron.

    Parc régulier de Tsarskoïe Selo

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    Les sulptures du parc

    Depuis plus de deux siècles, la partie régulière du parc de Tsarskoïe selo est ornée de statues et de bustes en marbre créés par les sculpteurs vénitiens du début du XVIIIe siècle – Giovanni Bonazza, Pietro Baratta, Alvise Tagliapietra, Bartolomeo Modolo, Giuseppe Zeminiani, Giovanni Zorzoni et Antonio Tarsia.

    Les statues de personnages mythologiques et d’allégories ont été commandées par Pierre le Grand pour glorifier les victoires de la Russie et pour instruire et éduquer ses sujets, mais ont acquis un rôle purement décoratif dans le jardin de sa fille, l’impératrice Élisabeth. Elles sont visibles par les entrées principales, dans le jardin du palais de Catherine ainsi que le long de l’allée principale du vieux jardin.

    Sous Catherine II, les statues placées sur la galerie Cameron, le portique des salles Agate, la rampe et dans le jardin suspendu étaient des copies des œuvres antiques les plus remarquables. Parmi les personnages mythologiques, les généraux, poètes, philosophes et empereurs romains de l’Antiquité, Catherine a placé deux portraits de ses propres contemporains, leur accordant ainsi un honneur particulier.

    Il convient de mentionner les pertes de la Seconde Guerre mondiale : ont été perdus pendant cette période des statues colossales en bronze de Niobé et de sa fille et d’une Ariane endormie du Jardin des Fleurs, un buste de l’empereur Titus ainsi qu’une statue de Catherine II en forme de Cérès.

    Le bania supérieur

    Le pavillon des bains supérieurs a été conçu dans le style du début de l’époque classique. Bien que les façades du pavillon soient presque dépourvues d’embellissements décoratifs, il crée une impression de prolongement grâce à sa projection sur l’étang. Il est couronné d’un parapet à balustrade.

    Bania Tsarskoïe selo

    Le pavillon de bain supérieur est particulièrement attrayant lorsqu’on le regarde depuis l’allée centrale du vieux jardin (le parc régulier). La façade du pavillon est fortement mise en valeur par le contraste du feuillage à l’arrière.

    Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les bains supérieurs ont conservé leur fonction d’origine. Ils comprennent six pièces : un hall d’entrée, un vestiaire, un bain, un bain de vapeur, une chaufferie et une salle centrale octogonale pour la détente. Le plafond et les murs de la salle centrale ont été peints à partir de gravures. Les bains supérieurs ont été détruits pendant la guerre puis restaurés en 1952. La peinture du plafond et les deux compositions de la porte d’entrée de la salle principale représentent comme auparavant des scènes de l’ancien mythe de Phaethon, le fils du dieu Soleil. Il est actuellement utilisé pour des expositions temporaires.

    Le bania inférieur

    Ce pavillon, situé à l’écart des allées du parc et destiné à l’usage des membres de la cour, a été construit sur les plans de l’architecte Ilya Neyelov en 1778-79. Sa façade est à moitié cachée des promeneurs dans le jardin par des arbres et des arbustes.

    Bania Tsarskoïe selo

    Le pavillon comprend dix pièces regroupées autour d’un hall central avec une grande baignoire ronde. L’eau était chauffée dans deux chaufferies à entrées séparées et acheminée par des tuyaux vers le hammam et les salles de bains.

    La disposition du pavillon est inhabituelle. Il a deux façades identiques opposées : l’une tournée vers le palais et l’autre non. Les murs de la salle centrale sont beaucoup plus hauts que ceux des salles latérales et forment un tambour vitré soutenant le dôme qui couronne le bâtiment. Le tambour et les murs de la façade comportent tous deux des fenêtres rondes placées en hauteur.

    Le décor intérieur n’a pas survécu mais nous savons que d’après les documents d’archives, certaines des chambres étaient ornées de peintures décoratives sur les murs et le plafond, les salles de détente et les vestiaires étaient chauffés par des cheminées en marbre et le bain circulaire était entouré d’une balustrade. Les façades du pavillon ont peu souffert pendant la Seconde Guerre mondiale et ont été restaurées en 1944. En juillet 2011, pour la première fois depuis 1917, après un long travail de restauration, les intérieurs du pavillon des Bains Inférieurs ont finalement ouvert au public avec l’exposition « Bain de la cour au 21e siècle ».

    L’Hermitage

    Des pavillons comme celui-ci étaient destinés à permettre au propriétaire du domaine de se reposer et de dîner en compagnie de quelques privilégiés. Afin d’éviter la présence inhibitrice des domestiques, ces pavillons étaient situés dans la zone « sauvage » du parc et étaient généralement équipés de mécanismes permettant de lever et d’abaisser les tables.

    Le pavillon de l’Ermitage dans le parc de Catherine à Tsarskoïe Selo a été conçu par Mikhail Zemtsov. La pose des fondations a commencé au printemps 1744 et s’est achevée à l’automne de la même année. Cependant, en 1749 les façades du pavillon ont été reconstruites selon un nouveau projet conçu par Rastrelli. Deux ans plus tard, conformément à son concept, sont installés 68 grands et petits chapiteaux sur les colonnes de l’Ermitage et 28 autres sur les pilastres.

    L’architecte inclut également la sculpture dans la décoration extérieure du pavillon : huit statues se dressent sur les piédestaux de la balustrade tandis que quatre autres couronnent les toits des cabinets. Le dôme central était surmonté d’un groupe sculptural représentant le viol de Proserpine. Le bâtiment était en outre orné de seize statues placées sur des piédestaux ornés de rocailles et étaient toutes différentes. Les statues de la Gloire sur les grands frontons supportaient une magnifique cartouche contenant le monogramme de l’impératrice.

    pavillon ermitage tsarskoïe selo

    En 1753, les stucs sont recouverts de dorures et les façades sont peintes : les colonnes et architraves blanches, les moulures et sculptures dorées sont mises en valeur par la couleur bleu-vert des murs. Le toit, vert à l’origine, fut peint en blanc en 1755 et les statues et guirlandes qui l’ornaient brillaient d’or. La décoration des façades de l’Ermitage a été achevée en même temps que la décoration intérieure, qui avait été commencée en 1748.

    Placé sur une terrasse pavée de dalles de marbre noir et blanc, le pavillon était entouré d’un fossé avec deux petits ponts. Le fossé était bordé par une balustrade qui était également décorée de statues et de vases. Selon les mots de Christian Hirschfeld, expert en théorie de la conception des parcs, « la mystérieuse obscurité d’un endroit, la profonde solitude et le silence solennel, les magnifiques caractéristiques de la nature ne manqueront pas d’investir l’esprit d’un certain sentiment et de l’obliger à une sérieuse réflexion ». Le fossé n’a cependant jamais été rempli d’eau, et fut comblé en 1777 sur ordre de Catherine II, alors nouvelle maîtresse de la résidence.

    pavillon ermitage tsarskoïe selo

    Le pavillon de l’Ermitage de Tsarskoïe selo n’a pas été changé depuis le milieu du XVIIIe siècle. Sa décoration intérieure nous est parvenue pratiquement intacte. Le hall central rectangulaire est relié par quatre galeries qui mènent en diagonale de celui-ci à quatre « cabinets ». Grâce aux larges fenêtres qui servaient également de portes d’accès aux balcons, la pièce est baignée de lumière.

    Entre les fenêtres, Rastrelli a placé des miroirs dans des cadres sculptés et dorés qui se confondent avec le pourtour des dessus-de-porte peints. Le hall contient des tables à manger avec des treuils, comme à l’origine. Le sujet de la peinture du plafond de Giuseppe Valeriani illustre bien la fonction de la salle : Jupiter et Junon invitent les célestes à une table dressée et servie avec une vaisselle luxueuse. Valeriani s’est également inspiré de la mythologie et a repris les sujets des Métamorphoses d’Ovide pour peindre les panneaux au-dessus des miroirs de la salle centrale. Les peintures des plafonds des galeries ont été peintes par Antonio Peresinotti. Leurs sujets faisaient écho aux bas-reliefs des façades de l’Ermitage et représentaient des cupidons aux attributs allégoriques des saisons.

    Les cuisines de l’Hermitage

    La cuisine de l’Ermitage a été construite selon les plans de Vassily Neyelov. Au XVIIIe siècle, cette structure avait deux fonctions, servant non seulement de cuisine, mais aussi de porte d’entrée au parc de Catherine. C’est pourquoi le pavillon est assez souvent appelé « Porte rouge ».

    Le bâtiment rectangulaire culmine dans une tour ronde à deux étages. Dans la conception des façades, Neyelov a utilisé le motif des niches semi-circulaires dans lesquelles il a placé des vases décoratifs. Le bâtiment tire son caractère « gothique » du parapet crénelé, des merlons rectangulaires et triangulaires qui couronnent les étages inférieur et supérieur de la tour, ainsi que des pyramides surmontées de boules placées sur les angles. À l’imitation des édifices gothiques d’Angleterre, les murs de la cuisine de l’Ermitage ont été laissés sans enduit, tandis que les joints entre les briques, les détails moulés, les niches et les panneaux des façades ont été blanchis à la chaux.

    Aujourd’hui restauré, le pavillon abrite la billetterie du parc de Catherine ainsi que le restaurant et le café de l’Hermitage.

    La grotte

    Le projet de construction du pavillon de la grotte sur la rive du Grand Étang a été élaboré par l’architecte Rastrelli. La plupart des travaux de construction ont été réalisés en 1755-56 sous l’impératrice Elisabeth, mais ils ont été achevés dans les années 1760 sous Catherine II.

    pavillon grotte

    Tant le plan au sol que le traitement des volumes sont typiques de l’architecture baroque, les façades, également. Elles sont décorées de colonnes minutieusement groupées supportant des frontons brisés. Au-dessus de la partie centrale du pavillon s’élève une coupole avec quatre fenêtres lucarnes. De nombreux détails soulignent le lien du pavillon avec l’élément aquatique mais le projet de Rastrelli de décorer l’intérieur de la Grotte avec des coquillages et du tuf n’a pas été réalisé.

    En 1771, un nouveau projet de décoration intérieure du pavillon est élaboré par l’architecte Antonio Rinaldi, il a survécu jusqu’à nos jours. À cette époque, conformément aux souhaits de Catherine II, des sculptures anciennes et des vases en pierre de couleur y ont été installés, ainsi que la statue de Voltaire par Houdon qui est aujourd’hui exposée au Musée national de l’Ermitage. Le débarcadère devant la Grotte a été reconstruit en 1830 et 1872. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a presque entièrement été détruit puis il a été reconstruit en granit en 1971 selon un nouveau design. Ce pavillon avait été glorifié par le poète russe G. Derjavin au XVIIIe siècle. Il est actuellement utilisé comme lieu d’exposition temporaire.

    Parc paysager de Tsarskoïe Selo

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    L’amirauté

    Cet ensemble de trois pavillons, longtemps connu sous le nom d’Amirauté, a été érigé sur les plans de l’architecte Vassily Neyelov au bord du Grand étang dans le parc de Catherine à la place d’un hangar à bateaux en bois qui lui a donné son nom. L’ensemble a été construit au cours de l’été 1773 et les pièces intérieures ont été décorées en 1774. Un orchestre y jouait pendant les promenades en bateau de Catherine II sur le lac.

    Les tours du bloc central contiennent des escaliers menant à un grand hall lumineux au deuxième étage. Les murs sont ornés de gravures anglaises. Le pavillon central est relié à deux blocs par une balustrade, ils sont appelés « Birdhouses » ou « Aviaries ». Diverses espèces d’oiseaux aquatiques (canards et cygnes) y étaient autrefois élevées, ainsi que des faisans et des paons. Au XVIIIe siècle, il y avait de petits jardins et deux étangs ronds. Le complexe architectural de l’Amirauté comprenait également la Maison des Marins, située à droite de l’une des Maisons des Oiseaux. C’était le lieu d’habitation des rameurs qui, au XVIIIe siècle, faisaient des excursions en bateau et transportaient les gens sur l’île dans le grand étang.

    Au XIXe siècle, il contenait une collection de bateaux à rames de différents pays du monde, dont les barges de Catherine II et le kayik turc de Nicolas Ier, qui a péri pendant la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, le bloc central du complexe de l’Amirauté est utilisé pour des expositions temporaires, tandis que le centre d’information des visiteurs du musée et des restaurants sont ouverts dans les Maisons des oiseaux.

    Le pavillon de l’île

    Le pavillon de l’île est, comme son nom l’indique, situé sur une île du Grand étang. Il a été construit dans les années 1740, à l’époque d’Elizabeth et décoré d’après des dessins de Rastrelli. En 1794, il a été reconstruit par Giacomo Quarenghi, mais quelques décennies plus tard, de 1817 à 20 ans, d’autres travaux ont été effectués dans la salle par Vassily Stasov. Au XVIIIe et au début du XIXe siècle, ce pavillon, destiné à être une salle de concert et un lieu de repos pour les plaisanciers, était également utilisé occasionnellement pour les déjeuners de la cour. La petite cuisine construite à côté à cette fin a été supprimée au début du XXe siècle. En 1911, à l’occasion de l’exposition du 200e anniversaire organisée à Tsarskoïe Selo, un restaurant a été ouvert dans le hall et l’île a été reliée à la rive par un ponton.

    En 1996, la traversée historique en ferry, reliant l’île au parc de Tsarskoïe selo, a été rétablie. Le pavillon de l’île a été restauré en 2008 et est maintenant utilisé pour des expositions temporaires et des concerts de musique classique.

    Colonne de Chesme

    La colonne de Chesme a été érigée en 1774 dans le parc paysager par Antonio Rinaldi pour célébrer la victoire à la bataille de Chesme. En effet, le 26 juin, les Russes sous le commandement du contre-amiral Samuel Greig ont mis le feu à toute la flotte turque. Elle célèbre aussi les deux victoires de Chios et Mytilène en juin et novembre 1770 lors desquelles les forces navales russe ont coulés de nombreux navires turques et pris l’île de Mytilène.

    La colonne dorique taillée dans trois morceaux de marbre blanc et rose d’Olonets est décorée de rostra (proues de navires) et couronnée par un aigle piétinant un croissant de lune. Des bas-reliefs en bronze représentant les batailles maritimes se trouvent à son pied, tandis qu’une plaque de marbre fixée au côté sud du piédestal raconte l’histoire des victoires. Le monument se dresse directement hors de l’eau. Cette colonne de Chesme a été glorifiée par Alexandre Pouchkine dans ses Souvenirs à Tsarskoïe Selo. Elle a été considérablement endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, les bas-reliefs en bronze d’origine ont été perdus. Ils seront recréés en 1994-96, puis installés en juin 1996, à l’occasion du 300e anniversaire de la marine russe.

    Le pont de marbre

    Près du Grand étang, se trouve le pont de marbre, également connu sous le nom de galerie de marbre de Sibérie. Le pont enjambe l’étroit cours d’eau qui relie le Grand étang à plusieurs autres creusés en 1769-70. Il y avait ici un archipel de sept îlots artificiels sur lesquels des cygnes vivaient dans de petites maisons qui ont été peintes d’après des dessins de Rinaldi. Ces îles et ces étangs portent encore aujourd’hui le nom de « Swan ».

    Au début des années 1770 ont été taillés des colonnes, des chapiteaux, des piédestaux, des balustres et d’autres éléments en marbre blanc et bleu-gris. Les panneaux destinés à faire face aux culées du pont ont été réalisés en granit gris-rose. Les fondations du pont de marbre ont été posées en 1773 puis il a été assemblé sur place en 1774. Le pont de marbre se présente sous la forme d’une colonnade posée sur une base de granit à laquelle on accède par des volées de marches à chaque extrémité. La partie supérieure est constituée de deux pavillons à base carrée qui sont reliés par une colonnade. Les espaces entre leurs piédestaux sont remplis de balustrades. Du pont, on a une vue splendide sur le Bain turc, la Pyramide et la Cascade rouge.

    Les bains turques

    Le pavillon « Bain turc » a été érigé sur un petit promontoire dans la partie sud-ouest du Grand Bassin entre 1850 et 1852, c’est ainsi la dernière structure à avoir été construite dans le parc.

    Ce pavillon, conçu comme une sorte de mémorial à la guerre russo-turque de 1828-29, a été dessiné par l’architecte Ippolito Monighetti, qui a pris comme modèle une mosquée turque. Le dôme de l’édifice était décoré d’ornements en relief, tandis que le haut minaret était couronné d’une flèche et d’un croissant.

    Ses salles intérieures ont été achevées dans le style « Moresque ». Dans sa décoration, du marbre blanc provenant des bains d’une sultane turque ramenée pendant la guerre de Roumanie a été utilisé pour les détails en relief. La partie inférieure des murs du vestiaire est recouverte d’une mosaïque colorée, tandis que la partie supérieure est décorée de moulures et de peintures ornementales. Un arc en plein cintre reliait la salle de lavage à la salle centrale en forme de coupole particulièrement somptueuse. Son principal ornement était un bassin en marbre blanc avec une fontaine peinte et dorée. La salle contenait des panneaux de marbre sculptés de versets qui avaient été apportés de Turquie.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bains turcs ont été endommagés par des tirs d’obus. Les façades du bâtiment ont été reconstruites en 1953. Une restauration plus approfondie, a été faite en 2006-2009 avec le soutien financier du budget fédéral et de la BIRD. Le pavillon rénové offre des décors inoubliables et un mobilier composé d’objets de la collection du musée.

    La pyramide

    La pyramide est l’un des premiers pavillons du parc de Tsarskoïe Selo. Il a été construite en 1770 sur les plans de Vassily Neyelov puis démantelée dès 1774 et enfin reconstruite en 1782 par Charles Cameron. Sa surface est verte et recouverte de mousse ce qui lui donne l’aspect d’un ancien mausolée. La Pyramide a été délibérément placée à l’écart du chemin principal, afin que les promeneurs bercés par le calme du parc ombragé puissent l’apercevoir à l’improviste.

    La Pyramide est faite de briques et recouverte de granit taillé. Un côté est percé par l’entrée. Quatre colonnes taillées dans le marbre gris de l’Oural se dressaient autrefois sur des piédestaux aux angles. La salle à l’intérieur du pavillon est couverte par une voûte hémisphérique avec une ouverture au centre.

    Derrière la Pyramide, en face de l’entrée, trois des chiens préférés de Catherine II ont été enterrés : Tom Anderson, Zemira et Duchesse. Les tombes étaient autrefois marquées par des pierres de marbre blanc avec des épitaphes gravées, mais celles-ci n’ont pas survécu.

    La cascade rouge

    Les étangs supérieurs, qui ont été creusés dans la zone paysagère du parc de Catherine au début des années 1770, étaient reliés au grand étang, mais l’eau qui coulait librement sur la pente de la colline en direction du lac a commencé à creuser un profond ravin et, afin d’empêcher les nouveaux étangs de s’assécher, il a été décidé de créer un système de déversoirs sur le cours d’eau.

    L’un des deux déversoirs est la Cascade rouge qui prend la forme d’un petit barrage flanqué de deux tours « de style gothique » effilées. Les murs en briques rouges des petites tours étaient agrémentés de niches en forme de lancette avec des architraves blanches qui se détachent nettement sur la brique environnante. Les étroites « flèches » à l’intérieur des niches et les parapets crénelés donnent à la cascade l’apparence d’une sorte de structure fortifiée.

    Les portes d’entrée de Tsarskoïe Selo

    La porte gothique

    Non loin du complexe de l’Amirauté, le sol commence à s’élever jusqu’à la colline artificielle près de la ruine de la tour. C’est là que se trouve la Porte gothique qui a été coulée à Ekaterinbourg en 1777 sur le dessin de Yury Velten et d’inspiration anglaise.

    Les travaux d’installation de la porte ont commencé en 1779 et l’année d’après, vingt-cinq tonnes de fonte ont été livrées à Tsarskoïe Selo. Au cours de l’été de cette année-là, la porte fut assemblée et mise en place.

    Les piédestaux hexagonaux des portes sont ornés de panneaux d’ornement gothique. De grands piliers sont reliés par un arc « gothique » et des figures sculpturales en fonte placées entre les piliers complètent la décoration de la porte. C’est un exemple remarquable de fonte d’icônes russes du XVIIIe siècle.

    La porte Orlov

    porte orlov

    La porte d’Orlov ou Gatchina a été érigée entre 1777 et 1782 à la limite du parc de Tsarskoïe Selo, au début de la route de Gatchina, l’ancien domaine du comte Grigory Orlov, commandant en chef de l’artillerie russe. Catherine II a honoré de son vivant l’un de ses favoris avec ce monument pour célébrer son succès dans la direction de la lutte contre une épidémie de peste qui a frappé Moscou en 1771.

    Le côté de la porte qui fait face à Gatchina porte une inscription tirée de l’allocution du poète Vassili Maïkov au général : « Moscou a été délivrée du malheur par Orlov. » Une autre inscription du côté du parc donne un compte-rendu plus complet de cet événement. Œuvre d’Antonio Rinaldi cette porte se présente sous la forme d’un arc de triomphe à une seule travée. Rinaldi a utilisé des éléments empruntés à l’architecture romaine antique : des colonnes et des pilastres sur piédestal placés sur les côtés de l’arc élevé. Le marbre rose de Tivdia des colonnes et des panneaux est bien mis en valeur par le marbre gris qui a été utilisé pour faire face à la partie principale de l’édifice.

    En 1781, il a été décidé d’ajouter des portails fonctionnels à l’arche, mais il a fallu attendre encore six ans avant que des feuilles de fer forgé soient produites à l’usine d’armes de Sestroretsk.

    En 1789, le prince G. Potyomkin-Tavrichesky passa par cette porte, apportant des nouvelles de la victoire sur les troupes turques en Moldavie.

    La tour en ruine

    Parmi l’ensemble des édifices consacrés aux guerres russo-turques à Tsarskoïe Selo, une place importante est occupée par la monumentale et efficace Ruine de la Tour dans le Parc Catherine.

    Construite en 1771 sur les plans de l’architecte Yury Velten, sa création est une sorte de symbole de l’effondrement de l’Empire ottoman et en même temps la première structure néo-gothique dans un parc russe. De l’extérieur, la tour ressemble à une colonne dorique qui s’est enfoncée dans le sol. Elle est surmontée d’une grande plate-forme carrée supportant un pavillon rond dont les murs sont percés d’arcs en lancette.

    Les murs de brique qui jouxtent la tour sont en partie cachés dans la colline artificielle. Le mur qui fait face au parc est perforé par un arc en plein cintre. La clé de voûte gigantesque de cet arc porte l’inscription : « Cette pierre a été placée en 1768 en mémoire de la guerre déclarée à la Russie par les Turcs. » L’arc sert d’entrée à un étroit corridor sur le côté droit duquel commence une rampe en spirale qui donne accès à la plate-forme supérieure. De là-haut, à une hauteur de 21 mètres, on a une vue splendide sur le parc paysager.

    La surface du plâtre a été vieillie artificiellement avec des fissures imitant l’usure naturelle. De ce fait, la tour ressemblait aux ruines d’un ouvrage de fortification, dont l’intérêt était particulièrement fort dans la seconde moitié du XVIIIe siècle : les architectes de l’époque appréciaient la beauté des ruines pittoresques de la Grèce et de Rome et leur aspect mélancolique.

    Les chênes qui ont été plantés dans les années 1780 entre la ruine de la tour et la porte d’Orlov ont presque tous été abattus pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les pentes de la colline sont cachées par le feuillage brillant des jeunes arbres. La ruine de la tour est presque immédiatement devenue l’une des curiosités les plus populaires des parcs de Tsarskoïe Selo et elle a été représentée par des artistes à de nombreuses reprises.

    La terrace de granite

    Pendant trois décennies au XVIIIe siècle, le site actuel de la Terrasse de Granite a été occupé par des tobogans avec des pentes qui pouvaient être glissées en hiver et en été. Le pavillon central à deux étages de cette « installation » de divertissement remarquable a été construit d’après des plans et un modèle de Bartolomeo Francesco Rastrelli.

    terrasse granite tsarskoïe selo

    Entre 1792 et 1795, les toboggans ont été démantelés et l’architecte Charles Cameron a entrepris la construction d’une grande galerie de 32 colonnes en pierre de Pudost à sa place mais elle fut également démolie. Au début des années 1800, il a été décidé d’utiliser la grande plate-forme laissée sur le site de la colline pour la construction d’une grande terrasse en granit. Celle-ci a été conçue en 1809 par l’architecte Luigi Rusca (1758-1822).

    La terrasse en granit est orientée vers le Grand étang et des escaliers descendent de chaque côté. Les murs sont décorés de puissantes colonnes doriques sans base qui soutiennent les piliers de la balustrade en granit gris qui font un contraste avec les chapiteaux roses. Les murs, également en granit rose, sont brisés par des niches peu profondes encadrées par des architraves de blocs de pierre grise.

    Rusca avait l’intention de décorer la terrasse avec deux statues de marbre, mais son idée n’a pas été mise en œuvre. Au lieu de cela, dans les années 1850, des copies galvanoplastiques de sculptures anciennes ont été installées sur les piliers de la balustrade. Les sculptures ont survécu et s’y trouvent encore aujourd’hui. En 1801, en même temps que la construction de la terrasse, Rusca a créé la Grande scène de débarquement en granit sur le Grand étang : une plate-forme d’une architecture simple avec des marches, quatre bornes rondes en granit et des balustrades. Dans les années 1850, le débarcadère a également été décoré avec des statues en galvanoplastique, le lutteur Borghese et le lanceur de disque, qu’on peut toujours voir aujourd’hui.

    La jeune fille au pichet

    La fontaine de Tsarskoïe Selo connue sous le nom de la jeune fille au pichet, occupe une place particulière parmi les sculptures du parc de l’ancienne résidence impériale : c’est la seule sculpture qui a été créée spécialement pour le parc de Catherine.

    En 1808, sur les instructions de l’empereur Alexandre Ier, le jardinier John Bush et l’architecte Luigi Rusca ont supervisé les travaux d’amélioration de l’ancienne colline de la côte. La pente entre la terrasse de granit et le grand étang fut transformée en une série de marches vertes : de nouveaux chemins furent aménagés de la terrasse à l’étang et la sortie du petit canal vers lequel les eaux d’une source locale avaient été détournées fut transformée en une fontaine.

    fontaine tsarskoïe selo

    La statue a été créée par l’éminent sculpteur Pavel Sokolov sur le thème de la fable de La Fontaine « La Servante » et coulée en bronze dans l’atelier de l’Académie impériale des arts. Un jet d’eau de source s’écoule de la cruche brisée qui repose à ses pieds pour se recueillir dans le bassin attenant. À l’origine, ce bassin se présentait sous la forme d’une grotte dans laquelle on entrait par des marches en pierre de Pudost. La grotte n’a existé que jusqu’au milieu du XIXe siècle.

    Alexandre Pouchkine a glorifié la fontaine dans son poème La statue du Tsarskoïe Selo.

    Au début de la guerre, avant que les unités allemandes n’atteignent la ville de Pouchkine, la statue de la servante a été enterrée dans le sol et pour cette raison, la statue n’a pas été endommagée. Aujourd’hui, l’original en bronze de La jeune fille au pichet est conservé dans les réserves du musée et une copie, coulée en 1990, a été installée dans le parc.

    La salle de concert

    Dans les années 1780, l’architecte Giacomo Quarenghi a construit dans le parc de Tsarskoïe Selo une salle de concert qu’il a décrite comme « une salle de musique avec deux cabinets et un temple en plein air dédié à la déesse Cérès ». À l’origine, appelé « temple de l’amitié », Catherine II a demandé à ce qu’il soit appelé « salle de musique ou de concert » à partir de 1788.

    La façade donnant sur l’étang est ornée d’un portique à quatre colonnes. De l’autre côté, la façade est traitée comme une rotonde à dix colonnes recouverte d’un dôme bas. Les murs de la rotonde sont décorés de cinq bas-reliefs sur des sujets mythologiques créés par le sculpteur Mikhail Kozlovsky. Le relief central représente l’histoire d’Orphée ; les autres présentent des figures féminines allégoriques avec des attributs des arts et des instruments de musique.

    salel concert

    La construction du pavillon a duré sept ans. Contrairement au traitement simple de l’extérieur, les pièces intérieures sont décorées de manière riche et variée. Ils ont été finis conformément aux canons du classicisme strict. Les murs de la grande salle sont revêtus de marbre artificiel et décorés de pilastres corinthiens, de médaillons sculptés et de panneaux peints. La peinture décorative du plafond utilise des panneaux rectangulaires avec des représentations mythologiques. Le sol en mosaïque noir et blanche représentant un épisode du mythe de l’enlèvement d’Europe par Zeus date de la fin du deuxième siècle et fut apporté de Rome en 1784. Dans ses coins, se trouvent des images de monstres marins avec des queues de poisson. La composition est encadrée par une frise de fleurs de lotus stylisées.

    Conformément à la conception de l’architecte, vingt-huit bustes en marbre, copies d’anciens originaux, avaient été placés sur des piédestaux dans la grande salle. Ils ont été perdus pendant la guerre. Le décor des cabinets Est et Ouest de la salle de concert reprend également des motifs anciens : l’un d’eux contient des allégories de l’architecture, de la peinture, de la sculpture et de la science ; l’autre des scènes d’offrandes. Les sols des deux salles sont en plaques de marbre avec des incrustations de mosaïque romaine datant du tournant du premier siècle après J.-C.

    La cuisine en ruine

    La ruine de la cuisine, située à côté de la salle de concert dans le parc de Catherine, a été créée par Giacomo Quarenghi dans les années 1780 et compte parmi les plus belles œuvres de l’architecte. Son entrée prend la forme d’une niche avec une porte placée à l’arrière. Les zones courbes de la façade entre les projections sont ornées de colonnes.

    Lors de la création de la ruine de la cuisine, Quarenghi a réutilisé des fragments d’anciens édifices authentiques qu’il avait à sa disposition. Dans la partie supérieure des murs et dans les espaces entre les colonnes, il a placé six bas-reliefs qui ont été délibérément endommagés pour leur donner une apparence ancienne. De véritables sculptures anciennes ont été placées dans les niches. Les bâtisseurs ont imité un édifice en ruine de l’Antiquité avec une habileté exceptionnelle : par endroits, des briques délabrées ont été mises à nu ; la corniche et le plâtre des murs sont couverts de fissures. Selon les mots d’Igor Grabar, Quarenghi a construit « une ruine d’une authenticité si charmante et si convaincante qu’il est difficile de croire à sa fausseté ».

    Le hall de soirée

    Près du jardin privé dans le parc de Tsarskoïe Selo se trouve le hall de soirée. Ce pavillon dont la construction a commencé en 1796 sur un projet de Piotr Neyelov, n’a été achevé qu’une décennie et demie plus tard. Il se compose d’un hall rectangulaire et de deux petits cabinets. Rusca a embelli la partie centrale de la façade principale avec un portique à quatre colonnes ioniques, tout en plaçant des cariatides sur des piédestaux bas de chaque côté des fenêtres. À la suite de ces modifications, le pavillon a perdu l’aspect original prévu par Neyelov, qui a proposé de décorer les façades avec « des palmes avec des troncs faits de rondins recouverts de tôle et de couronnes » et a repris les caractéristiques du classicisme tardif avec sa tendance caractéristique à de grandes surfaces de mur lisse animées par la sculpture.

    Les murs intérieurs de la grande salle ont été recouverts de marbre artificiel qui a péri pendant la Seconde Guerre mondiale. L’artiste décoratif Fiodor Shcherbakov a orné la partie supérieure des murs d’une frise peinte représentant des cerfs et des cupidons dans des chars dans un cadre ressemblant à un parc. La peinture polychrome du plafond, partiellement conservée, a été restaurée après la guerre.

    Le pavillon d’été chinois

    Ce pavillon plutôt exotique connu sous le nom de « Maison d’été chinoise » est situé sur la rive d’un étang à la limite entre le parc de Tsarskoïe Selo et le nouveau jardin du parc d’Alexandre. Sur son toit est fixée une girouette en forme de bannière chinoise qui grince bruyamment lorsqu’elle tourne avec le vent. Cela explique le nom plus courant de ce pavillon. Il a été conçu par l’architecte Yury Velten puis construit en 1778-86. Placé sur une étroite bande de terrain entre deux étangs, le pavillon a une forme allongée. Sa salle centrale ovale en forme de coupole est attenante à deux salles presque carrées de plus petite taille. Il possède deux entrées, sur les côtés est et ouest.

    Le traitement du volume central est particulièrement élaboré : il est couvert d’un toit « chinois » et d’une tourelle sur piliers métalliques surmontée de la girouette. Au-dessus des pièces latérales de la Maison d’été se trouvent des terrasses ouvertes dont les toits sont soutenus par quatre piliers également coiffés de girouettes. Le toit est décoré de figures de dragons tordus, peints et dorés de couleurs vives. Les murs extérieurs du pavillon ont été peints en imitation de marbre coloré. Au début du XXe siècle, la Maison d’été grinçante avait perdu la peinture imitation marbre des murs et nombre de ses détails décoratifs. La restauration effectuée en 1954-56 a redonné aux façades leur aspect fantaisiste et coloré d’antan. À l’heure actuelle, le pavillon est de nouveau lumineux et coloré après les récents travaux de restauration.

    L’obelisque de Kagul

    L’obélisque de Kagul ou Rumiantsev se trouve dans le parc de Tsarskoïe Selo, près de la façade sud de l’aile Zubov du palais de Catherine. Il a été érigé en 1771-72 pour marquer la victoire russe sur les Turcs, comme en témoigne l’inscription sur le piédestal : « En mémoire de la victoire remportée sur la rivière Kagul en Moldavie le 21 juillet 1770.

    La décoration de l’obélisque de Kagul ne comporte aucun attribut militaire. La beauté de ses lignes, les proportions raffinées et le marbre russe gris foncé et rouge savamment sélectionné lui confèrent une apparence impressionnante et austère.

    L’obélisque est mentionné dans le roman La fille d’un capitaine d’Alexandre Pouchkine.

    Les expositions de Tsarskoïe Selo ?

    Le village de Pouchkine où se trouve Tsarskoïe Selo est localisé à 25 km au sud de Saint-Pétersbourg. Des trains de banlieue et des taxis à itinéraire fixe circulent entre les points, il ne sera donc pas difficile de s’y rendre par vous-même.

    Romanov tsarskoïe selo

    Les Romanov

    Installée dans une rangée de six chambres adjacentes à la suite des salles de cérémonie, l’exposition Les Romanov à Tsarskoïe Selo présente chronologiquement les documents concernant les propriétaires couronnés de la résidence : de l’impératrice Elizabeth Petrovna au dernier des Romanov. Leurs caractères personnels, leurs goûts et leurs intérêts, reflétés dans des portraits formels, du mobilier, des bronzes, de la porcelaine et d’autres objets des collections du musée, racontent l’histoire de leur vie de plus de 150 ans dans la résidence.

    Écuries de la Cour à Tsarskoïe Selo

    L’exposition se trouve dans un bâtiment historique des anciennes « Écuries de service », construites en 1824 selon le projet des architectes Stasov et Shustov. Conformément à sa vocation, le bâtiment a un plan en forme de fer-à-cheval.

    L’exposition présente une collection de 25 voitures impériales d’artisans russes et ouest-européens des XVIIIe et XIXe siècles. La plupart d’entre eux sont des carrosses de cérémonie qui étaient utilisés lors des cérémonies officielles de la Cour russe. L’exposition présente également des voitures de plaisance, des voitures de ville, des voitures d’enfants et des traîneaux.

    Toutes les pièces exposées permettent de retracer l’histoire de la fabrication des carrosses depuis deux siècles.

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