Métro Komsomolskaya

/ / Métro Komsomolskaya
Métro Komsomolskaya

La station de métro Komsomolskaya (en russe комсомольская), située sur la ligne 5 (marron), est sans doute la plus célèbre et la plus photogénique de Moscou. C’est celle qu’on représente toujours sur les cartes postales et les catalogues des agences de voyage. Pendant la haute-saison, il n’est pas rare d’y croiser des grappes de touristes, agglutinés sous les lustres, se tordant la tête jusqu’au torticolis pour admirer les splendides voûtes. Cela n’en fait pas pour autant une « station-musée », puisqu’elle reste très fréquentée par les locaux. En effet sa position, à proximité des trois grandes gares de Moscou en fait la première station de la capitale, avec un trafic s’élevant à 163 000 passagers par jour. Mieux encore, la station Komsomolskaya constitue en quelque sorte un carrefour de la Russie, puisque d’ici on peut rallier la Sibérie et l’Asie centrale (gare de Kazan à 2 minutes), la Chine et la Corée (gare de Iaroslav, départ du Transsibérien) ou bien la Scandinavie et l’Europe (gare de Léningrad).

Métro Komsomolskaya



Komsomolskaya, l’apothéose du style impérial stalinien

Dès l’arrivée dans le hall central, on est saisi par une impression de grandeur et de démesure. D’abord parce que la nef est gigantesque. Sa largeur est de 11 mètres au lieu des 8 mètres réglementaire, et la hauteur des plafonds atteint 9 mètres, contre 5 mètres pour toutes les autres stations de la capitale ! Ensuite, parce que la décoration est d’un luxe assumé. La station Komsomolskaya constitue l’apothéose du style impérial stalinien, mélange de baroque et de classicisme tardif. Les 68 colonnes en marbre bleu et rose de Gazgan (Ouzbékistan) offrent une perspective incroyable, très prisés des photographes amateurs. Elles soutiennent 34 arches élégantes. La voûte jaune est décorée de motifs floraux en stuc blanc, ainsi que de bas-reliefs dorés sur fond rouge représentant divers symboles soviétiques (étoiles rouge, faucille et marteau, etc.)

Grand Prix de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958

Mais l’attraction de la station ce sont ces huit panneaux de mosaïques qui ornent les plafonds. Ils sont la transcription en images d’un discours de Staline, prononcé lors du défilé du 7 novembre 1941, cinq mois après l’entrée en guerre de l’URRSS. Staline avait alors exalté les grandes batailles et les grands héros de la Russie, Alexandre Nevsky, Mikhail Kutuzov, Minin et Pozharsky, etc. Chacun de ces personnages se retrouvent sur les panneaux de mosaïques, sculptés par l’artiste Pavel Korin (concepteur des vitraux pour la station Novoslobodskaya). À l’époque de l’inauguration, deux autres mosaïques représentaient également Staline en personne, accompagné d’officiels, assistant à un défilé de la victoire et à une cérémonie de remise des drapeaux. Ces deux mosaïques sont un bel exemple des ravages de la propagande stalinienne, puisque elles furent retouchées à plusieurs reprises, dans le but d’effacer de l’œuvre les dirigeants en disgrâce. Ironie du sort, c’est la figure de Staline elle-même qui finit par disparaître, dans les années 60, avec le processus de déstalinisation initiée par Nikita Khrouchtchev. Les deux panneaux furent alors remplacés, et représentent aujourd’hui Lénine prononçant un discours devant l’Armée Rouge et le peuple de Moscou. Un buste de Lénine est également installé au fond de la gare.

Le hall central est éclairé par neufs énormes lustres en bronze. Les quais disposent quant à eux de lustres plus petits. Leur lumière se reflète dans un sol pavé de granit rouge.

La station remporta le Grand Prix de l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958.



2019-09-05T14:27:47+00:00 24 août 2019|Transports|