Comment trouver un travail en Russie ?

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Tout d’abord, il faut bien comprendre ce qu’était la Russie de 2000 à 2008 et ce qu’est la Russie d’aujourd’hui, du point de vue des candidats et du marché du travail.

Avant la crise de 2008 au cours des années folles, la croissance était forte et les entreprises, étrangères, embauchaient énormément d’étrangers, que ce soit des expatries, des profils de management, mais également nombre de jeunes étrangers à des salaires faibles mais sans inquiétude car elles pensaient les intégrer sans risques.

En 2008 et 2014, deux crises économiques ont eu des conséquences de faire changer la Russie d’écosystème.

Tout d’abord la crise de 2008 a mis un coup d’arrêt aux pratiques d’entreprises étrangères qui utilisaient des visas dits Business pour embauche des étrangers. Ces derniers n’avaient qu’à sortir une fois tous les 6 mois mais, concrètement, pouvaient passer 12 mois de l’année en Russie et travailler.

En 2008, juste avant la crise américaine des subprimes, les autorités de Bruxelles ont vote une loi restreignant le droit à des ressortissants russes de séjourner 90 jours sur 180 avec des visas business dans l’UE.  Les autorités russes, appliquant le principe de réciprocité du coup ont-elles fait la même chose sauf que ce sont les milliers de travailleurs européens en visa business qui ont été pénalisés.

En 2014, la seconde crise récente de la Russie a entraîné une baisse forte du cours du rouble qui a eu un effet direct sur l’organisme des entreprises et donc leurs employés. L’accélération de la fin des expatriés de par la chute de la monnaie s’est accompagné d’une réduction des communautés économiques étrangères et occidentales en Russie. C’est normal, des contrats locaux, en roubles, c’est difficile à rendre compatible pour des français par exemple, qui ont encore une vie en Euro et des dépenses en Euro.



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Et pour les français qui cherchent du travail en Russie ?

Le premier est celui de personne en recherche d’emploi qui sera le plus souvent en Russie en visa business, mais ce visa imposte de ne pas séjourner plus de 90 jours par tranche de 180 en Russie

Ensuite lorsqu’un français travaille comme employé en Russie, il peut avoir 4 statuts potentiels.

J’ajoute que beaucoup de jeunes français souhaiteraient travailler comme stagiaires en Russie, je les invite à lire ce lien pour mieux comprendre le cadre légal des stages pou étrangers.

Il existe deux permis de travail en Russie :

Permis de travail Classique

  • Valable 1 an
  • Des restrictions de domaine d’activité
  • Lourd à obtenir
  • Renouvelable

Permis de travail VKS (for Highly Qualified Specialists)

  • Valable 3 ans
  • Nécessite salaire > 166 000 roubles net / mois (=2 300 euros) mais dispense l’employeur de charges
  • S’obtient hors quota
  • Attribue directement le statut de résident
  • Renouvelable

Il existe deux permis de séjour / résidence en RUSSIE permettant de travailler

 

Permis de séjour RVP (Разрешение на Временное Проживание)

  • Valable 3 ans
  • S’obtient hors quota par regroupement familial ou via quota
  • Attribue directement le statut de résident
  • Dispense de permis de travail
  • Impose de travailler là où on est enregistré
  • Pas renouvelable (imposte d’obtenir un permis de résidence)

Permis de résidence VNJ (Вид на жительство) = passeport intérieur pour étranger

  • Valable 5 ans
  • S’obtient après l’obtention d’un RVP ou d’un VKS
  • Dispense de permis de travail
  • Zéro contrainte
  • Renouvelable

Mais alors concrètement comment entamer et se préparer à la recherche de travail en Russie ?

La première des choses c’est je crois d’apprendre le russe, au maximum…. L’écosystème économique actuel est désormais opérationnel en langue russe, son système d’exploitation impose de parler russe, après ans d’ère des sanctions, de desexpatisaton et de forte russification.

Ensuite c’est de se renseigner sur les entreprises étrangères qui opèrent en Russie pour savoir quel est leur contexte, qui sont les acteurs de ces entreprises, leurs dirigeants, sur zone et leurs projets, donc de suivre l’actualité et de s’imprégner au maximum de la culture et des valeurs de l’entreprises, de la marque employeur. Les entreprises sont des organismes avec des identités et il faut s’en imprégner au maximum pour se différentier lors de la recherche d’emploi et des entretiens, pour se montrer comme un candidat qui ne s’intéresse pas uniquement à aller vivre et travailler en Russie, mais comme un potentiel collaborateur qui sait pourquoi il veut et pourrait travailler dans telle ou telle entreprise.

Ensuite il faut se présenter comme un « produit » attirant pour l’entreprise. Cela passe par se rendre visible, de bien faire comprendre aux potentiels employeurs que vous êtes en recherche d’emploi.

Également cela passe par être séduisant, donc il est fondamental de soigner ses pages personnelles et donc professionnelles sur les réseaux sociaux. Notamment sur Facebook mais aussi bien sur Linkedin.

Est-ce qu’un français par exemple qui cherche un travail doit le faire de façon pro-active ?

Totalement ! Déjà il est de facto dans une situation défavorable en tant qu’etranger s’il n’a pas une compétence ou une expérience rare et qui manque sur le marché et s’il ne parle pas russe.

Ensuite sur le marché russe, les entreprises ne sont pas habituées aux lettres de motivation comme en France. Les candidats candidatent juste par des sites d’offres d’emplois en soumettant leurs CVs

Ensuite comme il n’est pas russe, il est fondamental d’accompagner sa candidature de quelques lignes pour expliquer et justifier le projet, juste rassurer l’entreprise sur le fait que ce bond vers la Russie n’est pas une décision irrationnelle pour une histoire de cœur ou autre … Il faut rassure l’employeur quand au fait que c’est un choix sérieux et se rappeler que pour l’entreprise, l’intégration d’un salarié étranger est un risque habituel + un risque non habituel avec la prise de risque de l’adaptation culturelle etc.

Il faut donc avoir bâtir un scénario, son histoire et son que le projet Russie du candidat soit en phase avec les besoins et les craintes de l’entreprise, sur le plan personnel et professionnel.

D’ailleurs avant de venir travailler en Russie il FAUT visite le pays, il faut se faire une idée a minima et bien peser les plus et les minus quand au choix de la Russie et être sûr de son choix.



Est-ce que comme en France il y a des sites d’offre d’emplois que tu peux recommander ?

Oui il y a une série de jobboards russes, le plus populaire étant HH qui concentre la quai totalité des offres des entreprises étrangères mais aussi le jobboard qui est considéré comme concentrant les profils les plus spécialistes et seniors et la quasi-totalité des profils étrangers. C’est un peu le Gazprom du recrutement.

Pour contacter les entreprises et trouver des decision makers, il faut bien entendu suivre la voie corporate et structurée de l’entreprise mais aussi « doubler » la requête, en contactant via une candidature spontanée la bonne personne.

Linkedin pour cela est un outil formidable, et il existe de nombreux moyens de trouver les emails corporate de la personne si ce n’est pas affiche sur sa page…. En Russie jusqu’à cette année 2019, il y avait également de carnet de la CCIFR qui liste des entreprises françaises et étrangères avec les coordonnes des gens qui y travaillent pour les contacter en direct.

Quid des agences de recrutement ?

Enfin bien sûr il faut lister les agences de recrutement qui sont plus d’un millier en Russie mais toutes les agences ne travaillent pas avec les entreprises étrangères ou avec des candidats étrangers.  Il y a en gros une 50-aine ou 60-aine d’agences occidentales.

Il faut bien comprendre que le travail des agences de recrutement c’et en priorité de trouver des candidats adéquats pour les besoins de leurs clients. Si une agence cherche un comptable et un directeur marketing et que vous candidatez e spontané pour un poste de sales, c’est un coup dans l’eau donc ne pas penser que les agences sont au service du candidat, non les agences sont au service de leurs clients avant tout, le candidat reste encore le produit que l’agence vend a son client.

Mais par contre ça vaut vraiment le coup d’avoir son CV dans leurs bases et de tenter d’entrer en contact avec un consultant pour prendre le pouls du marché et se faire un contact qui peut être un allié potentiel, et écouter les conseils de ce spécialiste du recrutement quand a votre projet ou l’état du marché du travail.



Et est-ce que cette recherche d’emploi en Russie peut se faire de l’étranger ?

C’est un gros problème, clairement chercher de l’étranger est de plus en plus compliqué.

Cela se faisait avant mais maintenant les entreprises savent que faire venir quelqu’un de « dehors » de Russie est plus compliqué qu’avant. Nous avons souvent des candidats qui sont surpris de ne pas être contacté sur HH mais ils ont des numéros français et des adresses en France, donc ce n’est pas surprenant que les RH des entreprises qui cherchent du personnel ne les appellent pas !

La vérité est qu’il faut tenter de venir en Russie, pourquoi pas étudier et faire sa recherche d’emploi sur place, en resautant et en montrant aux entreprises que vous êtes déjà sur place ce qui indirectement montre votre motivation.

Ou alors entamer une recherche et coupler avec des déplacements fréquents, des voyages n Russie pour tenter de rencontrer des entreprises. Et là on revient au problème de la préparation de l’entretien et du scénario personnel pour convaincre l’employeur potentiel.

Y a-t-il des particularités pour passer les entretiens en Russie ?

Oui et non et comme partout.

Tout d’abord, attention au temps pour se rendre sur le lieu de l’entretien, Moscou est une grande ville. Ensuite se préparer à des entretiens en anglais et en russe.

D’un point de vue technique, la science de l’entretien est un métier a part. Il faut présenter tant ses hard skills que ses softs skills et la balance bien sur penche de plus en plus vers les soft skills. Surtout pour les jeunes, et surtout pour les étrangers qui sont évalués sur leurs attitude et leur compétences personnelles, comportementales mais aussi sous la facette de l’interculturel et de l’adaptabilité a un nouvel écosystème.

Pour un étranger aujourd’hui en Russie, il faut déjouer les pièges de l’entretien et séduire/convaincre le recruteur. Il faut se monter Solide et très convaincant.

As-tu quelque chose à rajouter ?

Oui, la recherche d’emploi en Russie est complexe, même si le chômage est bas en Russie pour les russes, ce n’est pas le cas pour les étrangers.

Il faut mettre toutes les chances de votre côté et par exemple il faut faire un CV augmenté pour se différentier et se survendre habilement.

Il faut savoir se créer une marque, un branding de candidat en recherche en utilisant les réseaux sociaux par exemple de façon structurée et efficace

Il faut bâtir un scénario réel, personnel et professionnel qui s’intègre dans l’écosystème de l’entreprise.

Il faut se préparer à l’entretien qui est quelque chose de complexe en adaptant son discours a la personne que l’on aura en face et les candidats connaissant peu la Russie et les sociologies russes ou les histoires des entreprises ne sont pas ou peu en mesure de le faire.

Enfin il y a beaucoup de choses en périphérie à intégrer, tant sur le plan administratif que culturel etc.

C’est un vrai projet qu’ATSAL accompagne dans sa totalité par conséquent n’hésitez pas à nous consulter pour votre projet professionnel en Russie.

L’interview en vidéo

2019-06-10T22:11:31+00:00 27 mai 2019|Agences de Recrutement, Emploi|