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    Avant le départReportagePoint sur la situation en Russie

    Point sur la situation en Russie

    Je vais essayer du mieux que je peux d’ajouter dans cet article toutes les informations nécessaires pour comprendre la situation en Russie d’un point de vue pratique comme je l’ai toujours fait. La CCI France Russie organise un brief régulier que notre amie Françoise Rigard s’efforce de synthétiser. Retrouvez tous les comptes-rendus ci-dessous.

    Brief de l’Observatoire franco-russe avec la CCI France Russie

    L’actualité géopolitique suscite à juste titre de nombreuses interrogations. La CCI France Russie organise depuis le 27 janvier 2022 des sessions de questions/réponses par visioconférence avec Arnaud Dubien, Directeur de l’Observatoire franco-russe, et Igor Delanoë, son adjoint. Les intervenants ont répondu aux questions des participants concernant l’actualité diplomatique en lien avec la crise ukrainienne. L’événement a été modéré par Emmanuel Quidet, président de la CCI France Russie.

    Je vous invite fortement à regarder ces analyses qui sont toujours posées et reflechies.

    Tous les jours, à 17h30 (heure de Moscou), Langues : français avec traduction simultanée en russe.

    Le lien ZOOM sera le même tous les jours:
    https://us02web.zoom.us/j/88931682712

    La CCI France Russie lance également un bulletin de veille situationnelle, synthèse analytique des faits marquants de l’actualité en lien avec la Russie et l’Ukraine. Il vous sera envoyé à partir de lundi. Vous pouvez vous inscrire à celui-ci : https://www.ccifr.ru/fr/subscribe.

    Annonces du ministère des affaires étrangères

    Il est instamment recommandé aux ressortissants français, dont la présence et celle de leur famille n’est pas essentielle en Russie, de quitter le pays tant que cela est encore possible

    Lien de l’ambassade de France en Russie ici.

    Recommandation pour les déplacements entrant et sortant de Russie

    Liaisons aériennes

    Une liste non-exhaustive des liaisons indirectes permettant de regagner la France peut être consultée sur le site de l’ambassade de France (https://ru.ambafrance.org/Restrictions-a-la-circulation-aerienne). Les passagers dont les billets auraient été annulés du fait des restrictions doivent s’adresser en premier lieu à leur compagnie aérienne ou opérateur de voyage.

    Pour tous les voyageurs passant par la Turquie il est impératif de renseigner ce formulaire avant. Je vous conseille également d’arriver minimum 3 heures avant votre vol à l’aéroport. https://app.euplf.eu/

    Liste des choses à faire avant de quitter la Russie

    J’ai demandé à une amie de me faire une liste des choses à ne pas oublier avant de partir. Cette liste non-exhaustive aidera, je l’espère, ceux qui souhaitent partir de Russie. Je suis preneur de tous les autres conseils que je compilerai ici.

    Si vous décidez de partir provisoirement :

    • Relever les compteurs et payer ce que vous devez (charges, impôts…)
    • Fermer les compteurs
    • Prévenir le propriétaire de votre appartement si vous êtes locataire et lui payer le nombre de mois de loyer où vous comptez être absent pour garantir l’appartement. Ce point est à voir au cas par cas en fonction de votre relation avec votre propriétaire.
    • Vider le frigo et le congélateur
    • Faire les lessives
    • Prévenir le policier local pour qu’il surveille l’appartement.
    • Bien garer votre voiture dans un emplacement où elle ne risque pas d’être enlevée
    • Prendre les papiers personnels indispensables : papiers d’identité, papiers de l’appartement, papiers liés à votre travail (contrat de travail, feuilles de paye, papiers de la société si c’est la vôtre), papiers de la voiture, assurances.

    Si vous décidez de partir définitivement :

    • Relever les compteurs et payer ce que vous devez
    • Fermer les compteurs
    • Allez aux impôts pour un quitus fiscal et une attestation que vous étiez bien un résident fiscal en Russie pour les impôts et banques en France.
    • Prévenir le propriétaire de votre appartement si vous êtes locataire et faire un état des lieux le jour de votre départ : négocier le remboursement du dépôt de garantie
    • Si vous êtes propriétaire, choisir vente ou location.
      • Si location, trouver une agence pour vous gérer le bien et signer un contrat avec cette agence.
      • Si vente, trouver une agence pour vous gérer le bien et signer un contrat avec cette agence et donner procuration à quelqu’un pour signer à votre place l’acte de vente. Ou alors vous partez seulement quand vous avez vendu.
    • Vider le frigo et le congélateur
    • Faire le ménage
    • Faire les lessives
    • Voiture : si c’est une voiture de société la rendre à la société. Si c’est une voiture personnelle 2 choix : vous partez en voiture à l’étranger ou vous la vendez. – Si vente, annonce sur Avito et voir des concessionnaires et sociétés spécialisées pour la vendre rapidement. Passer chez le notaire pour faire les papiers de la vente. Aller chez les GAI pour enregistrer la vente et rendre les plaques d’immatriculation. – Si vous partez en voiture, vérifier que votre assurance vous couvre à l’étranger et si non, prendre une assurance supplémentaire, faire un contrôle technique
    • Si vous avez vos affaires à déménager, faire le tri. Mettre en vente sur les groupes de second hand sur Telegram et Facebook, sur Avito et Julia tout ce que vous ne voulez pas garder. Où donner à des œuvres de charité (voir les églises pour cela) ou jeter.
    • Appeler 2 ou 3 déménageurs pour faire des devis. Choisir le meilleur rapport qualité prix. Emballer vous-même vos affaires ou le faire faire par le déménageur au choix.
    • Rendre les clefs au propriétaire ou les donner à l’agence (si vous vendez ou louez).
    • Voir pour les œuvres d’art que vous avez acheté à obtenir une autorisation de sortie du territoire auprès du ministère de la Culture. Aller chez le notaire faire certifier la packing list de vos affaires comme étant la vôtre.
    • Prendre les papiers personnels indispensables : papiers d’identité, papiers de l’appartement, papiers liés à votre travail (contrat de travail, feuilles de paye, papiers de la société si c’est la vôtre), papiers de la voiture, assurances.
    • Annuler le contrat d’assurance de l’appartement en location.
    • Modifier le contrat de location de votre appartement si vous allez le louer.

    Partir de Russie en tant que société

    • Licencier le personnel et lui payer 5 mois de préavis
    • Vendre votre matériel : matériel de production, meubles, matériel informatique, voitures de société
    • Annuler le contrat de location de vos bureaux et usines
    • Si les voitures sont en leasing, les rendre à la société de leasing et fermer les contrats
    • Informer vos clients de la fermeture de votre activité en Russie : faire les soldes de tout comptes comptables avec chaque client – Idem avec les fournisseurs – Clore les comptes de la société et obtenir des impôts et différentes caisses des quitus.
    • Publier dans différents journaux officiels dont EGRUL Vestnik l’annonce de la fermeture de la société.
    • Idem sur le site des huissiers.
    • Faire les papiers de fermeture de société chez le notaire.
    • Les déposer aux impôts et payer les taxes afférentes à cette fermeture.
    • Voir avec un avocat pour qu’il gère la procédure officielle de fermeture de votre société.
    • Faire les archives RH et comptables de votre société et les déposer au bureau des archives de l’état.
    • Détruire officiellement tous les documents comptables.

    Visa / Mastercard

    Visa et Mastercard ont annoncé qu’elles allaient suspendre toutes leurs activités en Russie. Ce que cela signifie : toutes les cartes Visa et MasterCard émises en Russie par quelque banque que ce soit cesseront de fonctionner en dehors de la Russie, ce qui signifie qu’il ne sera pas possible de payer ou de retirer de l’argent à l’étranger avec ces cartes. Celles-ci seront toutefois pleinement opérationnelles et fonctionneront comme d’habitude sur le territoire de la Fédération de Russie.

    Si vous vous trouvez actuellement à l’étranger et que vous avez besoin d’accéder à votre compte bancaire russe avec votre carte Visa ou MasterCard, je vous recommande de retirer de l’argent liquide de votre carte dès que possible. En règle générale, les systèmes de paiement ont besoin d’un certain temps pour effectuer des changements techniques, ce qui permet d’avoir le temps de retirer l’argent sur lequel vous comptiez à l’étranger.

    Dans certains pays, les cartes du système de paiement MIR (système de paiement appartenant à la Russie) sont acceptées pour les paiements. Dans l’application, vous pouvez émettre une carte MIR supplémentaire virtuelle pour votre compte et la lier à ApplePay et GooglePay.

    Impact sur la vie en Russie

    Je tiens à remercier Françoise Rigard pour le temps qu’elle consacre à rédiger ces briefs. Merci également à Intermark pour son point sur la situation en Russie et en CEI.

    Juillet 2022

    15 Juillet 2022

    Résumé des briefings n°76 et 77 de la CCIFR par F. Rigard: ce sont les 2 derniers briefings pour l’été. Reprise en septembre.

    Économie russe

    • Siluanov s’est dit favorable au schéma de trocs et de paiements du GNL en roubles pour éviter les paiements en $ et € afin de diminuer les montants dans ces 2 devises.
    • L’agence de communication Cross a mis au point un indice national des inquiétudes des russes et il en ressort que les russes craignent plus la flambée des prix et les pénuries de marchandises que l’escalade du conflit en Ukraine.
    • Baisse du prix des logements neufs à Moscou pour la première fois depuis 2019
    • Selon a BCR la récession devrait être moins sévère que prévu initialement : au lieu de -15% cela devrait être cette année -6% et -1,3% en 2022. Donc l’économie russe fait preuve d’une résilience remarquable vu ce qu’elle traverse.
    • Poutine a annoncé une revalorisation de 10% des retraites des militaires.
    • Selon l’agence internationale de l’énergie, la Russie a exporté pour 20,4mld $ de pétrole en juin. Il faut aussi noter le doublement des imports de mazout russe par l’Arabie saoudite qui l’utilise pour faire tourner ses centrales électriques et ainsi pouvoir vendre son pétrole aux pays actuellement délaissés par la Russie comme l’Europe. Et le Brésil s’est dit prêt à importer d’importants volumes de diesel russe.
    • Rumeur à suivre : selon Interfax, la Russie pourrait interdire au 1er octobre l’entrée de camions européens sur son territoire en réponse à l’interdiction des camions russes en UE.
    • La balance commerciale excédentaire est liée surtout à la baisse des importations. Cela donnera une sécurité budgétaire et permettre de compenser les avoirs gelés de la BCR.

    Le commerce entre la Russie et les pays d’Afrique du nord et du moyen Orient a progressé constamment entre 2008 et 2021, 2021 ayant été une année record et représente maintenant 8% du commerce extérieur russe, soir 2 fois plus qu’avant.

    En plus des piliers traditionnels (Égypte, Algérie et Turquie), on voit l’émergence de nouveaux piliers : EAU, Arabie Saoudite, Iran.

    Politique intérieure
    • Denis Manturov a été promu au poste de vice premier ministre en charge de l’industrie à la place de Borissov qui prend la tête de Roscosmos en remplacement de Rogozin
    • Le parti « juste pour la vie » veut déposer un projet de loi prévoyant de rétablir l’âge de la retraite à 60 ans pour les hommes e t55 ans pour les femmes, sujet très sensible en Russie.
    • Signature par Poutine d’un décret qui autorise l’octroi de la citoyenneté russe à tous les citoyens ukrainiens selon une procédure simplifiée, comme c’est déjà le cas pour les régions du Donbass, de Lougansk, de Marioupol et de Zaprojie. Le but est certainement de convaincre la population de la région de, Kharkov d’adhérer à la Russie (région partiellement sous le contrôle russe).
    • Décret de Poutine renommant Minnikhanov, le président du Tatarstan, chef du Tatarstan au lieu de président car depuis le 1er juin, seul le président de la Fédération de Russie peut avoir le titre de président… (NDLR : no comment). C’est dans un but de recentralisation, et de réduction des conditions spécifiques qu’avait le Tatarstan par rapport à la Fédération.
    • un des derniers opposants hors système de Russie encore en liberté en Russie, Yashin, élu municipal de Moscou, vient d’être placé en détention jusqu’au 12 septembre car il est poursuivi pour diffusion de fausses informations sur l’armée russe et il encoure jusqu’à 10 ans de prison.
    • Balitski, chef de l’administration civilo-militaire provisoire de la région de Zaparojie a parlé d’un référendum possible à l’automne pour que la population se prononce sur l’avenir du territoire. Et il y a eu une visite surprise du président de la Duma russe au Donbass. Cela est à mettre en parallèle avec les informations sur les possibles configurations pour ces territoires, configurations qui dépendent des évènements militaires sur le terrain. Il peut y avoir une annexion pure et simple. Mais on parle de plus en plus d’une éventuelle proclamation d’indépendance de ces territoires contrôlés par la Russie et de leur adhésion à une union Russie-Biélorussie, scénario discuté par Poutine et Loukachenko fin juin à St Pete.

    Diplomatie – quelques signaux encourageants.
    Appel téléphonique entre Poutine et Erdogan : ils se sont félicités de la montée des échanges commerciaux entre leurs pays, ont évoqué la possibilité de paiement en monnaie nationale, ont parlé de l’Ukraine et à ce sujet, Erdogan a insisté sur la nécessité du corridor vert pour évacuer les céréales, de la Syrie et du format.

    Astana
    • Format Astana : Poutine ira à Téhéran le 19 juillet pour rencontrer ses homologues iraniens et turcs.
    • 13/07 : il y a eu une réunion entre des représentants de l’ONU, de la Russie, de la Turquie et de l’Ukraine pour discuter de l’évacuation des céréales par la voie maritime. Toutes les parties présentes ont exprimé de l’optimiste et dit que les choses avancent. Et la prochaine réunion à ce sujet aura lieu la semaine prochaine.
    C’est à mettre en relation avec l’annonce le 14/07 par le trésor américain que la vente et le transport et l’assurance de ces transports étaient autorisés et n’enfreignaient pas les sanctions américaines : il ne s’agit pas de levée de sanctions mais de clarifications.
    • Borel, suite à la réunion des ministres des affaires étrangères du G20 a déploré que l’UE perde la guerre du narratif sur l’Ukraine et qu’au niveau du G20, il n’y ait pas de consensus au-delà du noyau de G7 pour qualifier la Russie d’agresseur si ce n’est en façade mais pas dans les faits en appliquant des sanctions.
    • Kaliningrad : La Lituanie a commencé à appliquer les interdictions de transport de marchandises de la Russie vers Kaliningrad à travers son territoire depuis le 11/07. Cela concerne le béton, le ciment, l’alcool, les dérivés chimiques de l’alcool.
    Poutine et Loukachenko se sont consultés sur les éventuelles réparties à prendre.
    L’UE n’a pas réagi mais il y a de fortes chances que de exemptions et clarifications à ce sujet soient dans le prochain paquet de sanctions.
    • La commission européenne a transmis ses recommandations de nouvelles sanctions aux états membres et cela devrait être voté dans la foulée avant les vacances d’été.
    Dedans il y aurait l’interdiction d’importer de l’or russe mais en fait l’UE n’importe plus d’or russe depuis février.
    Il y a des rumeurs sur une possible levée de sanctions frappant des oligarques et des membres de leurs familles pour cause de base juridique faible : ceci est un signe encourageant par rapport au projet de réaffecter les avoirs russes gelés à un fond de reconstruction de l’Ukraine.
    La commission a aussi annoncé que l’ensemble des sanctions prises contre la Russie est prolongé jusqu’en février 2023 : onc les dernières sanctions, contrairement à ce qu’on pouvait croire, n’ont jamais été sans limitation dans le temps.
    La commission a aussi apporté des éclaircissements et a tordu le bras à la Lituanie car il n’y a pas d’interdiction de transport de marchandises de la Russie vers Kaliningrad par rail.
    • Les Américains ont lancé une rumeur comme quoi l’Iran pourrait livrer des drones à l’armée russe mais Peskov, le porte-parole du Kremlin, a démenti.
    • Un paquet d’aide macro-financière de 9 milliards aurait dû être débloqué pour l’Ukraine par l’UE mais ça coince : 1 milliard seulement a été débloqué pour l’instant.
    Les raisons sont multiples :

    • la corruption n’a pas disparu d’Ukraine à la faveur de la guerre
    • il y a des interrogations croissantes sur le risque de détournement de matériel militaire (plusieurs articles sont parus dans la presse US à ce sujet)
    • il y a aussi des doutes sur la solvabilité de l’Ukraine (à la rentrée celle-ci est sensée rembourser une tranche de 950 mln€ mais cela semble peu probable qu’elle le fasse)
    • Et l’Allemagne freine aussi à cause des divergences sur les sanctions, surtout sur le pôle énergétique.
      • Zelenski a exhorté la Rada (parlement ukrainien) à soutenir un projet de loi prévoyant l’octroi de droits spéciaux aux polonais en Ukraine : possibilité de séjourner 18 mois au lieu de 90 jours sans ressortir du pays, couverture médicale universelle, accès à l’emploi facilité, formations pour pouvoir s’insérer en Ukraine.

    Visas
    Les visas électroniques qui avaient été suspendus à cause de la pandémie, viennent d’être rétablis. Il faut encore connaitre les conditions concrètes d’application. Mais si ce sont celles d’avant le Covid, ces visas sont pour l’ensemble du territoire russe et les français pourraient en bénéficier.

    Liste de lectures pour l’été :
    • Les classiques qui font du bien à l’âme

    • Bougakov : le maitre et Marguerite
      Cœur de chien (histoire d’un chien transformé en un homme par un savant)
    • Pouchkine : Eugène Onéguine (roman en vers avec un éloge des danseuses de ballet et de leurs jambes, un éloge du champagne et un éloge du vin de bordeaux)
    • Venedict Erofeiev : Moscou Petouchki (Moscou-sur-Vodka en français chez Albin Michel en 1976 : ne se trouve qu’en occasion). Ce sont les histoires désespérées d’un soiffard qui cherche à voir le Kremlin mais n’y arrive jamais car ivre avant d’avoir atteint son but. Il y a dedans des recettes de cocktail explosives.
      • Les farfelus
    • Nicola Bokov : la tête de Lénine ‘Noir sur Blanc 2017) : c’est un pickpocket soviétique minable qui décide de voler la tête de Lénine pour la revendre à un milliardaire américain et vivre une retraite dorée.
    • Ilya Zbarski : à l’ombre du mausolée (Solin / Actes Sud, 1997). C’est un documentaire écrit par le fils du russe chargé d’embaumer Lénine et ensuite de maintenir son corps dans le mausolée.
    • Michel Eltchaninoff : Lénine a marché sur la Lune (actes Sud 2022) ou la folle histoire des cosmistes et transhumanistes russes.
    • Nikolaï Fiodorov : la philosophie de l’œuvre commune (Editions des Syrtes 2021). C’est un écrivain du XIXème siècle, quand tout le monde avait foi et confiance dans les sciences et la technologie. Son idée est de ressusciter les morts afin d’apporter la sérénité à l’humanité. Mais alors se pose le problème d’où mettre tout le monde et son idée est de conquérir d’autres planètes. Il pose des questions d’actualité et est écolo avant l’heure : il parle de la maitrise du temps météorologique, de comment régler le problème des pandémies, il dénonce la sur-urbanisation du monde et la désertification des campagnes et parle des divergences entre la Russie et le monde occidental.
    • Nikolaï Fiodorov : correspondance 1873 – 1903 (Editions des Syrtes). Ces lettres sont la genèse du livre précédent. Elles sont plus légères à lire et on peut faire une pause entre 2.
    • Guy Mettan : le grand Zack (Editions l’Inventaire / Editions des Syrtes 2022)
      Un homme et une femme qui ont travaillé dans des organisations internationales en occident se disputent sur les récentes évolutions du monde.
      Ensuite un des 2 personnages raconte la légende du grand Zack, un américain auteur d’un projet pour parachever du monde et d’apporter à l’humanité un bonheur connecté tout à fait immersif. Ce grand Zack s’inspire de la légende du grand inquisiteur de Dostoïevski (l’occasion de relire les Frères Karamazov).
    • Grigori Khokhlov : le voyage de 3 cosaques de l’Oural au royaume des eaux blanches (Editions l’Inventaire 1996). Fin XIXème siècle, un village cosaque se cotise pour envoyer 3 d’entre eux rechercher le royaume des eaux blanches. C’est un superbe récit de voyage.
      • Une vision européenne du XIXème
    • Astolphe de Custine : la Russie en 1839. Ce marquis, déçu par la France, part en Russie. Grâce aux recommandations recueillies avant son voyage et à la renommée de sa famille, il a pu rencontrer un certain nombre de hauts personnages, comme le tsar Nicolas Ier et son épouse, mais aussi l’ambassadeur de France, Prosper de Barante, ce qui lui a permis de dresser un tableau intéressant de la Russie, encore méconnue en Europe à cette époque. Custine la présente comme un pays arriéré, aux routes désastreuses et aux hôtels pouilleux, gouvernée par la peur et la violence et il accuse le régime tsariste. Il annonce aussi la place prépondérante qu’aura la Russie. Son livre a énormément contribué à l’image négative que les français ont de la Russie.

    8 Juillet 2022

    Résumé du 75ème briefing de la CCIFR par F. Rigard : franchement rien de notoire.

    • Le premier ministre russe, Michoustine a annoncé que ses équipes travaillaient sur une nouvelle stratégie de développement de la Russie pour prendre en compte les nouvelles réalités.
    • Le ministre du développement économique a annoncé une reprise de la consommation des ménages et des importations et dit que le principal risque serait une faible demande.
    • Le Canada s’apprêterait à faire une exemption dans les sanctions sur Gazprom pour livrer les turbines révisées à Siemens pour NordStream1, même si Zelenski a demandé au Canada de ne pas le faire. Rappel ; suite à l’envoi des turbines au Canada par Siemens, le gazoduc ne tourne qu’à 40% de sa capacité et comme la Russie ne veut pas augmenter le transit de gaz via l’Ukraine et que l transit via la Pologne a été fermé suite aux sanctions polonaises et que l’UE refuse de certifier NordStream 2, il y a de gros risques que l’Europe ne puisse se chauffer cet hiver.
    • Un élu municipal moscovite, Gorinov, a écopé de 7 ans de détention pour avoir qualifié en public les évènements en Ukraine de guerre et non d’opérations spéciales : c’est la première fois qu’un officiel se voit affliger une telle peine pour ce sujet. Jusqu’à présent il s’agissait d’amende ou de quelques jours de détention. Visiblement le Kremlin veut envoyer un message aux élus municipaux moscovites avant les élections de septembre.
    • Poutine a parlé devant les lauréats du concours des leaders de la Russie : il avait un ton agressif, semblait très confiant dans les armes et les combats et a aussi lancé indirectement un message aux ukrainiens en disant que les choses sérieuses n’avaient pas encore commencé et que plus les combats dureraient, plus un compromis serait dur à trouver et plus la Russie serait dure dans ses négociations.
    • L’ancien premier ministre japonais, Shinzo Abé, a été assassiné par un ancien militaire japonais : il est mort aujourd’hui des suites de ses blessures. Le MID russe a dit que c’était un acte terroriste et Poutine a envoyé un télégramme de condoléances très personnel à la veuve et la mère de Shinzo Abé. C’est le 12ème ministre japonais assassiné depuis les années 30.
    • Cela ne va rien changer aux relations avec la Russie qui se sont détériorées quand la Russie a refusé tout compromis sur les iles Kouriles, alors qu’ils ont cédé des territoires à la Chine. Quant à la position très ferme du Japon vis-à-vis de la Russie au sujet de l’Ukraine, il faut plutôt le voir comme un signal envoyé à la Chine pour qu’elle évite ce genre d’opération spéciale à Taiwan ou dans d’autres iles litigieuses dans la région.
    • Zelenski dans une interview donnée à CNN, a dit qu’il ne renonçait pas à ce que l’Ukraine rentre dans l’Otan et qu’i ne comprenait pas les tergiversions de l’Otan vis-à-vis de l’Ukraine los que l’Otan a accueilli les bras ouverts les candidatures de la Suède et de la Finlande. (NDKR : on ne compare pas des torchons et des serviettes).
    • G20 : une réunion des ministres des affaires étrangères a eu lieu à Bali et Lavrov y était car, malgré les pressions de l’occident, le président indonésien n’a pas cédé.
    • Kaliningrad : la Lituanie campe sur ses positions. Elle considère que les sanctions sont les sanctions et que traiter le trafic entre la Russie et Kaliningrad à part serait fléchir devant la Russie et qu’elle est souveraine sur son territoire et donc choisit ce qui peut y circuler ou pas. La grande question : quels sont les moyens de pression de l’UE sur la Lituanie pour qu’elle cède ?
    • La Turquie a relâché le bateau qu’elle avait arrimé sur demande de l’Ukraine qui soupçonnait ce bateau russe de transporter des céréales ukrainiennes. Après enquête, la Turquie l’a relâché et il est reparti en Russie. L’ambassadeur turc a été convoqué par le gouvernement ukrainien pour fournir des explications.
    • Suite à une discussion du président kazakh avec Charles Michel, président du conseil européen, dans laquelle il a dit qu’il était prêt à augmenter les livraisons de pétrole kazakh vers l’UE pour remplacer le pétrole russe, Moscou a fait fermer temporairement le port de Novorossisk au transit du pétrole kazakh. Le gouvernement kazakh doit faire face a plusieurs problèmes : des problèmes sociaux car la population attend toujours une redistribution de la rente pétrolière, des problèmes de luttes entre clans pour le pouvoir économique. En plus il veut être moins dépendant de la Russie et de la Chine et donc, en plus du renforcement de son partenariat avec la Turquie, il cherche à développer ses relations avec l’UE, mais sans provoquer Moscou car après tout c’est le partenaire historique, il y a 3 millions de russes dans le nord du Kazakhstan et le gouvernement ne veut pas voir une situation comme les régions indépendantistes ukrainiennes et le gendarme de l’Asie Centrale (voir intervention de l’armée russe en janvier à la demande du gouvernement kazakh pour étouffer les révoltes et intervention au Tadjikistan pour le aider dans leur lutte contre les talibans).
    • Uzbekistan : depuis une dizaine de jours il y a des révoltes dans le Karakalpakstan qui bénéficiait d’un statut autonome car le président est en train de faire une réforme constitutionnelle et veut supprimer ce statut spécial. Selon le narratif russe, c’est encore une révolution manigancée par l’occident comme les révolutions de couleur.

    5 Juillet 2022

    Résumé du 74ème briefing CCIFR par F. Rigard : une actualité assez clairsemée.

    Économie
    • Enfin l’affaiblissement du rouble longuement attendu commence : aujourd’hui le $ vaut 60 roubles.
    • La production industrielle n’a chuté que de 0,2% sur mai, certainement grâce aux industries de défense et la réalité par secteur doit être bien variée.
    • L’indice PMI de S&P pour le secteur des services a dépassé la barre des 50 puisqu’il est à 50,7% sur mai, ce qui indique une croissance du secteur. Il faut voir si c’est un rebond technique.
    • Potanine a déclaré être ouvert à un rapprochement avec Rusal pour renforcer les 2 entreprises et empêcher les sanctions. Mais il a eu une grande dispute avec Deripaska en 2012 et ce n’est pas sûr que la réconciliation soit possible.
    • Gazprom : plus de 200 milliards de roubles seront prélevés par l’état pour l’impôt sur l’extraction des matières premières. Donc il n’y aura pas de dividendes.
    D’autres sociétés russes ont aussi déclaré qu’il n’y aurait pas de dividendes (Aeroflot) ou moins de dividendes en 2022 et 2023 (Norilsk…)

    Politique intérieure
    • La Duma a voté un texte accordant le statut d’anciens combattants au personnel civil qui participe aux opérations spéciales.
    • Un nouveau gouvernement a été formé pour la région de Kherson le 4 juillet et sera dirigé par Sergey Yeliseev, ancien FSB et ancien 1er vice premier ministre de Kaliningrad.
    • Ivan Fedotov, gardien de l’équipe nationale russe de hockey qui venait de signer un engagement avec une équipe américaine, a été arrêté et envoyé dans le grand nord pour faire son service militaire auquel il cherchait à échapper.

    Diplomatie
    • La Pape a dit à Reuters qu’il envisageait un déplacement à Kiev et Moscou fin juillet pour participer au processus de paix.
    • John Kirby, assistant du Secrétaire à la Défense US, a dit que les USA ne forceraient pas l’Ukraine à négocier avec la Russie, que c’était à Zelenski de décider quand et comment proclamer la victoire.
    Le problème est de définir la victoire.
    Si on écoute les déclarations des officiels ukrainiens cela eut être la reconquête totale de l’Ukraine, y compris la Crimée ou le retour aux frontières de février 2022.
    Mais aux USA depuis 2-3 semaines et maintenant aussi parmi les think-tanks anglais qui étaient jusqu’alors jusqu’au-boutistes vis-à-vis de la Russie, s’expriment des vues pessimistes sur la possibilité pour l’Ukraine de récupérer les territoires perdus. Et refouler l’armée russe semble une victoire difficilement atteignable selon les observateurs militaires français.
    Le scénario le plus probable serait un cessez-le-feu durable entre la Russie et l’Ukraine avec une partition de l’Ukraine (les territoires conquis restant russes) comme ce qui s’est passé en Corée.
    Ce qui est sûr c’est que l’Ukraine ne reconnaitra pas la perte des territoires et que la Russie ne lâchera pas les territoires conquis. En fait la Russie annexera certainement les territoires conquis pour clarifier la situation et bien faire comprendre aux autres qu’attaquer ces territoires c’est attaquer la Russie.
    Une porte de sortie pour Zelenski pour pouvoir présenter une sorte de victoire à son peuple serait basée sur la candidature à l’entrée dans l’UE, l’élaboration d’un bouclier de sécurité avec l’aide de l’occident et un plan « marshall » de l’occident pour financer la reconstruction de l’Ukraine. Ça sera aussi de limiter la casse (arrêter le plus vite possible le conflit) et reconstruire le plus vite possible.
    • Conséquences sociétales du conflit :
    Il y aura certainement un parti de la revanche militaire qui va naitre en Ukraine et qui sera difficile à contrôler. La société ukrainienne sera traumatisée, difficile à gouverner pendant plusieurs années.
    Par ailleurs la population des territoires conquis n’a pas forcément de sentiments pro-russes. Selon les sondages fais fin 2014 par KMIS, un institut de sondage ukrainien équivalent à Levada en Russie, il n’y avait pas de sentiments séparatistes dans le Sud-Est de l’Ukraine. On peut penser qu’une partie de la population de ces régions qui ne souhaite pas devenir russe quittera ces régions. Mais il est difficile pour l’instant de connaitre la part de partisans, la part de minorité silencieuse et autre.
    • Hier a débuté la conférence de Lugano portant sur la reconstruction de l’Ukraine.
    Le premier ministre ukrainien, Denis Shmyhal, a présente le budget estimé à 750 milliards $. Pour comparaison, la reconstruction de la Syrie, qui a été détruite en 10 ans de guerre, est estimée à entre 450 et 600 milliards $.
    Dedans il y a 50 milliards pour la défense, 130 milliards pour l’indépendance énergétique et 160 milliards pour les projets de convergence logistique et industrielle avec l’UE.
    Il y a aussi 1,2 milliards $ pour une ligne LGV entre Kiev et Varsovie, ligne dont les 1ers coups de pioche avaient été donné avant le début du conflit.
    A priori ce coût inclut la reconstruction dans l’est de l’Ukraine mais pas la Crimée.
    La grande question reste comment financer cette reconstruction. Une partie viendrait de la croissance économique du pays qui serait estimée à 10% par an. Mais certains parlent toujours de prendre les fonds gelés des oligarques russes pour fiancer cette reconstruction.
    La Tchéquie, qui vient de prendre la présidence de l’UE, sera certainement en faveur de cette solution car ils ont uns posture bien plus dure vis-à-vis des russes que Macron et envisagent d’ailleurs une législation au niveau national allant en ce sens.
    Le Canada aurait déjà légiféré positivement sur le fait d’utiliser les fonds des oligarques russes gelés pour financer cette reconstruction (à confirmer).
    L’évaluation du coût de reconstruction des territoires conquis n’est pas communiquée par la Russie car d’une part l’évaluation n’est pas finie puisque l’armée avance mais aussi parce que l’idée de payer pour la reconstruction de ces territoires n’est pas très populaire en Russie.

    1er Juillet 2022

    Résumé du 73ème briefing de la CCIFR par F. Rigard : rien de bien passionnant.

    Économie russe
    • Gazprom ne va pas verser de dividendes aux actionnaires pour la 1ère fois depuis 1998, alors qu’il avait prévu de verser 50% de ses bénéfices en dividendes car il doit payer une contribution exceptionnelle au budget fédéral décidée via le mécanisme de NDPI (impôts sur l’extraction de matières premières).
    • Le ministère du développement économique a annoncé une récession en glissement annuel de 4,3% sur mai.
    • Anton Silouanov, ministre des finances s’est dit favorable à des interventions de la BCR pour faire baisser le cours du rouble, comme, par exemple, acheter des devises de pays amicaux (drachme arménien, rand sud-africain). Niabulina, gouverneur de la BCR et Reshtnikov, ministre du développement économique, ne partagent pas son point de vue. Donc il va y avoir débat.

    Politique
    • Le recteur de la RANEPA (Académie présidentielle russe d’économie nationale et d’administration publique), Vladimir Mau a été assigné à résidence jusqu’au 7 août car il est impliqué dans une affaire de détournement qui concerne plusieurs personnes, dont Mme Rakova, ancienne vice-ministre de l’éducation. Vladimir Mau avait écrit le programme économique de Poutine en 2020.
    • Kirienko, qui visiblement devient le curateur du dossier ukrainien au sein de l’administration présidentielle, est allé le 30 juin dans la ville de Kupyansk dans la région de Kharkov puisque l’armée russe contrôle une partie de la région de Kharkov et est même à 10 km de Kharkov.
    • La Duma a adopté la mise à jour du texte sur le contrôle des agents de l’étranger. Un agent de l’étranger peut être une entité juridique russe ou étrangère ou une personne physique russe ou étrangère. On est qualifié d’agent de l’étranger si on reçoit un soutien financier et / ou s’il y a des liens d’influence (soutien, coercition, manipulation) dès lors qu’on se livre à des activités politiques en Russie. Les exclusions concernent les organisations gouvernementales et publiques, les organisations religieuses, les partis politiques et les CCI. La principale contrainte de la loi pour un agent de l’étranger ce sont des contrôles plus assidus et contraignants des autorités fiscs, douanes…), l’obligation de faire plus de rapports sur ses activités. Et pour les employés russes qui font partis d’une entité qualifiée d’agent de l’étranger, c’est humiliant et peut poser un problème pour leur carrière car c’est inscrit dans leur livret de travail.
    • La fermeture du théâtre Gogol fait partie de ces coups donnés à la galaxie libérale du système et au resserrement et la pression sur certains milieux considérés comme pas assez loyaux au système. Mais cela peut être aussi lié au fait que certains profitent de la situation actuelle pour régler des comptes anciens.

    Diplomatie
    • Widodo, le président indonésien est arrivé à Moscou le 30 juin porteur d’un message oral de Zelenski pour Poutine dont la teneur n’’a pas été révélée.
    • Ile aux serpents, ilot situé au détroit du Danube :
    Le ministère de la défense russe a décidé du retrait de la garnison russe basée sur cet ilot qui avait été pris par les russes au début de la guerre et depuis était bombardé non-stop par les ukrainiens, annonçant cette décision comme geste de bonne volonté et le souhait de prouver qu’ils cherchent à enlever les difficultés perçues par les ukrainiens pour l’évacuation des céréales d’Odessa.
    Cela intervient concomitamment avec 2 autres faits qu’il faut rappeler :

    • Échange de 144 prisonniers russes contre 144 prisonniers ukrainiens décidé par le Kremlin.
    • Déclaration de Poutine dans laquelle il révèle que l’objectif final de l’opération spéciale est de prendre le contrôle du Donbass et créer les conditions de sécurité idoines pour la Russie.
      • Kaliningrad
      Un compromis semble avoir été trouvé au sein de lUE pour annuler le blocus : la logique serait d’exempter les mouvements entre la Russie et Kaliningrad des sanctions européennes car pour l’UE ce n’est pas du commerce international mais national. Scholz a appelé la Lituanie à lever ce blocus. Et si un compromis n’est pas finalisé alors le transport de ciment et alcool sera interdit à partir du 10 juillet et celui de charbon et produits dérivés du pétrole à partir de décembre.
      • Bulgarie / Russie :
      La Bulgarie a décidé d’expulser 70 diplomates russes sur les 140 de l’ambassade russe à Sofia.
      Moscou a exigé l’annulation de cette décision au risque de mesures radicales, voire l’arrêt des relations diplomatiques entre les 2 pays. La Bulgarie a refusé cet ultimatum. Donc il y a de fortes chances que les relations diplomatiques entre les 2 pays soient rompues.
      • La contrepartie pour les turcs pour avoir accepté que la Finlande et la Suède postulent à l’Otan serait la livraison par les USA de F16.
      • Spitzberg : il y a des russes qui y travaillent et ils sont ravitaillés habituellement via un circuit qui passe par des camions de Mourmansk à Tromsë en Norvège puis par des bateaux jusqu’au Spitzberg. Les norvégiens ne font pas partie de l’UE mais appliquent les sanctions de l’UE qui entre autres, interdisent l’entrée du territoire UE aux camions russes. Donc les russes se sont plaints. Et les norvégiens ont répondu qu’ils n(ont qu’à acheminer le tout par bateau directement de Mourmansk.

    Juin 2022

    29 Juin 2022

    Résumé du 72ème briefing de la CCIFR par F. Rigard

    Sanctions
    L’Angleterre a mis une nouvelle série de personnalités russes sous sanctions, dont Potanine, l’homme le plus riche de Russie, qui a été mis sous sanctions au titre de Rosbank. Cela montre que les anglais veulent aller très loin et faire tomber tous les tabous. Il faudra voir si les USA et l’Europe suivent car ils ne suivent pas systématiquement les sanctions UK et il faudra suivre les conséquences car Potanine pèse sur les marchés du nickel et du palladium.

    Rouble
    Il continue à se renforcer.
    Il a atteint un niveau pas vu depuis 2015, à savoir proche de 50₽/1$. C’est très problématique pour le gouvernement fédéral car, malgré un baril à 85$, avec le cours actuel il va y avoir des problèmes de rentrées budgétaires. Il est important et urgent de faire baisser le rouble.
    Nabiulina a déclaré devant le RSPP qu’elle est d’accord sur le constat mais qu’elle ne souhaite pas des mesures artificielles qui seront contreproductives.
    Les moyens sont plutôt limités : baisser le taux directeur, lever toutes els restrictions sur les achats de $ et €. Mais pour vraiment résoudre le problème, il faut la reprise des importations et dépenses en devises.

    Economie – points divers
    • Nabiulina a dit au RSPP que 70 banques de 12 pays se sont inscrites au système russe de swift.
    • L’état va apporter une aide de 50 milliards de roubles à Aéroflot qui a dû fermer presque toute ses slignes.
    • Deripaska a accordé un entretien à RBK dans lequel il a dit que la trajectoire d’ensemble de l’économie russe devrait être profondément transformée dans un délai de 4 à 9 ans, en fonction des actions du gouvernement. Il a aussi dit qu’il ne croyait pas à l’éventualité d’une révolution russe. Et il a de nouveau parlé de sa vision de projet social-démocrate pour la Russie.

    Sommet de l’Otan à Madrid
    L’Otan a présenté et adopté son nouveau concept stratégique.
    Au point n°8 de ce projet, la Russie est présentée comme la menace la plus importante et la plus directe pour la sécurité des alliés, la paix et la stabilité de la région euro-atlantique.
    Au point n°13 la Chine est mentionnée pour ses ambitions déclarées et ses politiques coercitives qui sont un défi pour la sécurité, les intérêts et les valeurs de l’Otan.
    Un accord a été trouvé entre la Turquie, la Finlande et la Suède et est traduit dans un mémorandum trilatéral qui a permis de lever les réserves de la Turquie.
    Le point principal de ce mémorandum c’est une coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme. Après chacun est libre d’interpréter le mot terrorisme.
    Quand on lit ce mémorandum, il n’y a pas vraiment de concessions faites par la Finlande et la Suède par rapport aux demandes turques initiales, si ce n’est que la Suède s’engage à revoir son appareil juridique pour permettre la livraison d’armes aux pays de l’Otan, sachant qu’il y avait jusqu’alors des restrictions pour des livraisons d’armement suédois à la Turquie, alors que la Turquie cherche à devenir une puissance industrielle exportatrice dans le domaine militaire depuis des décennie set qu’absorber des armements suédois l’aiderait à doper certains de ses projets. Cet accord certainement lié à un entretien bilatéral entre Erdogan et Biden en marge de l’Otan car les problèmes avec la Suède et la Finlande renvoient à un problème plus ancien entre la Turquie et les USA sur la coopération nouée depuis des années par les USA avec les kurdes de Syrie qui enrage la Turquie et à la suspicion des turcs vis-à-vis de l’agenda américain.
    Le vice-ministre des affaires étrangères russe, Riabkov a déclaré que la Russie percevait de développement négativement et considérait que l’élargissement de l’Otan comme un facteur de déstabilisation de la région Europe.
    Zelenski est intervenu par vidéo-conférence à ce sommet et a réclamé 5 milliards $ par mois pour couvrir les dépenses militaires pour résoudre le conflit sur le champ de bataille : rapporté sur 12 mois c’est 50% de plus que le budget de défense français (un peu moins de 40 milliards €).

    G20 à Bali en novembre
    Le président indonésien, Widodo, est arrivé à Kiev et a invité Zelenski à intervenir par vidéo-conférence au G20.
    Poutine participera au G20 mais des rumeurs disent que ce sera par vidéo-conférence.

    Tournée de Poutine en asie centrale
    Il a eu une réunion hier avec Emomali Rahmon, président tadjik à Douchanbé au cours duquel ont été abordés les perspectives de l’’adhésion du Tadjikistan à l’Union Eurasiatique, la question de l’Afghanistan et l’OTSC.
    Et ensuite il est parti pour Achgabat au Turkménistan pour le sommer des pays de la mer caspienne.

    La Bulgarie et la Russie
    Le gouvernement bulgare va expulser 70 diplomates russes car mercredi dernier, Kiril Petkov, premier ministre depuis 6 mois a été renversé par un vote de défiance suite à une discussion sur la politique bulgare par rapport à la Macédoine du Nord, et il a attribué ce résultat à des actions de ‘l’ambassadeur russe en Bulgarie (NDLR : désormais la Russie sera la raison de tous les maux de l’Europe…)

    Kaliningrad
    Vient d’être publiée une dépêche de Reuters disant que, selon 2 sources bien informées car en charge du dossier, le transit entre Kaliningrad et la Russie devrait revenir à la normale d’ici quelques jours.

    Accord de paix
    Les USA ne veulent pas perdre et la Russie non plus et l’Europe est inexistante.
    On semble être dans une situation coincée.
    Et en Ukraine il n’y a pas de contrepouvoir qui pourrait être capable de lutter contre les pressions américaines et forcer Zelenski a reprendre les négociations car l’heure est à l’union nationale. D’ailleurs un récent sondage dit que 89% des ukrainiens sont hostiles à l’idée de concessions territoriales en échange de la paix.
    La question est que, si cela ne se passe pas comme prévu pour l’Ukraine sur le terrain (voir article de CNN paru hier qui faisait état de doutes réels et profonds dans l’entourage de Biden sur la capacité de l’Ukraine à retourner la situation et reprendre les territoires perdus), que va-t-il se passer ?
    Il n’est pas sûr qu’en Ukraine la société civile, le gouvernement et la Rada prennent conscience que c’est impossible et qu’il faut s’engager sur une autre voie.
    Au contraire, surtout après le retrait des russes de la région de Kiev et Tchernigov, qui, même s’ils ont été organisés par les russes, sont vus comme de vraies victoires ukrainiennes, il y ait ce que Staline appelait le vertige du succès et en plus ce qui se passe au Donbasss n’est pas assez spectaculaire par son ampleur et son rythme pour qu’il y ait un changement d’état d’esprit.
    Et les ukrainiens sont convaincus que les armes occidentales, quand elles seront toutes livrées, vont changer la donne sur le terrain.
    Donc il n’y a pas de parti de la paix en Ukraine.
    Et en Russie non plus il n’y en a pas.
    Et un accord de paix est très improbable car les positions entre la Russie et l’Ukraine sont encore plus éloignées qu’elles ne l’étaient en 2015 quand les accords de Minsk ont été signés et ces derniers n’ont jamais été mis en place.
    Ce qu’on peut espérer c’est un cessez-le-feu et qu’il soit pérenne, avec un conflit gelé, un peu comme c’est le cas entre les 2 Corée depuis des décennies.
    Le vrai risque c’est que la société civile ukrainienne ne soit pas satisfaite d’un cessez-le-feu et qu’elle recherche une revanche.

    27 Juin 2022

    Résumé du briefing n°71 de la CCIFR par F. Rigard : une actualité faite de déclarations mais rien de concret.

    Le sommet du G7
    Il a été dit que les pays du G7 soutiendraient l’Ukraine sans limite dans le temps et maintiendraient la pression sur la Russie.
    Les nouvelles sanctions envisagées mais ce sont seulement des déclarations et rien de concret :
    1/ Embargo sur l’export d’or :
    Si c’est mis en place cela risque de faire exploser le prix de l’or car la Russie a un poids important sur le marché aurifère :

    • C’est le 3e plus gros producteur de métal jaune du monde après l’Australie et la Chine.
    • Il détient la seconde plus grosse réserve minière mondiale.
    • Les exportations d’or russe représentent 15 mld €
    • 90% des exportations sont vers les pays du G7, surtout le UK.
      Mais l’UE doit se mettre d’accord sur cet embargo et de facto, depuis fin février, il n’y a déjà plus d’exportation vers les pays occidentaux. Donc ça ne ferait qu’entériner ce qui se passe déjà.
      2/ Imposer un prix d’achat maximal du pétrole russe. Cela semble difficile à mettre en œuvre car on a rarement vu un acheteur imposer un prix à un vendeur. Et de plus cela donnerait un on argument à la Russie pour arrêter les livraisons aux pays occidentaux. Ceci est une idée américaine proposée par Mme Yellen.
      3/ Renforcer les sanctions sur le complexe industriel-militaire russe mais pas de précision sur ce qu’ils ont voulu dire.
      4/ Contribuer à la reconstruction de l’Ukraine en utilisant les actifs gelés d’oligarques russes : le problème juridique de cette idée n’est toujours pas résolu.
      Johnson et Macron se sont rencontré en tête-à-tête lors du G7 et Johnson a dit à Macron que ce n’était pas le moment de faire la paix avec la Russie car cela génèrerait une instabilité permanente dans le monde !?!?!?

    Défaut de la dette extérieure russe :
    Cela a fait les gros titres des journaux dans le monde occidental mails il ne faut pas oublier que ce défaut de paiement est technique et a été organisé par le créancier, à savoir les américains. De plus le montant est seulement de100 mln$.

    Déclarations diplomatiques
    Le vice chef de l’administration présidentielle ukrainienne a dit que l’Ukraine n’envisageait plus une candidature à l’Otan mais souhaitait maintenir des liens.
    Blinken, secrétaire d’état des USA, a dit que les USA soutiendraient n’importe quelle solution diplomatique au conflit et travaillaient étroitement avec les ukrainiens sur ce sujet mais qu’ils continuaient à livrer des armes à l’Ukraine pour permettre à l’Ukraine d’être dans une position plus favorable lors des négociations avec les russes. Et il va peut-être rencontrer Lavrov en marge du G20 à la fin de l’année.
    Le président indonésien, en charge du G20 cette année, va venir à Moscou et Kiev les 29 et 30 juin pour offrir ses services de médiateur.
    Zelenski a dit qu’il souhaitait que la guerre soit finie avant l’hiver mais que pour l’instant il ne fallait pas négocier avec les russes car ce n’était pas favorable pour l’Ukraine.
    Suite à la décision unilatérale de la Lituanie sur la circulation des marchandises et personnes entre la Russie et Kaliningrad, L’UE veut désamorcer la bombe et prépare un texte précisant le champ d’application des sanctions et les exemptions pour Kaliningrad, mais Vilnius n’est pas d’accord et veut appliquer les sanctions à la lettre.

    Données économiques diverses
    Un chiffre intéressant : depuis mars, les transactions financières entre la Russie et les pays inamicaux ont baissé de 80% alors que les transactions avec les autres pays ont triplé.
    Total possède en Russie 20% de Novatec, 10% de Yamal et 10% d’Artic 2. Pour l’instant Total ne prévoit pas de sortir de ces investissements. Mais s’ils décidaient de sortir définitivement de Russie et renvoyer tout leur personnel en France, alors ces actifs voudraient seulement 1€. Mais la Russie ne veut pas nationaliser Total : la Russie au contraire, veut que les entreprises étrangères qui ont investi dans le pays restent.
    Engie est seulement un bureau de représentation chargé de défendre les intérêts de la France dans les achats de gaz. Donc il n’y a pas de valeur financière indépendante locale.
    Crimée : vu les problèmes pour rejoindre la région, les afflux touristiques sont à -70%.

    24 Juin 2022

    Résumé du 70ème briefing de la CCIFR par F. Rigard : une actualité sans grand intérêt.

    • Selon une étude de la BCR 33% des russes ont payé des biens et services en cash en 2021 contre 77% en 2015.
    • perquisition au centre Eltsine d’Ekaterinburg par le FSB qui cherchait de livras publiés par Memorial, organisation dissoute et reconnue précédemment comme extrémiste. Le centre Eltsine fait l’objet de critiques violentes de la part de personnalités proches du pouvoir.
    • Kuleba a laissé entendre au Corriere della Sera que des discussions pourraient reprendre sur la base des frontières de février 2022 : ceci sous-entend que la Crimée ne serait plus un sujet de négociation et surtout que les ukrainiens sont prêts à reprendre les discussions. Lavrov a fait savoir que les négociations se feraient sur la base de la réalité sur le terrain, où les choses avancent lentement mais surement.
    • En ce qui concerne Kaliningrad, Peskov a dit qu’il fallait se préparer au pire mais que ce n’était pas ce que souhaitait la Russie. Borel par contre a déclaré qu’il n’était pas question pour l’UE de bloquer Kaliningrad et de la couper de la Russie et que les textes de sanctions utilisé par la Lituanie pour justifier sa décision seraient revus. Visiblement certaines capitales européennes sont contre les décision lituanienne et l’ouverture d’une nouvelle zone à problème.
    • Le directeur du musée de l’Ermitage de St Petersbourg a annoncé un moratoire d’un an sur les prêts d’ouvres d’art en Europe et aux USA.
    • Lukashenko est arrivé aujourd’hui pour rencontrer Poutine pendant 2 jours à Zavidovo, une des résidences préférées d’Eltsine. Sachant qu’il y avait une visite de Poutine déjà prévue au Belarus la semaine prochaine, ils ont visiblement des choses importantes et urgentes à discuter par rapport à l’Ukraine et Kaliningrad.
    • Visite de 2 jours de Lavrov a Téhéran pour les sujets concernant les sanctions et comment vivre avec et le nucléaire.
    • Poutine devrait aller prochainement à Téhéran à la fois pour une discussion bilatérale et pour une rencontre tripartite avec la Turquie dans le format utilisé pour la Syrie.
    • Il faut prévoir une situation qui va se dégrader en Russie à partir de septembre : une inflation toujours très élevée, une récession prévue à 8%, un chômage en hausse mais reste à savoir s’il sera de masse et pour sûr il touchera plus les régions que la capitale et des problèmes d’approvisionnement pour les industries. En France, à cause des aides sociales en cas de montée de chômage liée à une crise, la consommation ne baisse pas vraiment. Par contre en Russie, comme dans les pays anglo-saxons, les aides sociales d’état sont inexistantes ou presque. Mais l’expériences des crises précédentes montre que la consommation ne baisse pas à cause de l’entraide familiale très forte.
    • L’inflation annoncée par Bercy pour 2022 serait de 6,5%.
    • Le rouble ne baissera par rapport au $ et à l’€ que lorsque les importations reprendront.
    • Le programme d’histoire russe des élèves du niveau lycée qui étudient l’histoire contemporaine va s’enrichir d’un chapitre sur les actions au Donbass.

    22 Juin 2022

    Résumé du 69ème briefing de la CCIFR par F. Rigard
    On ne voit pas encore le bout du tunnel.

    ÉCONOMIE
    • A l’occasion du sommet des BRICS qui s’est déroulé en distanciel, Poutine a parlé de la possibilité pour les pays du BRICS de mettre en place une monnaie commune et de créer un système de règlements internationaux interne aux BRICS.
    Cela soulève de nombreuses questions : est-ce faisable ; est-ce que ce projet est déjà bien avancé ; est-ce que tous les pays BRICS sont intéressés ; est-ce que cela pourrait intéresser d’autres pays émergents avec beaucoup de devises comme par exemple les pays du Golfe.
    Bref c’est un projet à suivre.
    • Selon l’agence russe de notation Akra, les importations ont baissé de -20% à -30M cette année.
    • Gasprom pourrait faire l’objet d’une ponction exceptionnelle de 400 milliards ₽ (~ 7 mlds €) de la part de l’état russe.
    • Les vente en détail, hors alimentation, ont baissé de 17% en avril 2022 vs avril 2021
    • Le ministre des finances a mis sur la table son projet d’orientation budgétaire pour 2023-2025. Le déficit devrait être respectivement de -1,1%, -0,9% et -0,8%.
    La dette de l’état devrait être limitée à 16,7% et les dépenses de l’état limitées à 26/27 trillions ₽ en 2025
    Silouanov clairement maintient un cap de relative austérité et les mêmes priorités économiques qu’avant le 24/02, ce qui va à l’encontre des visions ddu vice-premier ministre Belorussov, du ministre de l’économie Reshetnikov et même Coudrine qui recommande une politique différente. A priori les arbitrages ne sont pas encore faits.
    • Selon un sondage fait en juin, 38% des russes considèrent que la guerre en Ukraine est le principal sujet d’actualité contre 77% en mars : cela montre une certaine accoutumance à la situation.
    • A Ekaterinburg un élu local a dû payer une amende pour avoir critiqué l’action en Ukraine.
    • A Moscou, le FSB et la police ont inquiété des élus locaux qui avaient reposté des pots de Navalny il y a quelques mois, selon l’article de loi sur la propagation de publications extrémistes.
    • A Kherson, le n°2 de l’administration provisoire a répété qu’il y aurait un référendum d’ici fin 2022. Par ailleurs l’administration présidentielle russe cherche à favoriser le recrutement de fonctionnaires russes dans les administrations locales du Donbass. Des signes qui ne trompent pas.

    UKRAINE CANDIDAT L’ENTRÉE DANS L’UE
    Borel a contacté Kuleba (ministre des affaires étrangères ukrainien) pour lui confirmer que lors du sommet de l’UE l’Ukraine et la Moldavie se verront attribuer le statut d’états candidat à l’entrée dans l’UE.
    Par contre Clément Beaune a tenu à préciser qu’il n’y aurait pas de procédure accélérée.
    L’octroi de statut de candidat à l’entrée dans l’UE est une forme de compensation symbolique dans un moment d’émotion pour un processus qui risque être long.
    Cela peut créer des frustrations parmi les peuples de ces 2 pays car ils peuvent croire que l’entrée dans l’UE va être rapide. C’est un peu la même logique que ce qui avait été annoncé au sommet de l’Otan à Bucarest en 2008 et qui a donné naissance à Maidan.
    Le président polonais a déclaré que les frontières entre la Pologne et l’Ukraine ont vocation à disparaitre.
    Par contre d’autres pays sont plus circonspects, comme l’Allemagne. En effet le conseiller de Scholz pour les affaires étrangères, Jens Plötner, a suggéré que l’Europe devrait se concentrer davantage sur la préservation des relations à long terme avec la Russie et surtout a dit à propos de l’Ukraine, que ce n’est pas parce qu’on est victime qu’on devient automatiquement irréprochable sur la corruption, déclaration qui lui a valu des volées de bois vert de la part de la presse allemande et anglo-saxonne.

    20 Juin 2022

    Résumé du briefing de la CCIFR du 20/06/2022 par F. Rigard

    SPIEF :
    C’était le 15ème. Il y a eu 10 000 participants vs 17 000 en 2021.
    Très peu d’occidentaux. Mais toutes les CCI étrangères présentes en Russie (CCIFR, AmCham, chambre de commerce canadienne, allemande, italienne, AEB, …) étaient présentes.
    Beaucoup de pays africains, des chinois, des coréens et des indiens.
    La seule session consacrée à l’occident était une table ronde avec toutes les CCI étrangères et les 4 grosses unions d’entrepreneurs ruses (RSPP, CCI de la Fédération de Russie, Delovaya Rossiya, Opora). Les thèmes de cette table ronde ont porté sur les conditions de maintien de l’activité des entreprises, les difficultés au quotidien pour les entreprises étrangères dans leurs relations avec leurs sièges et avec les autorités russes, les approvisionnements, les imports parallèles. Ça a été suivi de 20 minutes de questions et réponses. Il y avait quelques journalistes étrangers dont ceux des Echos et du Figaro.
    Le message général était un message de résilience, volontarisme et adaptation aux circonstances que traverse la Russie aujourd’hui et qu’il fallait s’attendre à un certain isolement. Les autorités russes ont rappelé qu’il ne fallait pas chercher des solutions de substitution d’importation mais se tourner vers d’autres zones géographiques pour trouver des solutions et des partenariats permettant de développer des technologies pour se passer des importations de l’occident.
    Poutine a quand même précisé que la Russie voulait rester un pays ouvert aux investisseurs étrangers et qu’aucune mesure discriminatoire ne serait prise envers eux, y compris els entreprises des pays inamicaux.

    ECONOMIE RUSSE
    • Andreï Belorussov, vice-premier ministre, a dit qu’il était favorable à une révision des mécanismes economiques appliqués ces dernières années et que la priorité était à la croissance.
    • Alexeï Coudrine, ancien ministre des finances et directeur de la cour des comptes, a recommandé de revenir à la règle budgétaire avec des achats de devises faits par une institution ad-hoc et a recommandé d’acheter du yuan, ce qui est surprenant car il a é-toujours été pro-occidental.
    • Quelques chiffres significatifs :

    • La Chine a augmenté de 55% ses achats de pétrole russe en mai
    • L’inde a multiplié par 6 ses achats de charbon sur les 3 dernières semaines.
      • Sovcomflot, principale compagnie nationale maritime, ayant tankers et méthaniers, a annoncé avoir trouvé une solution pour assurer ses bateaux, malgré les sanctions.

    DIPLOMATIE
    • Plusieurs déclarations d’officiels ukraniens ce week-end :

    • David Arakhamia, chef du parti présidentiel, a dit qu’il serait possible de reprendre les pourparlers mais à la fin de l’été, quand l’Ukraine aura déclenché une contre-offensive et sera en meilleure posture pour négocier avec la Russie et que ces négociations devraient se faire sur la base du document d’Istanbul sur lequel les délégations russes et ukrainiennes étaient d’accord, sauf sur le chapitre de la Crimée.
    • Yermack, chef de l’administration présidentielle, a dit que le groupe de travail pour les consultations sur les conditions de sécurité était constitué. Il est présidé par Yermack et Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’Otan. Il sera composé d’experts de tous les pays désireux de fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine. Ils devront définir le contour des conditions de sécurité pour une future phase diplomatique.
    • Un général ukrainien a dit que l’armée ukrainienne aurait perdu près de 50% de son armement lourd (tanks, artillerie…)
      • Poutine a dit au SPIEF que la Russie n’était pas opposée à ‘l’entrée de l’Ukraine dans l’UE puisque l’UE n’était pas un bloc militaire et donc cela ne constituait pas une menace pour la Russie. Cela reprend une idée présentée fin février par Peskov.
      • Kaliningrad : la Lituanie a annoncé fermer le transit des marchandises sous sanction à destination de Kaliningrad, soit environ 50% du transit vers Kaliningrad. Elle a dit avoir pris cette décision de concert avec la commission européenne. La Russie a dit que c’était un blocus et que des mesures de rétorsion seront prises après une étude minutieuse de la situation. La charge d’affaires lituanien à Moscou a été convoqué au MID où on lui a dit que c’était considéré comme un acte d’hostilité et que si le transit n’était pas rétabli, la Russie se réservait le droit de défendre ses intérêts.
      • Céréales : Macky Sall, président du Sénégal et actuel président de l’union africaine (présidence tournante), dans une interview au JDD, a expliqué qu’il ne fallait pas humilier la Russie et a appelé l’UE à faciliter le paiement des engrais et céréales russes par les pays d’Afrique car, même si ces produits ne sont pas sous sanction, les entités qui les commercialisent et les transportent, sont parfois touchées par des sanctions directes et indirectes, ce qui bloque la situation.
      • Le ministre des affaires étrangères estonien a dit que débutait la discussion sur le 7ème paquet de sanctions européennes au niveau des ministères des affaires étrangères.
      • Mer noire : l’Ukraine a visé 2 cibles civiles russes en 3 jours en détruisant avec des missiles vendredi un remorqueur qui se dirigeait vers l’ile aux serpents et aujourd’hui une plateforme située à 71 km d’Odessa.

    LE GAZ
    • Baisse des approvisionnements en gaz russe vers l’Allemagne l’Italie et la France : des turbines Siemens étaient sous garantie et dont les russes ont demandé leur maintenance maintenant (alors que cela aurait pu attendre l’automne) à Siemens, ont été envoyées par Siemens en maintenance au Canada et celui-ci les bloque car, contrairement à l’UE et aux USA, le Canada a mis Gazprom sous sanction. Scholz est donc en négociation à ce sujet avec le Canada.
    Mais il y a eu en parallèle, une déclaration d’Alexeï Miller au SPIEF assez dure vis-à-vis des partenaires habituels occidentaux qu’il a décrit comme s’étant révélés assez peu fiables.
    Les russes savent que l’UE veut arrêter de s’approvisionner en gaz russe le plus vite possible (on parle de 2027). C’est donc une façon de rappeler à l’UE que ce n’est pas raisonnable et que le bluff est maintenant terminé. Surtout que la Russie ne prévoit pas d’augmenter l’acheminement via l’Ukraine ni de réactiver le gazoduc Yamal qui passe par la Pologne.
    Et Gazprom en a profité pour rappeler que Nordstream 2 était prêt à fonctionner.
    Certes la Russie ne peut ps se passer des revenus du gaz vendu à l’UE mais l’UE ne peut pas se passer des fournitures de gaz russe, au moins à court terme, sauf à geler l’hiver et bloquer son industrie et même peut-être à long terme car, selon des spécialistes, il faut entre 5 et 10 ans pour changer de fournisseur dans l’industrie du gaz ou du pétrole.
    Pour réorienter les flux de gaz pour les russes, c’est un peu plus compliqué que pour le pétrole.
    Il y a Force de Sibérie 1 pour approvisionne la Chine mais il ne tourne pas encore à plein régime.
    Ce qui peut changer la donne c’est le dossier Force de Sibérie 2, en discussion entre la Chine et la Russie depuis plusieurs années : ce qui est sûr c’est qu’il ne sera pas signé avant la fin du conflit, mais il aura la même capacité que NordStream 2, à savoir 50 milliards de m3.
    Entre Force de Sibérie 1, Force de Sibérie 2, Sakhaline et le GNL, d’ici la fin de la décennie, la Chine pourrait absorber 100 milliards de m3 au moins.
    La Chine n’a pas a priori beaucoup de problèmes à augmenter sa dépendance vis-à-vis de la Russie pour le gaz : elle a de plus en plus besoin de gaz ; une dépendance vis-à-vis de la Russie est pour elle beaucoup moins problématique qu’une dépendance vis-à-vis des USA ou de l’Australie car les relations politiques ont beaucoup moins de chance de se dégrader entre ces 2 pays qu’avec les USA et l’Australie.
    A la Chine, viennent s’ajouter les besoins de l’Inde. Ils aiment diversifier leurs sources : donc acheter du gaz russe, du charbon russe, du pétrole russe et des rafales français et des centrales nucléaires américaines ne leur posent pas de problème. Et l’Inde a comme principale préoccupation de ne pas pousser la Russie dans les bras de la Chine. Donc ils ne veulent pas appliquer les sanctions occidentales.

    LES UKRANIENS EN RUSSIE
    Au contraire de l‘article d’Alain Barruel dans le Figaro qui est nuancé (il dit n’avoir constaté aucun camp dans le sud de la Russie), les médias anglo-saxons parlent de camps de concentration pour les réfugiés ukrainiens en Russie ils n’arrivent pas à concevoir que des ukrainiens puissent se réfugier en Russie. Ils semblent oublier que depuis 2014, 900 000 ukrainiens du Donbass ont émigré en Russie et que la majeure partie a pris la nationalité russe et qu’il existe encore une partie des ukrainiens au Donbass qui considèrent que leur avenir c’est la Russie.

    15 et 17 Juin 2022

    Résumé des épisodes CCIFR des 15 et 17 juin 2022 par F. Rigard

    SPIEF
    Il s’est ouvert le 15 juin.
    Délégations étrangères présentes :

    • Ministres de l’Inde, des EAU et de l’Afghanistan (alors que le gouvernement afghan n’est pas reconnu par la Russie et que les talibans sont toujours classés comme terroristes par la Russie)
    • L’Arabie Saoudite a envoyé son ministre de l’énergie qui a rencontré Novak.
    • Le président Kazakh est venu en personne
    • Les présidents égyptiens et chinois sont intervenus en duplex.
      Au 17/06 17 contrats signés, essentiellement dans les secteurs des infrastructures routières et portuaires et de l’énergie : la valeur totale de 12 d’entre eux s’élève à 235,4 milliards de roubles (environ 5 milliards€ au taux actuel).
      Discours de Poutine d’une heure : ce qu’il faut en retenir :
    • Une tonalité assez sérieuse qui a mis l’accent sur les changements profonds qui sont en train de toucher el pays et la reconfiguration de l’économie russe compte tenu de la rupture avec l’occident.
    • Critique de l’UE qui selon lui a perdu sa souveraineté politique et va devoir affronter des jours noirs n termes économiques et sociétaux.
    • La décision du 24 février a été difficile mais l’occident était en train de déverser en Ukraine des conseillers et armements pour faire de l’Ukraine une zone antirusse.
      Il y a eu des discussions sur le cours du rouble :
    • Selon le vice 1er ministre Belorussov, le taux optimal du rouble est entre 70 et 80₽/$
    • Selon Greff, président de Sberbank, le cours actuel est assez équilibré et le rouble devrait encore se raffermir dans les semaines à venir pour se stabiliser fin 2022 vers 70-75₽/$.
      Déclaration de Nabiulina, gouverneur de la BCR : la dégradation des conditions extérieures durera longtemps, voire sera permanente. Il ne faut donc pas attendre un retour à l’avant. De plus ne prendre que le PIB comme mesure de l’économie du pays est faux car l’économie russe est complexe. Et il faut une politique économique flexible pour encourager les initiatives privées afin d’éviter que la Russie ne redevienne une URSS.
      Donc il est clair que les officiels russes tablent sur une modification profonde des schémas économiques du pays.
      Les grandes questions sont : quelles seront les ressources allouées à cette reconfiguration économique et est-ce-que les réformes nécessaires seront engagées et si oui, à quelle vitesse et seront-elle menées à leur terme ?

    ÉCONOMIE
    • Ikea va fermer ses 4 usines de production dans les régions de Leningrad, Novgorod et Kirov. Les centres commerciaux Mega qui appartiennent au groupe Ikea resteront ouverts mais les magasins Ikea resteront fermés.
    Cela va avoir des conséquences sur une trentaine d’entreprises russes sous-traitantes et les employés des usines qui perdent leur emploi.
    La chaine concurrente russe, Hoff, a déjà manifesté son intérêt pour reprendre certains actifs d’Ikea.
    • Berlin a annoncé renoncer à nationaliser la filiale allemande de Gazprom et a même débloqué 10 milliards d’euros pour éviter sa faillite car cette société a des problèmes suite aux contre-sanctions russes et aux problématiques de gaz.
    • Gazprom a baissé significativement le volume de gaz acheminé vers l’Europe suite à une défaillance technique d’un équipement fourni par siemens qui ne peut pas le réparer à cause des sanctions canadiennes sur les composants… De 167 millions de m3 par jour, on est tombé à 67 millions de m3 par jour pour les livraisons vers l’Allemagne. Les livraisons vers l’Italie ont aussi baissé et Engie a noté une baisse de la pression dans les tuyaux approvisionnant la France.
    • la BCR a annoncé son opposition au prélèvement de commission sur les comptes et livrets en devises qui ont été mis en place par Tinkoff et Raiffeisen qui prélèvent désormais 1% du montant sur ces comptes en question.
    • Selon une source proche du gouvernement, la loi sur l’administration extérieure des entreprises ne sera pas probablement adoptée d’ici la fin de la session de printemps de la Duma et devrait être révisée car en l’état, elle aggraverait le climat des affaires.

    POLITIQUE INTÉRIEURE RUSSE
    • Poutine a signé un décret qui démet Natalya Poklonskaya de ses fonctions de vice-présidente de Rossotrudnichesvto. A la place elle va devenir conseillère du procurateur général de la Fédération, poste où elle ne pourra plus faire de déclarations publiques.
    • Suite à son affaire de chasse illégale, Valéry Rashkin a été relevé de son poste de secrétaire du comité du KPRF (PC russe) pour la ville de Moscou et nommé conseiller au comité central du parti.
    • La Duma a adopté en 1ère lecture une loi qui prévoit jusqu’à 20 ans de prison pour tout citoyen russe qui prendrait part à un conflit armé contre la Russie.
    • La région de Léningrad a signé un jumelage avec la ville d’Eniakievo dans la région de Donetsk. C’est le 3ème jumelage ce mois-ci.
    • Sondage de Levada en juin sur l’opinion des russes par rapport aux pays étrangers (sondage fait chaque année) :
    Le top 5 des pays amicaux est :

    1. Belarus (comme en 2021)
    2. Chine
    3. Kazakhstan (mais en % il régresse, certainement à cause de sa position timorée)
    4. Inde (en forte progression grâce à ses achats de pétrole et son attitude indépendante vis-à-vis des pressions occidentales)
    5. Arménie (perd la 4ème place au profit de l’Inde mais son % reste stable)
      Le top 5 des pays inamicaux :
    6. USA
    7. UK
    8. Pologne
    9. Allemagne
    10. Ukraine mais le % régresse ce qui s’explique par les réserves d’une partie de l’opinion russe par rapport à l’opération spéciale
      La France est classée n°8 mais le % a triplé de 4% à 13%.
      L’UE renvoie une image négative à près de 70% des personnes interrogées et il n’y a pas d’écart significatif selon les tranches d’âge.
      Ce sondage confirme la tendance relevée depuis 2 ans d’un retournement de l’opinion publique en faveur des pays non-occidentaux.
      • Consommation TV en Russie :
      Au début de l’opération spéciale, la consommation TV a augmenté ; les 3 chaines les plus regardées étaient : 1 – Piervy Kanal, 2 – Russie 24 (chaine d’information en continu), 3 – Svezdia (chaine du ministère de la défense).
      Ces derniers temps la consommation baisse mais cela peut s’expliquer par les fêtes de mai et la saison des datchas.

    DIPLOMATIE
    • il n’y a toujours pas de réponse des ukrainiens à la contre-proposition russe donnée en avril.
    A ce sujet, Patrushev, secrétaire du conseil de sécurité de la Russie a dit que Moscou souhaiterait arriver le plus rapidement possible à un accord politico-diplomatique qui permettrait la cessation des hostilités. Mais il faut lire entre les lignes, c’est-à-dire la capitulation de l’Ukraine aux conditions fixées par la Russie.
    Selon une déclaration de Medinski au SPIEF, les russes et les ukrainiens se sont mis d’accord sur 75% du texte de l’accord de cessez-le-feu mais ils bloquent sur les 25% restants.
    • Entretien le 15/6 entre Poutine et le président chinois. Il en ressort que la Chine et la Russie se soutiendraient mutuellement sur les questions de sécurité et souveraineté, que la Chine confirme sa disponibilité pour aider à résoudre le conflit en Ukraine et qu’elle a noté le bien-fondé des actions de la Russie qui visent a protéger ses intérêts nationaux face aux défis extérieurs et que les 2 parties veulent renforcer leur collaboration dans les secteurs énergétique, financiers et industriels en tenant compte des sanctions de l’occident.
    • Les USA et l’Ukraine :
    Les USA vont apporter une aide financière supplémentaire d’1,4 mld $ à l’Ukraine (à ajouter aux 1 mld déjà budgété) pour le fonctionnement du gouvernement du pays.
    Biden a annoncé un nouveau paquet d’aide militaire d’1 mld $ avec des systèmes d’artillerie et batteries côtières et va débloquer 225 mln$ d’aide humanitaire.
    • Interview de Zelenski à la télé allemande (ZDF) : il a lourdement critiqué Scholz qui persiste à vouloir un équilibre entre l’aide à l’Ukraine et le maintien d’un dialogue avec la Russie. Il affirme attendre de Scholz qu’il fasse un choix ferme et net en faveur de l’Ukraine et l’exprime publiquement et qu’il s’engage à apporter son propre soutien à l’octroi du statut d’état candidat à l’entrée dans l’UE. Il a aussi affirmé que le temps joue en faveur de la Russie sur le champ de bataille.
    • Forza, premier institut de sondage allemand a publié les résultats d’un sondage :

    • 68% des allemands n’approuvent pas les critiques contre Scholz
    • 83% sont en faveur d’un maintien d’un dialogue avec Poutine, contre 14% fermement opposés
    • 54% sont opposé à la livraison d’armement lourd à l’Ukraine
    • 25% estiment que le conflit ne pourra être résolu que par les armes alors que 68% privilégient une voie diplomatique.
      • Entrée de l’Ukraine dans l’UE.
      Lors de leur visite à Kiev, les présidents français, italiens, allemands et roumains ont dit que l’Ukraine appartenait à la famille européenne et ont apporté leur soutien au statut d’état candidat à l’entrée dans l’UE pour l’Ukraine, Macron précisant que ce statut serait accompagné d’une feuille de route qui prendrait aussi en compte les Balkans occidentaux et la Moldavie.
      La commission européenne a rendu un avis favorable au statut d’état candidat à l’entrée dans l’UE pour l’Ukraine et la Moldavie. Mais la décision sera prise au sommet de ‘$l’UE les 23 et 24 juin prochains. Pour la Moldavie, si certains pays, comme la Roumanie, sont favorables à ce statut, d’autres pays comme les Pays-Bas sont plutôt opposés, surtout à cause des problèmes de corruption dans le pays.
      Donner le statut d’état candidat c’est juste la ligne de départ, mais la ligne d’arrivée est très loin et pas garantie : pour rappel, la Turquie a ce statut depuis 1999.
      Mais une procédure accélérée pour l’Ukraine et la Moldavie serait mal vécue par certains pays comme la Serbie qui ont états candidats depuis des années et subissent des pressions importantes de l’’UE dans ce conflit.
      Et une déclaration de Clément Beaune explique bien les étapes pour l’Ukraine : il a dit que l’urgence est d’arrêter la guerre, puis reconstruire l’Ukraine et ensuite de la faire adhérer dans de bonnes conditions à l’UE.
      • Lors de la conférence de presse à la fin de la visite des présidents français, italiens, allemands et roumains à Kiev, ils ont donné l’image d’un bloc très soudé mais les contreparties demandées à Zelenski ne sont pas vraiment connues : selon le journal allemand Welt, il lui aurait été demandé de reprendre les négociations avec les russes ASAP.
      Pendant cette conférence de presse, Macron a réaffirmé le soutien de la France à l’Ukraine et sa souveraineté et un soutien humanitaire, économique et militaire dans la durée. Il a annoncé la livraison de 6 canons Ceasar en plus de s12 déjà livrés. Il a rappelé que c’était la sécurité du continent européen qui était en jeu en Ukraine. Il a appelé la Russie à lever le blocus sur les côtes ukrainiennes pour éviter une crise alimentaire mondiale. Il a répété que c’était à l’Ukraine seule de décider du moment où les conditions seraient favorables pour engager les discussions avec la Russie pour un cessez-le-feu et que ni Berlin, ni paris ne feront pression sur l’Ukraine.
      • Problème des céréales.
      Blomberg a publié un article selon lequel l’administration américaine inciterait les importateurs à acheter pus de fertilisants et engrais aux russes pour prévenir une crise alimentaire mondiale et que cela fait partie d’un processus long et difficile, organisé en coordination avec l’ONU pour évacuer els céréales d’Ukraine et de Russie.
      Par ailleurs l’administration Biden dit étudier une solution pour acheminer les céréales ukrainiennes bloquées par le rail via la Pologne.
      Selon les médias turcs, la Russie, la Turquie et l’Ukraine auraient créé un canal de communication au niveau des ministères de la défense pour échanger sur le problème des céréales.
      Enfin dans son discours au SPIEF, Poutine a dit qu’on ne savait pas vraiment combien il y avait de millions de tonnes bloqués dans les ports ukrainiens, mais que selon les calculs russes, ce serait entre 5 et 7 millions de tonnes, ce qui n’est pas assez pour provoquer une crise alimentaire mondiale. Il a ensuite dit que le problème était tout d’abord systémique et aussi dû aux sanctions contre la Russie et que pour résoudre ce problème et éviter le risque d’une crise alimentaire mondiale, il serait bon de lever les sanctions contre les entreprises produisant, achetant et transportant les engrais, fertilisants et céréales russes.
      • David Arakhamia, chef de file du parti présidentiel ukrainien et de la délégation ukrainienne a dit qu’il y avait entre 200 et 500 soldats ukrainiens tués et jusqu’à 1000 blessés chaque jour.
      Resnikov, ministre de la défense ukrainien a dit n’avoir reçu que 10% des armements dont l’Ukraine aurait besoin pour lutter contre la Russie : cette déclaration a été faite à la veille de la réunion Rammstein 3 à Bruxelles.
      Toutes les déclarations des officiels ukrainiens sont de plus en plus pessimistes quant à la situation sur le terrain. Toutes ces déclarations et celles de Zelenski sont peut-être une forme d’ouverture pour justifier la reprise des négociations.
      • La Turquie joue un rôle de médiation mais livre des drones d’attaque à l’Ukraine.
      • Le sommet de l’Otan des 29 et 30 juin :
      Les réunions Rammstein qui coordonnent les livraisons d’armement à l’Ukraine vont permettre aux membres de l’Otan d’accorder leurs violons pour démontrer que les livraisons d’armes sont consensuelles. A priori ils vont surtout livrer des surplus d’armes soviétiques qui ont été retrouvées quelque part car le problème pour les armes modernes c’est d’organiser la formation des soldats ukrainiens. Ainsi par exemple, la Grèce livre des anciennes armes soviétiques et l’Allemagne réapprovisionne la Grèce en armes modernes.
      La Suède a commencé à modifier sa législation pour satisfaire les exigences turques.
      La Finlande estime avoir déjà fait beaucoup pour rassurer la Turquie et n’entend pas aller plus loin.
      La Turquie a accusé la Grèce de militariser la mer Égée et menace de prendre des mesures en conséquence.
      La Turquie a quand même réussi l’exploit de faire accepter que les Kurdes et le Feto soient des terroristes.
      Tous ces évènements montrent que l’Otan n’est pas vraiment un bloc soudé, contrairement à ce qu’ils voudraient faire croire.
      • Peskov a déclaré le 13 que la protection des républiques du Donbass était le cœur de l’opération spéciale.
      • Arrivée de troupes russes au Nicaragua :
      C’est une façon pour les russes de les narguer dans leur arrière-cour. Mais surtout ils veulent rappeler aux USA qu’ils comprennent très bien ce que c’est que le jeu des sphères d’influence (notion de la doctrine Monroe du 19ème siècle : l’Europe n’avait plus à avoir de sphère d’influence en Amérique Latine, c’était la chasse gardée des USA), que la Russie a sa sphère d’influence dans l’ex-URSS, mais les USA considèrent que la Russie à ce jeu-là n’est pas leur égale et qu’on n’a pas à lui reconnaitre une quelconque sphère d’influence où que ce soit en Europe et que les règles du jeu sont différentes.
      C’est aussi une façon de renforcer le soutien de pays pro-russes de cette région comme le Nicaragua et le Venezuela.
      • Arrivée de 500 soldats américains dans la corne de l’Afrique.
      Sachant qu’il y a bientôt la visite de Biden en Arabie Saoudite, c’est une façon de montrer que les usa restent une puissance militaire extrêmement présente dans cette région du monde.
      C’est aussi une zone infestée de pirates. C’est aussi un moyen de montrer que cette région reste prioritaire pour les USA par rapport à des puissances comme l’Inde et la Chine pour lesquelles cette zone est stratégique en termes de voies maritimes.
      • Contrôle de la mer noire/
      Même avant le 24 février, la Russie avait une hégémonie sur la mer noire par la domination de sa flotte par rapport à l’Ukraine, la Bulgarie et la Roumanie (Turquie mise à part).

    8 et 10 Juin 2022

    Résumé des briefings de la CCIFR des 8 et 10 juin par F. Rigard qui vous prie d’accepter ses excuses pour le retard.

    Intervention de Guy Mettan, journaliste suisse, président de la CCI russo-suisse et auteur du livre « Russie – Occident, une guerre de 1000 ans » sur le conflit vu par la Suisse.
    Le conflit a beaucoup perturbé l’éconoie suisse, surtout le monde bancaire qui craint pour ses affaires et particulièrement leurs relations avec les USA et c’est pour cela qu’en 72 heures la Suisse s’est alignée sur l’Europe et les USA pour les sanctions, ce qui n’est jamais arrivé en 200 ans de neutralité suisse.
    Les sanctions ont touchés des entreprises suisses qui travaillent en Russie mais aussi les dépôts des oligarques russes (on parle de plueisurs milliards d’Euros sanctionnés).
    Il y a un débat sur les ressources énergétiques dont l’approvisionnement en gaz car la Suisse achète du gaz russe via la plateforme d’achat européenne.
    Il y a surtout des discussions surtout sur la question de la neutralité car ça fait débat en Suisse d’avoir outrepassé la règle d’usage, notamment pour les livraisons d’armes car la Suisse subit de nombreuses pressions des danois et des allemands pour qu’ils puissent livrer des munitions d’artillerie fabriquées en Suisse à l’Ukraine quand, selon la loi suisse, ces munitions sont interdites à la réexportation.
    L’opinion publique suisse était extrêmement pro ukrainienne dans les premières semaines du conflit et la population s’est mobilisée pour venir en aide aux ukrainiens surtout qu’il y a une tradition de berceau humanitaire (croix rouge, haut-commissariat aux réfugiés). Mais ils sont en train d’évoluer et prennent conscience que tout est plus compliqué que le schéma « gentils ukrainiens et méchants russes » diffusés dans les médias au début et qu’il faut avoir une vision un peu plus large si on veut sortir de ce conflit.
    Donc le débat sur la neutralité suisse est en train de prendre de l’ampleur, maintenant que les émotions pures sont passées. Il y a des initiatives populaires pour mieux définir la neutralité. Et la suisse a un projet de grande conférence internationale sur ‘Ukraine à Lugano en juillet mais ce n’est pas une médiation puisque les russes seront absents.
    En fait la Suisse avait toujours été positionnée comme un lieu de médiation du fait de sa neutralité et les russes ont toujours considéré depuis la fin de la seconde guerre mondiale que c’était une plateforme de négociation neutre. Mais pour l’instant c’est fini. Avec les sanctions, la Suisse est rentrée dans la catégorie des pays inamicaux et donc la Russie refuse toute médiation suisse tant qu’elle gardera cette position hostile.
    La situation des entreprises suisses en Russie est difficile mais il n’y a pas d’entreprises parties.
    Nestlé, la plus grosse entreprise suisse en Russie a dit qu’elle ne partirait pas car elle fournissait des produits de première nécessité. Elle a juste arrêté des produits secondaires comme Nespresso.
    D’autres entreprises ont restructuré mais il n’y a pas de lâchage généralisé.
    Quelles entreprises suisses en Russie : Novartis, Roche en pharma, Holcim dans les matériaux de construction (ciment), Syngenta dans les produits agricoles (même si maintenant le propriétaire est e-une entreprise chinoise).
    La Suisse est le 10ème investisseur mondial en Russie : les investissements sont gelés à cause des sanctions mais il n’y a pas de désinvestissement.

    Sanctions :
    Les USA ont interdit d’acheter des titres et dettes russes sur le marché secondaire, mais les vendre est toujours possible…
    Et par ailleurs, l’OFAC, le trésor américain, a dit que les ressortissants américains pouvaient siéger aux conseils d’administration de groupes russes qui ne sont pas sous sanctions, sans contrevenir aux sanctions.
    Une 7ème vague de sanctions européennes est demandée par les polonais qui voudraient que toutes les banques russes soient débranchées et que le gaz russe soit interdit. La 1ère ministre estonienne a tenu aussi des propos dans ce sens. Mais ce n’est pas le point de vue de la commission et la ministre belge a appelé à une pause et à une évaluation des sanctions existantes et de leur impact.

    Le rouble
    Malgré les actions entreprises le rouble continue de se raffermir à cause de l’absence d’importations.
    Donc la BCR a baissé le taux directeur à 9,5%. Et Poutine a annulé l’obligation pour les exportateurs russes de céder 50% de leurs devises reçues.

    Economie russe
    La BCR a relevé le seuil des virements possibles par les russes et les résidents de pays amicaux de 50000 à 150000$.
    Un signe encourageant : l’inflation ralentit puisqu’en rythme annuel elle est passée de 17,8% en avril à 17% en mai.
    Selon le centre d’Élaboration Stratégique, un think-tank russe connu pour avoir fait le premier programme économique de Poutine début 000 estime que le chômage va augmenter de 50% dans 50 régions russes et doubler dans 15 régions d’ici fin 2022. Parmi les régions qui seront le plus touchées : Karélie, Kurgan, Oulianov, Kostroma. Moscou et St Petersbourg seront épargnées avec des taux entre 5 et 6%.
    La Banque Mondiale vient de publier des prévisions dévolution de l’économie russe : -8,9% en 2022 et -2% en 2023 et prévoit un PIB en 2024 à -7% par rapport à 2019.

    L’autonomie industrielle russe
    Aéroflot, la 1ère compagnie aérienne russe qui avant desservait 56 pays et maintenant en dessert 13 a annoncé qu’elle allait acheter dans les années à venir 300 avions 100% russes.
    C’est peut-être un effet d’annonce. Mais il est vrai que la flotte d’Aéroflot est essentiellement des Airbus et des Boeings et comme ils ne peut plus y avoir d’entretien de ces appareils en ce moment, même si dans 6 mois les espaces aériens sont rouverts et qu’on peut voler, ce n’est pas dit qu’on les laisse passer pour des raisons de sécurité et d’assurance. Et il faut voir le calendrier car les 2 projets n-de nouveaux avions, le Superjet et le MS21, incluent des coopérations internationales et donc pourraient être retardés. Masi certains estiment que d’ici 10-20 ans ka Russie sera indépendante dans l’aviation civile comme elle l’est déjà dans le militaire. Il faut voir que les russes ont les moyens pour concevoir les moteurs et autres pièces d’un avion (ils en construisaient déjà avant). Mais utiliser des avions 100% russes va nécessiter pour les compagnies aériennes de construire tout un réseau de plateformes d’entretien à travers le monde pour qu’ils puissent être entretenus dans le monde entier.
    En termes de voiture, il peut y avoir une voiture 100% russe très rapidement car ils travaillaient déjà à un projet de voiture simplifiée sans composants électroniques majeurs, qu’un russe pourrait réparer lui-même, bref une Lada modernisée.
    Pour les smartphones, ce serait possible de voir bientôt des smartphones 100% russes car Kaperski travaille dessus. Il a dit être en phase de finalisation d’un équivalent d’un microsoft office bien plus performant.

    En politique intérieure, le plus notoire ce sont les signes d’un mouvement d’intégration inéluctable des régions séparatistes et des régions prises dans le sud-Est de l’Ukraine.
    Kirienko, ancien 1er ministre d’Eltsine et président de Rossatom s’implique de plus en plus dans ce cette opération spéciale puisqu’il s’est de nouveau rendu en Ukraine, cette fois à Melitopol (près de Zaparojie), a priori, dans le but de préparer un référendum sur un éventuel rattachement de ces régions à la Russie à l’automne. Par ailleurs le chef du parlement de la république indépendantiste de Donetsk s’est exprimé à la Duma à Moscou.
    Vient d’être nommé comme chef du gouvernement de Donetsk, Mr. Rotsenko, natif ukrainien, jeune fonctionnaire au ministère de l’industrie russe et gagnant du concours des jeunes leaders de Russie.
    Sinon l’église orthodoxe russe, suite aux problèmes rencontrés avec l’église orthodoxe ukrainienne, vient de remplacer l’évêque Hilarion par l’évêque Antoine (37 ans, proche du patriarche Cyrille et qui a travaillé en Italie) et vient de rattacher les paroisses de Crimée à l’église de Moscou alors qu’elle les avait jusqu’alors laissées sous la gouvernance de l’église ukrainienne.

    Le problème des céréales.
    On parle de 15 à 23,5 millions de tonnes de céréales bloquées dans les ports ukrainiens.
    Lavrov est allé à Istanbul pour discuter du sujet et a dit que la Russie était prête à participer à une conférence à Istanbul avec l’Ukraine, la Turquie et l’ONU.
    Macky Sall, le président sénégalais et président de l’union africaine, lors de sa visite à Paris, a exhorté l’Ukraine a déminé la sortie du port d’Odessa pour éviter la famine en Afrique et la déstabilisation du continent.
    Il faut différentier le problème du blé ukrainien de celui du blé russe.
    Pour le blé ukrainien, il y a actuellement 80 bateaux étrangers bloqués à Odessa et autres terminaux à cause de risques liés aux hostilités.
    Mais pour le reste de la mer noire, en dehors des eaux ukrainiennes, le trafic fonctionne normalement entre la Russie, la Géorgie et la Turquie. Mais pour le blé russe, se pose le problème de l’assurance des bateaux, de la fébrilité de certains opérateurs à travailler avec des opérateurs russes et des ports russes. Et il y a aussi les difficultés des transactions financières.
    Pour l’Ukraine, il n’y a pas de consensus sur le temps qu’il faudrait pour déminer : certains parlent de 10 jours, d’autres parlent de mois.
    Il n’y a pas non plus de consensus sur le nombre de tonnes bloquées. Et il ne faut pas négliger le facteur d’inertie : plus on attend, plus cela va prendre du temps de réamorcer la pompe et le problème de manque de bateaux va s’accroitre.
    Et enfin, il semblerait que les dirigeants ukrainiens ne croient pas aux garanties orales de Lavrov comme quoi la Russie ne chercherait pas à profiter du déminage pour tenter quelque chose à Odessa et Nikolaev.

    Autres nouvelles diplomatiques
    Entretien entre les chefs d’état-major français et ukrainien sur le conflit en Ukraine et la situation au Sahel.
    Entretien entre Macron et Zelenski : situation militaire en Ukraine, besoins de l’Ukraine en armes lourdes (selon les médias, Macron aurait annoncé la possibilité d’envoyer 6 canons Ceasar en plus des 6 déjà livrés) et la perspective de la candidature de l’Ukraine à l’UE à l’approche du sommet européen des 23 et 24 juin à Bruxelles.
    Rencontre entre le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Yermack, et les ambassadeurs des pays du G7 pour parler de la livraison d’armes et de la candidature de l’Ukraine à l’UE.

    La candidature de l’Ukraine à l’UE.
    Selon un article de Blomberg, on peut noter 3 groupes de pays dans l’UE selon leur point de vue quant à la candidature de l’Ukraine à l’UE :
    1- les pays qui sont pour l’octroi de la candidature pleine et entière de l’Ukraine dès que possible. C’est essentiellement des pays d’Europe orientale (Pologne, pays baltes) mais on y trouve aussi l’Irlande.
    2 – des pays qui sont pour l’octroi d’une candidature mais avec certaines conditions, selon des termes bien précis : c’est par exemple l’Allemagne ou la France et son concept de communauté européenne, comme une sorte d’antichambre à l’UE.
    3 – les pays opposés à la candidature de l’Ukraine dans l’UE dont le Danemark et les Pays bas. Pour ces pays, l’Ukraine est à un stade trop prématuré : elle ne remplit pas les conditions de stabilité des institutions démocratiques, ni celles d’état de droit, ni celles des droits de l’homme, ni celles de protection des minorités et son économie est bien loin de correspondre aux critères européens de compétitivité et économie de marché.
    Donner un passe-droit à l’Ukraine risque de créer des conflits avec d’autres pays, y compris des pays qui œuvrent pour rentrer dans l’UE depuis des années, comme la Serbie et qui se voient mettre de nouvelles conditions comme lorsque Scholz a dit que, pour que la Serbie puisse rentrer dans l’UE, il fallait qu’elle reconnaisse le Kosovo comme un pays à part entière.
    Même si pour devenir membre de l’UE, il n’y a pas de vote formel, il faut un consensus.

    L’Otan
    Un journal turc a publié la liste des 10 exigence de la Turquie pour qu’elle accepte que la Finlande et la Suède rentrent dans l’Otan :

    • Aider au combat de la Turquie contre le terrorisme et cela comprend contre le PKK, Feto et l’état islamique.
    • empêcher l’ouverture de nouvelles représentations de ces organisations dans leurs pays et fermer les existantes.
    • extrader vers la Turquie les personnes recherchées par la justice turque et faisant l’objet d’un mandat international.
    • interdire les manifestations kurdes et pro-kurdes.
    • coopérer avec la Turquie en matière de renseignement pour pourchasser ceux que les turcs estiment être des terroristes.
      Donc il est clair que la candidature de ces 2 pays ne sera pas possible d’ici le sommet de l’Otan fin juin en Espagne, sommet auquel -l’Ukraine est invitée.

    Brésil
    Il y a actuellement un rapprochement entre Bolsonaro et Biden. Ce qu’il y a derrière n’est pas encore connu. Pour les russes, le Brésil est un pays lointain et plutôt périphérique mais d’un autre côté, c’est un pays des BRICS. Ce n’est pas sur que Bolsonaro soit réélu et pour les russes, un retour de Lula serait mieux car Lula a eu des mots très durs vis-à-vis de l’Ukraine et de Zelenski.

    Combattants étrangers condamnés à mort
    Le combattant marocain a peut-être une chance de s’en sortir car Poutine et le roi du Maroc s’entendent bien.
    Par contre les britanniques sont plus mal barrés car l’Angleterre s’est directement impliquée dans le conflit russo-ukrainien, de façon majeure et est le fer de lance de l’engagement occidental dans ce conflit et donc les relations entre russes et britanniques sont exécrables. Les russes peuvent peut-être utiliser ces 2 personnes comme levier pour faire pression sur Johnson. Mais ce n’est pas dit que Johnson cède. Donc l’issue pourrait être tragique pour ces 2 personnes, surtout si les russes veulent en faire un exemple pour montrer aux autres combattants étrangers ce qui peut leur arriver.
    Ils ne sont pas couverts par la convention de Genève de 1949 car, techniquement, il n’y a pas de guerre et surtout les russes ne les reconnaissent pas comme des membres de forces armées régulières mais comme des combattants sans drapeau.
    Il y a eu appel et donc un nouveau jugement doit être prononcé dans un mois. Les ukrainiens voient cela comme une possibilité de négocier ces combattants en échange de prisonniers russes sous le contrôle des ukrainiens.

    1er et 3 Juin 2022

    Résumé des briefings de la CCIFR des 1er et 3 juin par F. Rigard

    Economie russe
    Michoustine a annoncé la réactualisation du plan économique russe avec un soutien accru aux régions sous la forme de prêts à rembourser seulement à partir de 2025.
    Le ministère de économie russe a annoncé un plan de soutien aux entreprises technologiques qui n’ont pas bénéficié du plan de soutien mis en place pour l’IT et l’électronique.
    Le PIB russe est ) -3% en avril en glissement annuel. La BCR a du coup revu sa prévision 2022 de -9% à -7,5%.
    Le Haut collège d’Economie évalue que l’impact des sanctions occidentales sur le PIB sera de 1,5 à 2% par an jusqu’en 2030, un effet à moyen terme tout à fait dans la ligne des objectifs américains d’affaiblir la Russie.
    Gasprom arrête de fournir du gaz à 2 sociétés danoise et hollandaise qui ont refusé le nouveau schéma de paiement.
    Une nouvelle totalement passée inaperçue en occident : un décret présidentiel russe vient d’être signé qui restreint les exportations de gaz rares (crypton, helium et néon) jusqu’en janvier 2023, gaz nécessaires à la construction des semi-conducteurs. Sachant que la Russie produit 30% du néon mondial et que les ukrainiens ne produisent plus pour l’instant, Alors que Taiwan a annoncé la cession de ses livraisons en Russie, la Russie montre en amont qu’elle peut aggraver la situation pour tout le monde.
    Saint Petersbourg est maintenant jumelée avec Marioupol : elle va donc certainement contribuer à la reconstruction de la ville.

    Politique intérieure russe
    Les représentant de l’assemblé régionale de Vladivostock qui avaient demandé à Poutine d’arrêter le conflit en Ukraine ont été exclus du parti communiste.
    Le parti communiste à nommé Mme Udaltsova, femme d’une grande figure politique d’extrême gauche à la place de Rashkine.
    Roskomnadzor a annoncé avoir été à l’origine du blocage du VPN Proton et a dit pour la première fois que l’utilisation de moyens permettant de contourner les sanctions constitue une menace : il sera intéressant de voir la réaction de Peskov qui avait dit il y a quelques semaines utiliser des VPN.
    Akexandre Sergeiev, président de l’académie des Sciences de Russie, appelle à ne pas rompre les contacts avec les chercheurs des pays inamicaux.

    Diplomatie
    C’est le calme plat.
    L’activité est dominée par les problèmes liés aux céréales et les sanctions du pétrole.
    Tournée de Lavrov au Moyen-Orient à l’occasion d’une réunion entre la Russie et le conseil de états arabes du golfe persique. Il y a rencontré ses homologues saoudien, koweitien, des émirats et de Bahrein. Ces pays, historiquement pro-américains, sont devenus neutres ces dernières années et il s’agit de veiller à ce que cela reste comme cela, surtout qu’une visite de Biden est annoncée pour dans les semaines à venir, et qu’ils n’ouvrent pas les vannes.
    Tribune de Biden dans le New York Times dans laquelle il rappelle le principe d’engagement américain en Ukraine, la ligne rouge de la non participation militaire directe au conflit et que le changement de régime russe ne fait pas partie des objectifs américains.

    Sur le terrain
    Selon Zelenski 20% du territoire ukrainienne est sous contrôle russe. Ce sont les terres les plus fertiles qui produisent la majeure partie des céréales. Le Donbass c’est aussi le charbon et les aciéries. Et c’est l’interface maritime sur la mer d’Azov et la mer noire.

    Sanctions
    De nouvelles sanctions américaines ont été votées. Le point le plus significatif c’est qu’Alexei Mordachov, cofondateur de Severstal a été mis sur la liste SDN : cela aura un impact important sur ses sociétés, comparable à celui sur Rustal en 2018.
    Un chercheur spécialiste des questions chinoises, suite à un déplacement à Washington, a raconté dans Kommerzant ses impressions et la machine infernale des sanctions américaines : il disait que des gens en public disent que les sanctions fonctionnent et qu’il faut continuer mais en privé disait que cela ne régle rien et que la réalité c’est que la Maison Blanche est obligée de donner des gages au congrès alors qu’elle sait très bien que cela ne sert en rien à rapprocher le terme de la guerre ni à infléchir la politique russe.
    Le 6ème plan de sanctions européennes a enfin été publié le 3 juin, suite au sommet de l’Europe de cette semaine.
    3 nouvelles banques sous sanctions :

    • Sberbank, la 1ère banque russe
    • Rosselrozbank, une banque d’état, équivalent du Crédit Agricole, 1er acteur dans l’agriculture et l’agroalimentaire.
    • Moskovsky Kreditny Bank, beaucoup moins importante en Russie.
      60 personnes physiques ajoutées, dont Voloj, cofondateur de yandex qui va du coup sortir du conseil d’administration, la famille de Psekov et Mme Kabayeva, ancienne championne olympique proche de Poutine.
      18 sociétés ajoutées
      En terme sectoriel, c’est surtout le pétrole qui est concerné.
      Au cours du sommet de l’Europe, un nouveau budget d’aide financière de 9 milliards$ à l’Ukraine a été voté. Mais Draghi, président italien, a confirmé que els grands pays de l’UE étaient opposés à l’octroi d’un status de candidat immédiat à l’Ukraine.

    Sanctions sur le pétrole
    Le brut et les produits raffinés sont concernés par ces sanctions avec un calendrier différé de 6 mois et 8 mois à compter de la date de parution ds sanctions. Donc fin 2022, début 2023, les importations maritimes de ces produits seront interdites. Il y a une exemption sans limite de date, sur les importations terrestres, surtout celles pour la Hongrie via l’oléoduc Drujba.
    Quelques données sur l’export de brut et produits raffinés russes en Europe, c’est :

    • 70 milliards € en 2022
    • 27 milliards € au 1er trimestre 2023
    • 28% des importations européennes
    • 37% des importations russes
      Blomberg a estimé que la perte pour la Russie serait de 22 milliards $ mais cela dépend de beaucoup de facteurs : cours du pétrole, capacité à trouver de nouveaux débouchés.
      Les 1ers effets sont déjà visibles ; les flux vers la Chine et l’Inde explosent. Ainsi l’Inde a multiplié par 9 ses achats de pétrole russe depuis le début de l’année.
      Malgré les sanctions le prix du pétrole russe augmente : le baril est actuellement à 77$, remise de 30% incluse contre 66$ il y a un an. Donc pour l’instant les volumes vendus sont moindres mais les revenus progressent : un vice-président de Lukoil a m^me dit qu’on pourrait imaginer produire moins et gagner plus.
      Certains spécialistes prévoient un baril à 150$ dans les mois à venir, ce qui aurait un effet important sur le prix à la pompe en Europe : c’est d’ailleurs pour éviter cela que les Européens ont échelonnés les sanctions sur le pétrole dans la 6ème vague de sanctions.
      Par ailleurs, les réserves pétrolières stratégiques américaines sont au plus bas car les américains ont pompé un max pour maintenir l’économie américaine et faire baisser le prix du gallon à la pompe.
      Donc ils ont besoin de recharger et ils souhaiteraient que les saoudiens ouvrent largement les vannes mais les saoudiens ne veulent pas lâcher la Russie et remettre en question un cadre qui fonctionne bien depuis 2016.
      Selon des rumeurs américaines (cf. Wall Street Journal) certains membres de l’OPEP souhaiteraient exclure la Russie de l’accord OPEP +. Mais la Russie a intérêt à ce que les accords restent en place. Et les saoudiens n’ont pas envie non plus d’ouvrir les vannes. Les arabes du golfe ont compris, certains depuis le 11 septembre et d’autres depuis 2011 quand les frères musulmans ont pris le pouvoir en Egypte, qu’il n’était pas bon de tout miser sur un seul cheval, à savoir les américains. Donc ce n’est pas l’amour de la Russie qui les fait refuser mais la diversification des risques.
      Les sociétés européennes et anglaises (sur ce coup, les anglais se sont coordonnés avec l’UE) d’assurance ont interdiction d’assurer les tankers transportant du pétrole russe vers des pays tiers.
      Pour résoudre le problème une solution serait un pôle d’assurances mutualisées créé par les producteurs russes avec des garanties d’état comme réassurance, mais cela dépend de ce que les acheteurs vont accepter comme garanties. Mais les russes ont 6 mois pour trouver la solution. Et la course contre la montre est aussi côté européen pour trouver des alternatives : mais les russes pourraient leur couper l’herbe sous le pied en leur coupant l’approvisionnement plus tôt que prévu.

    Les céréales
    C’est le sujet du jour.
    Il y a de nombreuses discussions et tractations au niveau de l’ONU, entre la Russie et les USA, avec la Turquie qui a proposé ses services pour faciliter l’évacuation des bateaux, dont les siens ds ports ukrainiens.
    Le président sénégalais, actuellement président de l’union africaine, est à Sochi pour rencontrer Poutine à ce sujet et aussi au sujet des fertilisants qui est lié. Selon lui, céréales et engrais russes doivent sortir du cadre des sanctions, à savoir que les sociétés qui exploitent et transportent ces produits et leurs propriétaires ne devraient pas être frappés de sanctions.
    Par ailleurs la très grande fébrilité des sociétés d’assurance et des armateurs qui travaillent sur les ports russes et évacuer ces marchandises crée des tensions sur le marché.
    Les américains se sont dit prêts à signer des lettres de confort : ce sont des garanties écrites comme quoi ils ne poursuivraient pas en justice les sociétés ou opérateurs qui feraient des transactions avec la Russie sur les engrais et céréales.
    Alexandre Fonine, vice-ministre de la défense et Martin Griffith, secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des questions humanitaires se sont entretenus à ce sujet pour discuter des enjeux de sécurité autour de l’évacuation des céréales d’Odessa.
    Des sources turques indiquent qu’il y a un scénario à l’etude ente l’ONU, la Russie et la Turquie pour un corridor vert pour évacuer ces céréales.
    Lavrov a dit cette semaine que la marine turque pourrait se charger du déminage autour d’Odessa (les ukrainiens avaient massivement miné les eaux autour d’Odessa dès de début du conflit et certaines de ces mines se sont détachées de leurs amarres au cours de violentes tempêtes et sont flottantes) et il doit aller prochainement en Turquie à ce sujet.
    Lavrov avait dit que c’était à l’Ukraine de déminer autour d’Odessa mais il semblerait que l’Ukraine ne soit pas équipée pour le faire et qu’elle ne soit pas d’accord pour que la Russie le fasse.
    Donc pour l’instant ça discute. A suivre.

    Mai 2022

    30 Mai 2022

    Résumé du briefing de la CCIFR du 30 mai par F. Rigard qui montre qu’il ne s’est pas passé grand-chose.

    Economie :
    1/ 6ème plan de sanction européen : cela n’avance toujours pas beaucoup. L’embargo sur le pétrole reste toujours en discussion : a priori, il serait échelonné dans le temps et ne concernerait que les livraisons par la mer. Mais pas sûr que ce soit entériné. A ce sujet, Van der Leyen a fait une déclaration à une TV américaine assez étonnante car elle a expliqué que si l’Europe faisait un embargo sur le pétrole russe, les prix allaient augmenter et donc la Russie allait en profiter et donc que, dans un but de mettre à genoux la Russie, il valait mieux que l’Europe continue à acheter du pétrole russe. Un autre point de blocage c’est le refus de Chypre qu’il y ait des restrictions d’achat d’immobilier par les russes. Il se discute aussi la possibilité d’avancer sur la confiscation des avoirs gelés des oligarques mais c’est très compliqué politiquement et juridiquement.
    2/ Le ministre russe des finances a suggéré la mise en place d’un système de paiement en roubles des dettes en $ et que les destinataires de ces paiements pour cela ouvrent des comptes en roubles sur lesquels les sommes dues leur seraient virées.
    3/ De nouveau le rouble se raffermit : les mesures prises la semaine dernière ont eu un effet très éphémère.
    4/ La politique de substitution aux importations décidée en 2014 suite à la Crimée, n’a pas de résultat. Selon Klishass, sénateur en charge de la commission des lois, c’est un échec. Il y a plusieurs discours de la même veine, vus comme une critique du ministre en charge, Demis Manturov, qui est très proche de Tchemezov, patron de Rosstekhnologui (1er concerné par cette politique) et membre du 1er cercle du président. Les imports parallèles devraient permettre de faire la jonction avec le moment où la Russie pourra produire. Et la Russie étudie attentivement comment l’Iran s’est organisé.

    Politique intérieure :
    1/ les jeunes leaders, dans le cadre du projet des leaders de Russie, chapeauté par Kirienko, sont invité à s’intéresser au Donbass et y exercer leur talent.
    2/Sondage de Tsiom a propos de l’attitude des russes par rapport à l’opération spéciale : 72% sont pour, 18% sont contre et 10% sont indécis. 40% des russes retiennent comme justification à cette opération spéciale le besoin de protéger la Russie, de désarmer l’Ukraine et d’empêcher l’Otan de s’y installer.

    Diplomatie :
    1/ Selon le gouvernement ukrainien, 60% des réfugiés ayant quitté l’Ukraine depuis le 24 février, à savoir 7,6 millions de personnes sont déjà revenus, soit 4,8 millions de personnes/
    2/ Entretien de 90 minutes samedi entre macron, Scholz et Poutine. Au cours de cet entretien le Kremlin a rappelé qu’il était prêt à dialoguer avec l’Ukraine et que la levée du blocus sur les céréales restait liée à la levée des sanctions contre la Russie. Poutine a aussi mis en garde contre l’afflux d’armes en Ukraine qui pourrait déstabiliser la situation. Et Macron et Scholz ont demandé que soient relâchés les prisonniers ukrainiens qui se sont rendus à Azovstal, soit environ 2500 personnes.
    3/Interview de Lavrov à LCI et TF1. Les 2 points notoires de cette interview sont :

    • Selon Lavrov les sanctions sur la Russie ne seront pas levées et ont vocation à durer : cela fait se poser la question de la raison de la demande de la Russie de lever les sanctions en échange de la v-levée du blocus sur les céréales et s’ils y croient vraiment.
    • L’opération spéciale a été rendue inéluctable car l’occident est resté sourd aux appels de la Russie.
      3/ Visite de Colonna à Kiev qui s’est recueillie devant un mur portant le nom de soldats ukrainiens morts au combat, qui a visité Boutcha et qui a rencontré Kuleba et doit rencontrer Zelenski.
      4/ la directrice d’Europol, Mme Catherine De Bolle, a exprimé ses craintes par rapport au fait que les armes envoyées en Ukraine se retrouvent dans de mauvaises mains, comme cela a été le cas dans les Balkans où les armes envoyées il y a 30 ans sont encore utilisées par des groupes criminels. Elle va mettre en place une unité spéciale contre la prolifération pour essayer de traquer les armes, et en faire un suivi ainsi qu’un suivi des extrémistes circulant entre l’Europe et l’Ukraine.
      5/ Vladimir Shamanov, député, ancien général et ancien commandant des forces aéroportées russes de 2009 à 2016 a dit que la principale erreur de la Russie dans la planification de l’opération spéciale avait été de croire qu’on l’accueillerait avec des fleurs et que la démilitarisation de l’Ukraine pourrait prendre entre 5 et 10 ans.
      6/ Erdogan s’est dit déçu des discussions avec les délégations finlandaise et suédoise : il les a trouvées comme n’étant pas au niveau, ni francs ni honnêtes. Au contraire, les Finlandais ont trouvé que cela s’était bien passé.
      7/ Entretien téléphonique entre Erdogan et Poutine : initialement Erdogan avait proposé un entretien tripartite entre Russie, Ukraine et Turquie mais le Kremlin a décliné. Erdogan a proposé une réunion à Istanbul avec la Turquie, la Russie, l’Ukraine et l’ONU pour débattre du problème des céréales. Il a aussi proposé un mécanisme de surveillance de mie en place d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine.
      8/ Entretien accordé à The Economist par l’ancien premier ministre japonais, Shinzo Abé dans lequel il a dit que Zelenski aurait pu éviter le conflit s’il n’avait pas cherché à rentrer dans l’Otan absolument et s’il avait accordé une autonomie substantielle aux 2 républiques séparatistes.
      9/ Une des églises ukrainiennes qui se rattachait au patriarche moscovite, a publié samedi ue déclaration om elle proclame son indépendance totale : cela représenterait 30% des paroisses du patriarche de Moscou. Mais cette déclaration reprend un texte parue n 1990 et donc ce n’est pas sûr que cela change grand-chose. Mais cela montre la pression exercée par les fidèles sur les églises.
      10/ Interview de Georges Bush : en fait Bush pensait s’adresser à d’autres interlocuteurs que ceux auxquels il s’adressait. Du coup il était en roue libre. Cela montre un fond et la propagande russe en joue un max.
      11/ Selon l’Elysée, la partie russe aurait donné son accord pour que des navires chargés de céréales partent d’Odessa mais à partir du moment où l’Ukraine aura déminé Odessa et ses environs. Mais il semblerait que l’Ukraine n’ait rien entrepris et n’ait pas les moyens de le faire. La Turquie a proposé son aide : à suivre. La date butoir pour que le blocus sur les céréales soit levé est celle de la nouvelle récolte car si les récoltes précédentes ne sont pas évacuées, il y aura un problème de stockage de la nouvelle.

    27 Mai 2022

    Résumé du briefing de la CCIFR du 27 mai par F. Rigard

    Sur le plan économique :

    • la BCR a baissé le taux directeur de 14% à 11% (pour rappel il était à 9,5% avant le 24 février). L’effet s’est immédiatement fait sentir sur le cours du ₽ : de 58₽ pour 1€ mercredi c’est passé à 71₽ pour 1€ aujourd’hui.
      Et la baisse du taux devrait se poursuivre : prochaine session de la BCR le 10 juin.
    • Poutine a annoncé lors du forum économique eurasiatique, un grand partenariat élargi à la chine, l’Inde et d’autres pays avec des accords avec ces pays pour compléter et développer ceux de l’OMC.
    • lors d’une commission intergouvernementale russo-iranienne à Téhéran, le ministre iranien du commerce et de l’industrie a proposé de livrer aux russes des turbines à gaz (héritage d’un ancien partenariat avec Alstom et Siemens) et des pièces détachées pour automobiles (ce qui est surprenant puisque dans ce secteur les iraniens sont sous les mêmes sanctions que les russes).
    • Andrei Korchak, vice-président du conseil de la fédération, a proposé la création d’une zone économique spéciale dans le Donbass.

    Sur le plan politique intérieure :

    • Passe d’armes entre Korchak et Volodin, président de la Duma, sur les voyages de députés dans le Donbass : Volodin s’est inquiété des voyages de députés dans le Donbass et de leur coût surtout en matière de sécurité, ce à quoi Korchak a répondu qu’il ne fallait pas prêter attention à ces déclarations de fonctionnaires coupés de la réalité et Volodin a rétorqué que les électeurs les payent pour qu’ils travaillent et non pour qu’ils s’occupent de leurs agendas personnels. Cela montre que les rivalités au sein du gouvernement sont en train de s’exacerber au point de devenir publiques.
    • Le député communiste Valéry Rashkin qui a été condamné à 3 ans avec sursis pour chasse illégale a été démis de son mandat.
    • 4 élus communistes de l’assemblée régionale de Valdivostok ont écrit une lettre à Poutine demandant l’arrêt de l’opération spéciale.
    • Le tribunal militaire de Nalchik a jugé légale le renvoi de 115 militaires de la garde nationale qjui avaient refusé d’aller en Ukraine en justifiant leur décision par le fait que cette demande était contraire aux clauses de leur contrat de travail qui stipule que le service est sur le territoire national.

    Sur le plan diplomatique :

    • Scholz a dit que ni l’Ukraine ni personne n’accepterait une paix dont les termes seraient dictés par la Russie et que ce serait une perspective vouée à l’échec.
    • L’Iran s’est proposé comme médiateur. Il l’avait déjà fait en 2008 dans le conflit entre la Russie et la Géorgie et en 2020 dans le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Mais il y a peu de chance que cela se fasse. C’est plutôt une communication à usage interne pour montrer leur autonomie politique et détourner l’attention du public des problèmes internes (révoltes et inflation).
    • Discussion téléphonique entre Poutine et Draghi où ont été abordés les sujets sur la situation humanitaire dans le Donbass et les risques alimentaires dans le monde : le Kremlin a répété que le lever du blocus est lié à la levée de sanctions et a évoqué les difficultés logistiques et de virements bancaires liées à ces sanctions qui empêchent de libérer les céréales.
    • le secrétaire général de l’Otan a dit qu’il y avait peu de chance que les candidatures de la Suède et de la Finlande soient approuvées pour le sommet de l’Otan des 29 et 30 juin car il y avait peu de chance que les exigences turques soient satisfaites d’ici là.
    • depuis lundi on note une évolution dans le narratif des dirigeants ukrainiens : leurs déclarations mettent l’accent sur les difficultés qu’ils rencontrent dans le Donbass comme par exemple parler des morts journaliers (entre 50 et 100 hommes par jour) alors qu’avant parler des pertes ukrainiennes étaient tabu. Leur objectif est certainement de susciter une nouvelle vague d’assistance militaire renforcée avec du matériel bien précis car pour l’instant ils sont peu satisfaits des packages d’aide militaire qu’ils ont reçus.

    Le point notable de la semaine : l’initiative de la perfide Albion.
    Johnson est en train de pousser une initiative vers les pays de l’Europe orientale : il veut leur proposer de créer un Commonwealth européen, une alliance politique, économique et militaire, très clairement dirigée contre la Russie. Il s’appuie sur la frustration commune de ces pays vis-à-vis de Bruxelles, et plus particulièrement la tiédeur de la réponse allemande. On parle des pays baltes, de la Pologne et de l’Ukraine. Il a même approché Orban en Hongrie. Et à un stade plus lointain, il pourrait y avoir la Turquie.
    Ce sont les britanniques qui renouent avec certains canons de la diplomatie britannique qui existent depuis le XVIème siècle, à savoir l’équilibre des pouvoirs sur le continent Européen.
    Cela permettrait au royaume Uni de :

    • redevenir une puissance en Europe après son Brexit
    • contenir l’influence de la Russie car depuis des années l’UK est vent debout contre la Russie et dans les documents stratégiques britanniques, la Russie est identifiée comme la principale menace pour la sécurité britannique, fait qui justifie le réarmement de l’armée britannique qui est en cours.
      Donc l’UK essaye de forger une barrière orientale dans la mer baltique et la mer noire contre la Russie.
      C’est aussi un levier pour les négociations avec l’UE qui ne sont pas finalisées, surtout celle sur la question douloureuse de l’Irlande du nord.
      Mais c’est aussi une idée concurrente de celle de Macron d’une communauté européenne politique. Et surtout c’est anti-européen et surtout contre le tandem Paris-Berlin qui est vu comme trop soft vis-à-vis de la Russie.
      Il y a quelques doutes sur la possibilité pour les pays d’Europe orientale d’avoir une double appartenance à ce Commonwealth et à l’UE. Ce n’est pas sûr que des pays comme la Pologne renoncent aux fonds européens et que l’UK puisse compenser cette perte financière pour ces pays. Mais cela a des implications à plus brève échéance dans les semaines à venir, lorsque se posera la question d’éventuelles nouvelles négociations en cas de victoire russe dans le Donbass.
      L’UK mobilise les opposants à une paix négociée et à l’hypothèse même d’une paix négociée : cela a déjà des effets sur le champ médiatique et cela e, aura dans le champ politique.

    25 Mai 2022

    Les nouvelles économiques du jour :

    • La BCR a annoncé une session extraordinaire demain pour discuter du taux directeur qui sera a priori revu à la baisse pour affaiblir le rouble.
      Celui-ci a déjà commencé à baisser depuis qu’en début de semaine, le pourcentage de devises à changer en roubles par les entreprises recevant des devises, a été baissé de 80% à 50%.
    • Les minima sociaux vont être revalorises de 10%.
    • le Trésor américain a refusé de renouveler la licence de service de la dette extérieure de la Fédération de Russie. Donc la Russie ne peut plus payer les échéances de sa dette extérieure libellée en dollars via des banques américaines et logiquement sera amenée à un défaut technique en juillet car il y a une échéance de 160 millions $ due à JP Morgan fin juin. La Russie a dit qu’elle provisionnerait ces paiements en roubles mais cela ne suffira pas pour empêcher le défaut technique qui est en fait organisé par le créancier lui-même et ce n’est pas sûr que la Russie puisse contourner cet obstacle en payant via d’autres voies. L’impact est inconnu. Certains disent que c’est un clou de plus dans le cercueil de la Russie. D’autres disent que de toute façon, au vu de la situation actuelle et du fait que la Russie a des réserves, cela ne change pas grand-chose.
    • Navalny a été condamné lundi à 9 ans de prison.
    • Le ministère de l’éducation russe a annoncé que la Russie envisageait d’abandonner le processus de Bologne d’équivalence des cursus d’études supérieures. C’est dommage car il y a beaucoup de coopération universitaire entre la Russie et l’Europe. C’est encore une étape de plus dans le détricotage de tout ce qui a été fait depuis la fin de la guerre froide, détricotage qui va très vite.
    • Il y a une nouvelle loi facilitant l’octroi par les habitants des régions de Kherson et Zaprojie de la nationalité russe, qui est une extension de ce qui avait été fait pour Lugansk et le Donbass. Cela semble démontrer qu’un processus d’absorption/ annexion de ces territoires est en cours et est inexorable.

    Les nouvelles diplomatiques :
    1/ Le processus diplomatique est dans l’ornière, même si lors d’un entretien à un journal turc, le ministre des affaires étrangères ukrainien a dit que l’Ukraine est prête à revenir à la table des négociations mais sous 3 conditions qui semblent difficilement acceptables : l’intégralité territoriale de l’Ukraine, le retrait des troupes russes et l’indépendance de l’Ukraine dans ses choix en matière de politique étrangère.
    Le même ministre des affaires étrangères a dit à Davos que les positions des troupes ukrainiennes étaient très mauvaises dans le Donbass et qu’elles laissaient l’accès libre au Sud et à la partie centrale de l’Ukraine.
    Il semblerait que la phase dans le Donbass devrait être conclue vers mi-juin. A ce moment-là, il y aurait une fenêtre pour reprendre des négociations diplomatiques. Mais il n’y a rien de moins sûr qu’elle soit saisie : cela dépend de ce que veut la Russie, de ce que veut l’Ukraine, mais aussi de ce que veut l’occident.
    2/ Le ministère des affaires étrangères russe a déclaré ne pas avoir reçu le plan de paix que l’Italie a soumis à l’ONU et au G7 et que tout ce qu’il connaissait de ce plan, il l’avait lu dans les médias et qu’il semblait donc inacceptable.
    3/ Le ministère des affaires étrangères chinois a dit que Pékin soutient l’idée d’un corridor vert pour l’expédition des céréales russes et ukrainiennes. Cela fait suite à une déclaration ce matin du MID russe qui a dit que la Russie serait favorable à un corridor pour acheminer les céréales russes et ukrainiennes à l’étranger mais sous 2 conditions :

    • l’Ukraine doit déminer la mer autour des ports et des côtes pour permettre aux bateaux de circuler en toute sécurité.
    • les sanctions contre la Russie doivent être levées.
      Cette condition a été réitérée par la Russie plusieurs fois. C’est peut-être pour faire intervenir de nouveaux acteurs dans le jeu, comme les pays africains par exemple, pour qu’ils fassent pression sur Kiev pour que ceux-ci fassent des concessions et aussi sur l’occident.
      4/ guerre de la communication
      On a le sentiment que Zelenski a gagné la guerre de la communication par rapport à la Russie. Mais en fait c’est notre vision d’occidentaux : il ne l’a gagnée qu’en occident. La perception de Zelenski et de l’Ukraine est très différente dans les pays d’Amérique Latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et beaucoup de pays d’Asie.

    Alain Barruel correspondant du Figaro à Moscou depuis 3 ans.
    Il y a encore une quinzaine de correspondant français à Moscou : seuls 5 ou 6 sont des envoyés spéciaux, les autres sont des pigistes sur place et qui souhaitent rester sur place. Leur plus gros problème pour pouvoir rester est le renouvellement des visas puisque désormais ils ne peuvent plus recevoir ds visas d’un an mais seulement de 3 mois.
    Depuis le 24 février, peu de choses ont changées dans ses rapports avec ses interlocuteurs russes : les RV sont toujours aussi difficiles à prendre et souvent nécessitent d’envoyer les questions à l’avance, ses interlocuteurs semblent apprécier le fait qu’il soit resté sur place, ils sont un peu plus prudents dans leurs discours.
    Il est allé à Marioupol, invité par le ministère de la défense. Certes il n’a vu qu’une part de la réalité puisqu’il était accompagné de l’armée russe. Mais l’état de la ville et ses habitants rescapés lui ont fait une forte impression. Et il a ressenti la complexité de la situation et la complexité des sentiments des habitants, surtout des plus de 45 ans qui ont grandi dans le système soviétique. Et désormais cela a permis d’en savoir plus sur comment les ukrainiens et surtout le bataillon d’Azov s’étaient positionnés dans les immeubles d’habitations et avaient aussi positionnés leurs tanks entre les immeubles d’habitation ce qui, combiné au fait que l’armée russe ne fait pas dans la dentelle, explique les dégâts qu’il y a eu.
    Il y a une forme de tension entre comment les choses sont vues en Europe et comment on les voit ici. Au Figaro, même si globalement ils comprennent, il existe un prisme qui met majoritairement la responsabilité sur la Russie.
    Actuellement il travaille sur le sujet des réfugiés ukrainien en Russie. Selon les médias français, on pense que ces réfugiés sont torturés, ont été forcés à venir en Russie, disparaissent et font l’objet de violences. Il a interviewé beaucoup de ces réfugiés et peut dire qu’il n’a pas vu de violation massive des droits de l’homme. Certes il y a beaucoup de contrôles aux frontières mais cela s’explique par la situation générale. Il n’a pas recueilli de témoignages de violence subies.

    23 Mai 2022

    Résumé du briefing de la CCIFR du 23 mai par F. Rigard

    Aviation
    Le trafic aérien a chuté de 30% en avril par rapport à avril 2021, mois qui était déjà bas à cause du Covid-19.
    Aéroflot qui desservait 56 pays n’en dessert plus que 13
    Il y a des inquiétudes sans le secteur quant aux possibilités de maintenance des avions à partir de l’automne.

    Rouble
    Le rouble a atteint un niveau inédit depuis 2015 à 59 roubles pour 1 euro.
    Certes un rouble fort est un élément positif pour contenir l’inflation. Et aussi politiquement cela met en faux la volonté occidentale d’affaiblir l’économie russe.
    Mais à moyen et long terme c’est préjudiciable pour les recettes fiscales.
    Donc les autorités doivent intervenir pour affaiblir le rouble dont le bon niveau serait de 75 roubles pour 1$.
    Pour cela, la BCR fait des interventions indirectes en achetant des devises pour entraver le raffermissement du rouble.
    Et elle pourrait aussi envisager de baisser de 80% à 50% la part des devises que les entreprises doivent automatiquement changer en roubles.

    Avtovaz : le nouveau directeur général est maxime Sokolov, ancien ministre des transports et jusqu’à présent vice-gouverneur de St-Petersbourg.

    La Bourse russe est rouverte mais avec des restrictions pour les non-résidents et des restrictions pour les ruses sur les devises, restrictions qui s’appliquent jusqu’à 9 septembre 2022.

    Politique intérieure

    • M. Kurenkov, ancien aide de camp de Poutine, vient d’être nommé ministre fédéral des situations d’urgence (poste vacant depuis 9 mois).
    • Le ministère russe de la justice vient d’allonger la liste des agents de l’étrangers, dont 2 noms célèbres : Khodokovsky et Kasparov.
    • plus de 2000 personnes sont actuellement poursuivies dans le cadre de la nouvelle loi sur la discréditation des forces armées, dont le célèbre musicien du groupe DDT, Yuri Shevchuk.

    Processus diplomatique bloqué : plusieurs déclarations de représentants russes ces dernières semaines pour souligner que le gel du processus de négociations est de la responsabilité de Kiev qui depuis un mois n’a pas répondu à la proposition russe remise le 20 avril.
    Ce blocage est aussi à inscrire dans le contexte de ce qui se passe au Donbass et d’une dynamique qui serait plutôt en faveur des forces russes.
    Certes Zelenski se dit toujours prêt à rencontrer poutine mais de moins en moins fréquemment. Et depuis la reddition d’Azovstal, il dit aussi que la solution serait diplomatique mais d’un autre côté, il refuse d’ampute d’un cm2 le territoire Ukrainien et parle toujours des frontières du 24 février.
    Là-dessus il diverge d’autres responsables ukrainiens puisque par exemple, le chef du renseignement militaire ukrainienne, Budanov, lui parle d’une reconquête totale de territoires ukrainiens.
    Il y a aussi un débat qui monte en occident. Les dirigeants de l’UE, des USA et du G7 ont annoncé des aides financières substantielles à l’Ukraine. Mais les questions sont de savoir si l’objectif occidental coïncide avec celui de l‘Ukraine, jusqu’où on va et combien de temps on est prêt à assumer cet effort qui représente 6 à 7 milliards de dollars par mois

    Autres activités diplomatiques

    • Visite de Duda, président polonais à Kiev : un nouveau traité d’amitié entre les 2 pays, rappel que les frontières entre les 2 pays doivent les unir et non les séparer et devant la Rada déclaration comme quoi ka Pologne ferait tout son possible pour que l’Ukraine entre dans l’UE le plus vite possible ; Et Zelenski a annoncé un projet de loi donnant aux ressortissants polonais vivant en Ukraine les mêmes droits que les Ukrainiens.
    • Zelenski a parlé en visio-conférence à l’ouverture du forum de Davos : il a déploré qu’il n’y ait pas eu de sanctions préventives contre la Russie qui auraient pu empêcher les opérations du 24 février. Et a vanté le mérite du marché ukrainien de 40 millions d’habitants pour les entreprises internationales quittant la Russie.
    • déclaration de Clément Beaune, ministre délégué chargé de l’Europe : le processus d’entrée de l’Ukraine dans l’UE pourrait prendre entre 10 et 15 ans et le projet de communauté européenne de Macron serait plus adaptée à l’Ukraine dans la situation actuelle. Réponse du ministre ukrainien des affaires étrangères à cette déclaration : l’Ukraine compte bien obtenir le statut d’état candidat dès le mois de juin prochain…
    • Borel a déclaré que les états de l’UE devaient dépenser plus pour leur défense qui pour l’instant souffre d’un sous-investissement funeste (selon lui) et qu’il fallait améliorer l’interopérabilité des armées européennes.

    L’Afrique
    Macky Sall, président du Sénégal et actuel président de l’union africaine (présidence tournante) a annoncé à sa conférence de presse lors de son entretien avec Scholz qu’il se rendrait prochainement en Russie et en Ukraine au nom de l’union africaine, pour tenter quelque chose.
    Les sujets qui sont importants pour les africains : le prix de l’énergie (surtout suite à la baisse des livraisons russes suite aux sanctions) et le prix des céréales (par exemple le Sénégal dépend à 50% de la Russie pour son approvisionnement en céréales et 15% de l’Ukraine).
    Cette visite fait suite à une invitation officielle de la Russie. Ceci et l’entretien entre Lavrov et son homologue malien, montre l’importance que l’Afrique a pour la stratégie géopolitique russe et le déeloppement économique, même si elle ne pèse pas beaucoup dans les échanges commerciaux (environ 1 milliard $) par rapport à l’Afrique du Nord où la Russie a 2 partenaires stratégiques (Egypte et Algérie) avec plusieurs milliards $ d’échanges bilatéraux par an.

    Le problème de l’approvisionnement des céréales ukrainiennes.
    Les USA ont eu l’idée d’abaisser les sanctions pour permettre le transport des céréales ukrainiennes via la Biélorussie mais ce n’est pas très praticables (mauvaises liaisons routières et ferroviaires). Cela aurait plus de sens de le faire via les pays européens mais le coût du transport fera monter le prix des produits et les pays acheteurs ne sont pas des pays riches.
    Actuellement des petits volumes sortent d’Ukraine via la Roumanie et le Danube. Donc la solution reste le levage du blocus des ports ukrainiens. C’est un levier pour la Russie et elle n’est pas près de le lâcher. Éventuellement elle peut considérer libérer Nikolaev et Odessa mais pour sûr par Kherson.

    Quelques conseils de lectures pour comprendre la géopolitique du continent européen.
    Brzezinski : le grand échiquier, il date de 1997 mais expose bien les problèmes de l’Europe et de l’Ukraine.
    Halford John Mackinder : c’est un géographe britannique qui est à l’origine dans les années 20 des concepts géopolitiques actuels. Avec sa théorie du heartland et de 2 types de puissances : les puissances continentales et les puissances navales. Il estime que pour dominer le monde, il faut tenir cet heartland, principalement la plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale, qui rayonne sur la mer Méditerranée, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et la Chine.
    Nicholas Spyman : journaliste et universitaire américain, il est à l’origine de la matrice de la politique américaine de la guerre froide, à savoir l’endiguement de l’URSS et ensuite le rollback Eisenhower de l’URSS, sur la zone qu’il appelle le rimland et qui comporte l’Ukraine et qui est une zone de frictions éventuelles entre à l’époque, l’URSS (puissance continentale) et les puissances navales (puissances anglo-saxonnes

    20 Mai 2022

    Janet Yellen a participé à la réunion des ministres des finances et des présidents banques centrales du G7 et à la suite de cette réunion, elle s’est exprimé notamment sur la question de la mise en place d’un embargo pétrolier ou d’une stratégie pour baisser le revenu russe provenant du pétrole patinait, qu’on ne trouvait pas de compromis.
    Certes la consommation de pétrole russe par l’occident a baissé mais elle est remplacée par des achats massifs ou des contrats en cours de mise en place avec des volumes massifs de la part des Chinois et indiens : ainsi la Russie et déjà devenue le 4ème fournisseur de pétrole pour la Chine.
    Le G7 s’est mis d’accord pour une aide financière supplémentaire à l’Ukraine de 19,8 milliards $, soit 3 mois des besoins financiers de l’Ukraine.

    Van Der Leyen a dit que ses services juridiques étaient en train de chercher des mécanismes pour verser les actifs gelés des oligarques russes aux fins de reconstruction de l’Ukraine.
    Ce qu’elle veut faire est absolument illégal et c’est hyper dangereux car c’est une dérive de la loi : c’est un vrai problème constitutionnel car cela veut dire que la propriété privée ne l’est plus puisqu’à tout moment on peut la prendre et le vendre pour la donner à quelqu’un d’autre. cela est un problème de liberté et remettrait en cause les fondations de la propriété privée et c’est opposé à toutes les lois internationale : mêmes les responsables américains ont reconnu il y a quelques jours cette impossibilité juridique en l’état actuel du droit.
    Pour l’UE c’est sûr que c’est symbolique. Mais cela pourrait destabiliser tout.

    Sur le plan économique russe, la CBR vient d’autoriser l’achat de devises par les particuliers, sauf pour l’Euro et les $. Du coup le $ est à un cours très bas : il est passé en dessous de la barre des 60₽ pour 1$, ce qu’on n’avait pas vu depuis avril 2018. La Sber prévoit même un cours à 50₽ pour 1$ d’ici fin juin.

    Le ministère des affaires étrangères russe a déclaré que le déblocage des ports ukrainiens était conditionné à la levée des sanctions.

    Les négociations russo-ukrainiennes sont complètement paralysées. Et un des membres de la délégation russe, Leonid Slutsky qui est aussi le chef de file du parti politique LDPR, a dit que la porte pour les discussions n’était pas fermée mais que la balle était dans le camp de Kiev qui n’a toujours pas répondu à la proposition russe faite il y a un mois.

    L’Italie a soumis à l’ONU et donc Guterres, un plan de paix élaboré par son ministère des affaires étrangères en 4 points :
    1- Cessez-le-feu
    2- Discussion sur la démilitarisation des zones où se déroulent les combats
    3- Discussion sur l’engagement de neutralité ukrainienne au niveau de l’Otan et l’entrée de l’Ukraine dans l’UE
    4- Elaboration d’un accord de paix au niveau continental
    Cela montre que finalement le canal de l’ONU fonctionne plutôt bien si on ajoute à cela la sortie des civils de Marioupol suite à la visite de Guterres à Moscou et les discussions en cours sous l’égide de l’ONU pour la levée du blocus sur les ports de la me noire.

    Les chefs d’état major russe et américain se sont parlés pour la première fois hier depuis le 24 février et se sont mis d’accord pour maintenir ce canal de discussion ouvert. Cela fait suite à une discussion entre Shoigu et Austin, il y a une semaine.

    La Chine, via son ministère des affaires étrangères, appelle l’Otan et lUE a ouvrir un dialogue constructif avec la Russie et à proposer des mesures concrètes pour arrêter le conflit.

    La nouvelle ministre des affaires étrangères française, Catherine Colonna a une très bonne connaissance des affaires internationales puisqu’elle a occupé plusieurs postes diplomatiques dans le monde et surtout la maitrise des rouages e l’UE puisqu’elle avait été ministre déléguée aux Affaires européennes de 2005 à 2007, sous la présidence de Jacques Chirac.

    Gazprombank est sous sanctions britanniques mais avec exemption pour le gaz. Et les USA ont symboliquement mis sous sanction 27 cadres dirigeants de la banque pour montrer que personne n’est immunisé contre les sanctions, mais pas la banque.

    Reddition des soldats Ukrainiens d’Azovstal :
    En Ukraine on parle d’évacuation mais dans les faits c’est une reddition. Cette reddition permet de voir que les effectifs avaient largement sous-estimé puisqu’on parle de 2000 soldats qui se sont déjà rendus et qu’il semblerait qu’il reste encore des soldats sous Azovstal. Ca fait du nombre. Et c’est important militairement car d-ce sont des militaires aguerris qui se rendent et qui donc vont manquer ailleurs dans le camp ukrainien. Et ce qui est notable c’est que c’est la première fois qu’on parle d’une reddition sur les medias ukrainiens : jusqu’alors le gouvernement ukrainien avait interdit d’évoquer toute reddition, alors qu’il y en a eu déjà d’autres. D’ailleurs Zelenski insiste pour qu’on parle dans ce cas de sauver des vies : cela peut nous permettre d’espérer un retour sur les tables de discussion dans le futur.

    La relation entre la Biélorussie et la Russie reste forte. D’ailleurs Lukashenko est venu récemment à Moscou. Par contre il n’avait jamais été question que l’armée biélorusse soit impliquée dans l’action spéciale car d’abord c’est une armée peu opérationnelle et aussi car la société biélorusse est fondamentalement pacifique et aurait mal vécu une participation de son armée à ces évènements.

    Pour aider les russes discriminés en France il n’y a pas grand-chose en place si ce n’est une class action contre les banques françaises qui regroupe déjà 500 russes.

    18 Mai 2022

    34 diplomates français expulsés suite à l’expulsion de 41 russes expulsés de France.
    Les consulats n’ont pas été touchés par ces expulsions.
    Donc cela concerne les services économiques régionaux, la chancellerie et la mission militaire.

    Sur le plan économique, le ministères russe du développement économique a publié ses prévisions jusqu’en 2025. Les voici :

    Selon lui, le choc se fera sentir au 3èm trimestre 2022. Tous les économistes anticipent un retour à la croissance en 2024.

    Quelques données :
    Le budget fédéral pour la première fois depuis des anénes a été en déficit en avril 2022 et surtout une augmentation spectaculaire du poids des hydrocarbures dans les rentrées fiscales (63% contre 36% en moyenne en 2021) ce qui est un problème quand on parle d’un embargo sur le pétrole russe par l’europe ou le G7.
    La Finlande, la Bulgarie et la Pologne sont pour l’instant les seuls pays à avoir refusé le mécanisme de paiement du gaz russe et du coup l’approvisionnement a été suspendu pour les 2 derniers pays.
    Le nombre d’INN (numéro d’identification fiscale) délivré par le Kazakhstan à des russes sur les 4 premiers mois de l’année est de 36000, soit 10 fois le chiffre de 2021, sachant qu’un INN est nécessaire pour ouvrir un compte au Kazakhstan.

    Côté diplomatique pas de changements.
    Borel a déclaré hier que l’UE ferait en sorte que l’Ukraine ne manque ni de matériel militaire ni de véhicules de combat au moment décisif.
    Hier Macron s’est tentretenu téléphoniquement avec Zelenski. Il lui a annoncé une nouvelle livraison d’armement et que la candidature de kiev à l’UE serait examinée au conseil européen de fin juin.

    La Turquie a bloqué la 1ère étape de lexamen des candidatures à l’entrée dans l’Otan lors dune réunion des ambassadeurs de l’alliance qui doit déboucher sur un protocole d’accession eet une invitation formalle enovyée par l’Alliance aux candidats. Il faut maintenant prévoir une quizaine de jours de négociations et marchandage et donc de rerd sur le lancement de cette procédure.
    La Turquie a les exigences suivantes pour lever ses réserves :

    • Levée des sanctions qui lui ont été appliquées suite à l’achat par la Turquie en 2017 des systèmes russes S400 pour un montant de 2 mld $.
    • réintégration de la Turquie dans le programme F35 américain
    • confirmation de la livraison d’un lot de F16
    • reconnaissance par la Suède et la Filande du PKK comme groupe terroriste
    • fermeture des activiés médiatiques du prédicaetru Gülen déployées à partir de Stockolm.

    L’impact des sanctions
    Certaines sanctions ont des effets imémdiats : on ne peut plus voyager directement de Moscou à Paris par avion, l’ambassade de France n’a pas reçu de valise diplomatique depuis 5 semaines.
    Certaines auront des effets à moyen terme : les semi-conducteurs , le ministre des finances, Silouanov, a souligné le risque de difficultés à rattrapper un retard technologique déjà existant pour la Russie.
    Mais il y a encore beaucoup d’inconnues : durée de la crise, les sanctions qui vont rester et partir, la capacité d’adaptation et l’effort réel qui pourrait être fait par la Russie (qui n’a pas été fait manifestment après les sanctions de 2014 malgré les discours de l’époque), le concours discret de pays tiers dans les mois qui suivront la pahse active du conflit en Ukraine.
    Selon un économiste français, les grands gagnants de ces sanctions sont la Chine suivie des USA et les grands perdants sont l’Europe et la Russie.

    15 Mai 2022

    Sur le plan diplomatique, la seule nouvelle c’est l’annonce officielle de la Suède et la Finlande concernant leur décision d’adhérer à l’Otan.
    Riabkov, vice-ministre des affaires étrangères russe, a déclaré ce matin que c’ était une provocation supplémentaire qui aurait ses conséquenceS. Mais Poutine a plutôt calmé le jeu cet après-midi car il a dit que comme la Russie n’avait pas de contentieux territorial avec ces 2 pays, leur adhésion à l’Otan ne posait pas de problème majeur, mais que s’il y avait un déploiement de nouvelles structures militaires sur ce pays, ce serait une menace pour la Russie. La Suède a déjà dit qu’elle ne prévoyait pas de nouvelles bases militaires de l’Otan sur son territoire ni d’y avoir ds armes nucléaires. La Finalnde n’a rien dit mais devrait adopter la meê position.
    Suite à cette anonce l’Autriche a confirmé qu’elle ne rentrerait pas dans l’Otan et eesterait neutre.
    La Turquie a dit qu’elle allait travailler avec la suède et la Finlance pour trouver des compromis et des garanties de sécurité par rapport aux groupes terroristes implantés dans ces pays et par rapport à l’extradiction qu’elle réclame de puis longtemps de certains membres de ces dits groups térroristes.

    Le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a estimé vendredi 13 mai 2022 qu’il y aurait un tournant majeur dans la guere mi-août et que l’Ukraine la gagnerait avant la fin de l’année. Il faut prendre cette déclaration avec des pincettes car c’est un point de vue engagé et un chef de renseignement est là pour faire de l’information et désinformation. Il traduit aussi certaines attentes ukrainiennes quant aux livraison de matériel militaire.
    Ce qui est sûr c’est que les opérations militaires se poursuivent et sur le Donbass presque exclusivement. ON voit des choses assez contrastées et différentes. Et on voit aussi des artciles assez rare mais très bien informés et assez alarmistes sur l’état de l’économie ukrainienne. Donc il y aura à un momen ou un autre une rupture mais nul ne sait de quel côté et à quelle échéance ce sera.

    En économie, aussi pas grand-chose d’intéressant.
    Le dernier sondage de Levada montre un recul des intentions d’achats importants (immobilier, voiture) par les russes à court terme mais par contre un regain d’optimisme à l’horizon de 5 ans puisque 39% des russes se sento-ent confiants à 5 ans, contre 20% dans le sondage précédent.
    Mac Donalds annoce son départ de la Rusie mais ce serait a priori un fau départ car il semblerait qu’ils resteraient mais avec un changement d’enseigne.
    Renault : il a été confirmé que ses participations seraient reprises par l’état russe et la mairie de Moscou avec option de reprise à 6 ans. Les détails de la négociation ne sont pas connus mais il y aura une certainement pérennité industrielle pour les modèles actuellement exploités ou en cours de développement mais ce sera sous marques Lada et Moskvitch car les russes ont de l’expérience dans le secteur automobile et Avtovaz représente 40% du marché russe.
    Départ de Siemens : désormais Siemens n’assurera plus la maintenance des Sapsans et Lastochkas construits n partenariat avec les russes mais RZhD, la SNCF russe, a dit qu’elle était en mesure de faire la maintenance. Quant à l’activité turbine, elle a été cédée à un partenaire industriel de la région de St Petersbourg. Le retrait de Siemens dans l’activité ferroviaire ouvre la voie aux chinois car jusqu’à présent Siemens les bloquait et était déjà présélectionné pour des projets comme le train pour mettre St Pete à 2 heures de Moscou.

    La guerre de la communication de l’Ukraine s’épuise t’elle ?
    Tout d’abord il y a un phénomène relatif à l’information en général, les gros titres doivent régulièrement changer et donc il ya un phénomène de lassitude par rapport à la guerre elle-même.
    Par ailleurs, il semblerait que Zelenski est en train d’entamer un nouveau cycle de communication. Il a d’abord fait la tournée des parlements. Maintenant il s’adresse aux grandes télés comme la RIA par exemple en Italie et aux universités. [Note de la rédaction : j’ai remarqué des commentaires de lecteurs très agressifs et négatifs vis-à-vis de l’Ukraine et Zelenski à l’occasion des articles sur l’Eurovision, ce qui n’était pas le cas il y a un mois.]

    13 Mai 2022

    Sanctions
    Le 6ème volet de sanctions européennes est au point mort, surtout à cause du volet pétrolier : il est désormais de plus en plus compliqué de se mettre d’accord sur des sanctions.
    Les contre-sanctions russes : une première liste de sociétés concernées par le décret cadre de mars vient d’être publiée, c’est assez surprenant et redoutable. Dedans il y a Europol Gaz qui est la société qui gère le tronçon polonais du gazoduc Yamal, ce qui veut dire que le transit par la Pologne est suspendu et Gazprom Germania, la filiale saisie par les allemands et donc Gazprom n’a plus de droit de vendre à son ancienne filiale ce qui va affecter une partie des approvisionnements allemands en gaz (estimation : 25 à 30% des besoins allemands concernés).
    Lors du G7 des ministres des affaires étrangères, la ministre britannique, Liz Truss a dit que les sanctions seraient maintenues tant qu’il y aurait des soldats russes sur le sol ukrainien mais sans préciser si la Crimée était incluse dans le territoire.
    Potanine n’est pas touché par les sanctions car il contrôle le nickel et est un acteur majeur dans l’approvisionnement de l’occident en métaux rares et de plus, il reste sur la réserve depuis qu’il a quitté le gouvernement en 1998.

    Economie

    • La CBR vient de publier un rapport sur l’économie nationale qui confirme qu’ils estiment que le point le plus bas serait au 4ème trimestre 2022, une baisse entre 8 et 10% pur 2022 et un retour à l’équilibre en 2023.
    • L’agence Internationale de l’énergie a publié un rapport sur le pétrole. La production russe a baissé de 1 million de barils par jour, soit environ -10% et ils estiment que cela pourrait aller jusqu’à -2 à -3 millions par jour, ce qui ramènerait la Russie à son niveau de production de 2004. Mais si la production se contracte, les recettes, elles, progressent de 50% sur le premier trimestre, du fait des niveaux des cours, ceci même avec la remise de 30% pratiquée par les producteurs russes depuis mars.
    • Record du rouble par rapport à l’Euro aujourd’hui : entre 65 et 70 roubles pour 1€. La présidente de la CBR a dit que c’est pour l’instant prématuré de lever les restrictions sur le change. On verra en septembre, ce qui se passera.
    • Les offres d’emploi ont baissé de 26% en avril.
    • Inflation à ce jour est à 17,7% en rythme annuel.
    • les cinémas, frappés par les sanctions puisqu’ils ne peuvent plus distribuer de films américains ou européens sont en chute de CA de 43%.

    Diplomatie

    • La présidente du sénat russe, Mme Matvienko, a dit que les autorités russes soutiendraient la décision de la population de Kherson, quelle qu’elle soit.
    • Réunion des ministres des affaires étrangères du G7 en Allemagne aujourd’hui. Jean-Yves Le Drian a annoncé que ce conflit sera très long et va durer et va provoquer des problèmes à l’échelle mondiale à plusieurs niveaux, et particulièrement au niveau de l’approvisionnement alimentaire.
    • Les ministres des finances du G7 ont décidé d’une aide de 30 milliards € à l’Ukraine sous forme de prêts et dons mais un des pays européens (nom pas cité) refuserait d’y participer.
    • Scholz et Poutine se sont entretenu par téléphone aujourd’hui : ils ont parlé du volant humanitaire et particulièrement de l’évacuation des civils d’Azovstal organisée sous l’égide de l’ONU ; Scholz a prié Poutine de mettre fin le plus vite possible aux combats et la souligné la responsabilité de Moscou dans la crise alimentaire qui s’annonce.
    • La Lituanie rappelle son ambassadeur à Moscou le 1er juin et ferme son consulat de St pete le 7.
    • Le Sénat américain n’a pas pu voter en urgence l’aide de 40 milliards $ parce que le sénateur républicain, Rand Paul, a bloqué l’adoption de cette loi car il veut que soit indiqué dans la loi un mécanisme de contrôle de l’affectation de ces fonds.
    • le directeur du programme alimentaire mondial de l’ONU a demandé à la Russie de lever le blocus sur les côtes ukrainiennes de la mer noire pour que les bateaux remplis de céréales puissent partir dans les prochaines semaines, car sinon, selon lui, ce sera une crise alimentaire mondiale.
    • Lavrov a déclaré que vu que l’UE est devenue un acteur agressif et belliqueux, étant devenu le premier pourvoyeur d’armement de l’Ukraine, la volonté de l’Ukraine de rentrer dans l’UE devenait aussi menaçante pour la Russie que celle de rentre dans l’Otan, contrairement à ce que Moscou pensait avant.

    Crise alimentaire
    Cela concerne surtout l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.
    Mais la Russie est parfaitement consciente des risques puisque le printemps arabe était né de la crise alimentaire due au fait, qu’à cause de récoltes mauvaises, la Russie n’avait pas pu livrer ce qu’elle devait livrer. Donc ils feront tout pour éviter que le problème ressurgisse.

    Energie et climat
    Les priorités européennes sont à court terme et centrées sur le conflit et semblent générer des décisions aberrantes par rapport à l’urgence climatique. Ainsi la Roumanie envisage de libéraliser le forage en mer noire pour l’exploitation du gaz de schiste. Mais d’autres pourraient se dire que c’est l’occasion de s’affranchir des énergies fossiles et d’accélérer le recherche d’énergie vertes.

    Otan
    Pour que la Finlande et la Suède puissent entrer dan l’Otan, il faut une décision prise à l’unanimité par ses membres.
    Or Erdogan s’est déclaré opposé à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’Otan.`
    Ses raisons :

    • ne pas reproduire l’erreur des années 80 quand son pays a accepté l’entrée de la Grèce dans l’Otan
    • selon lui, ces 2 pays sont devenus les secondes maisons de groupes terroristes, à savoir le PKK et le DHKP et donc ne peuvent avoir vocation à entrer dans l’Otan.
      Jusqu’à présent, seule la Croatie s’opposait à l’entrée de nouveaux membres dans l’Otan. Mais la Turquie a un autre poids en termes de véto.
      Les Turcs ont effectivement plusieurs dossiers qui pour eux sont importants et donc des éléments de négociation face à un enjeu aussi stratégique que l’adhésion de 2 nouveaux pays :
    • La question des kurdes, sachant qu’au parlement suédois, il y a 6 députés kurdes ce qui est un problème pour les turcs
    • le fait que depuis 2-3 ans ils sont mis au piquet par les USA pour le programme F35 car ils avaient acheté des systèmes S400 aux russes.
    • le fait que la Grèce vient d’autoriser les USA a déployer de nouveaux chasseurs en Crète.
      Donc cela peut repousser les adhésions pour quelques temps.
      Par ailleurs, il semblerait que l’adhésion de la Finlande dépende de l’accord de Paris de 1947 : tant que cet accord existe, cela ne serait pas possible. A vérifier.

    Le conflit
    Fin mars, il y a eu une réorientation des buts officiels russes vers le Donbass et les régions de Kherson et Zaparojie, régions que les russes contrôlent majoritairement.
    Les combats sont très intenses en ce moment au Donbass. Selon les analystes spécialisés dans les questions militaires, le Donbass devrait tomber d’ici 1 à 2 mois.
    Mais la question principale est « est ce qu’une phase de négociations s‘ouvre ou est-ce que l’Ukraine considère qu’elle peut inverser la tendance grâce au soutien occidental » : seront-ils prêts à négocier car pour l’instant ils ne semblent pas dans cet état d’esprit.
    En effet aujourd’hui la presse italienne a rapporté que Zelenski a ouvertement critiqué Macron et l’a accusé d’être prêt à certaines ouvertures vis-à-vis de la Russie et que trouver une porte de sortie pour la Russie ne doit pas être un objectif.
    A ce sujet lire la tribune d’Henri Guaino dans le Figaro d’aujourd’hui où il dit que nous marchons vers la guerre comme des somnambules.

    Opinion russe
    Le patronat russe ne s’exprime pas sur la situation économique du pays et son avenir.
    Quelques patrons ont parlé au gouvernement à ce sujet mais en privé.
    Seul Tinkoff a été véhément et est allé au clash : du coup, il a été sommé de céder à vil prix ses parts dans son groupe financier à Interros de Potanine.
    S’il y a mécontentement de la population russe et lassitude par rapport à la situation actuelle, ils ne sont ni visibles, ni exprimés.
    Si on analyse les taux d’approbation des sondages, on voit que ce n’est pas une approbation active, mais plutôt un laisser faire, une façon de détourner le regard et aussi un sentiment d’impuissance par rapport à ce qui se passe.
    Une société de marketing a fait une étude sur les russes et la façon dont ils s’informent. I en ressort une forte baisse de la consommation de ‘information à la TV alors que c’est le premier média utilisé habituellement par les russes pour s’informer : cela traduit certainement une certaine lassitude et l’envie d’autre chose.

    Information et désinformation
    Une des vraies questions sur la population russe est de savoir ce qu’ils pensent sur ce qui se passe et surtout qui sait quoi.
    Mais la désinformation n’est pas que russe. La preuve est le témoignage de ce militaire médecin français qui a raconté les exactions commises par les Ukrainiens : seulement aujourd’hui son témoignage n’est plus remis en question.
    En occident il y a aussi un biais car pour juger de la situation sur le terrain, les seules sources d’information sont ukrainiennes. Or l’Ukraine contrôle méthodiquement et drastiquement les informations qu’elle distille et censure délibérément certaines informations.

    11 Mai 2022

    Sanctions :

    • La 6ème vague de sanctions européennes est en cours d’élaboration mais lentement car des sujets divisent l’Europe.
      Tout d’abord le pétrole car la Grèce, Malte et Chypre s’oppose à l’interdiction du transport du pétrole russe, la Grèce étant un des principaux armateurs en mer noire et méditerranée et la Hongrie est opposée à un embargo progressif sur les importations du pétrole russe en Europe car pour l’instant ils n’ont pas de solution de substitution.
      Seule l’interdiction aux compagnies européennes d’assurer le transport reste dans le paquet de sanctions.
      Chypre s’oppose aussi à l’interdiction pour les russes et biélorusses d’acheter de l’immobilier, du moins pour les russes qui ont aussi une nationalité européenne car cela serait de la discrimination.
    • Il n’y a pas vraiment de contre sanctions russes : ils en gardent sous la pédale, certainement pour plus tard quand ils rentreront dans la discussion pour alléger et/ou annuler les sanctions européennes.
    • Clairement les sanctions américaines et anglaises seront plus faciles à lever que les sanctions européennes.

    Assistance à l’Ukraine :
    Biden a signé la loi prêt-bail qui va faciliter l’assistance militaire à l’Ukraine car elle ne nécessitera plus de légiférer pour chaque nouvelle aide. Cette loi prêt-bail s’applique aussi aux pays de l’Europe orientale.
    La chambre des représentants américaine a validé un projet de loi pour une aide économique de 40 milliards $ à l’Ukraine, alors que la maison blanche n’en demandait que 33.

    Economie :

    • Ikea a annoncé qu’ils allaient payer leurs salaires à leurs 15000 employés russes jusqu’à fin août, même si les 17 magasins restent fermés.
    • Mac Do envisage de rouvrir sous une autre enseigne.
    • La plateforme Rutube a fait l’objet d’une cyber-attaque massive revendiquée par le groupe « anonymous » qui a paralysée les services pendant plus d’une journée.
    • L’Ukraine avait annoncé ne plus pouvoir approvisionner l’Europe en gaz russe mais en fait elle a perdu le contrôle d’une station de recompression du gaz car elle est dans un territoire qui est passé sous contrôle russe et donc elle ne peut plus garantir le transit du gaz sur un certain tronçon. Mais Gazprom a dit depuis que cela ne changerait rien.
    • On évoque le départ de 3 millions de russes de Russie depuis le début de l’année mais rien ne vient confirmer ou infirmer ce chiffre. Par contre il est clair que l’état cherche à faire rester ou revenir certaines catégories socio-professionnelles, comme les informaticiens, vu les mesures mises en place pour ces professionnels (avantages fiscaux…).
    • Les autorités russes ont légalisé les importations parallèles pour un certain nombre de marques pour lesquelles il sera possible d’importer leurs produits sans passer par les distributeurs et circuits officiels.

    Diplomatie :

    • Les contacts continuent au niveau des sous-groupes des délégations mais sans résultats à part des échanges de prisonniers sporadiques.
    • Les nouvelles autorités de la région de Kherson ont demandé à ce que la région soit rattachée à la Russie : Peskov a déclaré, suite à cette demande, que ce serait à la population de la région de décider de leur avenir et que cela méritait un cadre juridique précis (cf referendum) mais cela n’a pas plu aux autorités qui ont répondu qu’elles trouveraient une autre façon que le referendum pour avancer sur le projet de rattachement à la Russie.
    • Borel, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la sécurité, a dit que l’Europe ne pouvait être médiateur entre la Russie et l’Ukraine, et à la même occasion a loué les efforts de la Turquie en tant que médiateur et déclaré que la Chine n’avait pas vocation à être médiateur dans ce conflit.
    • Les ministres des affaires étrangères allemand et hollandais ont visité Kiev. Ils ont rencontré Zelenski et le ministre allemand a promis d’augmenter les livraisons de matériel militaire lourd et dit qu’ils cherchaient une solution de rechange pour pouvoir livrer des tanks et de l’artillerie qui contiennent des composants suisses car la Suisse a interdit la réexportation de ce matériel vers l’Ukraine.
    • L’Angleterre vient de signer un accord mutuel de défense avec la Suède dans lequel l’Angleterre a promis des garanties de sécurité, au moins pour la période de latence entre la demande d’adhésion de la Suède à l’Otan et son acceptation car cela peut prendre plusieurs mois, voire un an, mais visiblement à plus long terme dans l’esprit des anglais. Un accord similaire devrait être signé entre l’Angleterre et la Finlande.
    • L’Autriche ne compte pas pour l’instant rentrer dans l’Otan pour sa sécurité.
    • Exercices militaires en cours en Finlande avec des soldats américains, estoniens et lettons.
    • Visite du président Kazakh en Turquie : un accord a été signé pour élargir le spectre de la coopération stratégique entre les 2 pays, notamment sur la coopération militaro-technique ; les 2 pays prévoient de monter leurs échanges commerciaux annuels jusqu’à 10 milliards $.
      -Cet après-midi l’ambassadeur américain à Moscou a été convoqué au MID pour un entretien avec Riabkov, vice-ministre des affaires étrangères, sur la teneur des relations bilatérales.

    Sur le terrain :

    • La situation en Transnistrie s’est calmée.
    • Un responsable militaire de second rang de la région du centre a déclaré qu’il y aurait le projet de prendre toute la région côtière jusqu’à la Transnistrie pour couper l’Ukraine de la mer noire mais rien de moins sûr et vu la position de ce responsable, ce sera éventuellement facile à infirmer.
    • La prise de contrôle total du Donbass sur le terrain n’est toujours pas finalisée mais progresse.
    • les troupes russes postées dans la banlieue de Kharkov se retirent au-delà de la portée de l’artillerie ukrainienne.

    Adhésion de l’Ukraine à l’UE :
    Certains pays (ex : la Pologne) et certains personnalités (Van der Leyen et Mario Draghi) soutiennent une adhésion accélérée de l’Ukraine à l’UE.
    Inversement d’autre pays, dont la France, disent que cela va prendre du temps et qu’il ne faut pas faire croire aux Ukrainiens que d’ici fin 2022 ou 2023 ils seront rentrés dans l’UE.
    Van der Leyen a apporté le questionnaire d’adhésion à Kiev et les Ukrainiens l’ont rempli et doivent le renvoyer. Mais les choses seront bien plus compliquées que ce qu’espéraient certains.
    On ne peut oublier le bilan économique déplorable de l’Ukraine depuis son indépendance, même si cette crise, ainsi que celle du Covid ont remis en question le principe que le commerce pouvait garantir stabilité et prospérité : en effet la politique, la géostratégie et parfois l’idéologie l’emportent sur les relations économiques, comme on peut le voir avec la Russie et l’Allemagne ou la Chine et les USA.

    Reconstruction de l’Ukraine :
    Certains pays ont déjà promis environ 7 milliards d’aide.
    Borel a dit encore aujourd’hui qu’il fallait puiser dans les fonds ruses gelés pour la reconstruction de l’Ukraine. C’est aussi une piste évoquée régulièrement par le gouvernement ukrainien, ainsi que de se servir dans les avoirs gelés des oligarques russes.
    Lavrov a déclaré que se servir de ces avoirs qui appartenaient à d’autres, serait du vol de la part des pays qui le feraient.
    Il faut aussi savoir quel sera le territoire sous contrôle de Kiev et évaluer les travaux à faire. Pour l’instant, il semble que les régions les plus détruites sont les régions orientales de l’Ukraine et que l’Ukraine occidentale a été plutôt épargnée. Il y aura certes des chantiers sur cette partie de l’Ukraine mais ce ne sera pas des travaux importants.

    Stratégie diplomatique russe :
    Lavrov était en Algérie hier et avant-hier : il a rencontré le président algérien et déposé une gerbe sur le monument de commémoration de l’indépendance algérienne.
    Et aujourd’hui il est au Sultanat d’Oman.
    Il fait en fait une tournée des pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour montrer que la Russie est derrière eux car ces pays subissent une pression importante de l’occident pour qu’ils revoient à la baisse la teneur de leurs relations avec la Russie et qu’ils réorientent certains flux commerciaux afin de les faire rentrer dans le groupe des pays qui visent à isoler la Russie.

    5 Mai 2022

    Tout d’abord les sanctions.
    Le 6ème train de sanctions européennes a été présenté par la commission et est en cours de discussion par les états membres.
    Dedans il y a entre autres, un projet d’embargo sur l’importation du pétrole russe qui serait partiel et par étapes s’étendant sur 12 à 24 mois selon les différents états membres car certains pays ont des raffineries adaptées seulement au brut russe. Donc cela prendra du temps de les adapter à un autre brut. Cela aura un impact économique fort pour la Russie, même si ce n’est pas mortel. En effet la Russie tire plus de revenus du pétrole que du gaz. Et pour pouvoir vendre à d’autres pays, il faut organiser la logistique. Donc si, comme le proposent certains pays européens, on interdit aux tankers sous pavillon européen de livrer le pétrole russe vers des destinations hors Europe (la Grèce et Chypre sont fortement opposées à ce projet), cela nécessitera une réorganisation logistique qui ne peut être immédiate. De plus le pétrole est actuellement vendu par la Russie à la Chine et à l’Inde massivement mais avec une remise de 30% par rapport au prix du Brent. Tant que celui-ci se maintient à 105-110$, cela va pour la Russie. Mais s’il baisse cela deviendra difficile pour la Russie. A priori la tendance n’est pas à la baisse de la consommation puisque l’OPEC envisage de remonter les quotas de production.
    Cela ne sera pas non plus indolore pour l’Europe. Il y aura forcément un coût à la pompe.
    Et le vice-chancelier allemand a déjà annoncé un risque de ruptures dans certaines régions allemandes.
    On remarque qu’il y a beaucoup de manipulations et stratégies de contournement : des livraisons sans destinataire, du brut mélangé à hauteur de 49% à d’autres pétrole et du coup perdant son origine russe…
    Autres sanctions de ce 6ème train de sanctions : 3 autres banques russes coupées du système swift, dont la Rosbank et Rosselkhozbank ; interdiction aux russes d’acheter de l’immobilier en Europe.
    L’Estonie propose de déjà commencer à réfléchir à un 7ème train de sanctions.
    Et Biden propose à ses partenaires du G7 de se voir pour aller plus loin dans les sanctions.
    On sait depuis 2014 que les sanctions n’infléchissent pas la politique russe vis-à-vis de l’Ukraine. Mais on sait aussi que l’occident ne veut rentrer dans une guerre. Donc on fait des sanctions. Et on livre des armes… Les sanctions sont une forme de compensation morale au fait de ne pas faire la guerre, pour punir la Russie et, pour les américains pour affaiblir la Russie à long terme. Et il y a sur les sanctions et leur levées, 2 tendances.
    D’un côté, aujourd’hui, Scholz a dit que la levée des sanctions contre la Russie ne pourrait se faire qu’en concertation avec l’Ukraine, ce qui veut dire a priori qu’il n’y en aura pas.
    Mais du côté américain, le son de cloche est différent. Aujourd’hui, Janet Yellen, ex directrice de la Federal Reserve et actuelle secrétaire au trésor, a déclaré qu’une levée partielle des sanctions interviendrait la Russie et l’Ukraine trouvaient un compromis.

    Côté russe, un ukaz présidentiel vient d’être publié : il interdit aux entités russes de travailler avec des entités de pays inamicaux qui vont être sur une liste en cours d’élaboration.
    Donc, contrairement à 2014 om les contre-sanctions russes avaient porté sur l’interdiction d’importation de certains produits alimentaires, cette fois ce serait des interdictions à l’export vers des pays inamicaux.

    Nucléaire :
    La Finlande vient d’annuler un contrat en cours avec Rossatom.
    Le président de Rossatom est allé à Istanbul pour rencontrer l’AIEA au sujet de la centrale de Zaparojie qui est maintenant sous contrôle russe. Il a aussi rencontré les dirigeants hongrois pour le projet de nouvelle tranche d’une centrale nucléaire qui avait été engagé il y a quelques années.

    Côté diplomatie
    Visite de Nancy Pelosi à Kiev pendant que Mme Biden était en Slovaquie pour accueillir des réfugiés ukrainiens : c’est un symbole de la montée en puissance de l’aide américaine à l’Ukraine.

    Rapide dégradation des relations russo-israéliennes, surtout après l’interview de Lavrov en Italie dans laquelle il a dit que le fait d’être juif n’était pas la garantie de ne pas être antisémite, rappelant qu’Hitler avait des origines juives.
    Cela a fait un scandale. Israël a demandé des excuses. Le grand rabbin russe a aussi demandé une rétraction.
    Cette dégradation est aussi liée au fait qu’Israël envisage de livrer des armes aux Ukrainiens et que les armes israéliennes sont redoutables.

    A date seule la Turquie fait figure de médiateur pouvant potentiellement réussir.
    En effet Lukashenko a été interviewé par L’associated Press et il a dit que l’opération spéciale trainait en longueur.
    L’Asie Centrale reste muette car elle est très mal à l’aise, même si la Russie ne perd pas d’influence dans ces pays, surtout vu l’importance de flux financiers entre la Russie et ces pays via les travailleurs immigrés.
    Et la Chine a dit que ce serait souhaitable que l’opération spéciale prenne fin rapidement.
    La Chine, pour l’instant, reste en retrait. Elle ne pourrait être médiateur que si l’Ukraine est d’accord et qu’elle est sûre de réussir. Et il y a de fortes chances que l’Ukraine ne soit pas d’accord et suive les USA qui feront tout pour que cela ne se fasse pas.

    Il y a eu une longue conversation téléphonique entre Macron et Poutine, la 1ère depuis fin mars.
    Selon les informations françaises, ils ont principalement parlé de l’évacuation de Marioupol et de l’impact de la crise sur la sécurité alimentaire mondiale.
    Selon les informations russes, Poutine a insisté sur la nécessité d’arrêter les livraisons d’armes à l’Ukraine.

    Le président allemand, Steimeier, a eu un entretien avec Zelenski ce qui est surprenant puisqu’avant Zelenski a refusé de lui parler, lui reprochant d’être trop proche de Poutine et d’avoir voulu essayer de lui imposer une variante de l’accord de Minsk. En fait Kiev reproche énormément à l’Allemagne d’être trop soft avec la Russie et d’ailleurs, l’ambassadeur ukrainien en Allemagne a qualifié Steimeier d’andouille. En fait la politique de culpabilisation de l’Allemagne par l’Ukraine marche puisque les Allemands revoient leurs positions, y compris sur la livraison d’armes.

    Quelques données économiques
    Gaz : la hausse de 43% des achats européens via le pipe-line ukrainien s’explique par la volonté des pays européens de refaire leurs stocks qui sont à 1/3 de leur niveau maximal le plus vite possible car on ne sait pas ce qui va se passer en automne et que pour l’Europe passer un hiver sans le gaz russe n’est pa envisageable.
    Indice PMI dans le secteur manufacturier :
    De 41 en mrs l est remonté à 48 en avril mais cela reste une tendance négative.

    Sur le terrain
    La bataille est intense au Donbass. La Russie a fait des frappes à longue portée dans l’extrême est et l’extrême sud de l’Ukraine pour loquer l’arrivée d’armes occidentales.
    Le problème majeur est que la Russie ne peut se satisfaire de la situation militaire actuelle et que l’Ukraine veut trainer en longueur car elle pense pouvoir gagner sur le long terme avec l’aide militaire de l’occident.

    L’opinion en occident
    72%des français pensent qu’il y a un risque d’attaque de la France par la Russie.
    60% de l’opinion publique française est favorable à la livraison d’armes.
    70% des suisses sont opposés à la livraison d’armes.
    64% des suisses sont favorables à une certaine forme d’embargo sur le pétrole et le gaz russe

    Avril 2022

    29 Avril 2022

    Economie
    La BCR va baisser son taux directeur de 17% à 14%
    La directrice générale de la BCR, au cours d’une conférence de presse, a annoncé qu’elle s’attendait au point le plus bas de l’économie russe au 4ème trimestre 2022 et elle a laissé la porte ouverte sur une éventuelle libéralisation de la vente de devises par les sociétés exportatrices en parlant d’une éventuelle baisse du taux de devises à vendre de 80% à 50%.
    Il semblerait qu’on assiste à une recomposition du secteur bancaire :

    • Potanine, qui rachète Rosbank, est en train de racheter 35% de Tinokff : peut-être la naissance d’un nouvel empire financier qui ne serait pas sous sanctions.
    • VTB devrait se rapprocher de Otkritye et d’une banque de Crimée.
      6ème volet de sanctions européennes : il semblerait que l’Allemagne pourrait lever ses réserves sur l’embargo sur le pétrole russe en mai car ils auraient un accord avec la Pologne pour que celle-ci fournisse du pétrole non russe aux régions allemande orientales, y compris à une raffinerie appartenant à Rosneft.
      La Sberbank a indiqué une hausse de 1000% de demandes de yuan.
      Le rouble s’est beaucoup raffermi ces derniers jours. Le niveau atteint en cette fin de semaine (1$ = 71 ₽ et 1€=75₽) est inédit depuis début 2020 avant le Covid.
      On peut prévoir une baisse la semaine prochaine pour retrouver un niveau vers 80-85₽ pour 1€/

    Politique interne
    Déclaration filmée du gouverneur de la région de Sverdlovsk, Kouïvachev, avec des termes très durs au sujet de Soloviov, présentateur TV suite à la critique par ce dernier des habitants de l’Oural et surtout d’Ekaterinburg.
    Sortie de prison de l’ancien premier ministre, Ouliokaïev qui avait été condamné en 2017 à 8 ans de prison pour tentative de corruption : peut-être un signal politique, à suivre.
    Poutine a commencé une série d’entretiens en tête-à-tête avec les chefs de partis de la Douma.

    Diplomatie
    Pendant que Guterres était à Kiev, des missiles russes ont été tirés sur des bâtiments militaires mais aussi sur un bâtiment civil, tuant, entre autres, une journaliste ukrainienne.
    Les négociations entre russes et ukrainiens sont au point mort en attente de l’issue de la bataille dans le Donbass.
    Les 2 déclarations de Biden montrent qu’on change d’échelle, de discours et de perception :

    • Les actifs de russes saisis dans le cadre de sanctions pourraient être transférés aux Ukrainiens.
    • Il a demandé une rallonge de 33 milliards $ dont 20 milliards pour l’aide militaire (c’est considérable comme rallonge budgétaire).
      En fait depuis que la Russie a retiré ses troupes des régions de Kiev et Chernigov, le vent a tourné et l’analyse faite par l’Occident et Kiev c’est que la Russie peut subir une défaite ou au moins une non victoire. Donc il y a un changement d’attitude et de discours et cela se voit dans l’évolution de la nomenclature d’armement qui est envoyé.
      Ainsi Zelenski est convaincu que la Russie peut perdre et ne veut plus négocier tant que les troupes russes ne se sont pas retirées sur les positions qu’elles occupaient avant le 24 février. Mais il en se rend pas compte de la puissance qu’il y a en face et des armements qu’ils ont.
      On peut évoquer de la co-belligérance mais c’est une notion floue. Elle est niée par l’occident qui prétend livrer de l’aide à une pays attaqué et que l’Otan n’intervient pas. Mais en fait on est dans un conflit entre russes et occident par proxy : les soldats ukrainiens sont par exemple à l’étranger en train d’être formés par l’Otan.
      Beaucoup disent que Poutine bluffe. Espérons que cela soit vrai et que le conflit finisse très vite. Mais tous ceux qui pensaient que Poutine bluffait avant le 24 février se sont trompés. Et si les choses dégénèrent on ne peut pas exclure l’utilisation de moyens plus puisant somme des armes nucléaires tactiques.
      Il semble difficile d’imaginer une retraite militaire russe. En fait tout le monde pense jouer sa peau, sa crédibilité, son avenir international et plus le temps passe, plus il est difficile de trouver une solution politique.

    Liste de lecture pour les fêtes de mai et mieux comprendre les relations entre la Russie et l’Ukraine.
    2 ouvrages de référence :

    • Histoire de la Russie et son empire, par Michel Heller (historien d’origine russe) aux éditions Perrin (édition de 2015) – la bible de 1500 pages.
    • 2 livres de Marie-pierre Rey :
    • La Russie face à l’Europe d’Ivan le terrible à Poutine (Flammarion 2016)
    • Le dilemme russe (Flammarion 2002)
      Littérature :
    • Bulgakov : la grade blanche, qui se déroule pendant la guerre civile (Bolgakov est né et a grandi à Kiev).
    • Sur la guerre soviéto-polonaise de 1919 à 1921 : Isaac Babel, la cavalerie rouge (prendre une édition traduite par Jacques Catteau)
    • Autre livre d’Isaac Babel sur les juifs d’Odessa (1/3 de la population d’Odessa, ville extrêmement cosmopolite avant 917) : les contes d’Odessa chez Gallimard
    • Période du Kholodomor (la famine en Ukraine créée par le pouvoir soviétique dans les années 30) : il y a de nombreux ouvrage sur ce sujet`
    • Vie det destin de Vassily Grossman : un monument sur la période de la seconde guerre mondiale
    • Babi yar d’Anatoly Kuznitsov : Babi Yar était le ravin près de Kiev où les allemands, avec la participation active de certains ukrainiens, ont exécuté des centaines de juifs.
    • La joie du soldat de Victor Astafiev (éditions motifs 2015) : c’est basé sur la biographie de l’’auteur. Le héros est un citoyen soviétique lambda, un peu voyou, venant du Grand Nord qui s’engage à 16 ans dans l’armée pour combattre les allemands, il va jusqu’en Tchécoslovaquie, revient en Russie par l’Ukraine est plusieurs fois blessé et raconte les soins dans des hôpitaux de fortune et s’installe avec sa femme (aussi engagée volontaire dans l’armée) dans l’Oural. C’est une très bonne description de la misère des provinces soviétiques à cette époque.
    • Compagnons de route de Friedrich Gorenstein, écrivain ukrainien (édition héros-limite 2016) : dans un train ukrainien, un écrivain soviétique important, bien installé, rencontre au cours d’un voyage de nuit, un personnage lambda qui se met à lui raconter sa vie(l’anéantissement des paysans ukrainiens, l’occupation allemande, l’extermination des juifs, le retour du pouvoir soviétique) : cela fait en permanence référence au fait qu’ il ne peut y avoir de tragédie sans humour et un passage du livre est un hymne extraordinaire au célèbre « salo » ukrainien (lard ukrainien)
    • Gogol : c’est le plus ukrainien des écrivains russes ou à l’inverse le plus russe des écrivains ukrainiens. Il faut lire ses veillées du hameau.
    • Tarass Chevtchenko : c’est le grand poète ukrainien. Contrairement à la plupart des auteurs de cette époque, il n’a écrit qu’en ukrainien. On peut le trouver traduit mais les traductions perdent du charme.

    28 Avril 2022

    Une actualité très légère. Espérons que le dicton pas de nouvelles, bonnes nouvelles, s’applique.
    Silouanof, ministre des finances russe a déclaré que le déficit cette année serait de 1600 milliards de roubles (soit environ 20 milliards d’Euros) mais qu’il serait couvert par les réserves du fond souverain de bien-être.
    Le salaire minimum et le minimum vital ont être revalorisés à hauteur de 9% mais dont ne sont pas indexés sur l’inflation puisque celle-ci est à +17%.
    Lors de son discours aux parlementaires et assemblées régionales à St-Petersbourg, Poutine a indiqué qu’un secteur prioritaire était le secteur de la micro-électronique. Par contre il n’a pas mentionné la possibilité d’annulation ou de changement de mode de scrutin des élections des gouverneurs en septembre. Donc visiblement cela ne se fera pas.
    Lors d’un long entretien de Patruchef à la presse, il a parlé d’éducation et souligné l’échec des recherches de solutions de remplacement des imports depuis 2014. Donc il semblerait que le rôle du conseil de sécurité s’élargisse.
    Le dernier sondage Levada confirme les résultats de mars puisque 66% des russes estiment que le pays va dans la bonne direction et le taux d’approbation de Poutine est stable à 82%.
    Guterres est à Kiev aujourd’hui ; Il a visité des immeubles touchés par les bombardements et doit rencontrer Zelenski cet après-midi.
    IL y a eu encore un long entretien téléphonique entre Poutine et Erdogan (le 3ème en 3 jours) au cours duquel :

    • Poutine a remercié Erdogan pour l’organisation logistique de l’échange de prisonniers hier à Ankara.
    • la situation humanitaire en Ukraine a été abordée
    • Poutine a résumé ses échanges avec Guterres
    • Erdogan a redit la disponibilité de la Turquie pour organiser les négociations entre délégations et pour les intensifier.
      Le ministre des affaires étrangères russe a dit que la Russie comprenait la décision turque de fermer son espace aérien aux vols russes.
      Transnistrie : cette région veut rester un état indépendant d’obédience russe alors que la Moldavie la considère comme faisant partie de son territoire. Et il y a aussi le projet de la « Grande Roumanie » qui voudrait absorber la Moldavie ce qui permettrait à la Moldavie de rentrer dans l’Europe sans problèmes. Les militaires russes expliquent vouloir prendre le contrôle du Sud de l’Ukraine pour permettre l’accès à la Transnistrie où sont 1500 soldats russes (la majeure partie étant des locaux sous contrat).Donc la proposition des ukrainiens est encore une façon de faire escalader le conflit et provoquer l’implication de l’Otan car s’ils le faisaient, la Roumanie ne resterait pas les bras croisés, or la Roumanie fait partie de l’Otan. Ce serait donc un 2ème front très dangereux si cela se passait.

    Le bitcoin devient monnaie officielle en Centrafrique aux côtés du franc CFA. Certaines rumeurs disent que c’est lié au conflit russo-ukrainien. Mais en fait non, c’est par rapport à la France et sa politique en Afrique.
    Il y a des réactions différentes côté entreprises asiatique par rapport au conflit et aux sanctions : alors que les japonais réagissent plutôt comme les occidentaux, les coréens et chinois poursuivent leurs activités en Russie.
    Total Energy a annoncé la fermeture de leur usine de Kaluga qui produit des lubrifiants.

    27 Avril 2022

    Sur le plan économique
    1/ La presse a annoncé que Renault va transférer ses parts dans l’usine de Moscou au gouvernement de Moscou et ses 68% dans Avtovaz à l’Institut Central de Recherche Scientifique pour l’Automobile et le Secteur Automobile avec option de rachat sous 5-6 ans, mais pour l’instant les négociations se poursuivent et rien n’est finalisé.
    A priori on ne tend pas vers un scénario à l’iranienne avec le retrait de toutes les compagnies étrangères car beaucoup des compagnies étrangères ne sont pas concernées par les sanctions.
    2/ Prévisions du ministère de l’économie :
    Récession de 8,8% à 12,4% pour 2022 et tendance entre -1,1% et+1,3% pour 2023
    Inflation à 20% en 2022 et 6,2% en 2023
    Change Rub/USD : 81,3 rub/$ en 2022 et 83 rub/$ en 2023
    Coudrine a par ailleurs déclaré que la Russie vivrait dans des conditions difficiles pendant les 2 prochaines années, qu’il s’attend à une crise plus grave que celle de 2009 et celle du Covid et que le gouvernement prévoit de débloquer 4000 milliards de rouble pour soutenir l’économie à travers différents mécanismes.
    3/ Paiement de gaz en roubles : la Russie arrête de livrer du gaz à la Pologne et la Bulgarie car visiblement ils étaient en phase de renouvellement de contrats et ont refusé le mécanisme mis en place par la Russie pour des paiements en roubles et pourtant accepté par l’UE. 10 sociétés énergétiques européennes ont déjà ouvert de comptes chez Gazprombank et 4 ont déjà fait des paiements avec ce mécanisme.
    4/ Visiblement la Turquie tient à maintenir le flot de touriste russes sur son territoire : 4,5 millions de russes sont allés en Turquie en 2021, et avant le covid-19 c’était 6 millions. Le ministre turc des finances a déclaré que 15M des entreprises turques acceptent déjà le paiement avec la carte MIR.
    Par ailleurs ils avaient déjà ouvert une compagnie aérienne de charter, South Wind, qui dessert non seulement Moscou mais les autres grandes villes régionales et ils annoncent la création d’une seconde compagnie. Il est vrai que pour attirer le russe de classe moyenne, les prix actuels de Turkish Airlines ne sont pas adaptés : aller-retour Moscou-Paris via Istanbul en éco est à 1500€ si réservé 2 mois à l’avance et 5000€ si pris à la dernière minute et il faut payer en plus 60€ par vol pour réserver son siège.
    5/ La Russie aussi investit dans le tourisme. Il y a une société russe qui travaille avec des américains pour le développement du tourisme en Russie pour uniformiser le développement des projets menés par les régions car il y a depuis le covid-19 une explosion du tourisme de russes dans leur propre pays puisqu’ils ne pouvaient pas aller à l’étranger.
    6/ Lors d’une réunion entre le RSPP et les CCI étrangères (CCIFR, Amcham, AEB, allemands, japonais, italiens) il a été décidé de créer un groupe de travail pour combattre les projets de lois défavorables aux investisseurs étrangers (sur la transition de management, sur la criminalisation des DG de filiales de sociétés étrangères, sur les importations parallèles, sur les agents étrangers), ceci avec l’aide de ministères russes qui soutiennent leurs positions.

    Sur le plan politique
    1/ Mme Matvienko, porte-parole du conseil de la fédération, s’est prononcée en faveur de plus de liberté pour le monde des affaires. Elle a suggéré de relâcher la pression sur les entreprises en allégeant les contrôles et de laisser travailler les gens en paix ce qui permettra, selon elle, de créer plus de postes et d’emplois.
    2/ RBK a dit que désormais la gestion de la politique russe à l’égard du Donbass et sous la supervision de Kirienko, chef adjoint de l’administration présidentielle en charge de la politique intérieure russe et non plus sous celle de Kozak, ce qui explique le déplacement de Kirienko au Donbass la semaine dernière.
    3/ Il y a eu aujourd’hui un échange de prisonniers entre Russie et USA en Turquie :
    La Russie a libéré un soldat américain, Trevor Reed, qui avait étré arrêté en août 2019 après une altercation avec des policiers russes à Moscou et avait été condamné à 9 ans de colonies.
    Les USA ont libéré un pilote russe, Konstantin Yarochenko, arrêté au Libéria en 2010 et extradé aux USA car accusé par la justice américaine de transporter des stupéfiants et qui avait écopé d’une peine de prison de 20 ans.

    Sur le plan diplomatique
    1/ Poutine et Guterres se sont rencontrés hier soir.
    Plusieurs thèmes ont été abordés :

    • la tragédie de Bucha
    • la reconnaissance par la Russie de DNR et LNR
    • la situation d’Azovstal avec la nécessité d’évacuer les derniers civils encore bloqués dans les catacombes sous l’usine (environ 1000 personnes). Poutine a donné son accord pour une opération d’évacuation sous l’égide de l’ONU avec le concours du CICR
    • Poutine a tenu à rappeler à Guterres que la situation de conflit actuelle est le résultat direct du changement de régime intervenu en 2014 en Ukraine.
      2/ Réunion organisée par les USA à Reichstein :
      Suite à cette réunion l’Allemagne a décidé de livrer du matériel militaire lourd dont des tanks alors que jusqu’à présent Scholz s’y refusait. Il a cédé à la pression des alliés occidentaux mais aussi à la pression domestiques (partis politiques surtout les verts et une partie de l’opinion publique), sachant qu’il a essuyé beaucoup de critiques pour son attitude réservée, y compris du gouvernement ukrainien qui lui reprochait la timidité dans ses livraisons d’armement.
      Il a été convenu que les USA établiraient un centre de coordination de l’aide à l’Ukraine sur leur base de Stuttgart pour coordonner l’effort d’aide militaire d’une quinzaine de pays afin de réduire la dépardition de cet effort.
      A ce sujet, selon certaines sources, les USA se préoccupent de la consommation rapide du matériel militaire envoyé en Ukraine et doutent que la cadence puisse être soutenue longtemps.
      Ainsi Marc Milley, chef d’état-major américain, a déclaré que le temps ne jouait pas en faveur de l’Ukraine.
      De même, Raytheon Systems (fabricant américain des missiles Stinger) a déjà indiqué que le renouvellement des stocks devenait très problématique, surtout s’il fallait continuer à approvisionner l’Ukraine et en même temps maintenir les stocks des américains.
      3/ On se posait la question de savoir si toute cette aide militaire était gratuite. Eh bien, aujourd’hui le congrès américain doit examiner la loi prebail, ressortie du placard par le sénat début avril pour permettre d’élargir les pouvoirs du président à la livraison d’armes à l’Ukraine. Donc il semblerait que cette aide aura un coût pour l’Ukraine dans les années à venir, peut-être sous forme de remboursement échelonné sur plusieurs années.
      4/ Transnistrie : aujourd’hui il y a eu des bombardements de cette région moldave séparatiste enlisée dans un conflit gelé avec la Moldavie depuis de années., depuis l’Ukraine. Et le conseiller de Zelenski, Alexei Arestovich, a déclaré à la télé que l’Ukraine pourrait s’emparer de cette région en un claquement de doigts sur demande de la Moldavie. Et on a vu sur les réseaux sociaux les kilomètres de voitures comme si la population de cette région commençait à fuir. Il faut savoir qu’en plus dans cette région il y a des troupes russes depuis des années et qu’elles contrôlent entre autres un gigantesque dépôt de munitions. Il faut voir comment les autorités moldaves vont réagir et si elles vont se sentir suffisamment soutenues pour essayer de reprendre le contrôle.
      Donc tous les scénarii sont possible, y compris celui d’une invasion ukrainienne.
      5/ Déclaration de Nikolaï Patruchev, secrétaire général du conseil de sécurité de la Fédération, organe influent dans la politique extérieure russe : du fait de la politique de l’occident, l’Ukraine court le risque de se retrouver morcelée en plusieurs petits états. C’est une rhétorique qui apparait régulièrement depuis de nombreuses années, et qui imagine des régions de l’Ukraine rattachée à la Russie, à la Hongrie, à la Pologne, en fonction de la langue prédominante dans cette région.

    26 Avril 2022

    Sur le plan diplomatique il y a eu beaucoup de déclarations qui ont fait du bruit.
    La plus importante c’est la conférence de Lavrov suite à sa réunion avec Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU. Les principaux points de sa conférence :

    • Il a expliqué que l’Ukraine a rétropédalé par rapport à la proposition qu’ils avaient donnée fin mars à Istanbul alors que les russes et les ukrainiens s’étaient mis d’accord sur le concept du document et ses principaux thèmes et surtout que les délégations avaient trouvé des accords sur 2 d’entre eux, à savoir la neutralité de l’Ukraine et les garanties de sécurité ;
    • cependant les discussions russo-ukrainiennes se poursuivent au niveau des groupes d’experts.
    • il a mis en garde contre le risque d’une escalade et du risque d’une 3ème guerre mondiale, en précisant que de toute façon elle ne pourrait pas être nucléaire car il n’y aurait dans ce cas que des perdants et il a bien insisté sur le fait qu’il ne faut pas que cette 3ème guerre mondiale ait lieu.
      En occident, les medias n(ont retenu que le risque de 3ème guerre mondiale, avec comme conséquence le risque d’un vent de panique qui n’aidera pas à apaiser le public par rapport à ce qui se passe.
      Avec Guterres, ils ont parlé d’Ukraine, de l’Europe et du Donbass et Guterres a proposé de créer un groupe de contact ONU-Russie-Ukraine pour essayer d’avancer sur la voie diplomatique qui pour l’instant est embourbée.
      Poutine et Erdogan se sont téléphonés : ils ont principalement parlé d’Azovstal et de l’évacuation des derniers civils d’Azovstal et de la sécurité maritime en mer noire.
      Erdogan essaie de faire revenir les délégations autour de la table à Istanbul alors que les russes et les ukrainiens pour l’instant ne souhaitent pas aller plus loin sur le plan diplomatique.
      Déclaration du ministre de la défense anglais qui a dit que les ukrainiens ont tout à fait le droit de frapper des cibles en Russie pour contraindre la logistique russe dans le cadre des opérations spéciales : c’est typique de l’escalade rhétorique dans le contexte actuel préoccupant et cela va continuer à se dégrader avant de pouvoir s’améliorer.

    Les USA ont organisé une conférence sur la base militaire US de Reichstein à laquelle ils ont invité 40 pays et 20 sont venus sur le renforcement des capacités de défense de l’Ukraine et les modalités pour le faire.
    Il y a de discussions au G20 pour exclure la Russie du G20 : certains pays, emmenés par les USA y sont favorables alors que d’autres, dont la Chine et l’Inde, y sont opposés.
    Nouvelle idée pour le prochain G20 qui aura lieu fin 2022 en Indonésie : inclure l’Ukraine en tant que « membre invité ».
    Dans d’autres régions les tensions existent aussi.
    Les tensions montent autour de la Transnistrie : série d’explosions à Tiraspol, destruction des antenne TV qui relayaient les chaines russes dans des circonstances inconnues, installation de check-points sur les routes menant à cette région.
    Les tensions autour du Haut-Karabakh sont pour l’instant ç un niveau maitrisé. Ais cela reste un point chaud à surveiller. Cela fait d’ailleurs l’objet d’une activité diplomatique intense entre l’Arménie et la Turquie. Et d’ailleurs le premier ministre arménien est venu à Moscou en discuter avec Poutine pour essayer de résoudre le sujet du statut de cette région qui met l’Arménie en situation délicate.
    Unn ministre australien a déclaré hier qu’une base militaire chinoise sur les Iles Salomon serait une ligne rouge qui serait une menace pour la stabilité de la région : cela peut paraitre très éloigné géographiquement mais dans le contexte actuel ça a une certaine résonnance et cela fait ressortir un double standard car, après tout, les Iles Salomon veulent pouvoir gérer souverainement leurs enjeux de sécurité mais certaines parties de la région ne sont pas d’accord pour cette souveraineté.

    A l’opposé les actualités économiques et politiques russes sont peu denses.
    Poutine a émis le souhait que les entreprises étrangères qui continuent à travailler en Russie puissent travailler tranquillement.
    Il s’est aussi inquiété des taux d’intérêt des prêts immobiliers et a demandé à le ramener de 12% à 9% dans le cadre du programme d’état d’aide à l’accession à la propriété.
    Norilsk et Rossatom ont annoncé vouloir lancer une production de lithium vers Mourmansk : suite à des problèmes d’importation depuis l’Amérique Latine, la Russie, qui n’exploitait pas son lithium, a décidé d’accélérer dans ce domaine.
    OBI : un projet de vente d’OBI à un fonds d’investissement est en cours. Mais hier OBI a annoncé la réouverture des magasins pour la période allant du 27 avril au 11 mai.
    Certaines sociétés étrangères qui avaient arrêté leurs activités en Russie, ont dit qu’ils allaient revenir car ils ont trouvé des solutions pour les composants : par exemple Continental.
    Projet Arttic LNG2 : les sanctions s’appliquent, même si les contrats ont été signés avant les sanctions ; donc beaucoup de composants ne peuvent plus être importés. Le président de Novatech a dit que ce qui et en cours sera fini et que pour les autres lignes, ils utiliseront la technologie russe « cascade », qui a été utilisée à Yamal mais avec un succès mitigé.
    Rumeur très insistante sur la possibilité d’annuler ou reporter les élections des gouverneurs régionaux prévues -fin septembre, dans le cadre du contexte militaire actuel et des sanctions : ce serait soit un report, soit une modification du mode de scrutin pour passer d’un scrutin direct à un vote au niveau des assemblées régionales.
    Le successeur pressenti à la tête du LDPR, le parti fondé par Jerenovsky serait Leonid Sloutski qui est à la tête de la délégation russe, qui est membre de la Duma et président du comité France-Russie de la Duma.
    Dans les territoires ukrainiens aux mains des russes, il y a de oouveaux maires pro-russes, issus de partis d’opposition cooptés, le rouble est en vigueur, il y a déjà eu le paiement de prestations sociales en roubles et la TV russe est diffusée.

    Loi sur les agents étrangers.
    C’est une réglementation qui existe déjà et qui est le copier-coller de la loi américaine « foreign agent registration act ». Et la catégorie la plus infamante, à savoir la liste des extrémistes est le calque de la liste américaine SDN.
    C’est le ministère de la justice qui publie la liste des agents de l’étranger tous les vendredis.
    Le but c’est de mettre hors-jeu des personnes ou organes dont le pouvoir pense qu’ils nuisent à ses intérêts.
    C’est une catégorie administrative qui oblige les personnes ou sociétés classées dans cette catégorie à certaines démarches auprès des administrations locales comme par exemple expliquer l’utilisation faite de son argent, afficher un paragraphe que le fait que vous êtes agent de l’étranger et donc que vos publications sont sujettes à caution en tête de toute publication.
    Les nouveautés qui sont actuellement en cours de discussion dans cette loi sont :

    • si vous êtes classé agent de l’étranger, automatiquement les membres de votre famille le sont, enfants mineurs exclus.
    • le fait qu’il faut un financement de l’étranger pour être classé comme agent de l’étranger ne serait plus obligatoire : un seul support moral suffirait, ce qui crée un aspect subjectif très dangereux.
      Cette loi n’est pas que pour les citoyens russes mais s’applique à tout personne ou organe sur le territoire.
      Le point positif c’est que beaucoup de responsables au gouvernement, y compris des ministres rendent des avis négatifs sur cette loi principalement car elle est en contradiction avec la constitution.

    25 Avril 2022

    Selon les dires en Europe, le mécanisme imaginé pour les paiements en roubles via Gazprombank satisfait tout le monde et permet de ne pas envisager une coupure des approvisionnements.
    Des informations contradictoires concernant le nouveau paquet de sanctions européennes : alors que certains disent que cela avance, d’autres disent qu’il n’y a pas d’accord et qu’il ne se passera rien avant le conseil de l’UE de fin mai et Borel confirme qu’il n’y a pas de consensus sur le pétrole et le gaz.
    La presse russe annonce des difficultés pour l’achat de servers et système de stockage des données en Russie.
    Le cours du rouble est ce qu’il est dans un marché retraient dans le cadre des conditions de fonctionnement imposées depuis fin février, même si elles se sont assouplies. Le seul facteur nouveau : c’est l’arrivée importante d’Euros dans le cadre du paiement des contrats gaziers.
    Il y a eu ces dernières semaines 4-5 suicides de cadres supérieurs (avec ou sans leur famille) de grands groupes russes : cela a alimenté une rumeur en occident sur un prolèume au sein des oligarques, mais en fait il ne s’agit pas d’oligarques.
    Vendredi soir le ministère de la justice a publié une liste de nouveaux agents de l’étranger, donc Alexey Venediktov, ancien rédacteur en chef de Radio Echo de Moscou.
    Une nouvelle loi vient d’être déposée à la Duma concernant la liste des agents de l’étranger : elle unifie les listes et simplifie les critère (par exemple recevoir de l’argent de l’étranger n’est plus un critère nécessaire) et des entités commerciales pourraient également y figurer si elles s’occupent de politique.
    Sergey Kirienko, ancien 1er ministre, ancien patron de Rossatom et depuis 2016 n°2 de l’administration présidentielle, s’est rendu dans le Donbass om il a eu divers entretiens ce qui semble confirmer que cet espace dont l’avenir juridique politique n’est pas tranché, est de plus en plus appréhendé comme espace russe.

    Aucune nouvelle sur le processus des négociations russo-ukrainiennes.
    Demain le secrétaire général de l’ONU est attendu à Moscou où il rencontrera Lavrov mais a priori aussi Poutine.
    Les présidents turcs et ukrainiens se sont téléphonés hier. Ils ont parlé des garanties que la Turquie pourrait apporter à l’Ukraine, du processus de négociation et de la navigation de commerce en mer noire.
    Bilken et Lloyd Austin (ministre de la défense US) étaient à Kiev hier et se sont réunis avec Zelenski pendant 3 heures. Ils ont parlé des sanctions contre la Russie, les livraisons d’armement et de la reconstruction de l’Ukraine. Lloyd Austin a déclaré vouloir affaiblir la Russie autant que possible pour que cela ne se reproduise plus : cela fait partie d’une logique américaine qui dépasse le simple cadre du conflit russo-ukrainien, à savoir affaiblir économiquement la Russie sur le long terme.
    Le ministre de la défense turc a confirmé l’opposition de la Turquie a tout déploiement de force navale de l’Otan en mer noire, afin de maintenir la stabilité de cette zone.
    Les turcs ont fermé leur espace aérien aux vols russes vers la Syrie en vertu d’un renouvellement de cette autorisation qui est arrivée à échéance, fermeture qu’ils ont déjà appliquée plusieurs fois au cours des années. Cela n’affecte que les vols logistiques militaires et les vols civils car les vols de combat suivent une autre route. C’est un rapport de force classique entre turcs et russes et cela se produits alors qu’Ergodan a rappelé plusieurs fois qu’il doit s’entretenir avec Poutine et que cela ne s’est pas encore produit alors qu’il a pu parler à Zelenski.

    Les aides en armement sont gratuites. De nombreux pays de l’Europe centrale ont en fait livrés des anciens matériels soviétiques modernisés qu’ils avaient en stock. A terme ils devront se refournir et cela va certainement bénéficier aux fournisseurs occidentaux, principalement américains.
    On note une montée sur le plan qualitatif des armements livrés : plus d’artillerie lourde, autotractée a plus grand protée de tir. Par exemple la France envisage de livrer des canons césar.
    La France n’est pas dans le top 10 des fournisseurs d’armement à l’Ukraine contrairement aux USA (d’ailleurs Zelenski a remercié les USA pour l’aide déjà apportée d’un montant total de 3,4 milliards de dollars), l’Angleterre, la Pologne qui sont bien plus généreux et zélés avec l’Ukraine autant que la quantité que la qualité du matériel.
    La France grade une certaine retenue, ce qui cadre avec la volonté de garder la porte ouverte à une résolution via la négociation.
    Il y a 5 jours, les iles Salomon ont signé un accord de sécurité avec la Chine : Washington a mis en garde ce pays contre toute tentative de recevoir une base militaire chinoise ou des militaires chinois sur son sol. L’Australie a émis les mêmes réserves.
    En plus il y a depuis quelques jours une activité navale militaire chinoise anormalement élevée dans le détroit de Taiwan. Cela semble alimenter les rumeurs comme quoi la Chine pourrait utiliser ce qui se passe en Ukraine pour faire un coup à Taiwan. A suivre.
    Il faut noter le parallèle entre les déclarations des USA et de l’Australie sur le caractère inacceptable d’une présence chinoise dans le pacifique et le discours russe sur le caractère inacceptable d’une présence militaire de l’Otan à ses frontières : certains pointent ici le côté 2 poids 2 mesures sur ce genre de sujet et que le discours américain dans sa logique n’est pas tellement différent du discours russe sur l’élargissement de l’Otan.

    Lien pour connaitre les soutiens proposés par le gouvernement aux entreprises dans le cadre de la crise : www.мойбизнес.рф/anticrisis/

    22 Avril 2022

    L’Angleterre fait preuve de pragmatisme : ils avaient mis des sanctions à Gazprombank mais ils viennent de lui accorder une licence générale pour permettre les paiements du gaz.

    Alekperov vient de démissionner de son poste de PDG de Lukoil, poste qu’il occupait depuis 29 ans. A priori, ce serait pour éviter des problèmes à Lukoil car il a été sanctionné par l’Angleterre let l’Australie. Vorobiov, un de ses vice-présidents, devrait le remplacer. La grande question : Lukoil va-t-il rester indépendant car Alekperov pesait un poids certain sur la scène moscovite et avait toujours fait opposition à un rapprochement avec Rosneft.

    Les douanes russes suspendent la publication des statistiques d’import et d’export. De même la BCR a suspendu la diffusion de certaines publications financières. Idem pour les impôts et certaines grosses entreprises. L’objectif serait de ne pas prêter le flanc à d’autres sanctions. Mais cela va poser des problèmes pour la gestion des entreprises et du pays.

    Les nouvelles de politique interne russe à relever :

    • Valery Rashkin (un des responsables du parti communiste russe) qui avait été arrêté en automne 2021 avec un élan mort dans son coffre vient d’être condamné à 3 ans avec sursis.
    • Kara-Murza, journaliste et opposant qui avait été mis aux arrêts à domicile pour avoir critiqué l’intervention de l’armée russe en Ukraine, va maintenant devoir passer devant le pénal.
    • Les 2 instituts de sondage russe, Tsium et Fom obtiennent des scores de russes favorables à Poutine similaires : respectivement 78% et 80%.

    Charles Michel, président du conseil européen, s’est entretenu téléphoniquement avec Poutine. Charles Michel a exorté Poutine à autoriser l’évacuation des civils de Marioupol et autres villes assiégées, sous prétexte de la pâque orthodoxe. Et Poutine a attiré l’attention de Charles Michel sur la vague de russophobie sans précédent en occident.

    Selon la ministre de l’économie ukrainienne, Kiev entend obtenir le statut de candidat à l’UE dès cet été et devenir membre de plein droit dès 2024.

    Boris Johnson a annoncé que l’Angleterre n’offrira jamais de garantie sécurité à l’Ukraine qui ressemblerait de près ou de loin à de ce qu’il y a dans l’article 5 de l’Otan.

    La Finlande a décidé de déposer une demande d’entrée dans l’Otan d’ici quelques semaines et devrait en faire partie à l’automne.

    Le premier ministre ukrainien a estimé que le chantier de reconstruction de l’Ukraine couterait 600 milliards de dollars, soit 3 fois le PIB de l’Ukraine d’avant-guerre et aussi beaucoup plus que la reconstruction de la Syrie après 10 ans de guerre qui est estimée entre 250 et 400 milliards de dollars.
    Il a aussi dit que son pays a besoin d’une aide d’urgence de 4 à 5 milliards de dollars par mois pour fonctionner.

    Medinski s’est entretenu aujourd’hui avec son alter ego ukrainien mais rien n’’a filtré de cet entretien.
    Lavrov s’est plaint aujourd’hui de l’absence de bonne volonté de la part des ukrainiens dans les négociations et de ne pas avoir encore reçu de réponse aux propositions russes remises il y a quelques jours.

    Medvetchuk : c’est le dirigeant du principal parti d’opposition ukrainien. Il a été assigné à résidence en mai 2021 sous prétexte de trahison (accusé de financer le terrorisme) et fin février 2022 il ‘et enfui. Il a été capturé par le SBU (services secrets ukrainiens). Il a déclaré qu’il y avait la possibilité de l’échanger contre les militaires ukrainiens réfugiés à Azovstal (2000 militaires). On parle aussi de l’utiliser contre monnaie d’échange pour libérer des militaires anglais capturés par les russes. Bref c’est une prise politique importante pour Zelenski.

    Comment évaluer la situation
    On est entré militairement parlant dans une nouvelle phase avec l’offensive russe plus soutenue dans le Donbass.
    La grande question c’est qu’après ce conflit, revient-on à la table des négociations et en occident on évoque de plus en plus un scénario d’une situation gelée comme après 2014 mais sans accord global. Et quand on regarde les transferts de matériel militaire envisagés par les occidentaux vers l’Ukraine, on semble aller vers une aggravation de la situation et la ligne entre le soutien à l’Ukraine et la co-belligérance devient de plus en plus fine et délicate à tenir.
    Les russes ont confirmé qu’ils considéreront comme cible légitime tout convoi livrant du matériel militaire aux Ukrainien une fois qu’il aura pénétré sur le territoire ukrainien.
    Et il faut regarder s’il ne va pas y avoir d’autres fronts qui vont s’allumer :

    • Rumeurs disant que la Turquie semble pousser l’Azerbaïdjan à finir la reconquête du Haut Karabakh
    • Rumeurs disant que la Géorgie entreprendrait quelque chose en Ossétie du Sud pour reprendre le contrôle de leur territoire.
      Il y a 2 options pour une éventuelle reprise des négociations de pourparlers de paix :
    • L’effondrement d’une des 2 parties
    • Match nul reconnu par les 2 parties.
      L’option selon laquelle les soutiens de Zelenski lui diraient d’arrêter est actuellement peu réaliste.

    21 Avril 2022

    Union Pay a décidé d’arrêter les négociations avec les banques russes sous sanction et a priori les cartes bancaires russes Union Pay vont être suspendues pour éviter de tomber dans le périmètre des sanctions secondaires (limiter son fonctionnement, empêcher les banques occidentales de travailler avec les banques chinoises émettrices d’Union Pay).
    Sberbank n’émet plus de cartes Union Pay.

    Prévisions du FMI pour la zone euro revues à la baisse pour 2002 de +3,9% à +2,8%.
    Cette baisse est encore plus forte pour les pays comme l’Allemagne (3,8% à 2,1%) et l’Italie (3,8 à 2,3%), fortement dépendant de la Russie pour l’énergie.

    Les USA ont voté de nouvelles sanctions sur 40 entreprises et 30 personnes russes.

    L’UE a déclaré qu’elle ne lèvera pas les sanctions tant que les troupes russes ne se seront pas retirées d’Ukraine : première fois qu’on entend une l’information sur les conditions de levée des sanctions de l’UE.

    La reconduction de Nabiulina à son poste de gouverneur de la banque centrale pour un 3ème mandat de 5 ans a été voté à 338 voix pour et 83 voix contre.
    Elle a assuré qu’un défaut de la Russie était à exclure et qu’en 2023 il y aurait des porjets pilotes pour l’introduction du e-rouble.

    Avis négatif du Conseil Présidentiel pour la Codification et l’Amélioration de la Législation Civile sur le projet de loi proposé par la Crimée sur la nationalisation des actifs des citoyens de pays inamicaux.

    La fraction moscovite de du parti politique Yabloko a déposé une demande d’autorisation pour une manifestation contre les opérations spéciales en Ukraine.

    Entretien entre Lavrov et Tchavushoglu, ministre des affaires étrangères turc. Ce dernier a dit que certains pays de l’OTAN seraient plus intéressés que d’autres à l’enlisement de la guerre en Ukraine et l’affaiblissement de la Russie et il a rappelé qu’il était hors de question que les mécanismes de garanties de sécurité pour l’Ukraine soient similaires à ceux de l’article 5 de l‘OTAN.

    Selon le directeur de la CEI au MID russe , la Russie table sur le fait que la Biélorussie fasse partie de l’accord de paix et du système de garanties de sécurité de l’Ukraine dont le noyau dur pourrait être les 5 membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU du conseil de sécurité de l’ONU et dans lequel d’autres pays se joindraient.

    Le président du Conseil Européen, Charles Michel a fait une visite surprise à Kiev hier. Il a promis une aide militaire supplémentaire de 1,5 milliard d’euros. Selon Zelenski les discussions ont porté sur les pas concrets pour une aide militaire à Kiev et de nouvelles sanctions pour la Russie, les modalités de l’entrée de l’Ukraine dans l’UE qui est un processus qui semble déjà engagé, de la reconstruction de l’Ukraine et surtout du secteur agroalimentaire qui est assez important.

    Pour continuer la guerre de l’information, lors de la conférence de presse tenue à cette occasion, Zelenski a dit que les russes n’avaient pas transmis de document aux ukrainiens, ce qui contredit ce qu’avait dit la veille un de ses conseillers qui avait confirmé avec réceptionner un document remis par les russes à la délégation ukrainienne, qui serait une réponse à la proposition donnée par les Ukrainiens.

    Logistiques
    Depuis fin février on assiste à 3 phénomènes qui expliquent la baisse d’exportations vers la Russie :
    1/ les sanctions ont impacté certains secteurs (ex luxe).
    2/ des entreprises ont réagi et suspendu leurs imports à cause du manque de visibilité sur la situation en Russie
    3/ le taux de change ayant flambé, il y a eu une suspension des achats car les importateurs n’étaient pas sûrs de pouvoir faire passer la hausse de prix auprès de leurs clients.
    On entend parler de la hausse de flux depuis la Chine mais ce n’est pas si simple, surtout en matière de documentation (certificats d’origine…) et en termes de transport c’est le rail puis les camions et cela prend 15 à 20 jours porte à porte.
    Il y a aussi un flux de la Chine vers l’Europe qui s’était établi via la Russie car les délais étaient bien plus sécurisés mais ce flux a été impacté car les sociétés d’assurance étrangères refusent d’assurer les flux via la Russie. Du coup c’est remplacé pour l’instant par du maritime.
    Par ailleurs beaucoup de sociétés de transport maritime refusent de livrer les containers à destination de la Russie, donc il faut les décharger et les mettre sur train ou camion.
    On estime que 30% de containers vont manquer par rapport à un flux normal ce qui va faire monter le prix des containers.

    Les flux logistiques possibles sont :

    Le problème posé par les sanctions interdisant l’entrée des camions russes et biélorusses sur le territoire de l’UE. Il y a des exceptions comme les produits alimentaire, la pharma… qui fait que les camions peuvent sortir avec ces marchandises. Mais la loi n’a rien prévu pour que ces camions puissent rentrer à vide pour aller chercher la marchandise. Et les douaniers européens veulent des justificatifs pour laisser entrer ces camions mais ne savent pas quels justificatifs demander.

    La Biélorussie a mis en place une contre-sanction qui permet aux camions européens de rentrer en Biélorussie mais seulement dans un rayon de 50 km autour de la frontière. Donc il faut décharger la marchandise sous douanes et la recharger dans un camion russe ou biélorusse et modifier la paperasserie en conséquence. Ce n’est pas simple car la Biélorussie ne s’est pas préparée à cette sanction et il y a 3 jours d’attente à la frontière biélorusse.
    Une autre solution en cours c’est le changement de remorque ce qui est plus rapide et efficace. Mais le problème pas encore résolu c’est le retour de la remorque.

    Les camions peuvent toujours rentrer en Russie par la Lettonie e l’Estonie mais ces 3 postes de douanes ont une capacité de 200 à 250 camions par jour ce qui est insuffisant.

    Autre flux possible par la Turquie : les camions font le trajet depuis l’UE vers la Turquie. Ensuite il y a 3 possibilités :
    1/ Passer en camion via la Géorgie mais problèmes liés à certaines zones de la route : par exemple hier 2000 camions ont été pris dans un embouteillage ç cause de la météo.
    2/ Container par bateau depuis Istanbul jusqu’à Novorossisk mais Novorossisk est sous-dimensionné par rapport à la montée du trafic.
    3/ avions cargo avec transbordement à Istanbul
    Il y aussi 2 trains depuis la Pologne et l’Allemagne.
    Du coup les prix des camions a fortement augmenté :
    Avant Noël : 2000-2500€
    A Noël : 4000€
    Aujourd’hui : 8 à 10000€
    Pour arriver à baisser le prix, il faut monter un circuit de retour avec des containers et camions non vides.

    Les containers maritimes peuvent toujours être déchargés à St Petersbourg.
    Il y a aussi un schéma de livraison via une voie maritime de l’Asie vers Vladivostok puis el train depuis Vladivostok.

    Qu’en est-il des scénarios des trade mark
    1/ si on parle des lettres de fournisseur qui confirme que c’est bien un produit de sa marque et qu’il en autorise l’import en Russie ; le gouvernement russe commence à assouplir les normes par rapport aux importations parallèles et sur la nécessité d’un certificat d’origine.
    2/ si on parle du programme egais (alcool et tabac), les conditions ne sont pas assouplies
    3/ Pour les autres programmes comme chestny znak c’est en discussion mais le gouvernement a beaucoup investi dans ces projets et ne va pas renoncer.

    20 Avril 2022

    Côté russe une actualité essentiellement politique.

    • Oleg Tinkoff, fondateur de la banque russe en ligne Tinkoff, a publié sur son compte FB un texte de très grande virulence contre la politique russe en Ukraine. Plusieurs parlementaires russes estiment qu’il doit faire l’objet de poursuite et la direction de Tinkoff a dit qu’il n’était qu’un client parmi 20 millions d’autres.
    • Plusieurs responsables de l’administration présidentielle ont pris part à des évènements sur le nazisme, ce qui confirme que ce point reste un élément de légitimation important pour l’opération spéciale en cours.
    • Natalya Poklonskaya, vice-présidente de Rossotrudnichesvto a de nouveau fait une déclaration pacifique dans laquelle elle critique l’usage du Z. Mais cette fois, le directeur de l’agence, petit-fils de Primakov, lui a reproché cette déclaration en disant qu’elle manquait au devoir de réserve des hauts fonctionnaire russes.

    En diplomatie

    • Toujours un encéphalogramme plat pour les pourparlers :
      les russes ont remis aux ukrainiens aujourd’hui un document très détaillé qui, selon les ukrainiens, est la réponse à leur proposition : selon Peskov cette fois la balle est dans le camp ukrainien.
      Le MID russe a dit que la Russie avait épuisé sa confiance dans les pourparlers avec les ukrainiens. Et les ukrainiens ont dit qu’ils ne prévoyaient pas une rencontre prochainement.
    • L’ambassadeur d’Israël à Moscou a rappelé qu’Israël était prêt pour organiser une rencontre entre Poutine et Zelenski, ceci dans un contexte particulier sur un fond de tiraillements entre la Russie et Israël au sujet de l’église russe orthodoxe Alexander Nevsky dans la vieille Jérusalem que la Russie voudrait récupérer et donc le dossier est gelé depuis mars et que certains responsables russes, dont Poutine, ont remis sur le tapis la semaine dernière.
    • La France a déclaré être prête à offrir les garanties de sécurité à l’Ukraine, y compris des livraisons de matériel militaire, sous réserve que le conflit soit fini : ceci est en contradiction avec les attentes ukrainiennes qui souhaitent que les garanties de sécurité soient inclues dans le traité de paix.
    • Un certain nombre de chefs de gouvernements (USA, France Pologne, UK, Japon, Allemagne) se sont réunis pour discuter des pressions supplémentaires à exercer sur la Russie. Les USA ont annoncé un nouveau volet d’aide militaire de 800nmillions de dollars, donc même niveau que celui qui est en cours de livraison.
    • Le 1er ministre et le ministre des finances ukrainiens vont à Washington jeudi pour discuter de l’aide de 50 milliards de dollars qu’ils ont demandée avec le FMI.

    Petit cours sur les crypto-monnaies pour les nuls… (ou comment prendre un coup de vieux en 5 minutes)
    La blockchain est une technologie qui permet une gestion de données décentralisée. La plus connue c’est le bitcoin car ça a été la 1ère déployée.
    Les crypto-monnaies sont des pièces et jetons numériques gérés par les blockchains. Ils peuvent s’échanger entre eux et aussi contre de la monnaie fiduciaire.
    Ces opérations d’échanges se sont sur des plateformes similaires à des bourses.
    Pour y participer il faut s’enregistrer et généralement on le fait par rapport à son pays de résidence.
    Les plateformes les plus utilisées sont Binance, Coinbase et Kraken.
    Elles peuvent aussi être échangées hors plateformes d’échange via des wallets (portefeuilles électroniques) qui fonctionnent sur des navigateurs comme -Firefox via des applications comme MetaMask (la plus connues). On peut aussi stocker et gérer ses crypto-monnaies via des clefs USB spéciales hors line.
    Les crypto-monnaies peuvent être utilisées pour faire des investissements (ou spéculation…), développer des applications, faire des transferts d’un wallet à un autre.
    Beaucoup de crypto-monnaies ont une valeur qui fluctue un peu comme une action mais avec une grande volatilité.
    En fait il existe une notion de risque inhérente aux crypto-monnaies, même si certaines on commence à avoir un certain recul et donc une certaine stabilité.
    Certaines crypto-monnaies ont été développées pour avoir une valeur fixe par rapport à une devise, généralement le dollar. Cela s’appelle un stable coin, c’est comme un dollar numérique. Donc sur ces monnaies, la valeur ne bouge pas dans le temps.
    Les plus connues sont : USDT (le stable coin le plus utilisé mondialement), USDC, DAI
    La différence entre ces stable coin c’est le mécanisme de parité avec le dollar.

    La grande question est comment reconvertir les crypto-monnaies en monnaie fiduciaire dans le pays où on habite : c’est le problème qu’a la Russie depuis les sanctions.
    En étant résident en Russie et avec un compte bancaire russe, on ne peut pas, suite aux sanctions, utiliser les plateformes, c’est-à-dire faire de virement ou de retrait depuis ses compte russes.
    Ces plateformes ont reçu d’énormes pressions pour arrêter l’activité avec les utilisateurs russes. Par exemple on ne peut plus faire un transfert de Binance vers un compte russe.
    Actuellement pour faire des échanges depuis la Russie sur des crypto-monnaies, la seule solution serait Exmo. C’est une plateforme spécialement conçue pour les clients russes, kazakhs et biélorusses. Il y a un mois elle a vendu sa base à une nouvelle entité et changé son extension changé son extension (nouvelle extension : exmo.me). Si elle est complètement fonctionnelle, il devrait être possible d’acheter des crypto-monnaies avec des roubles puis de faire un virement de ces cryptos sur une plateforme européenne.
    Selon la loi russe il est interdit de vendre ou acheter des biens avec des crypto-monnaies.
    Actuellement il y a une loi à l’étude en Russie pour encadrer les crypto-monnaies mais elle n’est pas encore finalisée.
    Les wallets eux ne sont pas sous sanctions puisqu’ils ne dépendent pas d’où on réside.
    Sberbank a obtenu en début d’année une licence de crypto-monnaie et est en train de développer une plateforme pour l’activité de crypto-monnaie en Russie. C’et à suivre car cela permettra peut-être dans le futur de transformer ses crypto-monnaies en monnaie sur ses comptes russes.

    E-yuan et e-rouble ; elles ne sont pas encore déployées en totalité et donc il faut attendre pour voir si cela permettra de contourner les sanctions.
    D’une façon plus générale les e-monnaies sont un sujet à la mode pour les banques centrales depuis quelques années car elles veulent supprimer le cash et cela leur permettra de contrôler toutes les transactions.

    Notion de minage en crypto : il s’agit de vérifier la validité d’une transaction en crypto-monnaies en échange d’une rémunération par un mécanisme de consensus.
    Les deux principaux mécanismes de consensus utilisés par les crypto-monnaies sont «proof of work» et «proof of stake» pour vérifier les nouvelles transactions, les ajouter à la blockchain et créer de nouveaux jetons.
    Les personnes faisant ces vérifications sont appelées des mineurs.
    Dans le mécanisme de proof of work ils sont récompensés par des crypto-monnaies lors qu’ils résolvent un problème d’algorithme.
    Dans le système de proof of stake ils doivent mettre un certain montant en crypto-monnaies sur le réseau comme collatéral sur le réseau pour prouver leur bonne conduite : s’il est avéré qu’ils ne se sont pas bien comportés, une somme est déduite de ce collatéral. C’est pour inciter les gens à agir dans l’intérêt des blockchains plutôt que de les hacker.
    Il y a des mineurs en Russie mais cela ne joue pas sur les sanctions.

    Les plus-values sur les crypto-monnaies ne seront taxées qu’au moment de leurconversion en monnaie fiduciaire. Bien spur il n’y a pas de plus-value sur les stable coins.

    Les crypto-monnaies sont encore une classe d’actifs jeune sur le marché puisqu’elles ont à peine 10 ans. En fait il y a de l’inflation sur toutes les classes d’actifs. Donc s’il y a bulle, ce n’est pas dû uniquement aux crypto-monnaies. Et elles seront présentes sur le long terme puisque le plan des banques centrales est d’éliminer le cash.

    La meilleure lecture pour bien comprendre les crypto-monnaies : bitcoin.org/bitcoin.pdf

    19 Avril 2022

    L’actualité internationale

    • Macron a déclaré vouloir parler avec ses homologues européens sur le thème du 6ème paquet de sanctions. Certains pays comme l’Italie ou la France (cf dernière déclaration de Le Maire) parlent d’inclure le pétrole dans les sanctions. Mais la Hongrie a déjà dit qu’elle s’y opposerait.
    • La Chine a déclaré avoir l’intention de développer le partenariat stratégique avec la Russie mais pour l’instant maintient un profil bas. Donc si cela se passe, ce sera plutôt en été ou à l’automne.
    • La Russie a annoncé des manœuvres militaires avec le Vietnam.
    • Depuis qu’Israël a voté pour l’exclusion de la Russie à l’ONU, les relations entre les 2 pays se dégradent : ainsi la Russie s’est émue des frappes militaires d’Israël en Syrie.
    • Le 1er ministre espagnol a annoncé sa visite à Kiev.
    • Lavrov a dit que l’opération spéciale rentrait dans une nouvelle phase et que pour l’instant la Russie n’entendait pas utiliser l’arme nucléaire en Ukraine. Effectivement l’offensive dans le Donbass a débuté aujourd’hui et elle semble puissante avec de nettes avancées aujourd’hui.

    L’actualité économique

    • Le gouvernement russe a annoncé un plan de soutien à l’industrie aéronautique : recapitalisation d’Aeroflot, suppression de dettes de entreprises.
    • Demain Poutine rencontre les grands PDG russes.
    • Le ministre du développement économique russe, Reshetnikov, a annoncé que 250 000 personnes étaient en chômage partiel depuis le début de la crise.
    • Les nouvelles prévisions du FMI pour la Russie : 2022 : -8,5% et 2023 : -2,3%
    • Yandex Delivery a arrêté ses activités en France en disant que ce n’était pas rentable.
    • Gefco a été revendu par RZhD.
    • A Vienne, la construction des bureaux de Lukoil et Sberbank est arrêtée.

    Quelques points politiques

    • Abramovich a une position un peu particulière car il a été sanctionné par Londres qui était son QG européen mais pas par les USA sur demande d’Israël.
      C’est le seul grand acteur russe privé mandaté pour jouer un rôle public de médiateur. Sa marge de manœuvre est très étroite. Et vu qu’on ne sait pas ce qui se dit, c’est plutôt encourageant car effectivement, pour que cela aboutisse, il faut une certaine confidentialité.
    • L’interview de Deripaska n’a pas déclenché de réaction du gouvernement depuis qu’elle a été publiée. C’est intéressant car c’est un peu un pavé dans la mare et cela montre qu’il y a certaines intentions de nouvelles orientations.
      Deripaska était très proche de la famille Eltsine. Mais depuis, il est toujours là, il s’exprime. C’est un acteur économique stratégique car outre l’aluminium (Russal), il est dans l’énergie et l’automobile. Et il est très tourné vers l’Asie.

    Intervention du président de l’AEB, Tadzio Schilling :
    Depuis 10 ans qu’il est en Russie il a assisté à toutes les étapes de la dégradation des relations entre la Russie et l’occident.
    L’AEB est autonomes car sa seule source de financement ce sont les contributions de ses membres. Donc elle n’a pas de consignes de Bruxelles.
    Hier l’AEB, ainsi que la CCIFR et l’AmCham ont participé à une réunion du FIAC (Foreign Investment Advisory Council) dont elles font partie pour exposer à Reshetnikov les problèmes les plus importants que rencontrent les entreprises étrangères en ces temps difficiles.
    Pour l’AEB, le projet de loi sur la « gestion externalisée » des entreprises étrangères (droits de votes >25% appartenant à des étrangers) est loin d’être finalisé car il nécessite bien des précisions sur les circonstances selon lesquelles peut se mettre en place une procédure de gestion externalisée.
    Selon l’AEB, du côté européen, ce ne sont pas les gouvernements qui ont incité directement les entreprises européennes à partir. Mais ils n’ont rien fait pour les aider, surtout face à la pression de l’opinion publique dans leur pays d’origine, l’opinion publique extérieure (média, …) mais aussi interne (pression des pairs).
    En fait on constate que c’est très dur pour les entreprises de trouver une communication qui satisfasse toute les parties concernées, l’opinion publique, le gouvernement européen, l’interne et les équipes russes.
    Depuis le 24 février, les différentes CCI internationales se sont unies pour travailler à gérer cette crise et ont bénéficié d’une grande réactivité de la part du gouvernement russe. L’AE espère que, après ce tsunami, ce seront des baes qui permettront de reconstruire des relations pour ne pas tout laisser aux chinois.

    18 Avril 2022

    La semaine commence tranquillement selon le briefing de la CCIFR d’aujourd’hui.

    Côté économique russe :
    Michoustine a reçu une lettre signée de 8 associations professionnelles du secteur agroalimentaire demandant à ce que la Russie n’applique pas de mesures symétriques à celles de l’Europe sur le transport pour éviter la flambée des prix alimentaires.
    Le RSPP a écrit au gouvernement et à la BCR pour lancer une discussion sur la recherche de mécanismes alternatifs permettant aux entreprises russes de payer leurs dettes étrangères pour éviter le risque de défaut de paiement.
    La présidente de la BCR a dit que la Russie pouvait vivre sur ses réserves jusqu’à la fin du 2ème trimestre mais qu’ensuite il faudra une restructuration de l’économie ;
    Elle a aussi indiqué que 52 pays, avaient adopté le système de swift russe, système non contrôlé par l’occident qui permet la confidentialité des échanges faits.
    Elle a aussi annoncé que la règles des 80% de devises a transférer en roubles pourrait être revue.

    Poutine a évoqué de l’échec actuel des sanctions. Mais les sanctions prendront leur effet dans les mois et années à venir. Beaucoup estiment qu’il faudra continuer différemment comme Deripaska dans son interview dans la revue Expert où il parle d’un nouveau projet de société et insiste sur la nécessité un renouvellement fondamental de toute la politique économique face à la menace de crise économique russe de rendre au peuple sa liberté économique et d’arrêter le capitalisme d’état pour pouvoir adapter la Russie et construire d’ici 10 ans une société de prospérité moyenne pour tous.

    Il y a actuellement une course contre la montre côté russe et côté occidental pour contrebalancer le poids des ventes de matières premières russes en occident dans l’économie des 2.

    Côté politique intérieure :
    3 figures de proue de l’opposition dans le collimateur russe :

    • Yuri Dud, un journaliste et bloggeur russe a été mis sur la liste des agents étrangers par le ministère de justice
    • La politologue Ekaterina Shulman a quitté la Russie il y a 5 jours pour aller travailler pour un an à la fondation Robert Bosch à Berlin
    • Le caricaturiste Sergeï Yolkin a fui en Bulgarie il y a 3 jours.

    Côté diplomatique
    Zelenski a donné une interview à CNN. Il faut en retenir 3 points :

    • il a réitéré le fait que l’Ukraine n’est pas prête à renoncer à son intégralité territoriale. L’intégralité territoriale englobe bien sûr le Donbass et Lugansk, la Crimée mais avec un horizon de 15 ans pour les Ukrainiens (mais sujet clos pour les Russes), et peut-être qu’il va y avoir maintenant les territoires récemment pris par les russes comme Zaparojie (la ville est sous administration russe, la devise et le rouble et on voit réapparaitre des statues de Lénine).
    • Il s’attend à ce que les russes avancent de nouveau sur Kiev après les opérations dans le Donbass
    • Les chances de réussite des pourparlers avec les ruses sont en baisse mais il garde l’espoir de trouver un accord.

    Abramovich a fait une visite surprise à Kiev hier pour rencontrer la délégation ukrainienne : pas de feed-back pour l’instant.

    Le gouvernement ukrainien estime avoir besoin d’une aide financière de 50, milliards de dollars pour les 6 mois à venir pour payer l’armée, l’administration, les minima sociaux et faire face à son déficit.

    Le président serbe a réitéré son opposition aux sanctions qu’il considère inefficaces et confirmé qu’il ne les mettra pas en place.
    Il a aussi répété qu’il subissait beaucoup de pressions de l’Ukraine et de certains pays européens (tout particulièrement un mais il n’a pas dit lequel) pour qu’il arrête les liaisons aériennes avec la Russie.

    Confédération ukrainienne :
    Les présidents ukrainiens sont contre toute forme de fédéralisme, même s’il ne menace pas l’intégralité territoriale, car selon eux cela va à l’encontre de la notion d’unité du peuple et ils ont peur de voir apparaitre des exceptions, comme c’était déjà le cas de la Crimée. Anecdote : dans la 3ème saison de la série qui a rendu Zelenki célèbre (Serviteur du peuple), on voit à un moment une carte de l’Ukraine sous forme de fédération décentralisée. Etait-ce prémonitoire ?

    Détroits du Bosphore et des Dardanelles : dans ces détroits sous contrôle turc, les bateaux militaires étrangers sont interdits de circulation. Par contre les bateaux commerciaux sont autorisés mais il y a un grand risque de mines dérivantes.

    15 Avril 2022

    Biden hier s’est déclaré prêt à aller à Kiev soutenir Zelenski mais aujourd’hui la maison blanche a fait marche arrière en disant que ce n’était pas à l‘ordre du jour.
    La Russie a demandé par la voie diplomatique aux USA de cesser leurs envois d’armes qui ajoutent de l’huile sur le feu et a mis en garde sur les conséquences imprévisibles que cela pourrait avoir pour la sécurité régionale et internationale.
    Biden a approuvé un 7ème volet d’aide militaire de 800 millions $.
    L’Allemagne a décider d’augmenter son budget militaire de 2 milliards d’euros dont une bonne partie de cette somme sera transférée à Kiev sous forme d’assistance militaire.
    Par contre d’autres pays dont la Grèce ont décidé de cesser les livraisons de matériel militaire à l’Ukraine.
    Les EAU vont envoyer 50 tonnes d’aide humanitaire en Ukraine.
    Globalement rien ne se passe car tout va se décider par les armes dans le Donbass.

    Maxime Noreshkin a confirmé l’indexation des minimas sociaux à l’inflation.

    On parle d’un possible défaut de paiement de la Russie début mai et de la volonté des USA de mettre la Russie en défaut de paiement général. En fait beaucoup de sociétés font des paiements mais ils ne sont pas crédités sur les comptes des créanciers en devises étrangères. Ce sont donc des défauts de paiement techniques mais ne reflètent pas l’état des entreprises et de la Russie.

    Suite à l’incendie du dépôt pétrolier de Belgorod et la destruction d’immeubles d’habitations à Klimovo, des districts des régions de Belgorod, Kursk et Voronej ont été placés en état d’urgence avec évacuation partielle pour risque d’attaques terroristes. Et si les attaques ukrainiennes sur le territoire russe se poursuivent, Moscou se réserve le droit d’attaquer Kiev.

    La Suède, la Pologne et les pays baltes vont bientôt arrêter de traiter le courrier postal en provenance et à destination de la Russie et Biélorussie.

    La Russie continue de payer les droits de transfert du gaz à l’Ukraine en dollars pour montrer qu’une certaine normalité est toujours possible.

    Transport :
    Pour l’instant les camions continuent à traverser al frontière. Les contrôles de douanes sont plus longs, surtout à la sortie du territoire européen. Cela peut prendre de 3 jours à 2 semaines pour une livraison depuis l’Europe. Et dans 14 jours els camions russes devront avoir quitté le territoire européen.
    La Biélorussie envisage de limiter la pénétration des camions européens sur son territoire dans un rayon de 50 km depuis la frontière.

    A part quelques cas rares, les entreprises étrangères qui ont annoncé la suspension de leur activité, continuent de payer leurs employés russes et leurs loyers.

    14 Avril 2022

    L’actualité politique et économique est très clairsemée.
    Andreï Bielo’oussov, premier vice premier ministre est intervenu devant le conseil de la fédération.
    Il a parlé de 4 cercles de blocus autour de la Russie : un blocus financier, un blocus commercial, un blocus logistique et un blocus des déplacements humains.
    Il a aussi annoncé un plan de soutien significatif de l’économie pendant cette crise d’un montant de 7 à 9 milliards de roubles (soit entre 850 millions et 01 milliards d’euros).
    Coudrine est aussi intervenu auprès du conseil de la fédération pour rappeler les chiffres clefs :

    • Inflation devrait se situer cette année entre 17 à 20%, sachant qu’elle est déjà à 17,5%
    • L’adaptation de l’économie russe à la nouvelle réalité économique, sur la base des sanctions actuelles prendra 2 ans.
      Lors d’une réunion sur l’énergie, Poutine a annoncé que certaines sociétés occidentales avaient pris de retard dans leurs règlements et qu’il était impératif de trouver de nouveaux débouchés.
      La Russie va débloquer 20 milliards de roubles pour rembourser les billets d’avions annulés suite à la fermeture de l’espace aérien.
      69% des russes, dans un sondage de Dr Riadom (chaine de cliniques qui fait régulièrement des enquêtes sur la santé des russes), ont déclaré avoir plus de stress qu’il y a quelques semaines.

    L’activité diplomatique est nulle.
    Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères a annoncé que les pourparlers se poursuivent mais ne vont nulle part.
    Depuis 3 semaines, il n’y a plus d’action israélienne en termes de médiation.
    La Turquie espère toujours accueillir une rencontre Poutine et Zelenski mais ne donne pas de date.
    De même des rumeurs circulent au sujet d’une possible rencontre entre le pape et le patriarche de l’église orthodoxe russe au Moyen-Orient mais sans plus de précision.
    Sergey Ryabkov, vice-ministre des affaires étrangères, qui était sur le front pour les questions sur le nucléaire en Iran et aussi pour des discussions sur le désarmement nucléaire entre la Russie et les USA, a déclaré que toute tentative de l’occident de chercher à ralentir les opérations spéciales serait anéantie.
    Borel a annoncé que la CEE débloquait un nouveau montant d’aide financière de 500 millions d’Euros à l’Ukraine et que depuis le début 1,5 milliard d’aide militaire avait été apporté.
    L’Ukraine elle demande 7 milliards de dollars par mois pour couvrir les dépenses d’intendance militaire et du reste.

    Sanctions
    Sullivan, le conseiller de sécurité nationale américain, a déclaré que l’essentiel des sanctions a été pris et que ce qui compte maintenant c’est de les faire appliquer.
    L’Europe parle d’un 6ème volet de sanctions mais le problème va être de trouver des sanctions qui fassent l’unanimité.
    En effet la fermeture de l’approvisionnement en gaz génèrerait par exemple des pertes de 220 milliards d’euros à l’industrie allemande. De son côté Airbus a demandé de ne pas mettre de sanctions sur le titane car 70% de ses appros sont russes (Boeing n’est pas concerné car il a d’autres sources d’approvisionnement).
    Tous les secteurs sont touchés par les sanctions et cette crise.
    Ainsi le MAE a annoncé la suspension de toute collaboration institutionnelle entre les universités russes et françaises pour les doubles diplômes et les échanges d’étudiants mais que ce serait possible de faire des collaborations personnelles.

    Union économique eurasiatique
    On risque de voir se développer des tensions dans les mois à venir.
    En effet l’Ouzbekistan qui a été le premier pays à critiquer la politique russe en Ukraine, le Kazakhstan subissent de fortes pressions de la part de l’occident.
    Mais d’un autre côté le Kazakhstan a fait appel en début 2022 à la Russie pour rétablir l’ordre dans ses rues.
    Et la Russie a pour l’instant suspendu les livraisons de céréales sur ces pays.
    De plus si la Russie s’appauvrit, il y aura moins de travailleurs immigrés de ces pays en Russie ce qui va tarir le flux de devises sur ces pays car ces travailleurs immigrés font vivre nombre de familles.

    Iran : la coopération entre la Russie et l’Iran va fortement se développer car cela fait 40 ans que l’Iran vit sous sanctions et donc il pourra aider la Russie à s’adapter aux sanctions et à trouver comment les contourner.

    L’éventuelle entrée de la Finlande et la Suède dans l’Otan :
    Medvedev a déjà déclaré ce matin que le cas échéant, la Baltique ne serait plus une zone non nucléarisée, quoiqu’il y ait des doutes sur la présence ou non de missiles nucléaires à Kaliningrad.
    Si cela se faisait, il est possible que cela ne change rien sur le plan militaire. Mais ce sera surtout un symbole pour la Russie, et un sentiment d’échec.

    Fêtes de mai :
    Actuellement les jours fériés en mai sont les 2 et 3 mai et les 9 et 10 mai.
    Le parti Novyie Liudei, parti libéral, a proposé que les 4, 5 et 6 mai soient aussi fériés, aux frais des entreprises.
    Mais rien n’et confirmé.

    Expulsion de diplomates :
    En plus des 35 diplomates initialement annoncés, la France a rajouté 6 autres diplomates en disant que c’était le démantèlement d’un réseau d’espions qui œuvrait sous la protection du passeport diplomatique.
    La Russie pour l’instant n’a pas encore communiqué de liste pour la France et la plupart des pays européens.
    Seuls 45 diplomates polonais sont connus et 2 diplomates irlandais.

    13 Avril 2022

    Encéphalogramme plat sur le plan diplomatique.
    Les pourparlers se poursuivent en sous-groupes mais rien à signaler.
    Macron a dit qu’il allait téléphoner à Zelenski et Poutine dans les jours à venir.
    Il va y avoir une visite des 3 présidents baltes et du président polonais à Kiev.
    Zelenski a refusé de rencontrer le président allemand, Steimeier, lui reprochant d’être trop proche de Poutine.
    Escalade rhétorique de Washington puisque Biden a parlé de génocide au sujet de la guerre en Ukraine. Macron a répondu que c’était déplacé de parler de génocide. Les USA ? le UK et l’Allemagne se préparent à envoyer de l’artillerie lourde en Ukraine avec une portée plus grande que l’artillerie actuelle de l’armée ukrainienne.
    Les 1ers ministres finlandais et suédois se rencontrent pour discuter de leur éventuelle adhésion à l’Otan.
    Le parti social-démocrate suédois, actuellement au pouvoir, a dit qu’il souhaitait statuer sur cette question d’ici le 24 mai car, si cela se fait, il faudrait que ce soit finalisé pour l’été.
    Le parlement finlandais doit discuter de l’éventuelle entrée de la Finlande dans l’Otan la semaine prochaine.
    Les relations russo-chinoises se portent bien si on en juge par le commerce entre les 2 pays du 1er trimestre qui a progressé de 28,7% par rapport à la même période l’an dernier.
    Mais on peut noter une attitude attentiste des chinois tant que les opérations spéciales se poursuivent : Sinapec a suspendu sa participation dans certains investissements pétroliers et les employés d’Huwei russes sont en vacances forcées.
    Mais a terme elle tirera certainement les marrons du feu. Et il y a de fortes chances que le projet Force de Sibérie 2 ressurgisse cet été à des conditions plus favorables aux chinois que ça n’aurait été s’il avait été signé il y a un an.

    Côté économique
    */ Cartes Union Pay : comme elles sont émises par des banques russes, on a noté des problèmes pour les utiliser à l’étranger, même si elles proviennent du système bancaire chinois : blocage de transactions, retrait d’argent dans des distributeurs mais à des taux très défavorables.
    */ Pétrole et gaz : les acteurs du secteur sont sous énorme pression pour donner des gages à la puissance américaine :

    Vitol, trader suisse pétrolier a annoncé baisser ses contrats avec la Russie.

    Indian Oil, qui avait acheté d’énormes quantités de pétrole russes ces derniers mois, a écarté la marque Uralsk de son dernier appel d’offre.

    Poutine a donc annoncé qu’il fallait utiliser plus de gaz et pétrole sur le marché intérieur et trouver de nouveaux marchés.

    */ Transport :
    On note une contraction sévère du trafic de containers dans les ports russes, surtout ceux de la Baltique. On prévoit une baisse de 90% dans quelques semaines.
    On n’entend plus parler de la possibilité de fermer le trafic routier terrestre entre la Pologne, les Pays Balte et la Russie et la Biélorussie.
    S’il y a de problèmes d’acheminement des marchandises via les ports baltes, l’alternative la plus probable c’est via la Turquie qui pourrait devenir un point d’entrée / transit vers les ports russes de containers comme Novorossirsk… Le problème actuel par rapport à ce schéma d’approvisionnement ce sont les mines dérivantes depuis les ports ukrainiens dans la mer noire suite à une tempête il y a quelques semaines. La Turquie en a déjà neutralisé 2 ou 3 mais on en a repéré beaucoup d’autres le long des côtes turques et roumaines. Cela fait augmenter l’assurance et pas sûr que les marins soient prêts à prendre ces risques.
    Une option de transport routier via le Caucase n’est pas très réaliste à cause de l’état des routes dans cette région, du nombre de lacets pour passer les cols et de la faible quantité de tunnels.
    */ Aéronautique :
    Aéroflot fait toujours partie de Skyteam car de toute façon pour être exclue il faudrait un vote unanime de toutes les compagnies et dans Skyteam il y a China Airlines.
    Aéroflot remplace el champagne français par du champagne russe dans les classes business.
    La Russie avait passé une commande de 25 avions A350 à Airbus. Ils en ont reçu 1 le jour du début du conflit.
    2 autres sont prêts et payés mais Airbus ne les livre pas et ne les rembourse pas, prétextant l’impossibilité de transférer l’argent.
    Le reste de la commande va être pris par Lufthansa.
    Les 500 avions en leasing sont actuellement bloqués en Russie. La Russie en a enregistré une partie. On dit aussi que certains vont être utilisés pour des pièces détachées pour d’autres avions.
    */ BTP : Michoustine a débloqué une aide sectorielle de 35 milliards de roubles qui sera sous forme de prêts bonifiés.
    */ Médicaments :
    Les problèmes de rupture de stock ne proviennent pas des fournisseurs étrangers qui continuent à livrer en Russie mais des consommateurs qui se ruent sur les médicaments pour éviter les éventuelles hausses de prix.
    */ Rouble et or : a priori le prix fixe du rouble par rapport à l’or n’est plus en cours depuis le 8 avril. Et le cours du rouble n’a jamais été adossé à l’or.
    */ semences de fleurs à bulbe interdites d’import en Russie par l’Europe : c’est un point bizarre du 5ème plan de sanction européen mais cela peut être un ballon d’essai pur dans un plan suivant, interdire l’import de semences plus essentielles pour la Russie, comme les semences de betterave à sucre.

    12 Avril 2022

    La visite du chancelier autrichien a été très courte (1h15 d’entretien) et sans résultat.
    Poutine, lors d’une visite avec Lukashenko en Extrême-Orient a parlé de la situation en Ukraine. Il a souligné les revirements de la délégation ukrainienne et a dit que le processus d’Istanbul était dans l’impasse. Il a justifié l’action en Ukraine en disant que la Russie n’avait pas eu le choix et que c’était une tragédie.
    Josep Borel a dit hier que même s’il y avait un embargo sur le pétrole et le gaz, cela n’arrêterait pas la Russie : c’est peut-être un moyen de calmer l’ardeur de l’Europe sur les sanctions.
    Coudrine, président de la cour des comptes et ancien ministre de l’économie, table sur une récession de 10%.
    Le projet de loi sur l’administration extérieure des sociétés étrangères (au moins 25% du capital appartenant à des étrangers) parties de Russie depuis le début du conflit est arrivé à la Douma : il est très édulcoré par rapport au projet initial : on ne parle plus de nationalisation, la procédure sera possible seulement sur demande conjointe des impôts et du ministre de l’économie et seul le tribunal de Moscou sera compétent.
    Le rouble se stabilise autour de 80rub pour 1$ et 85 roubles pour 1€ suite à l’allégement des restrictions de la BCR.
    Par exemple la BCR va autoriser à partir du 18 avril la vente de devises étrangères.
    Le prix du papier a effectivement touché l’économie russe mais pas seulement car le prix a monté partout dans le monde et par exemple cela a impacté tous les éditeurs du monde.

    INFO PRATIQUE LIVE

    • La Sberbank a arrêté tous les transferts de devises étrangères à partir du 7 avril.
    • Les pays de l’UE ont interdit le transport routier de marchandises à travers l’UE, y compris le transit, par des véhicules immatriculés en Russie. Les sanctions relatives au transit n’affecteront pas la communication de Kaliningrad avec le reste de la Russie.
    • La Russie expulse 45 diplomates polonais.
    • Le Japon expulse 8 diplomates russes, l’Autriche 4, la Grèce 12, la Finlande 2.
    • La Finlande a temporairement cessé toute communication postale avec la Russie à partir du 11 avril.
    • Acer, Ericsson, Dr Oetker, Mitsubishi Motors suspendent temporairement leurs activités en Russie.

    11 Avril 2022

    Beaucoup de déclarations de responsables ukrainiens lors d’interviews.
    Podoliak a dit qu’il ne serait pas possible d’envisager une rencontre entre Poutine et Zelenski avant la fin de la bataille du Donbass qui se prépare et tant que les garanties de sécurité demandées par l’Ukraine n’étaient pas clairement apportées à l’Ukraine/
    Le chef de la délégation ukrainienne, Arakhamia, a rappelé que la ligne rouge pour l’Ukraine était l’intégralité territoriale du pays et que la Russie étendait son contrôle sur le Donbass, il ne serait pas possible de signer un accord de paix.
    Arestovich, conseiller de Zelenski, a insisté aussi sur ce point et a dit que l’Ukraine était prête à livrer bataille jusqu’en 2035 du moment qu’elle continuait à recevoir des armes de ses sponsors et partenaires étrangers.
    Le gouvernement ukrainien a aussi précisé qu’il appartenait aux pays prêts à se porter garants de la sécurité pour l’Ukraine de formuler les conditions sous lesquelles une attaque de l’Ukraine serait considérée comme une attaque de ces pays. C’est une formulation très proche de celle de l’article 5 de l’Otan, donc clairement l’Ukraine cherche à avoir les mêmes garanties, même si elle ne fait pas partie de l’Otan.

    Le chancelier autrichien a visité Poutine ce jour après avoir vu Zelenski à Kiev samedi. La discussion a tourné surtout autour des corridors humanitaires et des conditions du cessez-le-feu et elle a fait l’objet de discussions préalables avec Scholz et Van der Leyen.

    Vendredi visite surprise de Van der Leyen à Kiev au cours de laquelle elle a exprimé le souhait que l’Ukraine rentre dans la CEE et que pour cela elle avait envisagé un processus accéléré extraordinaire vu la situation extraordinaire qui permettrait à l’Ukraine de postuler dès cet été.
    Elle était avec Borel qui a déclaré que le conflit devait être réglé » militairement, une sorte d’aveu de l’inefficacité des sanctions et du problème pour la CEE de formuler de nouvelles sanctions pour le 6ème plan de sanctions envisagé par l’Europe.

    Autre visite surprise de Boris Johnson samedi à Kiev om il s’est promené dans les rues avec Zelenski. Il a annoncé une nouvelle livraison d’armes dont des missiles anti-navire pour protéger Odessa.

    Adhésion probable de la Finlande et de la Suède à l’Otan puisque les 2 pays ont exprimé le désir d’être inclus le map. Pour la Finlande c’est un enjeu de sécurité mais pour la Suède c’est plus un enjeu de politique intérieure lié à des rapports de force entre partis.
    Les négociations entre russes et ukrainiens se poursuivent malgré tout mais de part et d’autre :

    • On reste arque-bouté sur ses positions
    • On pense que le temps joue en sa faveur
    • On estime qu’on n’a pas du tout de bonnes raisons de céder
    • Le rétropédalage n’est pas envisageable.
      Donc on s’enfonce vers une solution qui est une bataille sérieuse dans le Donbass qui va durer plusieurs semaines et donc pour l’instant il ne faut pas espérer de grands chamboulements.
      Et l’issue de cette bataille peut être un enlisement ou une victoire claire d’un camp et en cas de victoire, est ce que ce sera la fin ou la poursuite d’une guerre de partisans comme évoqué par Arestovich.
      La déclaration de Kadirov pose aussi des doutes sur les intentions de la Russie puisqu’il a dit qu’après la libération du Donbass, il s’agirait d’aller prendre Kiev et toutes les villes ukrainiennes. Les ukrainiens y croient et sont convaincus que Kiev reste un des objectifs de Poutine.
      Pendant sa présidence Poutine a fait du 9 mai un évènement clef qui ne l’était pas avant. Donc si le 9 mai, il n’y a rien de majeur, ce sera interprété à l’étranger et surtout en Ukraine comme un échec de la Russie. Mais pour qu’il y ait quelque chose d’ici le 9 mai, cela suppose une accélération des évènements sur le terrain. Mais certainement pas la paix car si l’Ukraine ne l’accepte pas, il ne peut pas y avoir de paix signée.

    Don clairement les dynamiques actuelles ne sont pas encourageantes.

    La grande nouvelle du jour c’est la vente par la Société Générale de ses parts dans Rosbank à Interros Capital, ancien propriétaire de Rosbank.
    La transaction reste soumise à l’accord des autorités de tutelles : cela peut prendre jusqu’à 45 jours.
    Seul, ALD Automotive, société de leasing auto reste dans le giron Sociéét Génrale.
    Les activités bancaires, de prêts et d’assurance passeront sous le giron Interros.
    Le personnel reste en place et les activités continueront comme avant.
    La Société Générale sera le partenaire préférentiel de Rosbank.
    Ni Interros Capital, ni Potanine (propriétaire d’Interros) sont sous sanctions européennes ou américaines : Potanine est sous sanctions canadiennes et australiennes.

    Autres nouvelles du week-end.
    Vendredi le ministère de la justice a officialisé la fermeture de 15 filiales d’ONG étrangères dont Amnesty International, Human Rights Watch, Fondation Carnegy, des fondations allemandes. Et ils viennent d’être saisi d’une demande de fermeture de Greenpeace and WWF. Donc cette liste va grandir.

    Zakarova, porte-parole du ministère des affaires étrangère a annoncé que Youtube venait de signer sa condamnation en ayant suspendu la diffusion de l chaine de la Douma d’état.

    Shell a annoncé qu’il allait mélanger 49% de pétrole brut russe à d’autres sortes pour pouvoir continuer à importer du brut russe car dans ce cas, ce n’est plus qualifié comme pétrole brut russe.

    Le projet de loi sur la pénalisation des dirigeants de filiales d’entreprises étrangères en Russie qui mettent en œuvre les sanctions étrangères serait a priori gelé, comme l’a été celui sur les possibles nationalisations de biens d’entreprises étrangères quittant la Russie car ce projet de loi, s’il venait à naitre punirait des dirigeants étrangers mais aussi des dirigeants russes.

    Il n’y a pas de chef de service dans les diplomates russes expulsés de France.

    8 Avril 2022

    L’évènement du jour c’est la tragédie de Kramatorsk dans laquelle 50civils ont été tués dans un bombardement.

    Point économique :
    La BCR a diminué le taux directeur de 20% à 17%.
    Le rouble continue à remonter : 81,7064₽ pour 1€ et 74,8501₽ pour 1$
    Ca pourrait être problématique pour le budget fédéral. On peut donc supposer que la BCR lève une partie des restrictions mises en place depuis février.
    Une enquête montre que 60% des russes disent avoir senti les effets des sanctions et 50% avoir été confrontés des ruptures de stock temporaires de produits en magasins.
    Les USA disent que cette crise fera perdre 15 ans de progrès économique à la Russie.
    Michoustine fait appel à la liberté d’entreprendre pour le futur. Et ce serait certes l’occasion de remettre à plat certaines choses dans l’économie mais il n’est pas évident que l’état d’esprit des politiques soit propice à cela.
    La crise devrait être au moins au niveau de celle de 1998 mais le rebond ne sera surement pas mécanique comme à partir de 2000 où on voyait une croissance annuelle de 7 à 8%.
    Les oligarques ukrainiens, selon l’article de Forbes, ont perdu 10millarids de dollars depuis le début de la crise.

    Point politique
    Peskov est au cœur d’une mini-tempête politique. Ces derniers jours il a donné plusieurs interviews sur les médias occidentaux, dont LCI. Et il a entre autres fait références à des pertes humaines russes significatives et a qualifié cela de tragédie.
    Cela est mal passé parmi certains politiciens russes et Andreï Turchak, haut responsable du parti politique présidentiel actuellement dans le Donbass a conseillé aux « tribuns moscovites » de venir faire un tour dans le Donbass pour voir ce qui se passe réellement.
    Cela laisse supposer que le traité de paix sera aussi dur à vendre par Poutine à Moscou que par Zelensky à Kiev.

    Point sur les sanctions
    Le 5ème paquet de sanctions européennes est enfin validé. Le plus important c’est l’embargo total sur l’importation de charbon russe, mais seulement à partir d’août à la demande de l’Allemagne….
    Les transporteurs russes et biélorusses seraient interdits de circulation en Europe, sauf pour les produits alimentaires et les médicaments.
    Les USA ont voté des sanctions bloquantes sur le principal producteur de diamants russes, Alrosa.
    Les russes expulsent 45 diplomates polonais. Les autres annonces d’expulsions suivront la semaine prochaine.
    La Crimée a demandé de vote une loi permettant la nationalisation des biens d’oligarques et hauts fonctionnaires ukrainiens en Crimée.

    Point diplomatique
    Les pourparlers entre délégations russe et ukrainienne se poursuivent au niveau des groupes de travail. Mais une nouvelle réunion en présentiel ne sera pas dans les jours qui viennent.
    Macron a dit qu’il était favorable à ce que la France soit garant de sécurité suite à la demande de l’Ukraine. L’Italie aussi.
    Lavrov a dit que la Russie demandera à ce que la Biélorussie soit aussi ajoutée dans la liste des pays garants de sécurité.
    L’ONU a voté la suspension de la Russie du conseil des droits de l’homme :

    • 93% pays ont voté pour, surtout les pays occidentaux, dont la Serbie qui, selon son président, a subi des pressions très fortes des occidentaux et menaces de sanctions si elle ne votait pas pour et la Hongrie, ce qui confirme qu’Orban cherche à se démarquer au niveau du discours mais a plutôt tendance à s’aligner avec le reste de l’Europe dans les actes.
    • 58% pays se sont abstenus
    • 24% pays ont voté contre, dont la Chine, l’Algérie le Mali
    • 18% pays n’ont pas voté, dont l’Arménie, la Maroc, l’Azerbaïdjan, pour ne se mettre à dos personne.

    Point sur l’immobilier
    L’immobilier en Russie c’est 13% du PIB, 15 millions d’employés et 17% de la population active.
    Depuis 8 ans, il y a un vrai boom boosté par le développement des prêts immobiliers (les ventes avec prêt représentent entre 80 et 90% des ventes).
    Il y a eu 92 millions de m2 construits en 2021, soit 1,8 millions d’appartements alors qu’en France on était à 386 000 appartements, soit 5 fois moins (pour comparaison la population russe fait 2,5 fois la population française).
    1er fait marquant : après le choc des premières semaines, les acteurs du secteur ont acté qu’il y aurait une crise très importante et se sont dit « on est dans la merde, il faut se retrousser les manches) pour s’en sortir ». Ils s’appuient sur l’expérience acquise lors des 5 crises précédentes pour agir.
    Mais la vision de l’avenir reste très incertaine.
    Mars a été un mois exceptionnel en termes de vente de logements, pour 2 raisons :
    1/ au début de la crise, le rouble s’étant effondré, l’immobilier est devenu une valeur refuge.
    2/ Il y avait beaucoup de crédits accordés aux anciens taux et donc, quand la BCR a relevé son taux directeur, les gens qui avaient ces crédits acceptés se sont précipités pour acheter avant que cela ne change.
    Mais le boom est fini.
    En termes de construction il est impossible de trouver aujourd’hui l’ingénierie (ascenseur, AC…). Mais les chinois sont très présents et les promoteurs russes se tournent vers eux pour s’approvisionner. Il va y avoir des retards de 2 à 6 mois mais c’est tout.
    L’élément clef pour l’immobilier c’est le taux d’intérêt car désormais les ventes se font avec des prêts. Avec un taux à 20% cela paraissait compliqué à résoudre. Les promoteurs se sont mis d’accord avec le ministre de la construction et du logement, Irek Faizullin, pour subventionner en partie les prêts. On peut désormais avoir un prêt à 12% sur 30ans avec un apport personnel de 15% pour un achat d’un montant milité à 12 millions de roubles à Moscou et SP et 6 millions pour les autres régions. Cela correspond à Moscou à un logement économique de 35 m2. Certains promoteurs font même mieux comme offre : ainsi PIK (le plus gros promoteur en Russie) propose 10% sur 30 ans sans limite de montant.
    Les promoteurs continuent tout ce qui est déjà en construction mais par contre gèlent les nouveaux projets.
    Et on commence à parler de licenciement : ainsi PIK qui avait 2000 personnes dans leur bureau d’archi et d’études n’a gardé que 500 personnes.

    7 Avril 2022

    Le briefing de la CCIFR nous a donné des nouvelles plutôt amorphes. Ça s’enlise semblerait-il…

    La loi sur la pénalisation des dirigeants de sociétés étrangères appliquant les sanctions européennes et américaines : le texte a été finalisé et il va bientôt passer en 1ère lecture à la Duma.

    Autre projet de loi à l’étude : donner le droit au parquet général pour suspendre la licence de médias. Cela serait une réponse à l’interdiction de médias russes par l’Europe.

    Un projet de loi vient d’être adopté qui prévoit des amendes et jusqu’à 15 jours de prison pour les citoyens qui comparerait la situation russo-ukrainienne aux évènements de la seconde guerre mondiale.

    Les sanctions européennes ne sont toujours pas publiées : elles font l’objet de discussions agitées.
    L’embargo sur le charbon serait en fait mis en place seulement mi-août.
    Le parlement européen est en faveur d’un embargo total sur le pétrole et le gaz russe : l’embargo sur le pétrole sera discuté lundi par les ministres des affaires étrangères européens.

    Levée des sanctions :
    Les américains donnent pas mal de signaux comme quoi on pourrait faire sauter les sanctions aussi rapidement qu’on les a mises. Ils ont même déjà supprimé des sanctions sur des personnes ce qui peut être vu comme un signal de souplesse, de flexibilité. De plus certaines sanctions ont visiblement un rôle de coercition dans le cas de ce conflit mais d’autres ont plutôt comme but d’amoindrir la puissance de la Russie et donc pourraient plus durer dans le temps. Et pour les américains, il ne faut pas que les sanctions poussent plus la Russie dans les bras des chinois. Cela semble plus facile à faire aux USA et en Angleterre qu’en Europe, surtout qu’en Europe il y a une dimension passionnelle qu’il n’y a pas aux USA et en UK. Donc il est à craindre que les sanctions européennes restent plus longtemps.

    Quelques chiffres :
    Inflation : 16,6% en annuel
    Croissance prévue pour 2022 : -8,4%
    Consommation des ménages : -14%
    Le rouble est revenu au niveau de février : c’est un symbole important pour Poutine par rapport à la population pour montrer que la Russie ne chute pas malgré les pressions occidentales.
    Le rouble pourrait résister sur la durée car il va y avoir une contraction conséquente des importations cette année et si le rythme de ventes de pétrole et de gaz se maintient au niveau actuel, ça va donner a priori une balance commerciale positive. Certains parlent même de la possibilité d’avoir reconstituer les réserves gelées de la CBR d’ici le 9 septembre, date de fin de l’obligation par les entreprises de reverser leurs devises aux banques.

    Reuter a fait référence à la suspension d’achats du pétrole russes par certaines sociétés chinoises comme Sinapec en mai : à vérifier.

    Les indiens font le plein de pétrole à des prix bradés (-30 à -35$ sur le baril) : ils ont déjà acheté sur le 1er trimestre la même quantité que tout 2021.

    Lukashenko a exfiltré d’Ukraine des chauffeurs routiers biélorusses qui étaient près de la frontière biélo-ukrainienne et qui avaient été pris à partie par des forces ukrainiennes.

    L’Ukraine a soumis un 2ème projet d’accord de cessez-le-feu et Lavrov a dit qu’il y avait certains revirements par rapport au 1er projet, surtout concernant la Crimée :

    • ils proposent que les statuts du Donbass et de la Crimée soient décidés par Poutine et Zelenski
    • les garanties de sécurité demandées par l’Ukraine doivent aussi couvrir la Crimée, ce qui n’était pas dans le 1er projet.
      La Turquie a dit qu’elle ne voit pas percée substantielle dans les prochains jours pour 3 raisons :
    • absence de consensus entre les délégations sur les points fondamentaux des discussions
    • il n’y a pas assez de clarté sur qui apporte quoi en termes de garantie de sécurité. A ce sujet, Zelenski a annoncé une conférence des pays prêts à être garants pour définir les garanties qu’ils donneraient et les pays prêts à participer à cette conférence sont les USA, le UK, la Turquie, la France, Israël, la Pologne et l’Allemagne.
    • aucune des parties n’estime à avoir à céder car aucune des parties ne se considère dans l’impasse sur le champ de bataille.
      Dur d’envisager un cessez-le-feu d’ici le 9 mai…
      En fait tout dépend du rapport de force sur le terrain dans le Donbass où les gens se mettent en ordre de bataille.

    6 Avril 2022

    Les sanctions
    Les sanctions Européennes ne sont pas encore confirmées : elles sont en cours de discussion.

    • Une des pistes serait d’inclure de nouvelles personnalités russes : Greff, le PDG de Sberbank, PDG d’Ozon, les 2 filles de Poutine.
    • Les rumeurs autour des sanctions laissent supposer que l’Europe est arrivée au bout de sa marge de manœuvre et qu’ils ont du mal à trouver des zones de sanctions supplémentaires.
    • Les USA dans leur nouveau train de sanctions a prévu :
    • Le blocage complet de Sberbank et Alfabank
    • Les personnalités suivantes : Medvedev, les enfants majeurs de poutine, Michoustine, les filles de Lavrov, certains membres du conseil de sécurité.
    • Les USA et l’Angleterre ont déjà dit que certaines sanctions pourraient être levées dès qu’un cessez-le-feu solide est signé. Mais il a aussi été dit que les sanctions avaient pour but d’affaiblir la puissance de la Russie sur le long terme et donc certaines risquent de durer.
    • Comme les USA ont interdit l’utilisation des avoirs gelés de la BCR pour payer les coupons sur la dette en dollar, la Russie a payé son coupon de 600 millions de USD du 4 avril en roubles. Ce sera surement enregistré comme un défaut technique d’ici un mois.
    • Les hongrois ont annoncé hier être prêts à payer leur gaz en roubles.
    • Gazprom a rappelé tous ses administrateurs présents dans la société Gazprom Germania pour bien souligner l’absence de liens juridiques entre Gazprom et cette société. Le réservoir de Rehden a des niveaux particulièrement bas et pour l’instant n’est pas rempli par Gazprom. Si cette situation perdure, cela sera problématique pour l’automne quand on commence à consommer le gaz.
    • Il y a dernièrement un renforcement des contrôles de l’inspection du travail russe parmi les sociétés étrangères pour, selon eux, vérifier qui est là et l’effectif, uite aux annocnes de départ ‘entreprises.
    • Grouchko, vice-ministre des affaires étrangères, a déclaré que s’il y avait un blocus de Kaliningrad, les Européens joueraient avec le feu.
    • Les nouvelles sociétales russes
    • Jirenovski est mort aujourd’hui : c’est la fin d’une époque de 30 ans et cela va certainement bouleverser la scène politique russe car il servait de paratonnerre et de ballon d’essai.
    • Sondage de l’institut de sondage VTsioum : 47% des russes ont une mauvaise opinion des USA contre 18% en 2018.
    • Les conséquences des sanctions pour l’homme de la rue en Russie sont surtout la très forte envolée des prix, la raréfaction de certains produits et une spéculation.
    • Le gouvernement russe a déclaré la semaine dernière ne pas vouloir geler les prix pour éviter la panique dans le pays.
    • Le côté diplomatique
    • Peskov a qualifié les pourparlers entre délégations en cours de visqueux et poussifs.
    • L’assemblée générale de l’ONU doit voter demain sur la possible exclusion temporaire de la Russie du conseil des droits de l’homme, sur pression des pays occidentaux.
    • Les expulsions de diplomates russes en Europe continuent : on en est à 300.
    • Viktor Orban a suggéré à Poutine un cessez-le-feu immédiat et proposé que Budapest accueille des pourparlers entre lui, Zelenski, Macron et Scholz. Le Kremlin a répondu que c’était envisageable sous certaines conditions. Mais a priori cela ne sera pas faisable vu les relations entre l’Ukraine et la Hongrie : l’ambassadeur d’Ukraine a été convoqué par le gouvernement hongrois et l’Ukraine est accusée d’avoir cherché à interférer dans les élections législatives hongroises.

    5 Avril 2022

    Le nouveau de paquet des sanctions européennenes est prêtet sera voté demain.
    A priori elles porteront sur :

    • Embargo sur l’importation de charbon russe qui représente 45% des importations européennes : cela a eu pour conséquence immédiate de faire monter le prix du charbon sur les marchés
    • De nouvelles sanctions bancaires
    • Des restrictions sur l’importation de produits russes tels que le ciment, les produits de la mer
    • Des restrictions d’export vers la Russie dans le secteur des semi-conducteurs.

    Les USA ont annoncé que la Russie ne pourra pas utiliser les réserves gelées aux USA pour le paiement de leurs prochaines échéances.

    RSPP a confirmé être hostile à la loi sur la pénalisation envisagée par des députés.

    Vladimir Linine, propriétaire de NLMK, a exprimé dans une interview à Kommersant, ses inquiétudes sur la faisabilité et les conséquences de la volonté d’obtenir des paiements en rouble. Il s’inquiète aussi de l’intervention grandissante avec des décisions faites à la vite et dans la précipitation des politiciens, tels que les députés… dans la vie des affaires du pays, avec des risques pour l’emploi.

    L’indice PMI du secteur des services en Russie est à 38, ce qui est inquiétant quand on sait qu’un indice inférieur à 50 indique une contraction de l’activité du secteur.

    Les banquiers occidentaux par contre ont expliqué qu’en raison de la baisse des importations russes et des prix très élevés des matières premières, la Russie pourrait finir l’année avec une balance commerciale positive estimée à 300 milliards de dollars.

    Gaeprom Germania va être mise sous tutelle de l’agence des réseaux d’énergie allemande jusqu’en septembre 2022 suite au refus par les autorités allemandes de reconnaitre la validité du transfert de propriété fait par Gazprom à Palmary JSC (0,1 %) et Gazprom Export Business Services LLC (99,9 %) il y a quelques semaines. La conséquence immédiate est le l’arrêt par Gazprom de remplir les réservoirs de gaz allemands. A suivre…

    Aucune avancée sur les pourparlers qui se poursuivent dans le plus grnd secret.

    Zelensky a rappelé les paramètres nécessaires pour que ce soit une victoire pour l’Ukraine :

    • Préservation de la souveraineté
    • Accord qui ne consacrerait pas la perte de plusieurs centaines de milliers de personnes (NDLR : ?)
    • Sursis quant au retour de la Crimée dans le giron de l’Ukraine, ce qui est pour les russes, un sujet clos depuis 2014 et n’arrivera jamais
    • Maintien du Donbass dans l’Ukraine
    • Reflux des troupes russes sur leurs positions du 23 février.

    Zelensky a signé un oukaz avec la nouvelle composition de la délégation urkainienne.

    • David Arakhamia reste le chef de la délégation
    • 2 nouveaux venus qui sont de gros calibres :
      o Le ministre de la justice
      o Valériy Chally, ambassadeur plénipotentiaire, qui a été ambassadeur aux USA de 2015 à 2019, président du conseil d’administration de l’UCMC, associé à l’OSCE, représentant de l’Ukraine au conseil de l’Europe.
      L’entretien entre les ministres des affaires étrangères chinois et ukrainien, organisé à la demande de l’ukrainien, n’a rien donné de concret.

    Plus de 120 diplomates russes expulsés en Europe depuis une semaine, faisant suite à lexpulsion le 23 mars de 45 diplomates par la Pologne :
    France : 35 (sur 300 diplomates russes en France)
    Allemagne : 40
    Danemark : 15
    Suède : 3
    Belgique : 21
    Italie : 30
    Pays bas : 17
    Irlande : 4
    Slovaquie : 35
    Pays Baltes : 20

    La ligue des pays arabes a proposé sa médiation entre la Russie et l’Ukraine : c’est à lier à leurs inquiétudes sur l’appro en céréales et charbon mais aussi les prix du pétrole.

    Mark Milley, chef d’état-major des USA a dit qu’on assistait à une confrontation entre grandes puissances du monde.

    Danone et Auchan ne quittent pas la Russie contrairement à ce qu’on peut lire dans les medias mais, comme déjà prévu depuis le début de la crise, ont suspendu leurs investissements.

    IL y a eu une déclaration officielle des pays baltes sur un projet à l’étude pour fermer les frontières terrestres entre la Russie, la Biélorussie, les pays baltes et la Pologne : mais rien n’est acté et vu les conséquences que cela pourrait avoir, pas sûr que ces pays puissent le décider sans l’aval des 27.

    Il y a dans les sanctions européennes des restrictions prévues pour les opérateurs de transport ruses et l’accès des ports aux bateaux russes. On a noté ces derniers temps une valse des pavillons dans les transports, montrant que les opérateurs anticipent des problèmes.

    Les ravitailleurs d’essence en mer ont annoncé qu’ils ne fourniraient plus d’’essence aux bateaux avec pavillon russe en Méditerranée et surtout à Malte et en Espagne : ceux-ci vont certainement se tourner vers la Lybie, la Syrie et les pays d’Afrique du Nord.

    Zelensky a demandé l’exclusion de la Russie du conseil de sécurité de l’ONU : c’est inenvisageable, à moins de créer un nouvel ONU sans la Russie.

    4 Avril 2022

    La principale nouvelle c’est la découverte de 280 personnes abattues à Boutcha, ville près de Kiev, après le départ des troupes russes.
    Zelenski accuse la Russie mais la Russie dément et rejette la faute sur les ukrainiens.
    Le plus sage c’est de faire ce que propose le secrétaire général de l’ONU, c’est-à-dire de faire une commission d’enquête internationale indépendante.
    La conséquence principale c’est une nouvelle vague de sanctions à venir de l’Europe et des USA cette semaine.
    L’Europe ayant déjà mis de nombreuses sanctions n’a plus beaucoup de marge de manœuvre : on parle de sanctions sur le charbon, une partie du gaz russe, l’accès aux ports européens. Les USA en ont plus et même s’ils ont déjà renoncé au pétrole russe et ils parlent de sanctions secondaires pour les pays acheteurs de pétrole russe, qui aurait des effets boomerang avec une nouvelle hausse du prix du pétrole.

    La cour suprême de Russie soutient une proposition des députés russes de pénaliser la mise en application par les sociétés implantées en Russie des sanctions étrangères. Cette proposition n’est pas avalisée par le gouvernement. Et les associations d’affaires en Russie souhaitent qu’elle ne soit pas mise en œuvre car cela poserait des problèmes aux sociétés étrangères qui se trouveraient coincées entre la loi russe et leur siège étranger.

    Les discours de Peskov et Kadyrov de ce week-end montrent une certaine polarisation et radicalisation dans l’espace public russe.
    En effet, quelques heures après le discours de Peskov devant la TV biélorusse dans lequel il a dit que ceux qui étaient partis de Russie n’étaient pas tous des traites et ne devaient pas être calomniés, Kadyrov a dit qu’il fallait faire quelque chose avec l’échelle des priorités de Peskov.

    Les pourparlers entre délégations russe et ukrainienne se poursuivent. Selon les ukrainiens, il se sont mis d’accord sur un brouillon de projet avec les russes, sauf en ce qui concerne la Crimée car pour les russes c’est un dossier clos qui ne doit plus être abordé.
    Mais Medinski, président de la délégation russe, dit ne pas partager l’optimisme ukrainien et que, à part le principe de la neutralité ukrainienne, tout restait à faire.
    Par ailleurs Zelenski a dit ce dimanche que les USA n’avaient ppas présenté de garantie de sécurité à l’Ukraine et a décrit les discussions avec les différents pays pour les garanties de sécurité de l’Ukraine, comme peu fructueuses. Le Drian a dit que la France étudierait la question quand elle lui sera posée mais que pour l’instant il n’avait reçu aucune demande.
    La question des réparations a déjà été évoquée et certains pays européens et l’Ukraine ont envisagé de puiser dans les biens saisis des oligarques russes et les réserves gelées de la BCR pour payer les réparations de l’Ukraine. Mais ce devra faire l’objet d’une discussion de groupe comme pour les sanctions.

    Lors de la conférence de sécurité de Munich Scholz a vu Zelenski en tête-à-tête et lui a dit de renoncer à son projet d’entrée dans l’Otan mais Zelenski a refusé : c’était 5 jours avant le lancement des opérations spéciales.

    Le gouvernement lituanien a demandé à l’ambassadeur russe de partir et a rappelé son ambassadeur en Lituanie.
    La Lettonie a décidé de faire pareil.
    Cela n’est pas une rupture diplomatique totale car il reste un chargé d’affaires.
    Pour l’instant pas de changement pour l’Estonie.
    Mais cela soulève la question des transports routiers et d’un risque de blocus de Kaliningrad.
    Les Ukrainiens disent que le projet de fermeture des frontières physiques aux hommes et aux marchandises avec la Russie et la Biélorussie avance mais les principaux concernés, à savoir les Polonais et les Baltes ne disent rien. De plus comme ce sont des frontières extérieures de l’Europe, cela ne peut être fait sans une décision des 27, surtout que la Biélorussie est un pays de transit et même la Russie avec des points d’arrivée au Kazakhstan ou ailleurs.

    En Europe on voit 2 tendances émerger autour du conflit russo-ukrainien. Tout d’abord il y a une approche selon laquelle la priorité doit être la cessation des hostilités dans l’intérêt même de l’Ukraine. Mais, surtout en Grande-Bretagne dans le monde anglo-saxon, on pense qu’il faut faire durer le conflit, que l’Ukraine pourrait l’emporter, qu’il ne faut faire aucune concession à la Russie. En Ukraine ils pensent aussi que le temps joue en leur faveur. Cela va certainement générer un débat parmi les Européens. Mais, même si les 27 se mettent d’accord pour faire une action diplomatique en faveur d’un cessez-le-feu rapide, il reste le facteur américain : si cela ne convient pas à leurs plans, ils peuvent encore tout faire capoter.

    Paiement de gaz : certains pays européens s’y préparent déjà.
    La Slovaquie a déjà envisagé comment payer en roubles. La Lettonie a aussi décidé de payer en roubles. Mais le système envisagé par la Russie permet à tous de de voir midi à sa porte.

    Medvedev a dit la semaine dernière que la Russie envisageait de ne pas livrer de produits agricoles aux pays inamicaux mais ce serait un ballon d’essai pour tester les eaux.

    L’état russe a intérêt à ce que le rouble remonte car c’est une façon de démontrer que les sanctions n’ont que peu d’impact : c’est d’ailleurs ce qu’on peut lire dans la presse polonaise cette semaine, à savoir que les sanctions ne fonctionnent pas.
    L’annonce de la réouverture de l’espace aérien avec 52 pays est aussi une annonce dans ce sens : en fait c’est la fin de restrictions imposées à cause du Covid et cela concerne les vols charters sur les pays d’Afrique, Asie et Moyen Orient.

    Selon les informations connues à ce jour, la Russie entend payer la prochaine échéance de sa dette extérieure (2 milliards $) en dollars.

    En plus :

    • Le gouvernement russe discute de la possibilité d’interdire les contrats à l’intérieur du pays qui lient le paiement aux devises étrangères ou aux indices mondiaux des matières premières.
    • Un projet de loi sur un permis de séjour à durée indéterminée pour les spécialistes hautement qualifiés et les membres de leur famille a été présenté.
    • Signature d’un décret visant à suspendre les accords d’assouplissement des formalités de délivrance des visas avec les pays de l’UE hostiles, la Norvège, la Suisse, le Danemark, l’Islande et le Liechtenstein.
    • Ministère de l’Intérieur : les citoyens ukrainiens pourront travailler en Russie sans brevet, leur permis de conduire sera reconnu au même titre que les permis russes.
    • L’ambassade de Norvège a repris la délivrance de visas non touristiques pour les citoyens russes depuis le 4 avril. La délivrance de visas touristiques pour les Russes devrait reprendre en mai.
    • L’ambassade de France en Russie a commencé à délivrer des visas touristiques depuis le 1er avril.
    • La Russie expulse 4 diplomates lituaniens, 3 lettons, 3 estoniens et 3 slovaques.
    • Les Pays-Bas expulsent 17 diplomates russes, la Belgique – 21, l’Irlande – 4, la République tchèque – 1 diplomate russe.
    • Les aéroports du centre et du sud de la Russie restent fermés jusqu’au 7 avril.
    • Aeroflot a ouvert la vente de vols directs de Sochi vers l’Arménie, l’Egypte, Israël, le Kazakhstan, la Turquie et l’Ouzbékistan.
    • La Poste russe a suspendu l’acceptation des envois vers la Pologne, le Danemark et la Suède.
    • La Finlande a arrêté les communications ferroviaires de passagers avec la Russie, les communications ferroviaires de marchandises restent opérationnelles.
    • Les utilisateurs russes d’Airbnb ne pourront plus louer de logement par l’intermédiaire d’Airbnb dans aucun pays du monde.

    1 Avril 2022

    Tout d’abord les nouvelles économiques.

    La BCR a levée certains restrictions concernant le transfert de fonds en devises. Entre autres les citoyens russes, les résidents russes et les non-résidents peuvent transférer 10000$ par mois.
    Pour les non-résidents de pays inamicaux c’est possible s’ils ont un contrat de travail.

    Les américains ont mis certaines entreprises russes du secteur des puces électroniques sous sanction.

    L’Allemagne envisagerait de nationaliser les actifs de Gazprom et Rosneft en Allemagne : Gazprom est sorti de Gazprom Germania et pas encore de retour de Rosneft.

    Il semblerait que la Russie ait mis de ‘eau dans son vin concernant les m-nouvelles modalités de paiement du gaz russe pour les sociétés de pays inamicaux : En fait elles continueront à payer en Euro ou dollar mais pas directement à Gazprom mais à Gazprombank et Gazprombank fait la conversion en roubles et ensuite le virement en rouble se fait à Gazprom, par contre elles auront l’obligation d’ouvrir un compte à Gazprombank pour pouvoir effectuer les paiements.
    Ce mécanisme va permettre en fait de soutenir le rub.

    Poutine a signé un décret permettant aux compagnies aériennes russes de payer leurs échéances à leurs créanciers des pays inamicaux en roubles.

    Les américains ont allégé les sanctions sur les engrais minéraux suite à un fort lobbying du Brésil. Cela montre que les américains savent être souples et sont tout d’abord pragmatiques pour ne pas se pénaliser, contrairement aux européens.

    Gita Gopinath, la numéro 2 du FMI a fait une déclaration concernant la dédollarisation de l’économie. Elle a dit que cela faisait plusieurs mois qu’on notait une baisse de la part des dollars dans les échanges mondiaux et que cette baisse s’accélérait et qu’elle s’inquiétait de la fragmentation monétaire à venir des échanges internationaux. Cette tendance va avec la logique de la régionalisation de l’ordre mondial autours de blocs économiques et politiques qui ont des sensibilités divergentes. Et on voit encore là, peut-être, une ramification de l’utilisation par les USA comme une arme économique du dollar et de l’extraterritorialité du droit américain qui dure depuis des décennies mais qui a pris, vu la globalisation des proportions colossales.

    Sur le plan sociétal

    Un exemple de l’effet de la double peine que subissent certains russes
    Anna Netrebko, soprano, avait exprimé son désaccord avec les actions de la Russie en Ukraine. Mais ses employeurs (Bavarian State Opera et Metropolitan Opera) a annulé ses représentations quand elle a refusé de prendre une position plus marquée. Et maintenant, l’opéra de Novossibirsk l’a déprogrammée à cause de sa déclaration initiale.

    Dans un sondage, la fondation de l’opinion publique a demandé aux russes leur vision des relations futures entre les russes et les occidentaux :
    38% ont dit que cela s’arrangerait dans un délai de 3 ans
    33% ont dit que cela s’arrangerait dans un délai de plus de 3 ans

    Natalya Poklonskaya, vice-présidente de Rossotrudnichesvto (agence de coopération internationale de la Russie) qui était jusqu’en 2014 procureur en Crimée puis députée à la Douma a déclaré que toutes les victimes ukrainiennes ne sont pas des partisans de Bandera mais qu’il y a aussi des civils.

    Volodin, président de la Douma, a demandé aux hauts fonctionnaires russes opposés à la politique de Poutine de démissionner.

    Levada a publié un nouveau sondage, cette fois, sur l’action russe en Ukraine.
    Cette fois beaucoup d’interviewés ont refusé de répondre mais cette abstention a été prise en compte dans les correcteurs.
    A la question que pensez-vous de l’action en Ukraine entre ceux qui la soutiennent fermement et ceux qui la soutiennent moyennement, on a 81% en faveur de cette action.
    Il y a des écarts selon les générations :
    Les 18—24 ans soutiennent fermement à hauteur de 24% alors que les plus de 55 ans, soutiennent fermement à hauteur de 64%. Ces derniers soutienennt aussi moyennement à hauteur de 22%.
    Il y a eu aussi une question sur pourquoi selon eux l’occident a réagi aussi fermement contre la Russie. Les 3 raisons principales sont :
    36% disent que l’occident est sous la coupe des USA et de l’OTAN sans souveraineté
    29% disent que les medias occidentaux font des campagnes de désinformation contre la Russie.
    27% disent que le monde a toujours été contre la Russie.
    Le livre « 1000 ans de russophobie » de Guy Mettan (journaliste suisse) permet de comprendre cette notion de forteresse assiégée et l’esprit grégaire russe, comment s’est né, pourquoi ca dure et le problème du tiraillement perpétuel de la Russie entre sa double identité géographique entre l’Europe et l’Asie, ce mouvement de balancier qui est en ce moment en faveur de l’Asie.

    Il y a actuellement une émotion immense en France et en Occident autour de ce qui se passe : cela va dégrader encore plus une perception de la Russie qui n’était déjà pas très positive. Cela va structurer les perceptions occidentales de la Russie pour des décennies.

    Sur le plan diplomatique

    Les négociations russo-ukrainiennes ont repris en ligne.

    Zelenski a rappelé son ambassadeur au Maroc car il estime qu’il n’a pas été efficace puisque le Maroc n’a pas sanctionné la Russie.

    Von Der Leyen a menacé de punir les pays africains s’ils ne sanctionnaient pas le Russie.

    Bliken est allé à Alger pour obtenir qu’ils sanctionnent la Russie mais les résultats sont inexistants.

    Jeudi, Pekin a déclaré que les relations avec la Russie étaient robustes et résilientes. Ils restent quand même prudents par rapport aux risques de sanctions américaines et par exemple Sinopec a pris ses distances sur certains projets russes.
    La CEE met aujourd’hui de la pression sur la Chine pour qu’ils arrêtent de soutenir la Russie mais il y a peu de chance que cela aboutisse.

    Le président turc a dit que la Turquie était prête à être garant pour l’Ukraine.
    Le président allemand a dit que les garanties ne seront pas comparables en termes de force à celles de l’article 5 de l’Otan.

    Lavrov, en Inde, a rappelé que la question avançait bien sur le sujet de la neutralité.
    Il a aussi dit que la Russie avait aussi besoin de garanties de sécurité. Il a rappelé les fondamentaux des documents de l’OSCE signés à Istanbul en 1999, la déclaration d’Astana de 2010 et qu’aucun état ne peut assurer sa sécurité aux dépens de la sécurité d’un autre état. Cela remet en avant le fait que pour la Russie le principe clef est l’indivisibilité de la sécurité euro-atlantique alors que pour l’Otan c’est la liberté des états pour organiser leurs alliances de sécurité en se basant sur les actes finaux d’Helsinki, charte de Paris de 1990)

    Le cessez-le-feu ne peut être signé que par Poutine et Zelenski.
    Mais cette étape ne sera pas une étape de négociations. Quand ils se rencontreront c’est que tout aura été déjà négocié et convenu : les ruses ont un très mauvais souvenir du sommet de Paris en 2019.

    Concernant les sanctions, rien ne filtre de ce qui se dit entre russes et ukrainiens. Mais de toute façon ce n’est pas un sujet bilatéral.
    Un vice-ministre des affaires étrangères russe a rappelé que la Russie ne quémandera rien en ce domaine et la Washington post a indiqué qu’à ce stade, il n’y avait pas d’unanimité en Europe. Mais c’est clair qu’il n’y aura pas de sortie de crise sans le traitement de ce dossier.

    Visa
    Le MID a confirmé que le décret sur les visas ne concernait que les hauts fonctionnaires européens et les parlementaires.
    Ils ont montré une forte préoccupation pour que les entreprises étrangères restent en Russie et aussi leurs cadres dirigeants étrangers.
    D’ailleurs cela se voit dans les nouvelles modalités d’obtention de permis de résidence pour les VKZ et la simplification des procédures pour les visas et permis de résidence.

    Mars 2022

    31 Mars 2022

    Le sujet le plus tumultueux du jour : le changement de devise pour le paiement du gaz russe.
    Poutine a dit à Draghi que les sociétés européennes pourraient continuer à payer en euros.
    Poutine a aussi dit à Scholz que le paiement en rouble était une conséquence du gel des réserves de la CBR par les pays européens mais que pour les contrats en cours les modalités de paiement ne changent pas si ce n’est que tous les paiements doivent être fais à Gazprombank qui se chargera de les changer en roubles. Mais que pour les nouveaux contrats ils sont en train d’étudier le règlement en roubles.
    Mais une dépêche de dernière minute annonce que Poutine vient de signer un décret concernant les paiements en roubles du gaz et que les acheteurs devraient ouvrir un compte en roubles chez Gazprombank pour pouvoir payer leurs achats. Selon l’AFP ce serait immédiat. Mais il faut vérifier la date d’application du décret et ses modalités exactes.
    Pour information les pays inamicaux représentent 70% des exportations de gaz russe et 50% des exportations totales de la Russie.
    Mais d’un autre côté le gaz russe couvre 94% des besoins de la Finlande, 49% de ceux de l’Allemagne et 24% de ceux de la France.
    Donc aussi bien les pays très dépendants du gaz russe que Gazprom sont en train d’envisager tous les scenarii possibles.
    Le G7 ne veut pas payer le gaz en roubles car ils pensent que c’est un ballon d’essai de la part de la Russie et que s’ils acceptent alors bien d’autres produits russes (la Russie est un important fournisseur de nombreuses matières premières) soient à payer en roubles. Et cela pourrait donner des idées à d’autres pays comme la Chine ou l’inde. Et alors ce serait la fin du système de Bretton Wood.

    Autres nouvelles économiques

    • Les USA ont assoupli les sanctions sur les engrais minéraux russes car elles ont généré des problèmes d’approvisionnement sur le marché mondial, créant des tensions énormes. Les USA et l’Europe envisagent même, selon certains experts, de lever certaines taxes en vigueur sur les engrais russes pour diminuer la pression sur le marché mondial.
    • Poutine vient de signer un ukaz dans lequel, pour assurer la souveraineté technologique et la sécurité de l’infrastructure critique de l’information, il est demandé aux sociétés publiques russes et leurs sous-traitants de ne plus utiliser de programmes de fournisseurs étrangers d’ici le 1er janvier 2025.

    L’opinion publique en Russie est encore plus favorable à l’état ce mois-ci que le mois précédent selon l’enquête menée par l’institut Levada, cabinet qu’on ne peut supposer comme étant à la botte de l’état puisqu’il est qualifié en Russie comme un agent de l’étranger.
    Tous les mois ce cabinet mène une enquête pour mesurer l’état de l’opinion russe par rapport aux instances gouvernementales.
    Le % de réponses positives a augmenté comme le montrent les chiffres ci-dessous.
    février 2022 mars 2022 Commentaire
    % d’approbation de l’action de Poutine 70% 83% on retrouve le % atteint en 07-2017
    % de rejet de l’action de Poutine 27% 15%
    % d’approbation de l’’action du 1er ministre 60% 71% on retrouve le % atteint en 09-2014
    % d’approbation du gouvernement 70% % jamais atteint depuis 22 ans que cette question est posée
    % de confiance en Poutine 34% 44%
    % de confiance dans

    • 1er ministre
    • Ministre des affaires étrangères
    • Ministre de la défense ils ont progressé de +1% à +4%
      Il est à) noter que pour la première fois, l’armée n’est pas l’institution russe dans laquelle les russes ont le plus confiance, mais Poutine.
      Au contraire des autres enquêtes d’opinions menées par d’autres instituts, la question ne porte pas sur l’approbation de l’action spéciale en Ukraine. Ce sont des questions posées tous les mois pour mesurer les tendances.
      Cette recrudescence de confiance dans les institutions provient d’abord de l’empilement sans précédent des sanctions : les gens on le réflexe de serrer les rangs.
      Les réactions anti-russes en occident, surtout l’annulation des évènements culturels et artistiques ont aussi marqué l’opinion russe.
      Et cette montée de confiance se constate dans toutes les strates de la population, même chez les oligarques. Vu la chasse actuelle aux oligarques russes en occident, ceux-ci ressentent aussi le besoin de resserrer les rangs autour du président et reviennent en Russie car ils ont compris que, même si on signait un accord demain, le retour à la normale ne serait pas dans l’immédiat mais dans des années, peut-être.
      Se pose la question du niveau d’information des russes. Selon des instituts de marketing qui n’ont donc aucune motivation politique, les russes déclarent majoritairement être informés.
      Leurs canaux d’information sont les v-suivants :
    • 1ère source d’information la télé et principalement 1er canal, Rossia 24 et Svezda (la chaine du ministère de la défense)
    • 2ème source d’information : le web
    • 3ème source d’information : les réseaux sociaux, surtout Telegram

    Diplomatie
    Les pourparlers entre les délégations russe et ukrainienne reprennent demain en format en ligne.
    David Arakhamia, conseiller de Zelenski et membre de la délégation ukrainienne a dit qu’il souhaitait que le projet d’accord de paix soit élaboré dans les prochains jours pour qu’ils puissent après s’attacher aux préparatifs d’une rencontre entre Poutine et Zelenski.
    D’un autre côté Andreï Yermark, chef de l’administration ukrainienne s’est plaint des sanctions de l’occident vis-à-vis de la Russie car elles n’agissaient pas assez vite et il a dit que l’Ukraine n’avait pas le temps d’attendre qu’elles agissent et qu’il fallait les accroitre le plus possible et le plus vite possible.
    Et Zelenski, lors de son discours devant le parlement australien est allée dans le même sens lorsqu’il a demandé à prendre rapidement de nouvelles sanctions contre la Russie.
    Le même jour, Zelenski a aussi fait une intervention devant le parlement hollandais dans laquelle il a demandé de nouvelles livraisons d’armes et des promesses de fonds pour reconstruire le pays.
    Par ailleurs, Alexei Arestovich, conseiller de Zelenski, a dit Que l’industrie de défense ukrainienne était anéantie par les actions russes.
    Podoliak, autre membre de la délégation ukrainienne a précisé l’importance d’Abramovich dans les négociations car il assure la logistique entre les 2 délégations et car il joue un rôle de modérateur non négligeable et qu’il a permis la fluidité de la communication entre les délégations.
    De son côté le ministre des affaire étrangères turc a dit ne pas constater de mise en œuvre suite aux résultats des pourparlers d’Istanbul mais il a dit que les ministres des affaires étrangères russe et ukrainien seraient susceptibles de se rencontrer à nouveau d’ici 2 semaines.
    Poutine, lui, a dit à Draghi qu’il estimait que les conditions d’un cessez-le-feu en Ukraine n’étaient pas encore réunies.
    Enfin, après le Donbass, c’est au tour de l’Ossétie du Sud d’annoncer la tenue d’un référendum pour être rattachée à la Russie, référendum qui, s’il doit avoir lieu, se déroulerait après le 10 avril, date de l’élection présidentielle en Ossétie du Sud.
    Ce sont peut-être des projets pour contrecarrer la projet de référendum eu Ukraine pour le traité de paix qui est vu par les russes comme une manœuvre dilatoire.

    Pour les entreprises françaises
    La CCIFR fait l’accompagnement des entreprises souhaitant fermer leur structure russe mais poursuivre leur activité à 3 niveaux : démarches administratives, management de transition, portage salarial.
    Aujourd’hui la CCIFR a rencontré le président du RSPP, Alexandre Shokhin et a acté avec lui de la création d’un comité commun pour la défense des investisseurs étrangers, en liaison avec les ministères et organes fédéraux concernés, pour travailler sur des projets de lois en amont.

    30 Mars 2022

    Rien de bien significatif aujourd’hui.

    Sur le plan diplomatique il ressort des déclarations des uns et des autres que cela va prendre du temps car il va falloir aller dans les détails.
    En effet si Medinski a rappelé que l’Ukraine avait souscrit dans ses propositions d’hier a un certain nombre d’exigences de la Russie en matière de neutralité, Peskov, lui, a déclaré qu’il n’y avait pas de percée significative et rappelé que la Crimée ne peut être un sujet de discussion avec qui que ce soit.
    Et Podoliak, de son côté, a rappelé que l’accord de paix sera soumis à un référendum et que celui-ci ne pourra avoir lieu que lorsque les troupes russes se seront repliées sur leurs positions à 23 février.
    Il semblerait qu’une partie de la population russe ait réagi négativement aux déclarations de Medinksi d’hier et voit cela comme un aveu d’échec. Cette théorie de l’échec de l’action militaire russe et de là de l’échec politique de la Russie courre aussi en Europe.

    Il y a eu beaucoup d’échanges téléphoniques :

    • Mario Dracchi doit appeler Poutine aujourd’hui, certainement au sujet des paiements en roubles pour le gaz
    • Scholz a téléphoné à Zelenski aujourd’hui pour discuter des conditions de sécurité pour l’Ukraine et Scholz a dit que l’Allemagne était d’accord pour être garant
    • macron et Poutine ont parlé hier pour discuter du paiement du gaz en roubles et du fait que les bataillons nationalistes ukrainiens de Marioupol doivent déposer les armes.

    Sur le plan économique il semblerait qu’on assiste au début de la fin de la domination écrasante du dollar.
    En effet Lavrov est en chine et va faire une tournée asiatique, voire peut-être aller en Inde.
    Il y a des discussions en cours pour un mécanisme tripartite entre Russie, chine et Inde pour contre les sanctions occidentales et réduire les restrictions liées au le dollar.
    Par ailleurs le président grec a convoqué en urgence une réunion du gouvernement pour discuter du paiement du gaz en roubles, alors qu’on aurait pu penser le sujet clos après la déclaration de l’UE.
    L’Union des exportateurs de céréales (comprenant Rif Trading House, Aston, Demetra Trading, Cargill, Viterra, etc.) aurait demandé à la Banque centrale russe d’étudier la possibilité pour les acheteurs étrangers de céréales russes d’effectuer des paiements en roubles sur les contrats d’exportation : à suivre pour voir ce qu’il en sortira.
    La Syrie a déclaré être prête à payer le blé en roubles.
    Viatcheslav Volodine, président de la Douma d’état, a exprimé son souhait que des produits d’export, autres que le gaz, soient aussi payables en roubles.

    29 Mars 2022

    Il y a eu aujourd’hui des avancées notables sur le plan diplomatique

    La réunion des délégations russe et ukrainienne a eu lieu aujourd’hui à Istanbul et a duré 4 heures.
    Les 2 parties ont qualifié les pourparlers de constructifs.
    Il n’y a pas eu de document signé mais les ukrainiens ont remis aux russes une série de propositions pour avancer vers un accord qui vont être étudiées par le Kremlin et dont le contenu est le suivant.
    L‘Ukraine confirme être d’accord pour maintenir une neutralité et une dénucléarisation mais en échange veut une série de pays garants sur le modèle de l’article 5 de l’Otan.
    Les pays pressentis sont : les 5 pays du conseil de sécurité de l’ONU y compris la Russie, la Pologne, Israël, le Canada, l’Allemagne et la Turquie.

    En échange l’Ukraine s’engage à ne pas rentrer dans une alliance militaire, ne pas avoir de bases militaires étrangères sur son territoire et ne permettre des manœuvres militaires sur son territoire qu’avec l’accord signé des pays garants.
    Mais cet accord de paix, pour être mis en œuvre doit être validé par un référendum en Ukraine, puis ratifié par la Rada et par les parlements des pays garants.
    Par contre la Crimée et les territoires « spécifiques » ne seront pas inclus dans ces accords pour aller plus vite.

    Pour la Crimée, l’Ukraine propose un délai de 15 ans pour que la Russie et l’Ukraine statuent de façon indépendante sur l’avenir de cette région.

    Pour les autres territoires (les territoires spécifiques des régions de Lougansk et Donetsk), ils proposent une négociation confidentielle séparée entre les présidents russes et ukrainiens. Pour les autres territoires, dans l’esprit des 2 délégations, il s’agit des frontières administratives de ces territoires et non des frontières telles qu’elles étaient au 24 février. On peut imaginer que Marioupol fera partie de ces territoires car il semble étonnant de laisser une ville encerclée par des territoires à statut particulier.
    En contrepartie la Russie ne s’opposerait pas à ce que l’Ukraine se rapproche de la CEE.
    D’autres changement d’éléments de langages et de lignes conductrices montre que cela bouge.
    En effet Medinski a dit qu’a priori, la Russie ne s’opposera pas à ce rapprochement entre l’Ukraine et la CEE, ce qui change énormément des positions de 2014.
    Et le vice-ministre de la Défense russe a dit que la Russie allait réduire radicalement son activité militaire sur Kiev et Tchernigov.

    La question majeure est le référendum ? Est-ce une façon pour Zelenski de se couvrir politiquement ou est-ce une façon de se garantir d’une date du retrait des troupes russes ou encore est-ce une manœuvre dilatoire de l’Ukraine vis-à-vis de la Russie ?

    Car en effet un référendum suppose le retrait des troupes russes du territoire ukrainien mais s’il ne se déroule pas comme prévu et si le résultat n’est pas celui escompté, que va faire la Russie ? Cela aussi rallonge le processus de paix. Et pourquoi la Russie retirerait ses troupes de l’Ukraine tant que le traité de paix n’est pas signé ? Donc on peut s’attendre à des demandes de garanties sur le déroulement du référendum et le choix des questions dans le référendum de la part de la Russie.
    Et si tout est arrangé, il va falloir modifier la constitution ukrainienne car depuis 2014 les aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine sont inscrites dans la constitution et c’est la Rada qui devra modifier cette constitution.

    Un autre point important : toutes les sanctions devront être statuées pour cet acccord.
    Par ailleurs toutes les négociations entre la Russie et l’occident sont suspendues, sauf celles sur l’espace orbital et le spatial car les USA considèrent que cela fait partie de leur zone de sécurité. Il y aura donc la nécessité de reprendre toutes ces discussions dans la foulée de l’accord russo-ukranien, pour éviter les répétitions malheureuses de ce qui s’est passé en 1991.

    Autres nouvelles du jour

    Nouvelle vague d’expulsion de diplomates russes : 17 dans les pays blates, 21 en Belgique et 4 en Hollande.

    Série de mesures du gouvernement russe en faveur du secteur des hautes technologies pour, peut-être enrayé la fuite des cerveaux dans ce secteur :

    • les jeunes hommes en âge de faire leur service militaire pourront en être dispensé s’ils travaillent dans ce secteur ;
    • Les PME de ce secteur peuvent bénéficier de prêts à taux préférentiels de 3%.
    • Michoustine a dit qu’un nouveau paquet de sanction était à l’étude.
    • Le gouvernement prévoit 2 millions de chomeurs en plus cette année.

    Matviyenko, présidente du sénat russe, a dit qu’elle était opposée aux nationalisations des entreprises parties.

    Le rouble s’est encore consolidé. Les cours de demain de la BCR sont :
    1$ = 86₽
    1€ – 96₽

    Décathlon a annoncé la suspension de son activité suite à des problèmes d’approvisionnements car la majorité de leurs produits sont importés.

    OBI ; il y a eu une annonce en Russie qu’ils allaient rouvrir. C’est à vérifier.

    Gazprom : tous les pays concernés réaffirment leur refus de payer en roubles. Peskov, la porte-parole du président russe, a dit que s’il n’y avait pas de paiement, il n’y aurait pas de gaz. Mais en fait la seule perdante c’est la Russie. Peut-être y aura-t-il une étape via des avocats pour trouver des accords et des amendements aux contrats.
    En effet Gazprom livre :

    • 141 milliards m3 en Europe
    • 27 milliards m3 en Turquie
    • 30 milliards m3 en Chine dont les besoins sont de 160 milliards.
      Le GNL reste marginal : 20 milliards m3
      Donc modifier les destinations prendra techniquement du temps.

    Sinon on est en pleine guerre informationnelle de toutes parts et personne n’’a leclusivité du mensonge et de la vérité.

    IL y a eu récemment la circulation d’une vidéo montrant des prisonniers de guerre russes torturés par des militaires ukrainiens. Cela a été abordé à Istanbul et les ukrainiens ont assurés aux russes que cela ne se reproduirait pas et par ailleurs le général russe Charmanov a dit que les responsables de ces tortures à Kharkov avaient été capturés.
    Mais il faut rester prudent et factuel.
    Dans le cadre de cette guerre de communication, les russes ne communiquent pas trop acr ils ont renoncé à convaincre l’occident. Ils ont perdu la guerre de communication en occident mais si on regarde, ils ne l’ont pas perdu dans d’autres parties du monde car les pays d’Amérique Latine, du Golfe, de l’Afrique et d’Asie restent très en retrait.

    Toujours pas de précision quant à l’annonce de Lavrov concernant la réciprocité de la délivrance des visas. Mais la CCIFR a une réunion au MID vendredi à ce sujet.

    28 Mars 2022

    Déclaration de Lavrov au sujet de la réciprocité sur les visas : La Russie devrait rendre le processus d’obtention des visas plus compliqués pour les pays inamicaux qui ont rendu eux-mêmes l’obtention de visa compliquée.
    Cela ne concernerait que les visas pour les diplomates et les fonctionnaires internationaux.

    Déclaration du G7 qui confirme que les pays membres ne veulent pas payer le gaz en roubles. La balle est de nouveau dans le camp de Gazprom qui, en collaboration avec la BCR a jusqu’à la fin de mois pour mettre en place un processus de paiement en roubles.

    Le ministre de l’industrie, Manturov, a déclaré que cela prendrait 4 à 6 mois pour réorganiser les circuits logistiques.

    LA VED a dit que le pouvoir d’achat des russses devrait être à -12% cette année.

    Heineken et Carlsberg ont annoncé la cession de leurs actifs russes.

    Novaya Gazeta a suspendu ses activités suite à 2 avertissements de l’état jusqu’à la fin des opérations spéciales en Ukraine.

    Le cours du rouble se maintient à 92₽ pour 1$ et 100₽ pour 1€. ceci est certainement dû à l’Inde qui achète de grosses quantités de pétrole avec une remise de 30$ et qui paye en roubles.

    Les prochains pourparlers entre les délégations russe et ukrainienne auront lieu cette semaine à Istanbul.
    Zelenski a fait un discours à ce sujet à des médias russes. Il accepte le principe de neutralité.
    Ils estime que les points suivants sont encore à étudier en profondeur : les garanties de sécurité aussi importantes pour la Russie que l’Ukraine selon lui, la neutralité, le statut dénucléarisé de l’Ukraine.
    Mais pour lui le reférendum en pourrait avoir lieu que lorsque les troupes russes se seront retirées.
    Il n’apprécie pas trop les annonces de la Turquie concernant l’évolution des pourparlers.

    Donbass et Lougansk : il y a des déclarations très variées.
    Certains responsables ukrainiens ont déclaré que la Russie envisageait d’élargir sa zone d’influence et de la pérenniser jusqu’à Kharson ;
    La Russie a d’autres priorité : il s’agit pour les russes de créer un nouveau rapport de force sur le terrain pour obtenir un accord de paix global qui inclue la neutralité, la démilitarisation, le statut des régions, le statut de la langue alors que l’Ukraine essaye de limiter le contenu de l’accord.

    Lougansk a évoqué la possibilité d’un référendum pour être rattaché à la Russie.

    Viktor Orban, 1er ministre hongrois, a récemment évoqué les problèmes que rencontraient les magyar ukrainiens et le fait que leur langue n’était pas non plus reconnu.

    La Grèce, la Turquie et la France ont proposé conjointement une mission m-humanitaire sur Marioupol.

    Une délégation britannique est allée en inde pour essayer de convaincre l’Inde de ne plus soutenir la Russie : l’Inde a refusé de les recevoir.

    Le Japon a déclaré qu’il n’était pas question de saisir les 33 milliards de yens gelés de la BCR.
    Macron a dit quelque chose de similaire.

    Le fil rouge de l’Ukraine depuis 1994 c’est le refus de toute forme de fédéralisme : ils veulent être un état unitaire. Donc il semble improbable de pouvoir envisager une structure étatique similaire au fédéralisme helvétique.

    25 Mars 2022

    Aujourd’hui c’est plutôt calme comparé à hier.

    Côté diplomatie, toujours pas d’informations directes sur les négociations entre russes et ukrainiens.
    Mais le président turc a dit que la Russie et l’Ukraine avaient trouvé des accords sur certains points : la neutralité de l’Ukraine, la démilitarisation de l’Ukraine, à savoir la non existence de systèmes offensifs, la sécurité collective et l’octroi de statut officiel à la langue russe.
    Par contre l’Ukraine refuse de céder la Crimée et le Donbass.
    Par sécurité collective, il faut comprendre les garanties de sécurité pour l’Ukraine en échange de sa neutralité mais c’est aussi une expression utilisée pour les relations entre la Russie et les USA.
    La dernière déclaration de Medinski confirme les dires du président turc.
    Il y a eu des accrochages dans le Haut Karabakh entre Azéris et arméniens. Cela a déclenché un coup de fil du ministre de la défense russe à son collègue azéri.
    Zelenski a reçu les chefs des 3 pays baltes.
    Rien n’a filtré des décisions prises au sommet de l’Europe et celui du G7.
    Entre autres, il semblerait que le 5ème volet de sanctions européennes ne serait appliqué qu’en cas d’évènement grave.

    La CBR a annoncé détenir toutes ses réserves en or sur le territoire russe : cela contrecarre les plans de Biden qui souhaitait empêcher la Russie d’utiliser son or.

    La Turquie est prête à accepter des règlements en roubles pour les activités touristiques des russes.

    Le nombre d’interventions et discours de Medvedev depuis quelques mois laisse penser qu’il souhaite se remettre dans la course.

    Les sciences humaines ne seront plus enseignées dans les universités russes ce qui est un signe triste.

    L’Europe a signé avec les USA un contrat de fourniture de gaz liquide pour 15 milliards de m3, soit 10% de ce que la Russie fournit à l’Europe. Le prix du ù3 n’est pas connu.

    Les sanctions n’auront que peu d’impact sur le mode de vie de la population puisque 50% vit déjà difficilement et n’a donc pas accès aux modes de consommations de produits importés, surtout de produits de luxe comme les vins à plus de 300€ de prix EXW. C’est surtout la jeunesse et la classe sociale moyenne urbanisée qui va sentir les effets des sanctions.

    Quant au remplacement des produits technologiques importés, il. Va y avoir des projets abandonnés, bloqués et il y aura des contournements des sanctions.
    Pour l’instant, dans certains domaines de haute technologie, comme par exemple la défense, le niveau de substitution possible est de moins de 30%.
    Il y-est clair que les sanctions ont pour but de maintenir le fossé technologique entre la Russie et l’occident, voire de le développer jusqu’à ce que la Russie décroche et soit affaiblie.
    Mais d’un autre côté, si les sanctions durent, cela va pousser la Russie à développer des solutions de rechange et devenir indépendante et autonome : voire l’exemple de ‘Europe qui est devenue une puissance spatiale suite aux sanctions américaines des années 60.

    Crise céréalière :
    Aujourd’hui coup de fils entre Zelenski et Kaïs Saïed.
    L’Egypte est l’invité d’honneur du prochain forum de St Pétersbourg qui aura lieu mi-juin.

    Pour les voyageurs :
    Le train entre St Pétersbourg et Helsinki vient d’être annulé par la Finlande suite aux nouvelles sanctions américaines sur RZhD.
    Donc pour passer la frontière avec la Finlande il reste le bus (9 heures de route de Moscou à Helsinki) et la voiture.

    24 Mars 2022

    Le nouveau paquet de sanctions anglaises et américaines concerne 59 personnes et 358 sociétés mais il n’y a pas d’extension sectorielle.

    La bourse de Moscou a rouvert partiellement avec 33 titres aujourd’hui. Il y a une bonne tenue des titres avec un indice global à +4,37% et des variations importantes selon les titres : Aeroflot a fortement chuté alors que Sberbank et les grands groupes pétroliers, gaziers et de matières premières ont progressé. Bien sur les non-résidents n’ont pas le droit de vendre. Mais l’état qui avait alloué un fonds spécial d 1 milliard de roubles, n’a pas eu à intervenir, ce qui serait un bon signe.

    L’inflation est à +2% par semaine depuis 3 semaines. Certains produits ont des hausses de prix plus fortes : par exemple le sucre est à +15%.
    Les prévisions se rejoignent pour annoncer une baisse de l’économie russe de 6 à 8% cette année.

    Le grand dossier en cours : le paiement du gaz en roubles par les pays inamicaux.
    Poutine a donné au gouvernement une semaine pour pouvoir mettre en application cette décision.
    Les premières réactions sont plutôt négatives.
    Les japonais ont dit ne pas savoir comment faire.
    Les sociétés autrichiennes et polonaises partenaires de Gazprom disent qu’elles vont continuer à payer en Euros, comme prévu dans les contrats.
    Plusieurs ont déclaré en Allemagne que c’était une rupture unilatérale de contrat par Gazprom. Le Bundestag a dit que c’était techniquement possible mais politiquement très connoté.
    Les réactions côté russe sont aussi très variables. Certains disent que c’est habile et d’autres disent que c’est risqué car cela pourrait inciter l’Europe à accélérer son indépendance vis-à-vis du gaz russe. Mais il faut noter que physiquement les Européens ne peuvent pas se libérer du gaz russe rapidement et encore moins en ce moment car c’est la période où l’Europe a des stocks très faible et doit les reconstituer pour l’automne et l’hiver prochain.

    L’objectif de cette décision peut être double :
    1/ faire supporter aux clients de Gazprom provenant de pays inamicaux le fardeau du soutien du roubles puisque la ½ des avoir de la BCR sont gelés par ces mêmes pays.
    2/ placer les occidentaux devant un choix cornélien : se dédire partiellement sur les sanctions ou s’infliger un embargo gazier.
    C’est astucieux car en fait cela renvoie la balle dans le camp des occidentaux : c’est eux qui doivent faire le choix.
    Comme déjà dit hier, la Russie continue de payer à l’Ukraine des droits de transit du gaz et l’Ukraine de les accepter.
    Si les gazoducs ukrainiens venaient à être coupés, cela ferait perdre un appro de 41 milliards de m3 de gaz. Ce serait un gros problème et pour la Russie et pour l’Europe. Et la seule solution à court terme serait ouvrir NordStream 2.

    Négociations russo-ukrainiennes : il n’y a pas d’informations nouvelles sur l’avancement des négociations.
    Mais le ministre des affaires étrangères ukrainien a dit qu’ils étaient en train de mener des pourparlers avec les USA, la Grande-Bretagne la France, l’Allemagne et la Turquie pour les garanties de sécurité en échange d leur renoncement à postuler à l’Otan.

    Sommet de l’Otan
    Zelenski s’est exprimé à ce sommet via une vidéo-conférence.
    Il a demandé une aide militaire continue des pays de l’alliance et a même demandé que les pays de l’alliance lui donnent 1% de leurs parcs de tanks et d’avions militaires comme assistance militaire.
    Son ton était plutôt amer et plein de reproches.
    L’Otan a exhorté la Chine a prendre position contre l’intervention de la Russie en Ukraine.
    L’Otan a confirmé qu’il n’y aurait pas de mission de maintien de la paix en Ukraine.
    L’Otan a décidé d’implanter 4 nouveaux battle-groups en Bulgarie, Roumanie, Hongrie et Slovaquie.
    Jens Stoltenberg a vu son mandat prolongé d’un an.

    Autres nouvelles diplomatiques
    La Pologne a gelé les comptes de l’ambassade de Russie en Pologne.
    Les USA ont dit qu’ils allaient accueillir 100 000 réfugiés ukrainiens.
    La Corée du Sud réactive le régime sans visa pour les Ruses à partir d’avril.
    Lavrov a dit que Macron était le seul à ne pas se coucher devant les USA.
    Les russes ont qualifié Johnson comme étant le plus anti-russe.

    Zelenski et ses interventions
    Il peut demander ce qu’il veut mais il n’y a que lors de sa conférence au parlement français qu’il a demandé à ce que les entreprises du pays se retirent de Russie et qu’il a accusé les entreprises du pays de complicité de crime de guerre.
    Peut-être l’a-t-il fait car les entreprises françaises sont l’employeur étranger n°1 en Russie et le 2ème investisseur étranger.
    Aussi peut-être parce que Renault appartient partiellement à l’état français.
    Les réactions des députés ont été assez contrastées à ce discours et pas forcément positives.
    Les objectifs de Zelenski avec ces interventions quotidiennes sont peut-être les suivants : saturer l’espace médiatique, maintenir la vague de compassion et solidarité des pays occidentaux pour lui, son pays eet son peuple, obtenir plus de sanctions contre la Russie, obtenir de l’’aide militaire et économique.
    Mais à un moment donné cela va s’estomper car il ne peut pas faire le tour des parlements une deuxième fois et que d’ailleurs ses interventions ne sont pas toujours bien accueillies par les parlements.

    Les territoires de l’est de l’Ukraine et la Crimée peuvent-ils devenir russes , L’Ukraine ne pourra pas formellement se voir amputer d’une partie de son territoire mais Zelenski, il y a 23 semaines de cela, avait déjà parlé de possibilité d’arrangements spéciaux pour ces territoires pour « rendre la vie possible à la population ».

    Chinois
    Alibaba est intéressé par Ozon
    La CCIFR qui a un service ce portage salarial reçoit de nombreuses de mandes de portage salarial pour des employés chinois ces derniers jours.
    L’avion de ligne long courrier russo-chinois ne va pas remplacer demain les Boeing et les Airbus ca il n’y a même pas de prototype de fait et car il y a encore beaucoup de composants qui ne sont pas « indigénisés ».

    Pour les français en Russie
    Les tests médicaux ont déjà une validité d’un an même si la loi concernant leur durée de validité n’a pas été encore modifiée.
    Les RVP et VNJ n’ont pas besoin de tests médicaux.
    Pour l’achat et la vente de biens immobiliers par des particulier étrangers, suite à la nouvelle loi de mars, il y a eu des précisions :

    • Si l’étranger est binational, il est considéré comme russe par la loi russe et donc il n’a aucune limitation dans ses transactions immobilières.
    • les non-résidents de pays inamicaux peuvent acheter sans restriction
    • les non-résidents peuvent vendre à un résident mais les fonds provenant de la vente doivent être déposés sur un compte bancaire de type C et ces comptes ont tellement de restrictions d’usage que cela revient à avoir les fonds bloqués.

    23 Mars 2022

    La grande nouvelle du jour c’est la déclaration de Poutine comme quoi désormais les acheteurs de gaz russe devront payer en roubles.
    Les 1ères conséquences immédiates ont été la remontée du rouble qui est repassé en dessous de la barre des 100 ru pour 1 USD et la hausse du cours du gaz sur les marchés spots.
    Cette nouvelle est à mettre en parallèle avec celles des saoudiens il y a quelques jours d’accepter des contrats en yuan pour le pétrole.
    Ceux-ci ne se voient plus comme des vassaux des USA et visiblement se posent des questions sur leur dépendance au dollar.
    Cette annonce et aussi un signal : la Russie qui semblait être dans l’expectative est encore capable de surprendre. Cela peut être aussi une façon de forcer les Européens sur les gels des réserves de la BCR.
    Ce changement de la monnaie de paiement pourrait être vue par les Européens comme une rupture unilatérale des contrats mais la Russie peut argumenter que la sanction interdisant de livrer les pièces détachées par Airbus et Boeing peut être vue comme une rupture unilatérale.
    A priori ce changement de monnaie de paiement permettrait de renforcer le rouble, de réduire le risque de coupure totale du swift.
    C’est aussi une façon plus habile de la part de Poutine de faire pression sur les Européens plutôt que de fermer les robinets.
    Il faut aussi voir comment cela va se mettre en place, sachant que Poutine a aussi réitéré que les flots gaziers seraient maintenus.
    Dans ces circonstances, de façon surprenante la Russie continue à faire transiter le gaz par l’Ukraine et continue à payer à l’Ukraine les droits de transit en dollar.

    La deuxième nouvelle importante du jour c’est la démission d’Anatoly Chubais de son poste de conseiller du président sur les questions climatiques et son départ pour la Turquie.
    Chubais était le symbole de la Russie post-soviétique puisqu’il a été un des principaux acteurs dans la privatisation de la Russie à la perestroïka. Ce départ marque la fin de la Russie post-soviétique. C’est aussi une preuve de la divergence de position des libéraux systémiques : Chubais et Dvorkovich démissionnent, Medvedev lui multiplie des prises de positions extrêmement dures et Coudrine et d’autres se taisent.

    Sur le plan diplomatique pas de nouvelles significatives des négociations en cours entre russes et ukrainiens. Lavrov a simplement commenté lors d’une allocution à MGIMO que ces pourparlers étaient très difficiles car les ukrainiens changeaient tout le temps de position.
    Poutine s’est entretenu avec Macron hier soir et Scholz aujourd’hui mais pour l’instant rien n’a filtré de ces conversations.
    Jack Sullivan, conseiller de Biden sur la sécurité nationale, a annoncé que les USA avec certains partenaires européens voudraient exclure la Russie du G20, ce à quoi la Chine a immédiatement rétorqué que ce n’étaient pas aux membres de décider des exclusions.
    Les USA souhaitent mettre à l’ordre du jour du sommet de l’Otan et de la réunion du G7 de cette semaine la question chinoise, à savoir obtenir le soutien des Européens dans la mise e place de pressions sur la Chine pour qu’elle arrête de soutenir la Russie.
    Cela vient alimenter une nouvelle théorie qui circule, à savoir que cette accumulation sans précédent de sanctions sur la Russie serait un ballon d’essai et une façon de décourager la Chine de s’attaquer à Taiwan.
    D’un autre côté cela va encourager la Chine à se préparer à une telle éventualité. Cela incite beaucoup de pays à se poser des questions sur leur dépendance au dollar.
    On est peut-être en train d’assister à la fin de la dollarisation et du système de Bretton Woods.
    Cela va peut-être polariser les pôles d’influence dans le monde.
    Zelenski a fit un discours de 15 minutes à l’assemblée nationale mais sans question/réponse et il va intervenir au sommet de l’Otan pour essayer d’obtenir un embargo total des hydrocarbures russes.
    De son côté la Pologne va continuer à jouer un rôle majeur dans le durcissement des relations entre l’Europe et la Russie : elle vient d’annoncer l’expulsion de 45 diplomates russes et va demander au sommet de l’Otan une “mission de paix” de l’Otan, “protégée par les forces armées” en Ukraine. Lavrov a annoncé que si une telle mission voyait le jour, ce serait une déclaration de guerre vis-à-vis de la Russie.
    La péninsule arabe pour l’instant observe de loin et à travers le prisme de leur relation avec les USA. Déjà, surtout depuis l’arrivée de Biden au pouvoir, les relations des saoudiens et émiriens avec les USA étaient mauvaises.
    Ainsi les princes saoudien et émiriens ont refusé de prendre Biden ou son commandant de la zone au téléphone au sujet du conflit en Ukraine. Et pour la première fois depuis 2011, Bachar al-Assad s’est rendu vendredi dernier aux Emirats arabes unis. Il y a aussi le contrat nucléaire avec l’Iran sur le point d’aboutir et c’est dans cette perspective qu’ils envisagent leurs relations avec la Russie et les USA.
    Pour l’instant l’annonce de Novak sur un éventuel arrêt des livraisons d’uranium par la Russie aux américains n’a pas fait l’objet d’une suite.

    Ruptures de stocks :
    Il n’y a pas de risque de rupture de stock sur les médicaments. Il y a eu des ruptures liées à des problèmes logistiques dans les approvisionnements de médicaments et composants pour ceux fabriqués localement et une ruée des consommateurs mais tout est revenue à la normale.
    De même les ruptures de stocks en magasins de certaines denrées alimentaires de base ont été liées à des problèmes logistiques qui ont créé des ruptures de stock temporaires et quand les consommateurs ont vu les stocks baisser dans les magasins, ils ont été pris de panique et se sont rués sur les produits. Mais il n’y a pas de risque de pénurie à long terme.
    Par contre on peut noter une inflation de 8% à 11% sur les prix de ces denrées.

    22 Mars 2022

    C’est une journée sans nouvelles significatives.

    Sur le plan économique
    Le ministre du développement économique a émis un avis très négatif à la proposition d’un parti politique de sortir de l’OMC.
    En février les ménages russes ont retiré 1200 milliards de roubles, soit 3,5% des dépôts en Russie : c’est le plus grand mouvement depuis longtemps.
    17 millions de russes auraient des crypto-monnaies.
    Le RSPP (le Medef russe) a fait des propositions de mesures visant à limiter temporairement les marges d’action des actionnaires étrangers d’entreprises stratégiques où l’état aurait au moins 20% du capital.
    L’ambassadeur de Chine en Russie incité les investisseurs chinois à saisir les opportunités créées par les sanctions occidentales et on note une recrudescence de businessmen chinois dans la capitale. Ceci sera dommage pour les entreprises occidentales à terme.
    Un sondage de Synergia montre que :

    • 42% des russes s’attendent au retour des entreprises étrangères ayant quitté le pays dans un délai d’un an
    • 24% dans un délai de 3 à 5 ans
    • 26% dans un délai de 5 à 10 ans
    • 8% qu’elles ne reviendront pas.
      Il montre aussi que 58% pensent que les entrepreneurs russes pourront remplacer les marques parties et 63% pensent que les conditions actuelles sont propices à l’entreprenariat.

    Sur le plan diplomatique c’est d’un calme plat.
    Zelenski a donné une interview d’une heure à des journalistes ukrainiens dans laquelle il a réitéré sa proposition de rencontre avec Poutine quelques soient format et date. Il a encore fait jouer le spectre d’une 3ème guerre mondiale pour maintenir une certaine pression sur l’Occident.
    Il a proposé de décider du statut de la Crimée et des régions du Donbass et de Lougansk par un référendum et une confirmation de la Rada.
    Le referendum sera techniquement impossible à mettre en place dans un pays en guerre car cela supposerait un arrêt des combats et la Russie ne veut pas arrêter tant qu’un traité de paix n’a pas été trouvé.

    Cela donne plutôt l’impression que Zelenski cherche à gagner du temps car il pense que le temps jouera en sa faveur car il pourrait obtenir plus d’aide militaire des USA, de l’Otan (fort soutien de la Pologne sur ce sujet) et car il fait le tour des pays occidentaux et autres pour obtenir leur aide.
    Les négociations se poursuivent entre la Russie et l’Ukraine au niveau des sous-groupes techniques qui cherchent à trouver les paramètres pour un accord de paix.
    La neutralité de l’Ukraine est acquise mais il faut maintenant définir les conditions de la sécurité de l’Ukraine et qui seront les garants de cette sécurité.
    D’une façon plus générale, il est important d’avoir des garants du traité de paix et pour l’Ukraine et pour la Russie car cela voudra dire que ces pays garants soutiennent ce traité.
    Le point le plus important à régler c’est le statut de la Crimée, du Donbass, de Lougansk et des autres territoires depuis peu sous contrôle russe.
    La dénazification ne semble plus trop à l’ordre du jour pour l’instant.
    Viktor Orban s’est prononcé contre des sanctions sur le gaz et le pétrole russes, contre une zone d’exclusion aérienne sur l’Ukraine et contre une mission de paix européenne.
    Naftali Bennett s’est dit prêt à rencontrer Zelenski si les délégations russes et ukrainiennes progressent dans leurs négociations.
    Le président finlandais a évoqué les risques majeurs que représenterait pour l’Europe l’adhésion de la Finlande à l’Otan.
    Les relations russo-japonaises se dégradent suite aux sanctions décidées par le Japon et surtout les tentatives du Japon d’enrôler d’autres pays comme par exemple l’Inde dans les sanctions contre la Russie : désormais les discussions sur les iles Kouriles et le traité de paix sont suspendues et le régime de sans-visa pour les japonais pour aller sur les 2 iles Kouriles les plus proches du japon et pouvoir pêcher dans leurs eaux territoriales est annulé.
    Biden vient en Europe dans le cadre du sommet extraordinaire de l’Otan et de la réunion du G7. Les objectifs seraient de coordonner les sanctions, de coordonner l’assistance militaire à l’Ukraine et de calmer certains esprits surchauffés, comme la Pologne.

    Sur le plan émotionnel
    Certains supermarchés et hypermarchés alimentaires en France ont enlevés de leurs rayons les produits russes (qui en fait sont fabriqués en Pologne ou aux pays baltes…) et proposent même à leurs clients de payer 1€ de plus qui sera reversé à des fonds de soutien aux Ukrainiens.
    La vitrine de Petrossian a été taguée.
    Les expats ayant fait le choix de rester en Russie sont certainement vus par des français comme des collaborateurs. Beaucoup s’imaginent qu’à force de mettre des sanctions et de « punir » le peuple russe, on va faire qu’il se révoltera. On peut vouloir punir le gouvernement russe mais pas le peuple. Cela ne servira à rien : si on se met le peuple russe à dos, il y a bien plus de fortes chances qu’il se regroupe autour du gouvernement russe.

    • Russian Railways annule l’obligation de porter des masques dans les trains et de mesurer la température des passagers, ainsi que la distance sociale dans les voitures bistro et les voitures-restaurants.
    • SEB suspend ses activités en Russie.

    21 Mars 2022

    C’est sur le plan économique qu’il y a le plus de nouveautés.

    • La BCR va racheter des obligations d’état en roubles comme soutien aux grande banques nationales.
    • Deripaska a annoncé une hausse des salaires de 10% pour tous ses employés.
    • Le gouvernement a annoncé une indexation des retraites à 8,6% à partir d’avril.
    • Des nouvelles sanctions sont à l’étude en Europe avec coordination avec les USA : cela concernerait l’énergie mais il n’y a pas de consensus sur le contenu à cause de la dépendance de certains pays. Le problème principal serait de savoir ce qui pourrait déclencher leur mise en place : une attaque chimique ou le siège de Kiev similaire à celui de Marioupol.
    • A. Novak a annoncé que le gouvernement russe envisageait un embargo de ses livraisons d’uranium aux USA (20% des combustibles nucléaires américains).
    • Un parti politique russe a proposé un projet de loi pour la sortie de la Russie de l’OMC : il faudra une analyse profonde pour mesurer les conséquences d’une telle décision.
    • Le journal Kommerzant avait annoncé que le gouvernement envisageait de supprimer le système d’élections des gouverneurs des régions au suffrage direct mais le gouvernement a démenti cette information.
    • Jugement rendu : META a été déclaré organisation extrémiste et FB et Instagram sont interdits immédiatement sur le territoire russe (mais pas WhatsApp) par contre les russes qui les utiliseront ne seront pas poursuivis judiciairement.
    • Déclaration d’Anatoly Tchubaïs à l’occasion de l’anniversaire d’egor Gaïdar : « il comprenait mieux que moi les risques stratégiques et j’avais tort »

    Sur le plan diplomatique, les négociations se poursuivent.

    Medinski, chef de la délégation russe a déclaré que c’est sur le chapitre de la neutralité de l’Ukraine que les convergences sont les plus fortes et que c’est presque acquis, que sur le sujet de la démilitarisation de l’Ukraine, ils étaient plutôt à mi-chemin mais que par contre sur le thème de la dénazification c’est un dialogue de sourd car pour Kiev il n’y a pas de nazis en Ukraine.

    Aujourd’hui 8 corridors humanitaires ont fonctionné dans les régions de Marioupol, Lugansk et Kiev.

    Le ministre des affaires étrangères turc a déclaré que, selon lui, il y avait eu des rapprochements entre russes et ukrainiens sur des questions importantes et que certains points de blocage pourraient être levés avec une rencontre entre Poutine et Zelenski. Sauf que les russes ne veulent pas d’une telle rencontre tant que tous les problèmes ne sont pas résolus.

    Le discours de Zelenski devant la knesset israélienne n’a pas fait l’humanité : la façon dont il a cherché à instrumentaliser la mémoire de l’holocauste n’a pas été appréciée ; il a aussi critiqué la position de médiateur du 1er ministre israélien.

    La Suisse s’est proposée comme endroit pour une rencontre entre Poutine et Zelenski. D’un autre côté la Suisse met en œuvre toutes les sanctions européennes et il y a de fortes pressions sur les sociétés suisses comme Nestlé pour qu’elles sortent du marché russe et enfin, il y a eu un discours en vidéo de Zelenski sur la place principale de Berne, introduit par le président suisse, dans lequel il incitait les suisses et les banques suisses à sévir contre les oligarques russes et critiquait Nestlé qui refuse de quitter le marché russe.

    Cette semaine il va y avoir beaucoup d’activités diplomatiques liées au conflit en Ukraine :

    • Réunion du G7 jeudi 24 mars à Bruxelles
    • sommet extraordinaire de l’OTAN jeudi 24 mars à Bruxelles.
    • Biden rencontre le président polonais vendredi 25 mars.

    18 Mars 2022

    Comme toujours à l’approche du week-end les nouvelles se raréfient.

    Banque Centrale :

    • Nabiulina va être reconduite comme présidente de la banque centrale pour 5 ans
    • Le taux conducteur reste à 20%
    • La bourse de Moscou va progressivement rouvrir à partir de lundi.

    Il faut noter des tensions dans la commission économique eurasiatique pour
    2 raisons : le refus d’exporter des céréales sur cette zone jusqu’à fin août par la Russie passe mal et le Kazakhstan craint de faire les frais des sanctions appliquées à la Biélorussie et la Russie.

    On note une croissance significative des demandes d’investissements immobiliers par les russes à Dubaï. Cela se combine avec facilitation par Dubaï d’obtention de permis de résidence pour les russes…

    En terme de politique interne, le gouvernement poursuit sa politique :

    • Concert hyper organisé à Lujniki pour les 8 ans du rattachement de la Crimée à la Russie, avec présence de Poutine
    • Démission de Dvorkovich de la présidence de la Fondation de Skolkovo et il va certainement devoir aussi démissionner de la présidence de Ressolrozbank.
    • 186 personnes poursuivies pour avoir poster sur el net de fausses informations sur l’armée russe.

    Consommation interne :
    La consommation d’anxiolytiques et somnifères est en forte croissance : c’est à mettre en parallèle avec des sondages montrant que 40% des russes disent avoir du mal à dormir depuis le 24/02.
    Il y a une ruée sur les préservatifs : qu’en conclure ????

    Opinion russe : me^^me si les sanctions financières sont celles qui touchent le plus l’économie russe, pour l’instant, l’opinion russe semble surtout touchée par la fin de la distribution des films occidentaux dans les cinémas. On peut y ajouter pour ceux qui vont à l’étranger, les contraintes liées à Visa et Mastercard et la raréfaction des liaisons aériennes.

    Sur le plan diplomatique mondial
    Beaucoup de coups de fil entre Macron et Zelenski.
    Macron doit parler à Poutine ce soir.
    Hier Scholz a eu un entretien avec Poutine qui a été dur et au cours duquel Poutine a dit que les ukrainiens faisaient trainer les négociations et avaient toujours de nouvelles exigences inacceptables.
    Biden doit parler ce soir au président chinois par vidéo-conférence : les usa ont dit qu’ils allaient demander, voire mettre la pression (possibilité de sanctions similaires à celles des russes) pour que les chinois ne soutiennent plus la Russie et pour qu’ils fassent pression à leur tour sur Poutine pour que celui-ci change d’attitude…
    Scholz a demandé une réunion des dirigeants en parallèle du G7 pour discuter de la crise actuelle et du problème que l’arrivée massive d’ukrainiens (plus de 2, millions de personnes à date) va poser à l’Europe.
    Le président Ouzbek a pris position en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et contre l’intervention russe. Cette position est surprenante car il y a de très bonnes relations entre la Russie et l’Ouzbékistan et que la Russie est un investisseur majeur en Ouzbékistan. Peut-être qu’il se sent en droit de le faire vu les relations rapprochées des 2 pays. Ou peut-être que le prêt de 20 milliards de dollar à taux zéro accordé par la Chine permet de contrebalancer le poids de la Russie dans le pays. Ou peut-être qu’il le fait suite à des pressions d’autres pays voisins.
    Le gel des avoirs de la BCR en dollar et en euros à l’étranger est en train de faire réfléchir les banques centrales d’autres pays et va peut-être accélérer la dédollarisation de l’économie mondiale : par exemple l’Arabie saoudite vient d’accepter des paiements en Yuan.
    Le président sud-africain s’est exprimé et a attribué la responsabilité de la crise actuelle à, l’OTAN.
    La marge de manœuvre de Zelenski pour finaliser un acte de paix ne semble pas si grande que cela : intuitivement elle est estimée à 10-15 jours. Certains à Moscou disent que Zelenski fait trainer car il pense que le temps joue en sa faveur mais d’autres disent que l’armée russe va atteindre son objectif d’ici 10-15 jours.
    Le ministre de la culture français a dit qu’il allait octroyer un soutien financier aux artistes ukrainiens et aux artistes russes dissidents.
    France université a confirmé une suspension ds relations avec les universités russes. Idem pour le CNRS.

    Perspective de crise céréalière
    Macron a confirmé que cette crise allait engendrer une crise céréalière sérieuse dans le bassin méditerranéen.
    La Russie et l’Ukraine sont les 2 fournisseurs majeurs pour ces pays.
    Mais si la Russie à cause des sanctions et l’Ukraine parce qu’elle est zone de guerre ne peuvent fournir, les pays vont se tourner vers la France et le Canada qui ne pourront pas suivre. Si en plus la récolte est mauvaise comme en 2021 en Russie, les prix vont flamber.

    Impacts économiques
    La France a estimé que cette crise allait avoir un impact de 2,5% sur l’inflation.
    La croissance allemande devrait être divisée par 2.
    Les estimations pour la croissance russe en 2022 vont de -5% à -35% (Blomberg) mais une prévision fiable est impossible pour l’instant.

    17 Mars 2022

    Le gouvernement visiblement juge plus important de ne pas se trouver en défaut que de la loi sur le fait de payer les interlocuteurs de pays inamicaux en roubles puisqu’hier le ministère des finances a fait un règlement de 117millions de roubles pour des coupons sur Eurobonds et la semaine dernière Gasprom et Rosneft aussi ont payé des fournisseurs étrangers en devises.

    Visiblement la population russe est inquiète par rapport à la stabilité du rouble car ils achètent de l’or massivement et se sont rués sur le sucre par exemple.

    Les derniers signaux politiques montrent une accélération des tendances qui sont apparues en 2012 et se sont renforcées en 2020 et ont des relents des années 30 ;

    • Dans son discours Poutine a dit «oui sans aucun doute, ils (les occidentaux) vont essayer de miser sur la 5ème colonne, les traites à la nation, ceux qui gagnent de l’argent ici chez nous mais vivent là-bas, par géographiquement parlant mais par la pensée, par leur conscience d’esclaves». Cela concernerait surtout les russes ayant fait leurs études à l’étranger.
    • Andrei Turchak (un des responsables de Russie Unie) a appelé au renvoie d’Arkady Dvorkovich de la présidence de la Fondation Skolkovo, suite à ce qu’il a dit) un journal américain (comme quoi son cœur était avec le peuple ukrainien)
    • Le parquet général de Russie a envoyé une lettre à la Ranepa (académie russe de l’économie nationale et de l’administration publique) disant qu’ils ont trouvé des enseignements qui contreviennent à la stratégie de sécurité publique de Poutine et qui visent à la destruction des valeurs traditionnelles de la société russe et la déformation de l’histoire.
      En général les oligarques, pas plus que les militaires, ne jouent pas et n(ont pas vocation à jouer un role politique en Russie et s’expriment peu.
      Seul Deripaska intervient régulièrement et a appelé à renoncer au capitalisme d’état et de repartir à zéro.
      Et il y a peut-être un certain clivage entre les oligarques des années 90 et ceux des 20 dernières années qu’il faudra suivre.
      Mais la pensée occidentale comme quoi imposer des sanctions aux oligarques les inciterait à fomenter une révolution est à oublier. Au contraire ile se rapprochent du pouvoir car ils sont plus dépendants du pouvoir pour leur sécurité juridique et physique.

    Par contre les signaux diplomatiques sont plus positifs.
    L’information publiée par le Financial Times provenant de sources ukrainiennes, sont tempérées par le kremlin qui a dit qu’il était trop tôt pour parler d’un accord.
    Mais les Ukrainiens ont dit qu’on pouvait envisager un accord sous 10 jours.
    Cela donne le temps à Zelenski de faire le tour des parlements de pays soutenant l’Ukraine par visio-conférence :

    • Il a parlé devant le congrès américain le 16 et a obtenu une aide militaire substantielle
    • Il a parlé devant le Bundestag
    • Dimanche il parle devant la Knesset israélienne.
      Le 16 le ministre des affaires étrangères turc était à Moscou et le 17 à Kiev. Et le 17 VP a eu un entretien téléphonique avec Erdogan.
      Il semblerait que la Russie ne serait pas contre le fait que la Turquie soit le garant de sécurité de l’Ukraine face à la Russie : pour la Russie ce serait un moindre mal par rapport aux britanniques qui sont plus agressifs par rapport à la Russie.

    Immobilier en Russie
    Marché important, surtout dans les appartements (plusieurs 10 millions de m2 construits l’an dernier).
    Les évènements de ces dernières semaines bouleversent le marché.
    Les consultants internationaux ont annoncé qu’ils allaient quitter la Russie, e tout cas que les entités juridiques locales, ne seraient plus dépendantes des groupes internationaux.
    1er problème : Le marché vit sur les crédits et le taux actuel de la BCR à 20% de permet plus d’emprunter pour construire donc bocage du marché et ils espèrent des subventions de l’état qui vont faire baisser les taux, aussi bien pour les personnes physiques que pour les promoteurs.
    2ème problème : Problèmes logistiques : les bâtiments en construction ont des problèmes d’approvisionnement surtout des pièces d’ingénierie (AC, sprinklers…) et ça bloque els construction
    3ème problème : les softs utilisés par les architectes et les bureaux d’études sont généralement des softs sophistiqués et étrangers et il y a un doute sur la possibilité de leur maintenance.

    16 Mars 2022

    Le gouvernement russe a créé une commission pour le renforcement économique et il est à noter que la présidente de la BCR n’en fait pas partie mais que c’est son adjoint.
    Le mandat de la présidente de la BCR arrive à échéance en juin ais Dmitry Peskov a refusé de se prononcer sur qui dirigera la BCR dans le futur. Ce qui est sûr c’est qu’il lui est reproché que la 1/2 des réserves soient bloquées à l’étranger.

    Dmitry Rogozin (roscosmos) a dit qu’il fallait nettoyer la 5ème colonne et que c’étit aussi important que les troupes pour ces opérations spéciales.

    Poutine a fait un discours aujourd’hui et il a repris ce thème de la 5ème colonne.
    Il a aussi annoncé une revalorisation des minima sociaux, des retraites et des salaires des fonctionnaires.
    Il a aussi souligné que le secteur privé aura un rôle important à jouer pour sortir le pays de la crise : c’est à noter car d’habitude il n’en parle pas.
    Il a aussi dit qu’on allait connaitre des mois difficiles pour la seconde moitié de l’année mais qu’on ne ferait pas tourner la planche à billets.

    Les pourparlers russes ukrainiens avancent. Les pourparlers généraux ont été suspendus hier soir mais ceux des sous-groupes continuent.
    Les 2 côtés disent que ce sont des négociations difficiles, délicates et pénibles mais qu’il y a la possibilité d’un compromis.
    Podolyak, conseiller de Zelenski et membre de la délégation a aussi déclaré que les sous-groupes travaillent à des documents préparatoires à une entrevue entre Poutine et Zelenski
    Medinski lui a évoqué la possibilité d’une neutralité similaire à celles de la Suède ou de l’Autriche pour l’Ukraine : les Ukrainiens ont démenti disant qu’il fallait d’abord un cessez-le-feu et que cela prendrait longtemps à mettre en place. Mais cela remet en question l’interprétation de la notion de démilitarisation dont parle la Russie.

    En effet l’Autriche et la Suède ne sont pas dans l’OTAN mais ils ont un partenariat politico-militaire avec l’OTAN sur les questions de paix. Et ils ont un certain niveau de militarisation mais par contre pas de moyens militaires de frappe à moyenne portée (ce qui protégerait la Russie ‘éventuelles attaques depuis l’Ukraine). Ce serait donc une forme de concession de la part de la Russie. En fait le problème majeur est l’interprétation différente que font la Russie et l’Ukraine de la notion de sécurité. L’Ukraine est en faveur d’autonomie en tant que pays indépendant de choisir ses alliances alors que la Russie ne veut pas qu’un pays assure sa sécurité aux dépends d’un autre pays.
    Selon une information parue dans le Financial Times aujourd’hui (donc information à confirmer) les russes et les ukrainiens se seraient mis d’accord sur un document en 15 points pour un cessez-le-feu
    Les Américains ont fait pression sur les chinois pour qu’ils appliquent aussi les sanctions américaines et européennes mais, de ce qu’il ressort dans la presse américaine, les chinois vont continuer à aider la Russie.
    La Russie a quitté le conseil de l’Europe hier.

    Nouvelles sanctions européennes enfin publiées :

    1. Le Conseil de l’Union européenne a décidé d’interdire totalement toute transaction avec 12 entreprises publiques russes, de différents secteurs, plus particulièrement du complexe militaro-industriel. La liste comprend : Almaz-Antey, Gazprom Neft, JSC Po Sevmash, Kamaz, OPK Oboronprom, Rosneft, Rostec (Russian Technologies State Corporation), Sovcomflot, Transneft, United Aircraft Corporation, United Shipbuilding Corporation, Uralvagonzavod.
    2. Le Conseil a également introduit une interdiction d’importation dans l’UE des produits de fer et d’acier originaires de Russie ou exportés de Russie. Des quotas d’importation augmentés seront attribués à d’autres pays tiers pour compenser.
    3. Interdiction d’exportation des produits de luxe de l’UE. L’interdiction s’étend à la vente de ces produits aux personnes physiques et morales en Russie ou « pour une utilisation en Russie » : la restriction s’applique aux produits de luxe dont le prix EXW est supérieur à 300 € par unité, sauf indication contraire dans le document. L’interdiction ne s’applique pas aux biens nécessaires à des « fins officielles », aux missions diplomatiques en Russie, aux organisations internationales et à leurs employés. La liste des marchandises interdites à l’importation comprend notamment :
      • Les véhicules, à l’exception des ambulances, destinés au transport de personnes par voie terrestre, aérienne ou maritime d’une valeur supérieure à 50 000 €, ainsi que leurs pièces détachées. La mesure s’applique aux véhicules particuliers, y compris les voitures de course, et aux motos;
      • Les vins, y compris mousseux, bières et spiritueux ;
      • Les appareils électroménagers, y compris les sèche-cheveux, les fours à micro-ondes, les cafetières et les bouilloires, ainsi que les smartphones et les consoles de jeux ;
      • Les appareils électroniques d’enregistrement vidéo ou audio d’une valeur supérieure à 1000 €, y compris les caméras ;
      • Le caviar et ses substituts ;
      • Les truffes et leurs produits ;
      • Les montres, y compris montres-bracelets et leurs pièces;
      • Les cigares et cigarillos ;
      • Les parfums et cosmétiques;
      • Les instruments de musique d’une valeur supérieure à 1500 € ;
      • Les oeuvres d’art, objets de collection et antiquités ;
      • Les vêtements, chaussures et accessoires (quel que soit leur matériau de fabrication) et sacs en cuir ;
    4. Le conseil a décidé d’interdire la fourniture de tout service de notation de crédit, ainsi que l’accès à tout service d’abonnement lié aux activités de notation de crédit, à toute personne ou entité russe.
      Les nouvelles mesures restrictives comprennent une interdiction étendue des nouveaux investissements dans le secteur énergétique russe, avec des exceptions limitées pour les activités liées au nucléaire civil et le transport de certains produits énergétiques vers l’UE.
      Il introduit également une restriction complète des exportations d’équipements, de technologies et de services pour l’industrie de l’énergie. Des exemptions éventuelles peuvent être accordées par les États membres pour ces exportations si les technologies sont importantes pour l’approvisionnement en charbon, gaz ou pétrole de l’Union européenne, si elles sont destinées à être utilisées par une entité contrôlée conjointement ou seule par une personne morale créée en vertu de la législation européenne ou pour la prévention ou l’atténuation urgente d’un événement susceptible d’avoir un impact grave et significatif sur la santé et la sécurité des personnes ou sur l’environnement.
    5. Le Conseil a décidé d’imposer des mesures restrictives ciblées « en ce qui concerne les actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine », à 15 personnes et 9 entités supplémentaires.
      Les personnes figurant sur la liste comprennent les oligarques Roman Abramovitchet Guerman Khan, Alexandre Chokhine, président du RSPP, ainsi que d’autres hommes d’affaires éminents impliqués dans des secteurs économiques clés, tels que le fer et l’acier, l’énergie, la banque, les médias, les produits et services militaires et à double usage. La liste comprend également des personnalités du secteur des médias, telles que Konstantin Ernst (PDG de Channel One Russia).
      Les entités sanctionnées comprennent des entreprises des secteurs de l’aviation, de l’armée et à double usage, de la construction navale et des constructions mécaniques, telles que Rosneft Aero et JSC Rosoboronexport.
      Les mesures restrictives « en ce qui concerne les actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine », qui s’appliquent désormais à un total de 877 personnes et 62 entités, comprennent un gel des avoirs et une interdiction de mettre des fonds à la disposition des personnes et entités sur la liste. De plus, une interdiction de voyager applicable aux personnes figurant sur la liste les empêche d’entrer ou de transiter par le territoire de l’UE.
      Le Conseil a récemment décidé de prolonger les sanctions visant les personnes responsables d’atteinte ou de menace à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance de l’Ukraine pour une nouvelle période de six mois jusqu’au 15 septembre 2022.
    6. Par ailleurs, le Conseil a donné son feu vert à la Commission pour qu’elle se joigne, au nom de l’UE, à une déclaration multilatérale sur « l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine avec le soutien de la Biélorussie », qui devrait être publiée dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). À l’instar d’autres membres de l’OMC qui doivent coparrainer cette déclaration, l’UE confirme qu’elle est prête à prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger nos intérêts essentiels en matière de sécurité. Il peut s’agir d’actions en faveur de l’Ukraine ou d’actions visant à suspendre des concessions ou d’autres obligations à l’égard de la Fédération de Russie, telles que la suspension du traitement de la nation la plus favorisée pour les produits et services de la Fédération de Russie. Par ailleurs, compte tenu du soutien matériel apporté par la Biélorussie aux actions de la Fédération de Russie, l’UE considère que son processus d’adhésion à l’OMC doit être suspendu.

    Même si le Japon a décidé de sanctions contre la Russie, les sociétés japonaises Mitsui et Mitsubishi ont déclaré ne pas s retirer du projet Sakhaline-2 car l’enjeu est trop important pour le Japon.

    Loi sur les sociétés étrangères qui partent de Russie : elle n’est pas finalisée.
    Aujourd’hui le service fédéral des impôts a fait ses suggestions : ne pas limiter le rôle d’administrateur judiciaire à la VEB, étendre le délai de fermeture à 1 an avant d’être nationalisée et/ou revendue. En fait de nombreuses institutions cherchent à minimiser l’impact économique pour la Russie.

    Transactions immobilières : désormais un étranger provenant d’un pays inamical ne peut ni vendre ni acheter de bien immobilier car il ne peut enregistrer l’acte.

    Publicis se retire du marché mais a cédé ses activités à son partenaire russe.

    Coca-cola : en fait son bottler, une société grecque (20 usines), ne quitte pas la Russie. Donc l’activité continue.

    • Michelin suspend ses exportations vers la Russie et ses activités de production.
    • Eli Lilly restreint la fourniture de médicaments à la Russie. L’entreprise continuera à importer uniquement des médicaments vitaux, tels que les médicaments pour les patients atteints de cancer et de diabète.
    • Le messager d’entreprise Slack limite le travail en Russie.
    • Le ministère des finances de la Fédération de Russie a partiellement assoupli les restrictions en matière de change. Il est désormais permis : de transférer des devises sur vos comptes dans des banques étrangères pour financer les activités opérationnelles courantes des succursales et des bureaux de représentation ; de créditer les devises reçues de non-résidents sous forme de salaires, de loyers, de coupons et de dividendes sur titres et autres paiements d’intérêts ; de transférer de l’argent de comptes étrangers ouverts dans des banques étrangères avant le 1er mars 2022 vers d’autres comptes étrangers, dont les informations sont divulguées aux autorités fiscales russes.
    • Annulation du régime des masques et de la distance sociale à Moscou et dans la région de Moscou.
    • Aéroflot reprend ses vols quotidiens vers le Kirghizistan et organise des vols spéciaux pour le retour des passagers de Turquie et de Thaïlande.
    • Otis suspend les commandes d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques, ainsi que les nouveaux investissements en Russie.
    • Bayer et Pfizer annoncent la fin de leurs investissements en Russie. Bayer, en outre, suspend ses investissements et cesse d’importer tous les produits en Russie, à l’exception des médicaments et des produits agricoles.

    15 Mars 2022

    Les manifestations en faveur d’une fin du conflit s’accumulent.

    • L’éclat le plus marquant : la parution sur le plateau du journal télévisé de Russia 1, 1ère chaine TV nationale russe, d’une journaliste de cette chaine avec un panneau exprimant son désaccord contre la guerre en Ukraine. Elle a été arrêtée et son avocat craignait qu’elle soit jugée dans le cadre de la nouvelle loi sur la propagation des fake news mais en fait elle a été jugée par un tribunal administratif et donc sa peine sera plus légère. Macron a annoncé qu’il allait proposer une aide consulaire à cette journaliste et qu’il allait en discuter avec Poutine.
    • Plusieurs journalistes ont démissionné de NTV pour les mêmes motifs.
    • Artem Dzoubia, ancien capitaine de l’équipe de foot russe, a refusé d’être sélectionn » pour raisons familiales car il a une partie de sa famille en Ukraine.
    • Arkady Dvotkovich, ex vice premier ministre sous Medvedev et président de la fédération internationale des échecs a déclaré dans une interview avec des medias US que ses pensées étaient avec les civils ukrainiens.

    Sinon le parquet général a requis 13 ans de réclusion pour Navalny dans le cadre d’une affaire d’escroquerie et d’outrage à la cour.
    Et 40 millions de comptes ont été ouverts sur Telegram depuis le blocage de FB et les restrictions d’Instagram.

    Sur le plan diplomatique, rien de marquant mais des signaux toujours prometteurs.
    Un des principaux conseillers de Vladimir Zelenski a déclaré hier qu’on pourrait envisager un accord avec la Russie dans une fourchette de temps allant de 1-2 semaines à début mai.
    La 4ème vague de pourparlers est toujours en cours.
    Ily- y a aussi une forte activité des médiateurs moyen-orientaux. En effet le 1er ministre israélien s’est entretenu téléphoniquement avec Poutine hier soir (5ème appel téléphonique depuis le 24 février, à ajouter à la rencontre du 5 mars). Et demain le ministre turc des affaires étrangères vient rencontrer Lavrov à Moscou.
    Il faut noter la venue très discrète de l’ancien chancelier allemand, Gérard Schroeder, a moscou au cours de laquelle il a rencontré poutine mais aussi abramovich et Medinski (chef de la délégation russe).
    Et le signla le plus fort c’est que Vladimir Zelenski a reconnu publiquement que l’Ukraine n’avait pas vocation à rentrer dan l’Otan.

    Les nouvelles économiques

    Dans les nouvelles sanctions européennes qui ne sont pas encore publiées au journal officiel, on parle de 600 russes sous sanction et d’interdire aux agences de notations de travailler avec les sociétés russes et de les noter.
    La commission européenne dit que le préjudice pour la Russie s’élèverait en termes d’export à environ 3 milliards d’euros.
    Biden a évoqué la possibilité de mettre un embargo sur les voies maritimes mais ce n’est pas acté, surtout que cela équivaudrait à un acte de guerre.

    Les indiens se disent prêts à acheter en roupies ou en roubles les matières premières russes mais avec des rabais importants : par exemple on parle de 25 à 30 USD le baril de pétrole.

    Le médiateur russe pour les droits des entreprises, Boris Titov, a déclaré que 80% des entreprises russes sont concernées par les sanctions et contre-sanctions.

    Un article du Wall Street Journal a parlé des entreprises étrangères qui quittent la Russie, et surtout des américaines et a dit qu’il y avait des arrestations des responsables des entreprises et des saisies d’actifs.
    Ce n’est pas le cas. La procurature russe fait des vérifications des entreprises qui annoncent leur départ pour comprendre ce qu’ils vont faire.
    D’un autre côté, le ministre du développement économique a rencontré aujourd’hui une trentaine d’hommes d’affaires pour discuter de cette loi sur les entreprises qui quittent la Russie. La loi dit que si vous partez de Russie en abandonnant vos actifs, la procurature peut saisir ces actifs et les nationaliser. Mais le cas ne s’est pas encore présenté car aucune entreprise n’est vraiment partie de Russie. Il ne s’agit que de fermetures temporaires et les loyers et salaires ont été prépayés pour plusieurs mois.
    Le ministre du développement économique a remis, lors de cette réunion, un document d e15 pages reprenant les actions qu’il compte entreprendre pour faciliter les départs des entreprises, surtout les départs temporaires. Dans 15 jours, il y aura une nouvelle réunion avec ces hommes d’affaire pour discuter cde ce document.

    Certains bruits courent comme quoi la Chine et très active pour promouvoir les opportunités d’investissements en Russie mais en fait il n’y a rien de concret. Actuellement, tout le monde, y compris les chinois, n’est pas dans l’optique d’investissements mais plutôt de trouver des voies pour gérer cette période de transition.

    Contre-sanctions russes : pour l’instant la Russie est restée modérée dans les contre-sanctions. Elle a encore des leviers mais ils seront lourds de conséquences. Tout dépend de l’évolution diplomatique.

    Biden Blinken, Sullivan, H. Clinton et le directeur du Pentagone ont été sanctionnés par la Russie.

    Pour l’instant les salaires sont payés à 100%, du moins dans les sociétés étrangères.
    Peut-être que quelques boites russes payent aux 2/3 comme ils ont le droit de le faire actuellement.

    Céréales : la Russie a suspendu la livraison des céréales jusqu’au 1er juillet aussi bien pour les pays de l’union Eurasiatique que d’autres pays, avec quand mêmes des conditions d’exemption au cas par cas.
    Cela crée une situation tendue dans le Maghreb. En effet le Maroc dépend des appros russes en céréales et on constate déjà une inflation. De même la Tunisie dépend de la Russie et de l’Ukraine à 50% pour l’appro en céréales et l’Egypte à 70%.
    S’ils ne peuvent s’approvisionner, ils vont se tourner vers d’autres pays, ce qui va créer une situation tendue mondiale et s’ils n’ont pas ce qu’il faut, cela pourrait déclencher un nouveau printemps arabe.

    Les sanctions actuelles signifient une situation compliquée pour l’aéronautique russe car les fournisseurs partent et il faudra reconstituer un vivier de fournisseurs ce qui va prendre du temps.

    Banques pour les particuliers
    La Rosbank est toujours en discussion avec Union Pay pour faire une carte Mir Union Pay. Idem pour Raiffeisen Bank. La Banque St Petersbourg a déjà la carte Mir Union Pay mais il y a une telle demande que leurs tarifs sont très élevés.
    Information à vérifier : le ministre des finances russe aurait déclaré aujourd’hui qu’il serait possible pour les étrangers avec visa de travail de transférer des devises sur leurs comptes à l’étranger.

    Voies aériennes
    Le trajet le plus court entre paris et Moscou et par Belgrade.
    Aéroflot parle de remettre un vol quotidien entre Moscou et Erevan et Moscou et Bakou mais avec des avions russes.

    14 Mars 2022

    Sanctions : chacun y va de ses nouvelles sanctions.
    Les USA ont interdit l’importation de produits de luxe comme le caviar, la vodka ou les diamants depuis la Russie.
    L’Euripe a finalisé son nouveau train de sanctions et elles seront officialisées demain mais elles concerneraient l’interdiction d’export des produits de luxe européens, l’interdiction d’import des aciers russes, des sanctions pour certains hommes d’affaires, des restrictions pour les investissements dans le pétrole et le raffinage.
    Et la Russie est en train de préparer son 3ème paquet de sanctions russes.

    Projet de Loi Beloussov
    Le RSPP (équivalent russe du MEDEF) fait des propositions pour amender ce projet de loi et le rendre plus souple : au lieu de 3 à 6 mois d’absence sur le territoire russe, ils ont proposé 3 ans et ils ont proposé de porter le pourcentage dans le capital de la société par les étrangers de 25% à 50%.
    Demain la CCIFR rencontre le ministre au développement économique et pourra apporter plus de lumières sur ce projet de loi, ainsi que sur d’autres lois et actions en place poru les entreprises en Russie.

    Autres données économiques :
    Silouanov, ministre russe des finances, a confirmé que la moitié des réserves de la BCR sont bloquées à l’étranger et que jusqu’à nouvel ordre les remboursements à des entités provenant de pays inamicaux seraient en roubles.
    Les ménages russes détiendraient 90 milliards de USD en cash.
    Le 18 mars aura lieu le conseil des directeurs de la BCR qui pourrait relever encore le taux.
    La Bourse russe reste fermée jusqu’au 18 mars et il est fort probable que ce soit reconduit.
    Le rouble semble se stabiliser à 120₽ pour 1€.
    La prévision de la BCR pour le change rouble/USD est de 1$=118/120₽ jusqu’en 2024.

    Soutien à Poutine
    D’un côté il y a eu 2 nouvelles enquêtes d’opinion faites par 2 instituts de sondage russe qui annoncent un soutien croissant à Poutine mais certains observateurs, sous couvert d’anonymat, disent que les résultats sont à prendre avec des pincettes et que beaucoup de personnes ont refusé de répondre aux questions.
    Et d’un autre côté, il y a eu des manifestations ce week-end dans plusieurs villes, et 800 personnes ont été interpellées lors de ces manifestations, ce qui porte le total de personnes interpellées depuis le 24 février à près de 15000.

    Côté diplomatie, plusieurs signaux font entrevoir des avancées prudemment encourageantes :

    • Poutine a parlé, lors de son entretien avec Lukashenko vendredi, de développements positifs dans les pourparlers entre les délégations russes et ukrainiennes.
    • Zelenski a dit que les discussions avec les russes sont réellement lancées selon lui, et son conseiller, Podoliak a même évoqué la possibilité d’un compromis.
    • Zelenski a proposé une rencontre à Jérusalem avec Poutine, rencontre qui ne serait pas simplement pour se parler.
    • Leonid Sloutski, député de la Douma et membre de la délégation russe, a indiqué qu’on pourrait arriver à un document qui serait un premier compromis dans les prochains jours.
      Le 4ème tour de discussion entre les délégations ukrainienne et russe a démarré aujourd’hui. Il a duré 5-67 heures et continuera demain. Désormais il est en ligne ce qui permet d’aplanir des frustrations côté ukrainien (problèmes de logistique pour éviter les zones de combats, réserves des Ukrainiens quant au choix de la Biélorussie) et plus fluide car cela facilite les allers-retours entre les délégations et mes cabinets présidentiels.
      Désormais, les questions humanitaires ne sont plus vraiment le fond des discussions puisque les corridors humanitaires sont en place.
      Les discussions se concentrent sur 3 volets :
    • Volet politique : modalités de résolution de cette crise
    • Volet sécuritaire : garanties de sécurité pour chaque partie
    • Volet militaire : retrait des troupes, y compris celles d’autres pays (les volontaires).
      Donc ça avance mais la situation reste très volatile.

    Nouvelle rumeur : la Russie aurait demandé une aide financière et politique à la Chine.
    Cette rumeur provient d’une source militaire américaine. Le ministre des affaires étrangères chinois a démenti l’aspect militaire de cette rumeur.
    Il faut aussi noter que cette rumeur a surgi au moment où Sullivan, le conseiller de sécurité nationale américain, doit rencontrer son homologue chinois à Rome.
    Et cela s’inscrit aussi dans un cadre plus général de polémiques entre les Chinois et les USA. Ainsi les chinois reprennent depuis quelques jours des thèses russes comme l’existence de laboratoires biologiques américains en Ukraine.

    META : comme le groupe a décidé de ne pas censurer les pots, commentaires et autres éléments incitant à commettre des agressions contre les soldats russes en Ukraine, ce qui s’apparente à l’incitation à la haine, il y a une discussion en cours dans le gouvernement russe pour le classer comme organisation extrémiste, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives pour les personnes et sociétés russes ayant des profils FB et qui continueraient à les utiliser via des VPN.

    13 Mars 2022

    • La Banque de Russie interdit aux banques de prélever une commission pour la délivrance de devises étrangères en espèces aux particuliers jusqu’au 9 septembre 2022
    • Les États-Unis interdisent la fourniture de billets de banque en dollars à la Russie.
    • Le blocage d’Instagram en Russie a commencé
    • YouTube bloque les chaînes des médias d’État russes dans le monde entier
    • Air Serbia revient à 1-2 vols par jour vers la Russie au lieu de 3 vols par jour
    • La Suisse ferme l’espace aérien aux avions des parties au conflit russo-ukrainien, ainsi qu’aux autres États lorsqu’il s’agit de fournir un soutien militaire aux parties au conflit. Les vols humanitaires constituent une exception.
    • Commerzbank, Deutsche Bank, ASUS, British American Tobacco, Sony Pictures, Herbalife Nutrition cessent leurs activités en Russie
    • Bridgestone suspend ses activités de production et d’exportation vers la Russie.
    • Colgate-Palmolive restreint ses importations en Russie.
    • PayPal annonce le blocage de tous les portefeuilles électroniques des Russes le 18 mars

    11 Mars 2022

    Pas d’avancées significatives à l’approche du week-end.

    Réseaux sociaux
    Suite à l’annonce par Meta de ne pas interdire les messages haineux par rapport à la Russie, la Russie a décidé de bloquer aussi Instagram en Russie. WhatsApp n’est pas concerné par ce blocage, car c’est une messagerie plus qu’un outil de diffusion d’information. Suite à cette décision les dirigeants russes, comme par exemple Sobianine, maire de Moscou, sont en train de fermer leurs comptes. Cela va créer un problème, car beaucoup de petits entrepreneurs russes utilisaient Instagram pour vendre leurs produits et donc ils vont avoir une baisse de revenus.

    Enquête d’opinion
    L’institut Nevada a fait comme en 2019 une enquête d’opinion pour identifier les peurs et préoccupations des russes et les résultats sont très proche avec comme tiercé gagnant, la maladie, la guerre et la perte d’emploi. Cela tend à prouver que les russes n’ont pas encore pris conscience de la crise actuelle et future.

    Corridors

    Les 12 corridors humanitaires vers Kiev, Jitomir et Zaparojie ont été maintenus aujourd’hui.

    Les Ukrainiens ont fait « fuiter » dans la presse le document présenté par Lavrov à Kuleba sur les conditions d’un accord de paix. En plus des conditions déjà connues, il faut noter : reconnaître la langue russe comme 2e langue officielle du pays, annuler des lois qui glorifient des personnages litigieux, interdire les groupes néo-nazis, interdire les armes offensives (problème pour définir ce qu’est une arme offensive et une arme défensive)

    Pas de réunion des délégations russe et ukrainienne en charge de discuter les termes d’un solution diplomatique annoncée pour l’instant.

    Congrès de Versailles de l’UE
    Les thèmes principaux ont été :

    • Sécurité énergétique : il a été décidé d’accélérer le sevrage énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie, sevrage qui avait déjà été prévu. L’ambition annoncée est de réduire de 2/3 les importations d’hydrocarbures d’ici fin 2022 en achetant plus auprès de l’Algérie, du Qatar et des USA.
    • Défense européenne : il y a des différences d’opinions entre les pays comme la France et les pays du Nord de l’Europe sur ce qu’il convient de faire.
    • Entrée accélérée de l’Ukraine dans l’UE : finalement, c’est abandonné, et à la place, il a été convenu de libérer tout de suite 300 millions € sur les 1,2 milliards promis par l’UE à l’Ukraine pour 2022. Cette question a fait ressortir un clivage entre « la vieille Europe » (celle de l’ouest qui est opposée à l’Ukraine dans la CEE) et la nouvelle Europe (celle des pays de l’Est, avec la Pologne en tête de liste, Pologne qui s’est déjà distinguée en voulant envoyer ses avions militaires en Ukraine en passant par l’Allemagne, projet qui n’a finalement pas abouti).
      Le prochain congrès aura lieu au début de l’été.

    Prévisions de la BCR pour 2022, basée sur les sanctions telles qu’elles sont aujourd’hui : une inflation à+20% et une récession à -8%.

    Liste des produits interdits : matériel agricole, machines-outils, machines agricoles, outillage électrique, moyens de transport. Les catégories sont très larges. Cela s’applique aussi aux produits importés qui ne peuvent pas être réexportés. Cela concerne surtout des produits pour lesquels la Russie a peu de stock et sur lesquels la demande internationale est très forte et donc ils veulent éviter un risque de rupture.

    Embargo sur les céréales vers l’UEE : la production russe de céréales en 2021 n’a pas été bonne et cela crée déjà des tensions d’approvisionnement par rapport à la demande. Si on ajoute la crise actuelle, la Russie a fait le choix de privilégier la demande intérieure, mais aussi la demande de pays acheteurs (ex : Egypte) qui achètent beaucoup et payent bien pour remplir les coffres de devises.

    La ville de Moscou met en place un plan de soutien de l’emploi et pour cela a réservé un budget de 1,5 milliards de roubles ; quelques actions prévues : moratoire sur des loyers professionnels, moratoires sur des crédits pour des entreprises, un budget de 500 millions de roubles pour aider à la reprise par des entreprises russes de fast-food d’emplacements appartenant à des sociétés étrangères de fast-food qui sont parties

    La CCIFR va rencontrer le ministre du développement économique mardi prochain pour se faire préciser les termes de la loi sur les entreprises étrangères qui quittent le pays, car cette loi est encore très floue ; Cette loi a d’ailleurs soulevé l’indignation d’acteurs économiques russes importants comme Potanine qui juge que c’est envoyer un signal négatif aux investisseurs étrangers. Surtout que lorsqu’on étudie en détail les déclarations des entreprises étrangères « en partance » en fait la plupart ne quittent pas définitivement le pays, mais par exemple gèlent leurs investissements (ex : Burger King, Total) ou réduisent la voilure ou mettent leur activité en stand-by temporairement en attendant que la situation se stabilise.

    Les transferts bancaires dans les 2 sens peuvent se faire avec Raiffeisen Bank, Rosbank et Unicredit

    Il y a eu des restrictions imposées dans les grandes chaines alimentaires sur les produits de première nécessité comme le sel (5 kg par personne), la farine, le sucre pour éviter l’hystérie collective qu’il y avait eu au début du Covid-19.

    Le rating de la Russie chez S&P et d’autres agence de rating est passé sous le C mais il n’y a pas de risque de défaut car la Russie a très peu de dette publique.

    • La fermeture de l’espace aérien dans le sud du pays a été prolongée jusqu’au 20 mars.
    • Les restrictions introduites en raison de la pandémie de coronavirus sur les vols vers l’Azerbaïdjan, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan et l’Iran ont été levées.
    • Air Astana a suspendu ses vols vers la Fédération de Russie en raison de la cessation de la couverture d’assurance pour les vols commerciaux.
    • Turkish Airlines a suspendu la vente de billets au départ de la Turquie vers des pays tiers pour les Russes. Les Russes peuvent acheter des billets au départ de la Russie et/ou à l’arrivée dans le pays.
    • L’Estonie suspend la délivrance de visas touristiques aux citoyens de la Russie.
    • Le gouvernement de Moscou va créer un « Centre du personnel » pour employer les travailleurs des sociétés étrangères fermées.
    • Western Union cesse de travailler en Russie.
    • La banque Goldman Sachs cesse ses activités en Russie.
    • Uniqlo, Pandora, Sony Music Group, Lush, Warner Music Group, Norton, Avast suspendent leurs activités en Russie
    • Mars (Mars, Snickers, Twix, Orbit, Whiskas, Pedigree, Royal Canin) cesse d’importer ses produits en Russie
    • Hearst révoque les licences des versions russes des magazines Esquire, Elle, Men’s Health, Harper’s Bazaar et Cosmopolitan
    • BlaBlaCar suspend les investissements et le financement de sa filiale en Russie.

    10 Mars 2022

    Ca discute mais les progrès sont lents.
    Ce matin Lavrov et Kuleba se sont rencontrés.
    Kuleba est arrivé avec comme exigences l’arrêt total des combats, le retrait des troupes russes et la gestion des problèmes humanitaires.
    Lavrov est arrivé avec une proposition d’accord de paix dont les termes ont été jugés inacceptables par les Ukrainiens.
    Donc la rencontre s’est achevée sans progrès substantiels. Mais ils ont exprimé la volonté de pérenniser ce format et surtout ils ont évoqué la possibilité d’organiser une rencontre entre Poutine et Zelensky
    Par ailleurs Macron a eu une conférence avec Scholz et Poutine et Scholz a appelé Zelensky.
    Tous ses échanges et aussi les formes de langages utilisés montre une volonté de désescalade diplomatique.

    Les corridors autours de 6 villes sont maintenus aujourd’hui même s’ils ne fonctionnent pas bien. Hier 35000 personnes ont pu sortir de ces villes.

    Aujourd’hui et demain il y a un congrès de l’Europe à Versailles pour discuter de la crise russo-ukrainienne et des conséquences pour l’Europe.

    Quelques précisions au sujet de la loi sur les entreprises étrangères et leur activité en Russie évoquée il y a une semaine.
    Cette loi est en cours de discussion à la Douma donc pas encore votée.
    Elle prévoit 3 scénarios pour les entreprises étrangères implantées en Russie :
    1 – poursuite de son activité
    2 – les actionnaires étrangers transfèrent provisoirement leurs parts à des partenaires russes et pourront plus tard devenir sur le marché
    3 – la société étrangère ferme son activité et licencie et dans ce cas elle pourra être mise sous administration judiciaire pour éventuellement la faire reprendre par une société russe ou d’un pays qui ne fait pas partie de la liste des pays inamicaux.
    Dans le 3ème scénario, les sociétés concernées doivent répondre à 3 critères :

    • au moins 25% de ses droits de vote aux mains d’entités juridique ou personnes physiques provenant de pays inamicaux
    • au moins 1 milliard de roubles d’actifs
    • au moins 100 employés
      IL y a 2 cas possibles :
      1er cas : les dirigeants ont cessé leur activité après le 24 février. Dans ce cas, la gestion par un administrateur judiciaire dure 3 mois
      2ème cas : il y a des actions délibérées de la part des dirigeants pour la faillite. Dans ce cas, la gestion par un administrateur judiciaire dure 6 mois.
      Les décisions seront étudiées au cas par cas par la cour de Moscou.
      Les propriétaires ont 5 jours pour décider de reprendre leur activité ou céder leurs actifs.
      Si non au bout des 3 ou 6 mois, ce sera une vente aux enchères.
      Le repreneur devra s’engager à garder au moins les 2/3 des employés et poursuivre l’activité au moins un an.
      Selon le premier ministre cette loi ne concerne pas les entreprises qui ont mis leur activité temporairement en sommeil et qui continuent à payer salaires et loyers.
      Cela ressemble plutôt à un ultime coup de semonce aux entreprises étrangères qui veulent partir.

    Liste des produits russes sous embargo à l’exportation :
    Une première liste a été émise aujourd’hui vers 17h00.
    Elle comprend : le bois, le matériel médical, les machines agricoles, les « véhicules » ( ?)
    Une analyse plus détaillée sera faite dans les jours à venir.

    Rouble aujourd’hui à la bourse de Moscou : 125 rub pour 1€

    9 Mars 2022

    Les sanctions continuent de tomber des 2 côtés

    Mesures russes contre les pays «hostiles»
    Le gouvernement russe a dressé une liste des pays dits hostiles, à savoir ceux qui ont imposé des sanctions à la Russie. Ces mesures vont évolué dans le temps.

    Pour l’instant on a :

    1. L’obligation pour les ambassades de ne plus employer de personnel russe.
    2. Un débiteur russe pourra désormais demander à une banque russe de créer un compte spécial en roubles au nom du créancier étranger et de lui envoyer un paiement en équivalent rouble, au taux de change du jour de la Banque centrale. Cette nouvelle procédure temporaire s’applique aux paiements supérieurs à 10 millions de roubles par mois en équivalent à la devise étrangère. (Le parisien 07/.03.2022)
    3. Tous les accords commerciaux avec des entreprises et des particuliers des «pays et régions hostiles» doivent désormais être approuvés par une commission gouvernementale russe, la Commission de contrôle des investissements étrangers, qui a été créée par le Kremlin en 2008 pour surveiller les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. (Newsweek 07/.03.2022).

    Décret sur des mesures économiques spéciales

    Vladimir Poutine a signé un décret sur l’application de mesures économiques spéciales dans le domaine de l’activité économique étrangère afin d’assurer la sécurité de la Russie.

    • Mettre en place l’interdiction en 2022 des exportations et importations vers la Russie de produits et matières premières figurantes sur des listes déterminées par le gouvernement.
    • Sous 2 jours, désigner les pays visés par l’interdiction d’importation et d’exportation de certains produits et matières premières en provenance de/ou à destination de Russie.
    • Jusqu’au 31 décembre, mettre en place l’interdiction d’exporter de Russie des produits et matières premières dont la liste sera déterminée par le Gouvernement.
    • La liste n’est pas connue mais de toute façon les interdictions seront gérées au cas par cas.

    Décision de ne plus octroyer de crédit en Russie aux sociétés étrangères.
    Suite à cette décision la CCIFR a contacté 6 personnes de haut rang pour leur faire valoir qu’on ne pouvait pas reprocher à une entreprise étrangère de partir et la menacer de lui saisir ses avoirs si elle ne pouvait plus vendre ses avoirs ni financer son activité par du crédit. IL a été répondu que cette loi resterait mais serait adaptée avec une gestion au cas par cas.
    Et le crédit entre sociétés russes d’un même groupe est possible.

    • Contrôle des changes dès ce mercredi 09.03.2022
    • La Banque centrale de Russie introduit une procédure temporaire pour les opérations en espèces
    • Du 9 mars au 9 septembre 2022, la procédure suivante de retrait de fonds à partir de dépôts ou de comptes en devises de citoyens est établie :
    • Tous les fonds des clients sur des comptes ou des dépôts en devises étrangères sont enregistrés et comptabilisés dans la devise du dépôt, le client peut retirer jusqu’à 10 000 dollars américains en espèces et le reste des fonds en roubles au taux du marché le jour de l’émission.
    • Le taux du marché au jour de l’émission est déterminé sur la base des données sur le taux moyen pondéré des devises concernées, calculé sur les transactions conclues aux enchères organisées la veille du jour de l’émission.
    • Dans les banques russes, environ 90 % des comptes en devises ne dépassent pas le montant de 10 000 dollars américains. C’est-à-dire que 90 % des titulaires de dépôts ou de comptes en devises pourront recevoir intégralement leurs fonds en espèces.
    • Pendant la période de cette procédure temporaire, la devise sera émise en dollars américains, quelle que soit la devise du compte. La conversion des autres devises en USD se fera au taux du marché à la date d’émission.
    • Vous pouvez retirer la monnaie à la caisse de la banque.
    • Les citoyens peuvent continuer à conserver des fonds dans des dépôts ou des comptes en devises étrangères. Tous les fonds sont conservés et comptabilisés dans la devise dans laquelle le compte ou le dépôt a été ouvert. Les conditions du dépôt ou du compte ne changent pas. Les intérêts sur les dépôts seront calculés, comme d’habitude, dans la devise dans laquelle le dépôt a été ouvert.
    • Les citoyens pourront ouvrir de nouveaux comptes et dépôts en devises, mais il ne sera possible d’en retirer des fonds, pendant que la procédure temporaire pour les transactions en espèces est en vigueur, qu’en roubles au taux du marché le jour de l’émission.
    • Les banques ne vendront pas de devises étrangères en espèce aux citoyens pendant la période de validité de l’ordonnance temporaire. Il sera possible d’échanger des devises contre des roubles à tout moment et pour n’importe quel montant.
    • Les clients de toutes les banques sans exception peuvent recevoir des fonds de leurs dépôts ou comptes en devises. Les banques peuvent prendre plusieurs jours pour apporter le montant requis en espèces à une succursale particulière.

    USA
    Sous la pression du congrès américain, le gouvernement a décidé d’interdire l’importation d’hydrocarbures russes (ils importent surtout des produits raffinés).
    Mais l’Europe a fait savoir très tôt qu’elle ne le fera pas et les USA n’ont pas cherché à faire pression sur l’Europe pour qu’elle applique cette décision américaine car à moyen terme il n’y a pas de moyens de substitution aux hydrocarbures russes pour l’Europe.
    Les USA sont même aller négocier avec Maduro la possibilité de lever les sanctions contre le Venezuela pour s’approvisionner chez eux.
    Biden a essayé de parler à Bin Salman (Arabie Saoudite) et Al Maktoum ( UAE) mais ceux-ci ont refusé de le prendre au téléphone.
    Seul le Qatar est prêt à fournir du gaz liquéfié à l’Europe mais cela ne couvrira pas les besoins.
    Il y a eu aussi l’idée de remplacer le pétrole russe par le pétrole urania-en mais cela nécessite des investissements qui feront que cela ne sera faisable avant des années.
    En fait si la Russie ne fournit pas de gaz à l’Europe, il n’y aura pas la possibilité de chauffer l’Europe l’hiver prochain.

    4ème vague de sanctions Européennes
    Elle n’a pas encore été annoncée officiellement mais elle porterait sur les points suivants :

    • Transport maritime
    • Sénateurs russes ayant incité à la guerre
    • Une 12 d’oligarques russes
    • Crypto-monnaies
    • Sanctions appliquer à la Biélorussie

    Autres informations économiques

    • Le gouvernement russe va mettre en place une aide financières pour les familles ayant des enfants entre 8 et 16 ans.
    • VTB, la banque la plus sanctionnées, va proposer des comptes rémunérés en monnaie chinoise
    • Les Chinois comptent renforcer leurs participations dans les sociétés d’hydrocarbures russes.
    • Paiement de la Russie vers la France ou de la France vers la Russie : cela dépend de chaque banque française car c’est elle qui décide de sa compliance.
    • Abaissement de la note par Fitch : cela n’indique pas un risque de banqueroute de la Russie mais c’est dû aux problèmes de paiements à l’étranger et à la décision de permettre aux entreprises russes de payer ses fournisseurs étrangers en roubles.
    • A partir de demain, il ne sera plus possible d’utiliser des cartes Visa et Mastercard émises en Russie pour des achats à l’étranger et vice-versa. Les banques russes se tournent vers le système de carte chinois UnionPay qui fonctionne partout dans le monde. Pour l’instant seule Sberbank a annoncé avoir bientôt une carte de crédit Mir-UnionPay. Les autres banques russes trvaillent dessus mais n’ont rien de disponible pour l’instant. Il faut demander à sa banque ce qu’ils peuvent offrir.
    • Ce matin on a annoncé la suspension du LME (bourse de Londres sur les métaux non ferreux) jusqu’à mardi prochain suite à l’envolée des cours des matières premières comme le nickel.

    Tendance économique en Russie
    Un journal américain a annoncé une baisse du PIB de 15% pour cette année, soit 2 fois 2009 et 3 fois 1998. Mais c’est encore trop tôt pour vraiment prédire ce que sera la baisse et encore plus pour dire si la reprise sera sous forme de V aigu comme en 1998 où on avait eu une reprise à +7,6% en 1999 ou sera très lente comme pour tout pays mature.

    Point diplomatique

    Corridors humanitaires : 12 corridors ont été ouverts aujourd’hui et doivent fonctionner jusqu’à 21 heures. C’st encore trop tôt pour savoir s’ils ont vraiment fonctionné.

    Négociations entre russes et ukrainiens
    Un 4ème tour aura lieu ce week-end en Biélorussie, après la rencontre entre Lavrov et Kuleba demain à Antalya.
    A priori les négociations en Biélorussie vont s’’axer sur le volet humanitaire et le volet diplomatique et politique sera entre les mains des ministres des affaires étrangères.

    Turquie
    La Turquie tient à son rôle de médiateur car elle veut conserver son rôle en mer noire, rôle actuellement menacé par une forte présence de l’OTAN.

    Israël
    Hier Naftali Bennett s’est encore entretenu avec Poutine par téléphone.
    Israël tient à ce rôle de missi dominici car il est important pour eux que les Ruses continuent à fermer les yeux sur ce qui se passe entre Israël et l’Iran et ne mette pas des bâtons dans les roues à Israël (e qu’elle faisait dernièrement) au sujet du nucléaire iranien.

    Inde
    L’Inde est un peu le cul entre 2 chaises.
    D’un côté il y a une forte communauté indienne aux USA et des étudiants indiens en Ukraine.
    Mais d’un autre l’Inde est un partenaire historique de la Russie, il y a des contrats majeurs entre les 2 pays, surtout dans le domaine de la coopération militaro-technique.
    S’ils voulaient couper les ponts avec la Russie, cela leur prendrait 10 à 15 ans pour être indépendants.

    Europe comme médiateur
    L’Europe ne peut plus être considérée comme un médiateur mais plutôt comme un cobelligérant à cause des sanctions et de l’approvisionnement en armes de l’Ukraine.

    Position de Zelensky
    Dans ses dernières interventions et surtout dans son interview avec un journal américain, Zelensky semble plus accommodant par rapport aux demandes russes.
    En ce qui concerne l’OTAN, il a dit vouloir mettre ce sujet sur pause mais en fait c’est parce qu’il voit ses espoirs d’intégrer l’OTAN disparaitre.
    Il a dit être prêt à discuter de la Crimée, de Lougansk et du Donbass pour trouver des solutions mais qu’il ne veut pas renoncer à ces territoires pour l’Ukraine.
    Il est fortement soutenu en Ukraine mais sa marge de manœuvre va en diminuant au fur et à mesure que l’étau se resserre autour des grandes villes.

    Pour les français de Russie
    Partir ou rester ?
    C’est à chacun de prendre sa décision. Pour les cadres de grandes boites, souvent la société va le faire rentrer selon de principe de précaution.
    Pour les personnes ayant des PME c’est bien sûr plus difficile de partir.
    Les recommandations du quai d’Orsay et de rapports comme celui du CDSE se basent sur la raréfaction des lignes aériennes et les difficultés bancaires croissantes.
    Mais il n’y a pas de danger pour les français en Russie.
    Et si les frontières ferment, ce qui n’a pas été annoncé, les étrangers pourront toujours sortir du pays et les ambassades aideront.

    Lycée français
    C’est un vrai problème pour la communauté française. Pour l’instant ce serait en distanciel à partir du 15 mars et une révision de la situation devra être faite au 1er avril.
    La CCIFR va en discuter avec les autorités françaises.
    Il faut aussi en parler avec les 3 conseillers consulaires.

    • Toutes les cartes VTB émises précédemment seront valables indéfiniment, leur renouvellement et leur réémission ne seront pas nécessaires.
    • Visa a annoncé la prolongation d’un jour de la période de fonctionnement des cartes russes à l’étranger – jusqu’au 11 mars.
    • Coca-Cola, PepsiCo, Starbucks, L’Oréal, General Electric, Unilever, Mothercare, Conde Nast, Universal Music Group suspendent leurs travaux en Russie.
    • Unilever suspend la fourniture de produits à la Fédération de Russie mais laisse sur le marché des produits fabriqués en Russie.
    • McDonald’s ferme temporairement ses 850 restaurants en Russie.
    • Amazon cesse d’accepter de nouveaux clients en Russie.

    7 Mars 2022

    Ces 2 derniers jours, peu de nouvelles significatives économiquement mais beaucoup d’éléments nouveaux sur le plan diplomatique. Un point qui concerne les français Le quai d’Orsay recommande instamment de quitter la Russie cra il y a de moins en moins d’avions : fermeture des espaces aériens, annulation des vols internationaux pour les compagnies ruses afin de ne pas se faire saisir les avions, annulation de vols d’autres compagnies à cause du problème de maintenance lié à la diminution de la disponibilité des pièces détachées sous sanction. Mais cette recommandation ne correspond pas à des risques pour nous en Russie.

    • Mastercard et Visa ont bloqué les activités : donc les cartes émises par une banque russe ne fonctionneront qu’en Russie et les cartes étrangères seulement à l’étranger. Mais les banques russes sont déjà en train d’étudier une parade via UnionPay.
    • E&Y, KMPG et PWC ont annoncé qu’ils quittaient la Russie mais partiellement. On attend l’annonce de Deloitte.
    • On est toujours en attente de la 4ème vague de sanctions qui devraient concerner le transport, surtout maritime (interdiction aux bâtiments russes de faire escale en Europe).
    • On a parlé de débat aux USA et discussions entre les USA et l’Europe pour interdire l’importation de pétrole russe. Mais certains se disent que c’est pour gagner du temps par rapport au congrès américain qui a des positions plus dures que l’administration. Et surtout le chancelier allemand vient de dire qu’il est hors de question d’interdire les matières premières russes qui sont essentielles. Ces rumeurs ont des conséquences significatives sur les bourses dont les indices chutent et par contre les matières premières s’envolent : la baril est presque à son niveau record de 140$, le blé à 400€/tonne et l’alu à 4000$/tonne.
    • La 1ère projection de la croissance russe depuis le début du conflit pour 2022 est à -15%, soit 2 fois le choc de 2009 et 3 fois celui de 1998 (-4,6%).
    • Déconnection de la Russie d’internet. Effectivement il y a des rumeurs à ce sujet mais cela a été démenti officiellement. Et cela ne serait pas possible. En fait ils s’agirait pour certains sites de passer à .ru et d’être hébergés en Russie.
    • La Russie a dressé une liste de 48 pays inamicaux : ceux qui ont mis des sanctions à la Russie. Les conséquences sont les suivantes :
      • Les ambassades de ces pays ne peuvent plus employer de locaux (ou du moins au maximum 1/3). Cela va causer des problèmes de fonctionnement es ambassades dans les mois à venir.
      • Les investissements faits conjointement avec des entreprises étrangères de ces pays devront être approuvés par une commission spéciale.
      • Les entreprises russes qui ont des dettes auprès des entreprises de ces pays pourront les régler en roubles.
    • Il y a des rumeurs sur la Russie passant à l’étalon or pour le rouble mais aucune confirmation dans un sens ou un autre.
    • Les banques américaines rachètent effectivement les dettes et obligations d’entreprises russes qui ne valent plus grand-chose actuellement sur les marchés boursiers de NY et Londres car elles vaudront beaucoup dans quelques mois ou quelques années.
    • Il y a eu hier des manifestations contre ces opérations spéciales qui ont donné lieu à 5000 interpellations dans toute la Russie.
    • L’élément le plus significatif c’est la visite surprise du premier ministre israélien à Poutine samedi. Il a suivi cette visite d’une visite au chancelier allemand et il a encore parlé à Poutine par téléphone hier. Le fait que rien n’ait fui de ces discussions montre l’importance qu’elles ont.
    • De son côté Erdogan poursuit ses efforts de médiation et il devrait y avoir jeudi prochain un rendez-vous entre les ministres des affaires étrangères de Russie et d’Ukraine à Antalya.
    • Hier Poutine et Macron se sont entretenus téléphoniquement. Les principaux sujets de conversation ont été :
      • La sécurité des installations nucléaires en Ukraine
      • La situation à Odessa que la France juge inquiétante
      • Les corridors humanitaires qui étaient le sujet principal car ils ne fonctionnent pas. Aucun civil n’a pu partir de Kharkov, Kherson, Marioupol et Kiev ; l’Ukraine a dénoncé l’interprétation du fonctionnement des corridors par la Russie qui a proposé d’évacuer les civils vers la Russie : Macron a reproché le cynisme de la Russie qui ne respecte pas les termes de l’engagement.
    • L’Inde, qui ne se sent pas à l’aise dans la situation actuelle, a appelé à une discussion directe entre les 2 présidents.
    • Aujourd’hui à 17h00, heure locale, a démarré le 3ème round des négociations entre les délégations russes et ukrainiennes. La Russie a rappelé les conditions qu’elle veut pour un cessez-le-feu :
      • Reconnaissance par l’Ukraine de l’appartenance de la Crimée à la Russie
      • Reconnaissance par l’Ukraine de l’indépendance du Donbass et de Lougansk
      • Statuts hors-bloc de l’Ukraine via une modification de sa constitution : il sera intéressant de savoir si la notion de « hors-bloc » inclut l’entrée éventuelle de l’Ukraine dans l’Europe. Demain pas de point car c’est un jour férié
    • Le régime de l’espace aérien fermé dans le sud de la Russie a été prolongé jusqu’au 14 mars.
    • Les restrictions concernant l’exploitation de l’aéroport de Volgograd ont été levées.
    • Aéroflot cessera d’exploiter les vols étrangers à partir du 8 mars, à l’exception des vols vers la Biélorussie.
    • Aéroflot s’est déconnecté des systèmes de réservation de vols internationaux Saber et Amadeus
    • Ural Airlines a annulé tous les vols vers les Émirats arabes unis, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et Israël jusqu’à la fin mars
    • S7 Airlines annule tous ses vols internationaux à partir du 5 mars
    • Le Monténégro ferme l’espace aérien aux avions russes
    • Facebook et Twitter sont bloqués en Russie
    • La chaîne de magasins Lenta a introduit des restrictions sur l’achat de produits d’épicerie, de conserves, de restauration rapide et de papier toilette.
    • X5 Retail Group (Pyaterochka, Perekrestok, Karusel, Chizhik) introduit une restriction sur l’achat de produits d’épicerie dans ses magasins et son hypermarché en ligne
    • Leroy Merlin et OBI ont introduit un montant minimum de commandes en ligne en raison d’une demande accrue – 30 et 15 mille, respectivement
    • American Express suspend ses activités en Russie
    • PayPal, Вooking.com, Fedex, Hitachi, Panasonic, Fazer, Netflix, Valio, Paulig, Sephora, Nvidia, EPAM, Cogent Communications, Microsoft, IBM, Cisco, Adobe ont suspendu leurs activités en Russie.
    • Instagram a suspendu la vente de publicité contextuelle en Russie
    • eBay a suspendu la livraison de commandes en Russie depuis le 3 mars
    • La plateforme d’enseignement en ligne Coursera suspend ses activités en Russie
    • PwC et KPMG excluent les filiales russes et biélorusses de leurs réseaux. Ces divisions continueront à opérer en dehors des réseaux internationaux

    5 Mars 2022

    • Facebook va être totalement bloqué en Russie.
    • Coca-cola, Hermes, Louis Vuitton, Balenciaga ont annoncé leur départ de Russie.
    • Le corridor humanitaire à Mariaupole est un ½ échec, car il y a eu malgré tout des tirs et seulement 100 personnes ont été évacuées.
    • L’UE annonçant qu’elle serait prête à admettre l’Ukraine dans l’Europe dès que possible avec un processus accéléré exprime son état d’esprit politique
    • Les officiels ukrainiens ont eu des mots durs vis-à-vis de l’OTAN suite à l’annonce faite par l’OTAN qu’ils n’interviendraient pas, en disant que l’OTAN n’assumait pas ses responsabilités.
    • Il y a eu une conversation téléphonique entre le ministre de la Défense turc et le russe et selon le turc, ce serait prometteur pour le futur.
    • Les dates du 3e round de négociations entre ukrainiens et russes ne sont pas connues, mais a priori, ce serait ce week-end, toujours en Biélorussie.
    • La 4e vague de sanctions européennes n’a pas encore été dévoilée.
    • Singapour a mis 3 banques russes sous sanction : VTB, VEB et Promviazbank.
    • Lougansk n’est plus bombardée depuis quelques jours par les Ukrainiens, mais d’autres zones du Donbass le sont toujours.
    • Les chinois ont une position pas évidente car ils subissent d’énormes pressions des Américains, mais pour l’instant ils évitent toujours de prendre position, comme l’Inde.
    • Le Charles de Gaulle a fait escale à Chypre et est en route pour la mer Égée. Contrairement à certaines rumeurs, il ne rentrera pas en mer noire pour 2 raisons : le détroit est interdit aux navires de mer par la Turquie et son tonnage de 80 000 tonnes est 4 fois supérieur au tonnage maximal autorisé pour les bâtiments de pays étrangers non-côtiers de la mer noire (20 000 tonnes).
    • Novatek, 2e producteur russe de gaz naturel a déclaré qu’il espérait une résolution rapide de cette situation tragique et qu’il compatissait avec les populations subissant les circonstances de cette situation.
    • Rossavitsia a publié une directive demandant aux compagnies aériennes russes de suspendre temporairement leurs vols internationaux pour éviter que les avions en leasing ne soient saisis et a rappelé aux Russes qu’ils avaient toujours la possibilité de voyager avec des compagnies étrangères ou par voie de terre.
    • Les vols de certains pays qui n’ont pas imposé de restriction à la Russie risquent d’être suspendus à cause des problèmes de maintenance en Russie, car si un avion tombe en panne, il faudra alors faire venir un deuxième avion avec les pièces de rechange et pour emporter les passagers, ce qui alourdira la gestion et les compagnies préfèrent l’éviter.
    • Les marques de luxe ont fermé temporairement leurs magasins, car ils n’arrivent plus à s’approvisionner à cause de les difficultés à faire les paiements.
    • La logistique depuis l’Europe pose des problèmes, car certaines sociétés logistiques ne veulent plus livrer en Russie et donc les délais sont plus longs. Les procédures douanières sont aussi plus longues (à cause de la vérification des chargements pour s’assurer qu’il n’y a pas de produits sous sanction).
    • Les médicaments ne sont pas sous sanction. Mais avec la dévaluation du rouble, ils sont devenus hors de prix depuis l’Europe et donc les Russes sont en train de chercher des alternatives en Asie et en Inde
    • La Russie continue de livrer les céréales à l’Europe. Il y a juste une recommandation aux semenciers de privilégier le marché intérieur par rapport à l’export mais cette recommandation existait déjà avant cette crise car il y a pénurie de semences.
    • Youri Borrissov, vice Premier ministre, a annoncé qu’avec les mesures prises, la Russie pouvait fonctionner en régime normal pour 3 à 5 mois et qu’ensuite, il faudrait réajuster.

    4 Mars 2022

    • Les amendements au Code pénal de la Fédération de Russie ont été approuvés, selon lesquels la diffusion de faux peut être punie d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 ans.
    • Revolut cesse ses activités en Russie.
    • Un projet de loi a été introduit sur la conscription pour le service militaire de ceux qui ont été tenus responsables de la participation à des actions non autorisées contre l’utilisation des troupes russes à l’étranger.
    • La Banque centrale réduit la commission pour les personnes physiques sur les transactions d’achat de devises étrangères par l’intermédiaire de courtiers de 30% à 12% et introduit une commission pour l’achat de devises étrangères pour les personnes morales de 12% du montant de la transaction.
    • La France et la Pologne recommandent à leurs citoyens de quitter la Russie.
    • S7 Airlines jusqu’au 30 avril inclus a annulé des vols vers l’Europe (Autriche, Bulgarie, Allemagne, Grèce, Espagne, Italie, Chypre, Moldavie, France), ainsi que certains vols vers les pays de la CEI (Azerbaïdjan, Arménie, Kazakhstan, Moldavie)
    • Volkswagen, Skoda suspendent leur production en Russie et leurs livraisons.
    • AMD, Intel, Airbnb, Skoda, Mango, IKEA, JYSK, Lacoste, Incanto, Hendersen, Lego suspendent leurs activités en Russie.
    • La bourse de crypto-monnaies Binance a cessé de travailler avec les cartes des banques russes qui font l’objet de sanctions
    • Google a suspendu la vente de la publicité contextuelle (Google Ads) en Russie.
    • Pas de loi martiale votée. Par contre le Parlement a adopté un texte prévoyant 15 ans de prison pour la diffusion de fake news au sujet de l’’armée russe et 3 ans pour les appels à sanctionner la Russie. Cela vient s’ajouter aux lois existantes sur les manifestations (qui ont été rarement appliquées jusqu’à présent) : 8 ans de prison pour participation à une manifestation et 15 ans pour l’organisation d’une manifestation.
    • Intervention significative dans l’espace public : Lukoil, n°2 du pétrole, a appelé à la paix au nom de son comité de direction
    • Certains ne perdent pas le nord : JP Morgan et Goldman Sachs sont en train d’acheter massivement les actifs russes dépréciés.
    • La semaine prochaine, le gouvernement russe va publier un 2e volet d’aide aux entreprises russes frappées par les sanctions. Les entreprises françaises implantées en Russie pourraient au même titre que les autres entreprises russes en bénéficier.
    • 2 études faites par 2 sociétés sur les Français pour connaître leur intention de partir ou rester en Russie faites avant l’annonce du quai d’Orsay. Entre 61% et 65% veulent rester en Russie, 14% veulent partir et le reste est indécis.
    • Le 2e tour de négociation a abouti à un accord de cessez-le-feu temporaires pour les corridors d’aide humanitaire : premier en cours pour Mariaupol. Un cessez-le-feu général n’est pas encore négocié. Le prochain round serait demain ou après-demain ce qui montre une volonté de se parler et le plus vite possible. Le cessez le feu généralisé et la solution politique n’ont pas encore été abordées. Les négociations sont lentes, surtout que chaque délégation doit à chaque fois rentrer dans son pays pour faire son rapport à son gouvernement et décider des étapes suivantes.
    • L’éventuelle participation de l’armée biélorusse auprès de l’armée russe retarderait encore la démarche, car alors la Biélorussie ne pourrait plus être le pays où ils se rencontrent, car il faudrait trouver un autre pays.
    • Il y a eu une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Otan et la Turquie a renouvelé son offre de servir d’intermédiaire entre russes et ukrainiens et a proposé Antalya pour le déroulement de ces discussions et l’Otan a réaffirmé qu’il n’enverrait pas de troupes ni d’avions de combat en Ukraine.
    • Le chancelier allemand a parlé avec le président russe au sujet de l’Ukraine et va prochainement avoir une autre discussion.
    • Zaparojie : contrairement à Tchernobyl pris par les Russes il y a une semaine, la prise de la centrale nucléaire de Zaparojie a dû faire face à une opposition ukrainienne et dans la chaleur des combats, un bâtiment administratif a été bombardé. Mais il y a eu plus de peur que de mal. Et comme Tchernobyl, la centrale continue de fonctionner normalement sous le contrôle de l’armée russe.
    • Situation économique : bourse de Moscou fermée et le rouble a dévissé et près de la moitié des réserves de la banque centrale a été saisie en occident ce qui empêche de soutenir le rouble.
    • Les sanctions européennes ont été étonnamment beaucoup plus fortes que les sanctions américaines alors que normalement c’est l’inverse. Discussion aux USA sur l’interdiction d’importation de pétrole en provenance de la Russie ce qui la mettrait un peu dans la situation des Iraniens.
    • Le gouvernement russe voit 3 scénarios pour les entreprises étrangères implantées en Russie :
      • 1 – poursuite de son activité
      • 2 – les actionnaires étrangers transfèrent provisoirement leurs parts à des partenaires russes et pourront plus tard revenir sur le marché.
      • 3 – la société étrangère ferme son activité et licencie et dans ce cas elle pourra être mise en liquidation pour la faire reprendre par une société russe.
    • Et, d’un autre côté, il y a 48h, il y a eu un décret présidentiel prévoyant l’arrêt des crédits des banques russes à des entreprises issues de pays inamicaux : la CCIFR a entamé des discussions avec le gouvernement russe pour faire arrêter ce projet. Ce sont surtout des sociétés européennes qui partent. Les Américains restent. Les coréens aussi : ils ont même obtenu un accord des USA qu’ils ne seraient pas « punis » pour avoir poursuivi leurs activités en Russie.
    • Les grands groupes français, a priori, n’envisagent pas de partir de Russie, contrairement à beaucoup d’autres sociétés étrangères. Il n’y a pas d’hostilité en Russie vis-à-vis des Français.
    • Renault Avtovaz fait partie d’un groupe de 5 sociétés automobiles bénéficiant d’un plan de protection de l’activité mis en place par l’état russe.
    • Il y a le départ de nombreux expats, mais cela ne fera qu’accélérer la russification des managements de ces entreprises qui avait déjà commencée bien avant.

    3 Mars 2022

    • Le ministère des affaires étrangères français recommande aux personnes « non-essentielles » de sortir de Russir, mais ce n’est pas un ordre d’évacuation, mais une recommandation.
    • Les présidents français et russes ont discuté au téléphone pendant 1h30. Ils ont surtout parlé des opérations humanitaires en Ukraine et du sentiment nationaliste en Ukraine. Une discussion qui n’a pas donné de résultats très positifs, mais qui a le mérite de maintenir un lien, car il faut noter que Macron est le seul président européen à parler au président russe.
    • Beaucoup d’entreprises internationales interrompent leurs activités en Russie.
    • La Russie va peut-être nationaliser les avions utilisés par les compagnies commerciales qui sont en leasing pour ne pas les rendre à l’Europe.
    • On s’attend à une 4e vague de sanctions européennes sous 48 heures.
    • Deripaska, propriétaire de Rusal appelle à faire la paix rapidement et que la crise qui va suivre sera 3 fois plus forte qu’en 1998.
    • La Russie ne va plus livrer les moteurs des fusées aux USA.
    • Le président russe a dit être prêt à discuter des bases d’un cessez-le-feu.

    2 Mars 2022

    • Transferwise stop ses services en Russie et conseille de convertir tous les RUB en devise sur les comptes avant le 4 Mars.
    • Les banques russes soumises à des sanctions ne pourront pas émettre de nouvelles cartes Visa et Mastercard. Les cartes déjà émises continueront à fonctionner en Russie. Ces banques seront déconnectées du système de paiement international SWIFT le 12 mars.
    • La Sberbank a annoncé son retrait du marché européen.
    • La Banque mondiale a annoncé la suspension de tous ses programmes en Russie et au Belarus.
    • À partir du 3 mars, les particuliers devront payer une commission de 30% pour l’achat de devises étrangères.
    • La Banque centrale a suspendu les transferts de personnes morales et physiques étrangères d’un certain nombre de pays vers des comptes à l’étranger et a interdit aux non-résidents (à l’exception des citoyens des pays de la CEI) de retirer plus de cinq mille dollars par mois de Russie sans ouvrir de compte.
    • L’UE a interdit la vente, la fourniture et l’exportation de billets de banque en euros en Russie.
    • La Douma d’État a été amendée pour punir jusqu’à 15 ans de prison la diffusion de fausses informations sur les actions des forces armées de la FR.
    • Les États-Unis ont annoncé la fermeture de leur espace aérien à la Russie.
    • Paramount a annulé les premières de ses films en Russie.
    • MAN, Oracle, Mercedes-Benz, Ford, Toyota, Lexus, Honda, Mazda, H&M, Asos, FarFetch, iHerb ont suspendu leurs activités en Russie
    • Boeing et Airbus arrêtent leurs livraisons et services en Russie.
    • Nokia ne fournira pas ses produits aux opérateurs mobiles en raison des sanctions imposées par de nombreux pays contre la Russie.
    • DHL a cessé de livrer des colis en Russie.
    • Mediterranean Shipping Company (MSC), Maersk et CMA-CGM ont annoncé qu’ils avaient cessé d’accepter les demandes de conteneurs maritimes à destination et en provenance de la Russie. MSC et Maersk ont précisé que leur décision ne concerne pas la livraison de biens essentiels tels que la nourriture, les équipements médicaux et les envois de secours.
    • Moscou cesse d’utiliser les QR codes. Le mode de transport à domicile pour les personnes âgées de plus de 60 ans et les citoyens souffrant de maladies chroniques, au lieu d’être obligatoire, devient recommandé.

    1 Mars 2022

    • Les universités estoniennes suspendent leur coopération avec les universités de la Fédération de Russie.
    • Le ministère allemand de l’éducation gèle la coopération avec la Russie.
    • Le département d’État américain recommande aux Américains de quitter immédiatement la Fédération de Russie.
    • Le Canada interdit à ses banques toute transaction avec la Banque de Russie
    • Volvo, Volkswagen, General Motors, Harley-Davidson, Daimler Truck, Scania et Ericsson ont suspendu leurs activités en Russie.
    • Sony Pictures, Disney et Warner Bros ont suspendu les premières de leurs films en Russie.
    • Le premier jour de négociations entre russes et ukrainiens s’est plutôt bien déroulé. Il semblerait qu’ils aient trouvé des points de convergence pour faire avancer les résolutions. Ils doivent continuer demain.
    • L’Europe a renoncé à envoyer des avions militaires aux ukrainiens.
    • Cette crise engendre des changements de position : la Finlande et la Suède, jusqu’à présent restées indépendantes, se posent la question d’entrer dans l’OTAN.
    • La Suisse a décidé d’appliquer les sanctions européennes comme elle l’avait déjà fait en 2014.
    • La Turquie a décidé de fermer les détroits à tous les navires de guerre, quelque soit leur pays d’origine, choix leur permettant de maintenir une certaine neutralité.

    Février 2022

    • Tous les pays de l’UE ont fermé leur espace aérien à la Russie. La Russie a fermé son espace aérien aux pays de l’UE et à certains pays non-membres de l’UE (Albanie, Anguilla, Grande-Bretagne, îles Vierges britanniques, Gibraltar, Jersey, Canada, Norvège). Les vols en provenance de ces pays ne peuvent être autorisés que sur décision spéciale des autorités russes.
    • De nombreuses sociétés internationales évacuent leur population étrangère (de façon temporaire ou permanente).
    • L’Anglo-American School of Moscow passe temporairement à l’enseignement à distance à partir du 1er mars, la plupart des enseignants (citoyens américains) étant invités à quitter le pays. D’autres écoles internationales confirment pour l’instant leur intention de poursuivre leur travail normalement.
    • Le 28 février, le taux de change du rouble russe a atteint son plus bas niveau historique et l’inflation son plus haut niveau.
    • L’UE, les États-Unis et le Canada ont décidé de déconnecter de SWIFT les banques russes VTB, Otkritie Bank, Promsvyazbank (PSB), Novikombank, Sovkombank.
    • De multiples manifestations demandant l’arrêt de la guerre ont lieu dans tout le pays. Elles sont brutalement réprimées par la police et de nombreuses personnes sont arrêtées. Il est recommandé d’être attentif à la forte concentration policière à Moscou, Saint-Pétersbourg et dans d’autres grandes villes, en particulier le soir, lorsque les manifestants sont les plus actifs. En dehors de cela, il n’y a aucun problème de sécurité.
    • Le gouvernement russe a limité Facebook & Instagram et d’autres restrictions pourraient être imposées dans les semaines à venir. Il est recommandé d’installer Telegram comme plateforme de communication supplémentaire.
    • La Russie et l’Ukraine ont entamé des négociations pour la fin de la guerre aujourd’hui à Gomel en Bélarus. Les positions initiales sont diamétralement opposées, mais ils poursuivront leurs discussions demain.
    • Les présidents français et russes se parlent par téléphone alors que la dernière conversation téléphonique de la semaine dernière laissait envisager un silence radio de longue durée.
    • Toujours pas de contre-sanctions russes conséquentes.
    • La Russie continue de livrer du gaz en Europe : business as usual !
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