More

    Votre guide de confiance au meilleur prix

    Récits de la Kolyma de Varlam Shalamov

    Paru en 2013 aux éditions Verdier. 192 pages.

    Présentation du livre par l’éditeur Verdier

    Une Divine comédie moderne ne saurait être autre chose qu’un document : tel est le constat que l’on trouve au fondement du témoignage de Varlam Chalamov. Le choix des treize récits qu’offre la présente édition, treize séquences parmi les plus intenses de ce parcours de 17 ans dans les camps de la Kolyma, vise ainsi, outre la mise en lumière d’aspects essentiels de l’univers concentrationnaire, le maintien de la richesse du tracé poétique. S’il a fallu, en prélevant ces extraits, renoncer à les organiser en recueils, leur échelonnement dans le temps, de 1956 à 1972, reflet de la construction voulue par l’écrivain, atteste de la progression du projet testimonial et littéraire – depuis la capture et la fixation par écrit d’instants de la détention donnés à voir dans leur violence immédiate jusqu’à une interrogation essentielle : est-il possible de faire oeuvre sur les ruines du sens après que l’expérience totalement négative du Goulag a détruit les cadres mêmes de la mise en récit ?

    Résumé

    Les Récits de Varlam Chalamov, réunis pour la première fois en français, retracent l’expérience de Varlam Chalamov dans les camps du Goulag où se sont écoulées dix-sept années de sa vie.
    Fragments qui doivent se lire comme les chapitres d’une œuvre unique, un tableau de la Kolyma, ces récits dessinent une construction complexe, qui s’élabore à travers six recueils. Chaque texte s’ouvre sur une scène du camp. Il n’y a jamais de préambule, jamais d’explication. Le lecteur pénètre de plain-pied dans cet univers. Les premiers recueils, écrits peu après la libération, portent en eux toute la charge du vécu. À mesure que le narrateur s’éloigne de l’expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité ou l’impossibilité de raconter le camp. Certains thèmes sont alors repris et transformés. La circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grande préoccupation de Chalamov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de « crevard », composée de vingt vocables à peine ?

    Les récits s’agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance. On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. C’est un texte agissant. À l’inverse, la matière du camp, les objets, la nature, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s’inscrit en eux. Le camp aura servi à l’écrivain de laboratoire pour capter la langue des choses.
    Le camp, dit Chalamov, est une école négative de la vie. Aucun homme ne devrait voir ce qui s’y passe, ni même le savoir. Il s’agit en fait d’une connaissance essentielle, une connaissance de l’être, de l’état ultime de l’homme, mais acquise à un prix trop élevé.
    C’est aussi un savoir que l’art, désormais, ne saurait éluder.

    Alexandrehttps://alexandrederussie.com/
    Premier portail francophone de Russie créé en 2013 par Sébastien et François, deux amoureux de la Russie après d’innombrables soirées dans leur auberge espagnole de la Place Pouchkine.

    Vous avez aimé cet article ?

    Recevez toutes les semaines un condensé de nos meilleurs articles et de nos bons plans.

    LAISSER UNE REPONSE

    Veuillez écrire votre commentaire!
    Veuillez entrer votre nom ici

    Envie d'aventure ?

    Venez découvrir la Russie grâce à nos excursions avec un guide privé

    Restons en contact

    Recevez toutes les semaines un condensé de nos meilleurs articles.

    À LIRE

    Les fontaines de Peterhof

    Peterhof abrite 176 fontaines. Chaque jour, à 11 heures du matin, plusieurs milliers de touristes se rendent...

    Les collections de l’Ermitage

    Le musée de l'ermitage se compose de plus de 400 salles réparties dans 4 bâtiments sans...

    Offres d’emploi en Russie pour francophones

    Retrouvez sur cette page toutes les offres d’emploi qu’Alexandre de Russie a reçu et trouvé sur les différentes plateformes. Elles sont toutes destinées à des francophones. Veuillez lire attentivement la description de l’offre avant de postuler.

    VDNH – Parc et complexe d’exposition

    Le VDNH est le plus grand complexe d'exposition, de musée et de loisirs au monde et l'un des espaces publics les plus populaires de la capitale russe avec chaque année plus de 25 millions de visiteurs.

    Les derniers articles

    Altaï – Les montagnes dorées au cœur de l’Eurasie

    Les Montagnes Dorées est le nom donné à l'Altaï traduit des langues turciques. La diversité des paysages naturels, de la faune et de la flore, la richesse des ressources minérales et la nature préservée de ce vaste territoire sont simplement extraordinaire.

    Manoir de Marfino

    Le manoir de Marfino est situé dans un domaine d’anciens nobles à 25 km au nord de Moscou. Il a acquis son aspect caractéristique pseudo-gothique au milieu du XIXème siècle grâce aux efforts de la comtesse Sofya Panina et de l’architecte Mikhail Bykovsky .

    Cathédrale du Saint-Sauveur sur le Sang Versé

    Cette cathédrale de la Résurrection du Christ, plus connue sous le nom de « Cathédrale du Saint-Sauveur sur le Sang Versé » fut érigée en mémoire de la mort tragique de l’empereur Alexandre II. C’est une incroyable combinaison de mosaïque et de décorations en pierre.

    Articles similaires