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    Forteresse d’Oreshek

    Située dans la région de Léningrad, l’île et la forteresse d’Oreshek (En russe : Крепость Орешек) se trouvent à une cinquantaine de kilomètres à l’est du palais de l’Ermitage de Saint-Petersbourg. Elle est un ancien ouvrage militaire russe de défense fondé en 1323 par le duc Yury Danilovich, petit-fils d’Alexandre Nevsky. Sa situation privilégiée, à la source de la Neva depuis le lac Ladoga, a prédéterminé son importance stratégique dans la région. En face, se trouve la ville de Shlisselburg. La forteresse est considérée comme un site du patrimoine culturel russe d’importance fédérale.

    Temps de lecture estimé : 10 minutes

    Infos pratiques

    Adresse
    Île d’Oreshek, Shlisselburg

    Horaires en 2021
    Du 01 mai au 30 septembre en semaine de 10h00 à 18h00 et le week-end et jours fériés de 10h00 à 19h00. Du 01 octobre au 31 octobre en semaine de 10h00 à 17h00 et le week-end de 10h00 à 18h00.

    Tarifs 2021
    350 RUB les adultes, 250 RUB les tarifs réduits et 150 RUB les enfants. 10% de remise en ligne.

    Site internet
    Billetterie

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    « L’île de la noix » dans l’histoire

    La chronique de Novgorod raconte ainsi ses débuts : « En l’an 6831 (1323 après J.-C.), les Novgorodiens se rendirent avec le prince Yurii Danilovich sur la Neva et fondèrent une ville à l’embouchure du fleuve sur l’île d’Orekhovo. De grands ambassadeurs du roi de Suède arrivèrent et conclurent leur paix éternelle avec le prince et le Novgorod selon l’ancienne coutume… ».

    Mais, seulement 16 ans après, elle est reprise par les suédois, change de main plusieurs fois, et redevient suédoise en 1612. Le siège a duré 9 mois – de septembre 1611 à mai 1612. La forteresse d’Oreshek a été prise par la force. Sur 1300 habitants, seuls 100 sont restés. Ses défenseurs mouraient de faim mais ne voulaient pas se rendre jusqu’à la toute fin. Les Suédois l’ont surnommée Noterburg, ce qui signifie « la ville des fous ».

    Entre temps, le XVe siècle marque la perte de l’indépendance de Novgorod. Tous ses territoires rejoignent la principauté de Moscou. Pendant cette période, la forteresse a également changé : les murs ont été entièrement reconstruits, de nombreuses tours sont apparues. La nécessité de la renforcer a été confirmée lors de la guerre de Livonie.

    Le retour a eu lieu 90 ans plus tard, pendant la guerre du Nord en 1702. Les troupes sous le commandement du comte Sheremetev, comptant 12.500 baïonnettes (14 régiments), ont pris la forteresse d’Oreshek en tenaille le 27 septembre. Le 11 octobre, après une préparation d’artillerie massive, les assiégeants sont montés à l’assaut, qui s’est terminé en 13 heures par la prise de la forteresse. Selon les documents d’archives, Pierre Ier a personnellement participé au siège dans un rôle de cannonier, et, après la capture de la forteresse d’Oreshek, a écrit : « Vrai, cette noix était particulièrement coriace. Cependant, grâce à Dieu, elle a heureusement craqué … ».

    Après l’édification de la forteresse Pierre et Paul, et de celle de Cronstadt, Oreshek n’était plus nécessaire aux défenses militaires et a été transformée en prison. Les premiers prisonniers ont été les propres parents de Pierre 1er : sa sœur Maria Alekseevna (1718) et sa première épouse Evdokia Lopukhina (1725). L’empereur Ioann Antonovich VI, déposé par Elizabeth I, y a été emprisonné en 1756 avant d’être assassiné en tentant de s’échapper en 1764.

    La « Maison secrète », construite en 1798, a accueilli les décembristes Wilhelm Küchelbecker, Ivan Pushchin et d’autres. Au XIXe siècle, la Maison secrète est devenue une cellule d’isolement. De nouveaux bâtiments pénitentiaires ont été construits et le nombre de prisonniers est monté jusqu’à un demi-millier.

    À travers les différentes époques, les prisonniers de la forteresse ont compté Ernst Johann Biron, Dmitri Mikhailovich Golitsyn, Vasily Vladimirovich Dolgorukov, Mikhail Alekseevich Bakunin, Mikhail et Nikolai Bestuzhev et de nombreux autres prisonniers de haut rang. Pour certains condamnés, la forteresse est devenue un lieu d’exécution. Alexandre Illitch Oulianov, frère de Vladimir Illitch Lénine, a été fusillé dans ses murs après la tentative d’assassinat d’Alexandre III. Actuellement, seuls deux bâtiments ont survécu. Le reste a été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Pendant la seconde guerre mondiale

    Lors de l’attaque allemande sur Leningrad en 1941, la forteresse a été abandonnée par la garnison. Mais le Haut Commandement réalise rapidement son importance stratégique. Alors des soldats de la 1re division des troupes du NKVD et des marins de la 409e batterie de la flotte de la Baltique y sont secrètement envoyés. En peu de temps, les installations de défense des fortifications sont modernisées. Des tunnels souterrains permettent de se déplacer en toute sécurité sur le territoire lors de bombardement.

    « Nous, les hommes de la forteresse d’Oreshek, jurons de la défendre jusqu’au dernier homme. Aucun d’entre nous, sous aucun prétexte, ne la quittera. Les malades et les blessés seront renvoyés  temporairement de l’île, les morts définitivement. Nous resterons ici jusqu’à la fin.»

    Les nouvelles recrues qui entraient à Oreshek devaient prêter serment

    Les unités envoyées à la forteresse étaient bien équipées, armées et entraînées. La forteresse, sous un feu continu, était exposée à des bombardements massifs. Quoi qu’il en ait coûté, elle a tenu bon pendant les 500 jours de siège, et n’a pas laissé l’ennemi traverser la Neva et refermer l’étau, évitant ainsi de couper la « route de la vie ». Dans ses murs, se trouve une fosse commune de ses combattants.

    De nos jours

    À l’occasion du 40e anniversaire de la victoire, le 9 mai 1985, un mémorial à l’héroïsme des défenseurs de la forteresse a été inauguré.

    Des fouilles ont été réalisées par l’équipe de l’Expédition archéologique de Leningrad de l’Académie des sciences d’URSS sous la direction de A.N. Kirpichnikov en 1968-1970, puis poursuivies en 1971-1975. Les archéologues ont étudié environ 2000 m² de couche structurelle. Ils ont découvert les restes de la forteresse en pierre de Novgorod de 1352. Cette découverte a permis d’étudier les restes du mur d’enceinte de 1410 et de préciser la date de construction de la forteresse de Moscou, soit au début du XVIe siècle.

    Le 6 août 2010, la charpente en bois de la tour Golovina a été complètement détruite par un incendie provoqué par un coup de foudre. Elle a été entièrement reconstruite en 2013.

    Visite et points d’intérêts de la forteresse d’Oreshek

    Une excursion à Oreshek signifie une visite complète de l’île, des prisons, des monuments et des fortifications. Si l’on regarde les fortifications d’en haut, elles rappellent un triangle dont la base est située près du lac Ladoga, et la pointe supérieure est dirigée vers Saint-Pétersbourg. L’épaisseur des murs à la base est de plus de 4 m, leur hauteur est de 12 mètres, et le périmètre de la forteresse est de plus de 740 mètres carrés. Au sommet des murs se trouve un chemin de ronde couvert, auquel on accède par des escaliers en pierre à trois endroits.

    Les murs de la forteresse comportaient des galeries et étaient soutenus par sept tours : la Souveraine, la Royale, celle de Golovin, celle du Vaisseau amiral, celle de Golovkin, celle de Menshikov et celle sans nom. Chaque tour avait quatre étages à l’intérieur, avec des escaliers internes. Le sol du rez-de-chaussée était pavé de galets, les autres de bois. Malheureusement, les tours de Menshikov et Bezymyannaya ont été détruites mais les autres peuvent être vues en visitant l’île. À côté de la tour royale se trouvait une sortie secrète vers la rivière Ladoga, murée pendant la construction de la « Maison secrète » en 1798.

    Forteresse d'Oreshek

    Le cathédrale Saint-Jean

    Près du monument aux défenseurs de la forteresse se trouvent les ruines de la cathédrale Saint-Jean.

    Tour Souveraine

    C’est l’entrée principale de la forteresse d’Oreshek. Grâce à son plan rectangulaire la poterne est alignée le long des murs du château et non perpendiculaire. Cela rendait impossible l’utilisation d’un bélier et les défenseurs du château pouvaient facilement bombarder ceux qui tentaient de franchir la porte. De nombreuses forteresses russes présentent une disposition similaire des tours de tête comme par exemple la tour Tainitskaya du Kremlin de Kazan.

    Tour Golovina

    Elle est située à l’ouest de la Souveraine. L’épaisseur des murs à sa base est de 6 mètres. Au niveau supérieur de la tour se trouve une terrasse d’observation, d’où l’on peut voir la Neva et le lac Ladoga d’en haut.

    La citadelle de la forteresse d’Oreshek

    Une citadelle est la partie la plus fortifiée d’un bâtiment de défense. Ici, elle est située dans la partie nord-est de la forteresse d’Oreshek. Les tours de la citadelle ont des meurtrières, dirigées vers la cour intérieure et s’appellent : Svetlichnaya, Kolokolnaya et Melnichnaya. S’il était impossible de défendre toute la zone, les défenseurs devaient se mettre à l’abri à l’intérieur de la citadelle et continuer à se défendre sur un périmètre plus restreint. Initialement, la citadelle était séparée par un canal de 12 mètres de large reliant le lac Ladoga et la rive droite de la rivière Neva. Le canal servait de port pour les petits navires et a été enterré par la suite, faute d’utilisation.

    Forteresse d'Oreshek

    L’ensemble abrite également des expositions du musée de l’histoire de Saint-Pétersbourg. Bien que l’état général des bâtiments soit déplorable, des travaux de reconstruction et de conservation sont menés tant bien que mal. Il est possible de visiter le bâtiment de l’ancienne prison (également appelé la Maison secrète) et de voir le plan reconstitué de la prison de la fin du XVIIIe siècle à la première moitié du XIXe siècle avec les 10 cellules d’isolement. Dans le bâtiment de la nouvelle prison se trouve une exposition sur la vie quotidienne des prisonniers (« Narodnaya Volya ») de 1884 à 1906.

    Les murs de la forteresse sont imprégnés de l’esprit des siècles d’histoire. Sur les dix tours qui subsistent, six appartiennent aux tours d’enceinte : Naugolnaya (Golovina), Korolevskaya, Flazhnaya, Golovkina, Pogrebnaya (ou Cave ; depuis le XVIIIe siècle. Non marqué), et une tour de la citadelle – Tour de la cloche ou de l’horloge. Il existe un parcours d’observation du champ de bataille le long du mur de la forteresse, qui est accessible moyennant paiement (150 RUB). De nombreux visiteurs notent qu’il est difficile, au cours d’une seule visite, de s’imprégner totalement de l’atmosphère et de ressentir la profondeur de la tragédie de ce lieu. Il est donc recommandé de le visiter au moins deux fois.

    Comment se rendre à la forteresse d’Oreshek

    De Saint-Pétersbourg à l’embarcadère, vous pouvez vous y rendre en voiture par la route de Saint-Petersbourg à Mourmansk.

    Vous pouvez aussi utiliser les transports publics, comme le bus n° 440 depuis la station de métro Rybatskoye ou le bus n° 575 depuis la station de métro Ulitsa Dybenko jusqu’à Shlisselburg. Depuis l’arrêt « Place Rouge » (« krasnaïa ploschad »), vous atteindrez un embarcadère, près de l’embouchure du canal « Vieux Ladoga » dans la Neva. A proximité, il y a aussi un parking pour les voitures. Le temps de trajet de la traversée est d’environ 15 minutes.

    La traversée est payante et les bateaux partent toutes les 10 minutes. Les billets et les souvenirs peuvent être achetés sur la jetée. L’avantage de cet itinéraire est qu’après être arrivé à Shlisselburg, vous pouvez vous promener dans la ville et voir les endroits suivants non loin de la jetée : l’église Saint-Nicolas, la cathédrale de l’Annonciation et le monument à Pierre Ier.

    La deuxième variante consiste à prendre un train de la gare de Finlande (« finskii vokzal ») à la gare de Petrokrepost et ensuite prendre un bateau du côté de la rive de Morozov. Mais il y a des inconvénients : d’abord, le bateau se rend moins régulièrement sur l’île, ensuite, il n’y a rien à voir sur cette côte, à part la communauté des datchas et la jetée.

    La traversée vers l’île n’est possible que pendant la période de navigation estivale, qui est fixée par le gouverneur de la région de Leningrad (généralement de mai à octobre). Les eaux d’amont de la Neva ont de forts courants et gèlent près de la rive en hiver, ce qui maintient les canaux au milieu. En cas de gelées dures et prolongées, fin janvier, il est possible de se promener le long des sentiers de pêche, mais il n’y a pas de visites guidées pendant cette période et la forteresse est fermée.

    On peut aussi prendre un taxi à itinéraire fixe № 511, qui va de la station de métro « Ulitsa Dybenko », et № 512 de la station d’autobus « Vsevolozhskaya » à la station d’autobus « Poselok im. Morozova », qui se trouve à environ 2,5 km au nord de la jetée. Enfin, pour un trajet plus confortable jusqu’aux jetées, les services de taxi sont excellents.

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