Ilia Répine

Ilia Répine

473 peintures d’Ilia Répine en musique

Ilia Iefimovitch Répine (en russe : Илья́ Ефи́мович Ре́пин) est un célèbre peintre russe, né le 24 juillet 1844 à Tchouhouïv (Urkraine) et mort le 29 septembre 1930 à Kuokkala (Finlande).

Ilia Répine voit le jour dans une famille modeste. Son père est en effet soldat et vendeur de chevaux, tandis que sa mère tient une petite école pour les paysans. C’est elle qui fait l’éducation du jeune Ilia, lui lisant les œuvres de Pouchkine, Gogol et Lermontov. Autant d’auteurs que Répine illustrera par la suite, dans des séries d’aquarelles et de dessins.

Ses talents de peintre se révèlent très tôt. A treize ans, il obtient un poste d’apprenti dans un atelier de peinture d’icônes. Puis il est admis à l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, où il étudiera pendant huit ans. De cette période restent plusieurs toiles d’un goût et d’une facture classique, dont la plus connue est sans doute La Résurrection de la fille de Jaïre (1871).

Paradoxalement c’est au sortir de cette période académique, à tout juste vingt-huit ans, que Répine peindra une de ses œuvres les plus célèbres : Les Bateliers de la Volga (1873). L’idée lui vient lors d’un voyage sur le plateau de la Volga, en compagnie de son frère. Les jeunes gens y rencontrent les fameux bateliers, ou bourlakis qui charriaient les navires le long des berges du fleuve, souvent à contre-courant. Un labeur que Répine décide aussitôt de porter sur la toile, mettant un point d’honneur à ne rien inventer, restituant les visages, les costumes, les attitudes des véritables bateliers, pour un résultat saisissant de réalisme.

Les Bateliers de la Volga, Ilia Répine

Les Bateliers de la Volga, 1870-1873.
Huile sur toile, 131,5 × 281 cm.
Musée d’État Russe, Saint-Pétersbourg.

A la même époque, Ilia Repine rencontre sa première femme Vera Alexeïevna, qui lui donnera quatre enfants. Tout au long de sa vie, le peintre réalisera différents portraits de sa famille et de ses proches, dans lesquels il exprimera un lyrisme tendre et charmant, tranchant assez avec le reste de son œuvre.

Après un bref voyage en Europe, où il visite les grandes galeries, Répine s’établit ensuite à Moscou, où il devient membre des Ambulants. Ce groupe de jeunes artistes rejettent l’esthétique classique de l’Académie, ainsi que les influences occidentales. Ils privilégient plutôt une forme de réalisme social, et œuvrent à la création d’une peinture typiquement russe. C’est dans cette veine qu’Ilia Répine produira ses plus grands œuvres, abordant tantôt des sujets populaires voire triviaux (Procession religieuse dans la province de Koursk, 1883), tantôt s’appropriant les figures sanguinaires de l’histoire russe (La Régente Sophie, 1879), ou  puisant simplement dans les contes et légendes nationales (Sadko, 1876).

Désormais reconnu, Ilia Répine tisse des liens d’amitiés avec d’autres célébrités du monde des Arts et des Lettres, dont il fera souvent le portrait, comme Tourgueniev, Moussorgski, ou Tolstoï (qu’il peindra en habits de laboureur !)

Il n’hésite pas à dresser des passerelles entre les différentes formes d’art. Ainsi, c’est lors d’un concert de Rimski-Korsakov que lui vient l’idée du tableau Ivan le Terrible tue son fils (1885). Sans doute sa toile la plus sombre et la plus violente.

« À Moscou en 1881, j’ai entendu une nouvelle pièce de Rimsky-Korsakov, « Vengeance ». Cette mélodie s’est emparée de moi, et je me suis demandé si je pouvais incarner en peinture cette émotion que la musique m’avait fait ressentir. Je me suis alors souvenu du tsar Ivan. »

 Dans la même logique, Répine devient membre de l’association Mir iskousstva (Le Monde de l’Art), qui rassemble différents peintres, décorateurs, costumiers et metteurs en scène de théâtre ou de ballet. Tous mettent leur travail en commun, et tentent de dépasser les clivages entre leur discipline respective.

La notoriété d’Ilia Répine va croissante et il reçoit plusieurs commande d’Etat. Pendant douze longues années, il travaille également à un autre de ces chefs-d’œuvre : Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie (1891). La toile fait référence à un épisode historique véridique : en 1676 cosaques du Dniepr reçoivent un ultimatum du sultan Mehmet IV, exigeant leur soumission. Peuple fier et  belliqueux, les cosaques répondent dans une lettre remplies d’insultes et de jurons ! Répine tire du sujet un tableau haut en couleur et très expressif. Aujourd’hui encore c’est l’une des peintures les plus appréciées des russes. Il n’est pas rare d’en voir des reproductions sur la vaisselle ou le service à thé.

Sur ces vieux jours, Ilia Répine se retire en Finlande où il écrit ses mémoires. Il prend ses distances avec la Révolution d’octobre et l’URSS naissante. Malgré les invitations de Staline et du Politiburo, il ne reviendra jamais en Russie. Il s’éteint dans sa propriété de Kuokkala, à 86 ans.

Anecdote sur Ilia Répine

Répine a entretenu un rapport compliqué avec la censure et le pouvoir tsariste :

  • En 1885, la toile Ivan le Terrible tue son fils est présenté au tsar Alexandre III. Le souverain la trouve si morbide qu’il l’a fait interdire. C’est la première peinture censurée dans l’Empire russe.
  • En 1891, le même tsar Alexandre III débourse 35 000 roubles pour Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie. C’est la toile la plus chère de son temps.

Comme ses amis Tolstoï et Gorki, Ilia Répine était végétarien.

Fait rare pour l’époque, Ilya Répine ne possédait pas de domestiques. Plusieurs pancartes étaient accrochées à l’entrée de sa maison de Kuokkala : « Débrouillez-vous ! », « Enlevez votre manteau et déchaussez-vous tous seuls ! » ou même « Les domestiques sont la honte de l’humanité ! »

En 1948, son village de Kuokkala (Finlande) a été renommé Répino en son honneur.

Où voir les œuvres d’Ilia Répine

En Russie, vous pouvez apprécier les œuvres du peintre à la Gallerie Tretiakov de Moscou et au Musée d’état russe de Saint Petersbourg.



2019-03-22T17:30:28+00:00 22 mars 2019|Compositeurs, Culture russe|