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    Mourom

    L'oubliée de l'Anneau d'Or

    Mourom est située à 280 km à l’Est de Moscou, et à 120 km au Sud-est de Vladimir. La rivière Oka longe la ville, qui se trouve sur la rive gauche. Elle est dotée d’une gare permettant l’accès à la ligne de chemin de fer Moscou – Kazan.

    La ville de Mourom n’est revenue dans la liste des villes de l’Anneau d’Or que récemment, elle est effectivement un peu loin des autres villes, mais son patrimoine historique et architectural lui permet d’honorer ce titre. De plus, la ville est tombée dans les oubliettes durant la période soviétique, puisqu’elle était inaccessible aux étrangers, du fait de la présence de différentes industries liées à la défense.

    Temps de lecture estimé : 12 minutes

    Histoire de Mourom

    Mourom a été mentionnée par la première fois dans une chronique en l’an 862, ce qui est en fait une des villes les plus anciennes de Russie.

    En 1549, le tsar Ivan le Terrible débute sa première campagne militaire, la conquête du Khanat de Kazan et passe par Mourom qui se trouve sur le chemin. La campagne n’aboutit pas, et en 1552, Ivan retourne à Mourom se préparer pour lancer la deuxième offensive. Il y reste une semaine, pendant laquelle il s’engage à y construire des églises s’il emporte la victoire. Lors de cette seconde tentative, la ville de Kazan est conquise, et Ivan le Terrible ordonne la construction de plusieurs églises dans la ville. Comme par exemple, la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur dans le monastère de Spaso-Preobrazhensky, ou le monastère Blagoveschensky (de l’Annonciation) en 1553.

    Au XIXe siècle, Mourom est restée une ville provinciale avec une population essentiellement composée de marchands. Les incendies destructeurs de 1792 et 1805 ont été suivis de travaux de reconstruction à grande échelle. Parmi les nouveaux bâtiments datant du XIXe siècle, on trouve le célèbre château d’eau de la ville. En 1880, les travaux de construction d’une ligne de chemin de fer reliant Moscou à Nijni-Novgorod et Kazan ont commencé, passant par Mourom.

    En 1918, Nikolaï Sakharov, membre de l’Union pour la protection de la patrie et de la liberté, prend la tête d’un soulèvement anti-bolchevique à Mourom. Cependant, le manque de soutien de la population à ce soulèvement le voue à l’échec et ses participants sont contraints de fuir vers Kazan. Le soulèvement était soutenu par le monastère Spaso-Preobrazhensky, qui a été fermé par les bolcheviks peu après. De nombreux autres monastères et églises ont subi le même sort, et leurs reliques et icônes ont été transférées au Musée Historique et Artistique de Mourom, fondé en 1919,.

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    Quoi voir à Mourom ?

    Château d’eau

    Murom pourrait se définir comme une ville qui a révolutionné la distribution de l’eau, grâce à son château d’eau. Aujourd’hui, c’est l’une des attractions principales de la ville. Il faut savoir qu’au XIXe siècle, même la grande ville de Vladimir, ne disposait pas de système d’approvisionnement en eau. Le château d’eau de Mourom est inauguré le 26 août 1864, où une procession est organisée afin de bénir l’eau qui s’en écoulera.

    Un fait intéressant, les tuyaux originels qui permettaient l’acheminement de l’eau était en bois, dont un morceau est conservé au Musée Historique et Artistique de Mourom.

    Statue Ilya Muromets

    En 1204, un moine connu sous le nom de Ilya, originaire de Mourom, meurt au monastère de la Laure des Grottes de Kiev (Киево-Печерская лавра). Avant de devenir moine, il était connu sous le nom de Ilya Chotobok, et était un grand guerrier.

    D’après les dires, il semblerait que cet homme fut l’exemple duquel est tiré le héros fictif Ilya Muromets, un chevalier russe légendaire apparaissant dans de nombreux contes. Effectivement, selon les légendes, ce chevalier serait né à Mourom où il a passé une grande partie de sa vie. Jusqu’à ses 33 ans, il était cloué au lit, à cause d’une maladie, dont il sera miraculeusement guéri, et en ressortira avec une force surhumaine. Il aurait ainsi utilisé sa force miraculeuse pour défendre la Russie.

    Le moine Ilya est canonisé en 1643 par l’Église Orthodoxe, sous le nom d’Ilya Pesherky (Ilya des grottes). C’est en 1988 que les restes de son corps ont été examinés, et il en résulte de nombreuses blessures de combat, une ossature d’homme fort, ainsi que des signes d’une maladie à la colonne vertébrale.

    Le pont de Mourom

    Le pont à haubans construit en 2009 est devenu l’une des principales attractions de Murom. Une autoroute reliant les villes d’Arzamas et de Vladimir passe par ce pont. Il mesure 1,4 km de long et 15 m de large ; il est maintenu par 3 supports porteurs de 85 m de haut ; les travées ont une longueur de 230 m.

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    Musée Historique et Artistique de Mourom

    Le musée principale de Mourom a été créé en 1918 en tant que musée du territoire local et a été ouvert aux visiteurs le 1er janvier 1919 dans la maison de marchand Zvorykine sur la rue Nikolskaya (rue Pervomayskaya moderne). Son exposition est basée sur les collections des membres de la « Murom Scientific Society » et du Cercle des amoureux de l’histoire naturelle.

    Actuellement, le musée détient de nombreuses collections de peintures, de tissus, quelques objets métalliques et boiseries, ainsi que des porcelaines par exemple.

    Monastère Spaso-Preobrazhensky

    L’histoire de ce monastère débute il y a plus de 1000 ans, ce qui en fait l’un des plus anciens de Russie.

    Selon la légende, le monastère a été fondé en 1096 par le saint prince Gleb (le premier saint russe, fils du baptiste de Russie, l’égal des apôtres, le grand-duc Vladimir de Kiev). Ayant reçu Mourom comme appanage, le saint prince ne pouvait s’installer dans la ville même parmi les païens, et il fonda une cour princière plus en amont de l’Oka, sur la rive escarpée et boisée.

    C’est là que le prince Gleb de Mourom a construit la première église au nom du Sauveur tout miséricordieux, puis un monastère pour éclairer la terre de Murom avec la lumière de la foi du Christ.

    Une autre page de l’histoire est liée au tsar Ivan le Terrible. En 1552, le tsar s’est rendu à Kazan. Et l’un des chemins de ses nombreuses troupes passait par Mourom. À cette époque, Ivan le Terrible a fait un vœu : s’il prenait Kazan, il construirait une église en pierre à Murom. Et il a tenu sa parole.

    Par son décret en 1555, on érigea ce monastère. Le tsar a fait don d’ustensiles d’église, de vêtements, d’icônes et de livres au nouveau temple.

    La cathédrale de la Transfiguration est la plus ancienne sur le territoire du monastère, et c’était le point de départ du monastère. L’église abrite les reliques de 30 saints et thaumaturges.

    La cathédrale de l’Intercession à deux étages avec un réfectoire a été construite grâce aux dons de Varsonofy (Chertkov), le métropolite de Sarsk et de Podonsk originaire de Mourom, en 1691. Le temple était chauffé par trois poêles.

    En 1757, un clocher en croupe à trois niveaux a été ajouté à l’église de l’Intercession, l’argent pour sa construction a été donné par le marchand de Mourom Pavel Samarin; il a ensuite fait don d’une cloche pesant 120 livres au monastère.

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    Couvent de la Sainte-Trinité

    Le monastère a été fondé en 1643 sur une vieille colonie, où au XIIe siècle le saint noble prince Constantin, le baptiste de Mourom, a érigé une église en bois au nom des saints princes-martyrs Boris et Gleb.

    Le monastère a été érigé par les « efforts » et la « diligence » du marchand de Mourom Tarasiy Borisovich Tsvetnov. La construction a commencé avec l’église de la Trinité en 1642 à la place de l’ancienne église en bois du même nom. À la fin des travaux de construction, Tarasiy Tsvetkov demande la bénédiction à l’évêque de Riazan et de Mourom pour aménager un cloître de jeunes filles dans le temple.

    En 1648-1652, dans la partie Sud du monastère, sur la même fondation, une église à toit en croupe portant le nom de l’icône de Kazan de la Mère de Dieu et un clocher à plusieurs niveaux ont été construits.

    Le monastère a existé paisiblement jusqu’en 1921 avant d’être fermé.

    La renaissance du monastère a commencé le 15 mai 1991, lorsque l’Église orthodoxe a commémoré le transfert des reliques des Saints Boris et Gleb. L’abbesse Tabitha (Gorlanova) est devenue la première abbesse du couvent rénové, avec la bénédiction de l’Archevêque de Vladimir et de Suzdal, Evlogy.

    En 2002, une pension pour enfants mineurs « Nadezhda » a été ouverte dans le couvent, où les filles reçoivent un enseignement secondaire.

    Une chapelle et une source ont été construites sur le territoire du couvent en l’honneur des Saint Pierre et Fevronia. Le couvent dispose aujourd’hui de trois églises actives.

    Monastère de l’Annonciation

    Le monastère de l’Annonciation de Mourom est né en 1553 d’une modeste église en bois de l’Annonciation de la Sainte Vierge Marie.

    Selon une légende religieuse, les habitants de Mourom ont longtemps pratiqué une religion païenne qui divinisait les forces de la nature. Après en avoir entendu parler, le prince Constantin a supplié son père de faire de Murom son héritage afin de convertir les habitants au Christianisme. Ses fils Michael et Feodor l’ont aidé dans cette œuvre.

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    Les païens de Mourom, ne souhaitant pas accepter le prince, assassinèrent son fils cadet Michael. Surpris par le signe miraculeux d’une icône de la Mère de Dieu, ils se repentirent de leur mauvaise action et accepterent le baptême dans les eaux du lac Kstovo, non loin de la ville.

    Le monastère de l’Annonciation a été fermé en 1919. Les frères se sont installés dans la ville, continuant à servir dans la cathédrale. Le 22 mai 1923, des reliques des princes bénis Constantin, Michel et Théodore ont été examinés, après quoi elles ont été transférées dans un musée où elles sont restées jusqu’en janvier 1989. Le dernier abbé du monastère, Archimandrite Mikhail, a été arrêté et soumis à la répression à la fin des années 1930.

    En 1940, la cathédrale est restée la seule église fonctionnelle de la ville jusqu’en 1991. Hieromonk Pimen (Izvekov) – futur patriarche de toute la Russie – y a servi de 1945 à 1946.

    Le monastère de l’Annonciation est aujourd’hui un trésor unique de l’ancienne culture orthodoxe russe. Aujourd’hui, elle tient des services monastiques quotidiens et s’engage dans des activités spirituelles et éducatives.

    Couvent de la Résurrection

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    Le monastère est mentionné pour la première fois en 1566, dans un inventaire datant du début du XVIIe siècle. Deux églises en bois, un beffroi, des cellules d’abbesse et 21 cellules pour les sœurs y étaient pointées, les bâtiments du monastère étaient entourés d’un mur en bois. Dans l’inventaire du monastère de l’époque, la décoration des temples est riche, avec de nombreuses icônes dans des couvertures de valeur, des livres d’église et d’autres ustensiles. Les donateurs et bienfaiteurs du monastère sont le marchand Semen Semenovich Cherkasov et ses frères.

    Au milieu du XVIIe siècle, les mêmes mécènes du monastère, les frères Tcherkasov, ont donné de l’argent pour construire deux nouvelles églises en pierre dans le monastère pour remplacer les églises en bois délabrées.

    Dans les années 1930, l’église est fermée et le cimetière détruit et transformé en terrain de football. Ce n’est qu’en 1998 que les édifices reprennent leur fonction initiale.

    Statue de Pierre et Févronya

    Les deux grands saints de la ville sont un couple princier du XIIe siècle.

    Pierre était le deuxième fils de Youri Vladimirovitch de Mourom, atteint de la lèpre. La jeune paysanne Févronya put le soigner grâce à sa connaissance des plantes, avant qu’ils ne se marient. A la mort de Youri, le prince ne pouvait pas accéder au trône, et ils ont été mis de côté à cause de la guerre civile. Ils sont décédés le même jour, le 8 juillet 1228. Cette histoire est un classique de la littérature russe du XVe siècle, à tel point qu’en 2008, la journée du 8 juillet devient officiellement la fête de la famille en Russie.

    Leurs religues se trouvent dans le couvent de la Sainte Trinité de Mourom, et restent très vénérés depuis les années 1990.

    Une pause déjeuner

    « Chez Ilya, chez Muromets » / « У Ильи, у Муромца »

    Ce restaurant typique vous offrira l’expérience du folklore russe, de par ses plats savoureux, mais surtout par son ambiance chaleureuse et « à l’ancienne ».

    C’est une sorte de restaurant-musée, faisant référence au héros légendaire Ilya Muromets que vous connaissez bien maintenant.

    Adresse : г. Муром ул. Ленина 25

    Site web : http://restoran-museum.ru/

    Tel : +7 (904) 658-50-73

    Restaurant Chaika

    Dans un style un peu différent et plus Européen, vous pourrez déguster du poisson pêché dans la rivière locale de l’Oka, dans ce restaurant aux allures gastronomique.

    Différents menus vous sont proposés, viandes ou poissons, mais toujours servis dans de belles assiettes.

    Adresse : Муром, ул. Набережная 32

    Site web : http://chaika-murom.ru/

    Tel : +7 (920) 936-47-89

    Comment s’y rendre ?

    La solution la plus simple est de prendre le train au départ de Moscou. Mourom se situant à l’Est et se trouvant sur la ligne Moscou – Kazan, il vous faudra débuter votre voyage à la Gare de Kazan (Казанский вокзал). Puis différents trains font le trajet, mais vous mettrez entre 3h30 et 4h30 pour arriver à Mourom.

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